Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/04/2009

Joyeuses Pâques !

Pâques est un événement très important dans la liturgie chrétienne, qui marque la fin du carême et la résurrection du Christ.

Depuis jeudi dernier, « Jeudi Saint », les cloches de nos églises ont, en signe de deuil de la mort du Christ,  cessé de sonner. La légende prétend qu’elles sont parties à Rome et qu’elles ne reviendront que dans la nuit qui précède le jour de Pâques, chargées d’œufs en chocolat qu’elles vont déverser dans les jardins. La « chasse aux œufs » peut alors commencer !

La coutume des œufs de Pâques se rattache à l’instauration du Carême, cette période de 40 jours précédant Pâques durant laquelle l’Eglise interdit la consommation des œufs. A l’issue de ce temps de jeûne et de pénitence, les œufs accumulés devaient être consommés. Et le moyen le plus expéditif de s’en débarrasser était de les donner aux enfants qui les collectaient dès le Jeudi Saint et les dégustaient le jour de Pâques.

PAQUES.JPG

 

Les ménagères normandes préparaient alors leur fameuse « omelette de Pâques » faite avec de l’huile de faine extraite lors de la récolte des fruits du hêtre et l’on se réunissait en famille pour la déguster. Après les privations du carême, on « faisait gras » et à la consommation des œufs s’ajoutait celle du porc et du bœuf, et en belle quantité.

 

OMELETTE DE PAQUES.JPG

Heureux le normand qui avait observé le carême un jour de plus, il était assuré de ne point avoir de fièvre pendant toute l’année ! Heureux encore celui qui s’était baigné le jour de Pâques dans une rivière avant le lever du soleil, il gardait le teint frais et rosé toute l’année !

Mais malheureux le premier enfant baptisé avec de l’eau bénite un jour de Pâques, il était stérile toute sa vie !

 

marcheCareme.gif

La nourriture de Carême. Scène de marché. Chronique de Ulrico de Richental 15è siècle.  

04/04/2009

Les Rameaux en Normandie, les "Pâques Fleuries"

Le dimanche des Rameaux, dernier dimanche avant Pâques, est le premier jour de la semaine Sainte, laquelle dure 6 jours.  Pour les Catholiques, ce dimanche commémore à la fois deux événements : l'entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, où il fut acclamé par une foule agitant des palmes et des branches de palmiers et la commémoration de la Passion du Christ,  sa mort sur la croix.

En Normandie, le dimanche des Rameaux était aussi appelé, de manière poétique, « Pâques fleuries » « …Robert vint en Normandie un jur devant Pasches-flurie…* ».

Il est de tradition de jour-là que les fidèles apportent un rameau de buis à l’office afin de le faire bénir. Le buis bénit va ensuite orner le crucifix de la maison. Il est également déposé sur la tombe des défunts comme signe d’espérance et de foi en la résurrection. Et c’est avec ce buis qu’on a coutume de bénir les cercueils des défunts.

 

DIMANCHE DES RAMEAUX.JPG

Si bon nombre de fidèles d’aujourd’hui sont restés attachés à ces traditions, s’y ajoutait jadis des croyances à des prétendues vertus : la foi du paysan normand n’avait pas son égal !

Ainsi, durant la procession des Rameaux, et surtout au moment où le curé met du buis à la croix, on examinait de quel côté venait le vent pour savoir si on allait avoir du blé, de l’herbe ou des pommes, car c’est ce vent là qui allait dominer tout l’été ! Quant au buis déposé sur la croix, il suscitait bien des convoitises : s’en saisir, c’était s’assurer pour toute l’année autant de beurre que l’on désirait 

Mais le buis béni protégeait également les hommes et les bêtes des maléfices des sorciers ! Le Normand en suspendait un brin à la porte de son étable ou de son écurie, tout en récitant un Pater et un Ave, pour les préserver de la foudre ! Il  en plantait également une branche dans son jardin ou dans le sillon de son champ afin que Dieu les rende féconds. 

 

 

*« Roman de Rou » - chronique versifiée rédigée « Pour remembrer des ancessours les faiz et les diz et les mours » en anglo-normand par Wace ,couvrant l’histoire du duché de Normandie de l’époque de Rollon jusqu’à la bataille de Tinchebray en 1106.

 

25/03/2009

La Violette de Rouen

 

Notre belle Normandie possède des trésors ! Tenez, la "Violette de Rouen", cette petite fleur dont la célébrité vient de sa rareté : on ne la trouve qu’aux alentours de la capitale normande, sur une dizaine de kilomètres dans la vallée de la Seine, principalement sur les coteaux crayeux de la Roche Saint-Adrien, près de Belbeuf. C’est ce que l’on appelle une espèce « micro-endémique ». Unique au monde, elle a eu la chance d’avoir été identifiée et nommée par le Chevalier de Lamarck (1744-1829), naturaliste célèbre.

VIOLETTE DE ROUEN.jpg

 

En dépit de son appellation usuelle, la "Violette de Rouen", dont le nom scientifique est « Viola hispida Lam » ou bien encore  « Viola Rothomagensis » en référence au nom gallo-romain de la ville de Rouen, est en réalité une… pensée.

Comment la reconnaître ? De couleur violette avec du jaune et du blanc , une tache orangée à la naissance du pétale inférieur, sa ressemblance avec la pensée sauvage complique une identification réservée tout de même aux spécialistes.

VIOLETTE 2.jpg

 

Si au début du XIXe siècle, la "Violette de Rouen" était encore très répandue, elle s’est depuis considérablement raréfiée. Devant le risque de disparition, elle est protégée depuis 1982.