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24/06/2009

La propreté des rues de Rouen, hier comme aujourd' hui !

Sans remonter au roi Dagobert qui, d’après les bons auteurs, aurait pris le premier édit concernant la propreté des rues des cités, on peut dire sans se tromper qu'on s'est préoccupé de ce sujet dès le Moyen-âge. Et, à cette époque déjà, notamment en raison de la division des pouvoirs, l’application des règlements restait souvent lettre morte.

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Place de la Haute-Vieille Tour à Rouen - Giusseppe Canella - 1824

 

Dans notre bonne et belle ville de Rouen, ce n’est vraiment qu’à la fin du XVIIIe siècle que diverses mesures vont être prises. Une ordonnance générale de police du 6 novembre 1778 va prescrire un nettoyage complet devant toutes les maisons de la ville deux fois par semaine et ce au son de la cloche qui en donne le signal. Elle impose en outre aux riverains de jeter de l’eau sur le pavé et dans les ruisseaux pendant les chaleurs de l’été.

 

En 1789, la ville ne possédant pas d’éclairage public, il est ordonné aux habitants d’éclairer le devant de leurs maisons « les jours où il ne ferait point de lune », mais seulement de 6 en 6 maisons. Comme l’état des rues est déplorable, les pavages, quant il y en a, en mauvais état,  par temps de pluie, c’est un infect cloaque. C’est aussi très dangereux par nuits d’hiver et sans lune, à la lueur de quelques quinquets fumeux et défaillants, prescrits par la Municipalité,  de trouver son chemin sans être sali par cette boue infecte qui faisait dire que « Boue de paris et… de Rouen, ne s’en vont qu’avec la pièce ! ».

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 Quai de Paris à Rouen - Johannes Bosboom - 1839

Devant l’insalubrité grandissante des rues de notre ville, des voix s’élèvent dès 1859 : « Nos rues ne sont lavées et assainies que lorsque le ciel se charge de ce soin,  en nous envoyant un de ces violents orages qui, en nous débarrassant des vapeurs fétides, encombrent certaines places de terre et de sable. Et, cependant, une ville qui n’a pas d’abattoirs, qui voit couler dans ses rues le sang des bestiaux et qui, par conséquent, pendant l’été surtout, est exposée aux miasmes pestilentiels, devrait placer au rang de ses dépenses les plus nécessaires, la création de fontaines qui, coulant constamment, dans presque tous les ruisseaux, entretiendraient une fraîcheur aussi agréable qu’utile à la conservation de la santé. » Différents projets vont alors être étudiés comme la mise en place d’une turbine ou machine à vapeur pour détourner les eaux de la Béthune, la construction d’un aqueduc ou tunnel pour amener de l’eau des sources des environs de Neufchâtel, le percement sur Bihorel d’un puits pour atteindre la nappe phréatique,…tous jugés « grandioses », mais « trop coûteux », ou « pas assez réalistes » et tous…  abandonnés !

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La rue Damiette à Rouen vers 1900

 

Aujourd’hui, les rouennais du XXIe siècle, dont je suis, se plaignent toujours de l’état de leurs rues. Crottes de chiens, détritus, poubelles renversées répandant leurs immondices sur les trottoirs, papiers jetés à terre, etc… jalonnent le parcours du piéton.

Mais à cela, une seule cause : l’incivilité dont font preuve les citoyens et le manque de respect qu’ils ont envers autrui.

 

 

07/05/2009

La monnaie de Rouen

Les Gaulois ne faisaient que du troc.

Ce sont les Romains qui développèrent le commerce avec l’usage de la monnaie. Parmi les premières trouvées,  l’une portait le nom de Ratumacos (Rouen) et datait de 43 avant J.-C. Le nom de la tribu y figurait aussi : Vélocassi (gens du Vexin), Rouen en étant la capitale.

A partir de l’an 600 après J.C., on en trouve davantage car c’est en effet dès cette date que s’installe à Rouen un atelier monétaire qui va perdurer jusqu’en 1857.

