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20/03/2009

C'est le printemps !

Lève-toi ! Lève-toi ! Le printemps vient de naître !

La-bas, sur les vallons, flotte un réseau vermeil !

Tout frissonne au jardin, tout flotte et ta fenêtre,

Comme un regard joyeux, est pleine de soleil !

Louis BOUILHET - (1822-1868)

 

 

C’est aujourd’hui le printemps ! Comme c’est bon !!!

Et c’est aussi le jour de l’égalité car en ce jour de l’équinoxe de printemps, nous sommes tous égaux devant le soleil : la durée du jour est égale à la durée de la nuit sur tous les points de notre terre !

Au XIIIème siècle, ont écrivait « printans », mot composé de « prins » et « tans », du latin « primus tempus » : qui signifiait  le premier temps, c’est-à-dire la première saison. Le latin « primus » se retrouve d’ailleurs dans le qualificatif « prime », employé dans certaines expressions comme la « prime jeunesse ». On le retrouve aussi dans l’expression anglaise « prime-time » actuellement utilisé pour désigner une émission de début de soirée.

Le printemps a remplacé l’ancien français « « primevere » qui vient de la forme latine tardive « prima vera » construite d’après la locution « primo vere » : au début du printemps. L’italien, l’espagnol et le portugais ont d’ailleurs conservé cette origine pour désigner le printemps : « primavera ». En français, on a conservé ce mot pour désigner la fleur de primevère (autrefois « primevoire »), parce qu’elle fleurit au début du printemps.

Pour le Normand superstitieux, le printemps est plein de promesses. Si ce jour-là, il entend le coucou chanter pour la première fois et que dans sa poche, il a quelques sous, c’est signe que, toute l’année, il en aura à volonté.

Ou si d’aventure, il rencontre ce jour-là une violette sur son chemin et qu’il la mange, il est sûr de ne jamais avoir la fièvre l’an durant.

 

PRINTEMPS.JPG

 

18/03/2009

La paroisse Saint-Godard de Rouen

Cette paroisse, située au nord de la ville, est certainement antérieure au XIIe siècle.

Saint-Godard (ou Gildard) aurait été le premier des Francs à occuper le siège épiscopal de Rouen. Né à Salency, près de Noyon, en 448, il aurait accédé au trône épiscopal en 489.

Il passe pour avoir participé à la conversion du roi Clovis et aurait assisté à son baptême en 496. Mort en 525, il aurait été inhumé dans l’église qui porte son nom.

L’église que l’on peut admirer aujourd’hui date essentiellement des XVe et XVIe siècles, bien que la tour carrée ne fut terminée qu’en 1613. Le clocher est resté inachevé, sa flèche n’a jamais été construite.

EGLISE St-GODARD.jpg

Comme toutes les églises de Rouen, elle fut mise à sac par les Huguenots en 1562.

Une des plus grandes richesses de cette église réside dans les quelques vitraux encore en place. Ils sont de couleurs vives et éclatantes. Ces couleurs, en particulier le rouge, sont à l’origine d’un dicton populaire à Rouen : en parlant d’un vin rouge coloré, riche et velouté, les vieux Rouennais disaient autrefois : « Il est de la couleur des vitres de St-Godard ».

VITRAIL St-GODARD.jpg

 

 

 

Fermée à la Révolution, entièrement dévastée,  elle ne fut rouverte au culte qu’en 1806.

Le 13 novembre 1701, mes aïeux, Jacques LEGENDRE* (sosa 580) et Marie Louise CASIER (sosa 581) s’y marièrent. Ils étaient originaires tous deux de cette paroisse et vinrent plus tard s’installer à Notre-Dame de Franqueville où ils finirent leur vie. Ce village devint en partie grâce à eux le berceau de la famille.

x ST-GODARD 13.11.1701.JPG

*Arbre simplifié  de descendance : Jacques LEGENDRE(1675-1752) → Pierre LEGENDRE (Toilier – 1702-1760 )→ Elisabet LEGENDRE (1727-1777) x Nicolas PELLERIN (Compagnon Toilier – 1727-1780) → Nicolas PELLERIN (Toilier – 1760-1849) → Jacques PELLERIN (Toilier- 1783-1844) → Jacques PELLERIN (Plâtrier – 1809-1891)→ Lucie PELLERIN (Ménagère – 1844-1926) x Constant BOULANGÉ(Plâtrier – 1842-1918)→ Paul BOULANGÉ ( Plâtrier – 1877-1950)→ Albert-Camille BOULANGÉ (1922-2007- mon père).

Biblio : « Rouen aux 100 clochers » de F. Lemoine et J. Tanguy – Editions PTC-2004.

06/03/2009

La révolte des nu-pieds

"Cessez de juger sur l'apparence,

Jugez avec équité"

Evangile selon St-Jean

 

Le 7 juillet 1639 éclate en Normandie la plus grave des révoltes de cette province, par nature peu frondeuse contre le pouvoir royal.

L’accroissement brutal de la charge fiscale tout au long de la décennie en est la cause.

Depuis longtemps, le budget royal est en déficit mais cette année là, il manque 114 millions de livres pour couvrir des dépenses qui atteignent 172 millions. Le roi Louis XIII a recours, pour se financer, à des expédients fiscaux. La Normandie, une des plus riches provinces du royaume, est mise à contribution.

Certes, il y a déjà eu des « émotions* » (= troubles) populaires, mais cette fois, l’agitation urbaine, plus traditionnelle en quelque sorte (à Rouen notamment), est rejointe par celles des campagnes. Un impôt est plus spécialement vécu comme particulièrement injuste, celui de la gabelle (1).

C’est cette révolte des campagnards, des « nu-pieds », qui va frapper particulièrement l’opinion.

En ce mois de juillet 1639, des troupes de « faux sauniers » se constituent à la lisière de la Bretagne, pays exempté de gabelle et à partir duquel par conséquent se développe une intense contrebande de sel. On apprend qu’il y a même des nobles qui se sont mis à la tête de ces bandes. Tout le Cotentin est touché et la presse parisienne, « La Gazette », « Mercure de France » qui relate les événements et surtout la répression qui va suivre, ne manque pas d’évoquer des chefs à la fois fascinants et effrayants tel un certain Jean Quetil, Général des insurgés, qui prend le nom de « Jean Va-Nuds-Pieds ».

La révolte gagne les villes : Caen, le 13 août, Rouen, du 20 au 23 août, Bayeux, le 25 ; Coutances, le 6 septembre.

Mais c’est à Rouen que se déroulent les faits les plus graves : un contrôleur des teintures est assassiné. Les responsables locaux ne s’emploient que mollement à calmer une émeute antifiscale qu’ils approuvent secrètement.

 

REVOLTE NU-PIEDS.JPG

Cependant, comme le pouvoir royal ne peut laisser l’anarchie s’installer, sur ordre de Richelieu qui veut faire un exemple, 6000 soldats à pied et 1200 chevau-légers(plus légèrement équipés et armés que les autres corps de cavalerie) sont envoyés à Rouen en octobre.

La révolte est finalement écrasée fin novembre 1639. Les meneurs de la sédition sont condamnés à mort. 200 mutins sont bannis. L’impôt est non seulement rétabli mais aggravé. Le châtiment s’abat sur Rouen où le chancelier Séguier, commandant de cette répression, s’établit à l’abbaye royale de Saint-Ouen en 1640. Il loge ses soldats chez l’habitant, remplace la municipalité par une commission et interdit le parlement pour avoir laissé faire.

Le centralisme monarchique et absolu est en marche !

  

(1) :  le sel fait l'objet d'un monopole royal. Il est entreposé dans des greniers à sel, où la population l'achète déjà taxé. La gabelle représente à cette époque environ 6% des revenus royaux. Mais  la perception de la gabelle n'est pas uniforme, elle dépend des pays :

- les pays francs, exempts d'impôts, soit parce qu'ils en sont dispensés lors de leur réunion au royaume de France, soit parce que ce sont des régions maritimes : Artois, Flandre, Bretagne, Vendée, Aunis, Basse-Navarre, Béarn ;

- les pays rédimés (ou pays rédimés des gabelles) qui ont, par un versement forfaitaire, acheté une exemption à perpétuité : Poitou, Limousin, Auvergne, Saintonge, Angoumois, Périgord, Quercy, Bordelais, Guyenne ;

- les pays de salines : Lorraine, Alsace, Franche-Comté, Lyonnais, Dombes Provence, Roussillon ;

- le pays de quart-bouillon. Le sel y est récolté en faisant bouillir le sable imprégné de sel de mer. Les sauneries versent le 1/4 de leur fabrication aux greniers du roi qui le revendaient avec taxes, les ¾ restants étaient commercialisés par les producteurs, sans taxe : Cotentin ;

- les pays de petite gabelle, où la vente du sel est assurée par des greniers à sel, mais où la consommation est généralement libre : Dauphiné, Vivarais, Gévaudan, Rouergue, Languedoc ;

- les pays de grande gabelle où on doit acheter obligatoirement une quantité fixe annuelle de sel, ce qui transforme la gabelle en un véritable impôt direct : Normandie, Champagne, Picardie, Île-de-France, Maine, Anjou, Touraine, Orléanais, Berry, Bourgogne, Bourbonnais.