Sous le roi François 1er, d’après l’Abbé Cochet*, l’Hôtel de la Monnaie à Rouen s’élevait rue Herbière**, paroisse Saint-Eloi. Il aurait remplacé celui qui se trouvait dans la rue Vanterie (ancien nom de la rue du Gros-Horloge) L’atelier de la rue Saint-Eloi appartenait au Roi et passait pour l’un des plus complets de France pour son outillage et sa fonderie. Une juridiction spéciale y était rattachée « les Officiers du siège royal des Monnoyes de Rouen ».  La direction de l’Hôtel était assurée par un Maître régisseur du Roi ayant à ses ordres plusieurs Officiers et un personnel d’ouvriers employés de père en fils par privilège.

 

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En 1784, on comptait 50 monnayeurs, 9 graveurs, 13 veuves de monnayeurs et graveurs (qui conservaient des privilèges). Tout ce personnel jouissait de privilèges considérables supérieurs à ceux de la noblesse. Il portait une médaille avec ces mots « Barreurs, péagiers, pontaniers ; laissez-passer les monnayeurs ; ils sont exempts d’impôts ». C’est dire si l’emploi était recherché !

L’activité de la Monnaie de Rouen connut des périodes plus ou moins fastes jusqu’à la Révolution, où elle reçut l’or et l’argent provenant des églises et des couvents. Les cloches, y compris la Georges d’Amboise qui avait été fêlée en fêtant la joyeuse entrée de Louis XVI à Rouen, y passèrent ainsi que les belles grilles de bronze de la Cathédrale.

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Après la Révolution, une loi du 26 pluviôse an II supprima les ateliers monétaires de province au profit de la Monnaie de Paris. Après un certain temps d’arrêt, elle est remise en état par Napoléon avant de s’arrêter  définitivement en 1857. L’Hôtel fut démoli en 1912 après avoir servi de caserne aux douaniers.

 

Les principales pièces qui sont sorties des ateliers monétaires de Rouen sont les petites monnaies en bronze frappées à l’effigie de Posthumus, soldat gaulois qui s’était fait proclamer empereur vers le milieu du IIIe siècle. C’est la plus ancienne monnaie de Rouen connue. A signaler aussi les Agnus (pièces portant un agneau) de Jean le bon, le petit Tournois (1422), l’Angelot et le Salut d’or (1426), les monnaies à l’effigie de François 1er, les Donzains d’Henri II, les pièces d’Henry IV en argent, l’Ecu à la couronne de Charles VIII, et le quart d’Ecu aux trois couronnes de Louis XIV.

 

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Il n’existe plus de nos jours qu’un seul Hôtel de la Monnaie, celui de Paris.

 

* Abbé Cochet : Archéologue rouennais (1812-1875)

** actuellement rue des Charrettes

 

10/04/2009

Joyeuses Pâques !

Pâques est un événement très important dans la liturgie chrétienne, qui marque la fin du carême et la résurrection du Christ.

Depuis jeudi dernier, « Jeudi Saint », les cloches de nos églises ont, en signe de deuil de la mort du Christ,  cessé de sonner. La légende prétend qu’elles sont parties à Rome et qu’elles ne reviendront que dans la nuit qui précède le jour de Pâques, chargées d’œufs en chocolat qu’elles vont déverser dans les jardins. La « chasse aux œufs » peut alors commencer !

La coutume des œufs de Pâques se rattache à l’instauration du Carême, cette période de 40 jours précédant Pâques durant laquelle l’Eglise interdit la consommation des œufs. A l’issue de ce temps de jeûne et de pénitence, les œufs accumulés devaient être consommés. Et le moyen le plus expéditif de s’en débarrasser était de les donner aux enfants qui les collectaient dès le Jeudi Saint et les dégustaient le jour de Pâques.

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Les ménagères normandes préparaient alors leur fameuse « omelette de Pâques » faite avec de l’huile de faine extraite lors de la récolte des fruits du hêtre et l’on se réunissait en famille pour la déguster. Après les privations du carême, on « faisait gras » et à la consommation des œufs s’ajoutait celle du porc et du bœuf, et en belle quantité.

 

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Heureux le normand qui avait observé le carême un jour de plus, il était assuré de ne point avoir de fièvre pendant toute l’année ! Heureux encore celui qui s’était baigné le jour de Pâques dans une rivière avant le lever du soleil, il gardait le teint frais et rosé toute l’année !

Mais malheureux le premier enfant baptisé avec de l’eau bénite un jour de Pâques, il était stérile toute sa vie !

 

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La nourriture de Carême. Scène de marché. Chronique de Ulrico de Richental 15è siècle.