Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/05/2009

La monnaie de Rouen

Les Gaulois ne faisaient que du troc.

Ce sont les Romains qui développèrent le commerce avec l’usage de la monnaie. Parmi les premières trouvées,  l’une portait le nom de Ratumacos (Rouen) et datait de 43 avant J.-C. Le nom de la tribu y figurait aussi : Vélocassi (gens du Vexin), Rouen en étant la capitale.

A partir de l’an 600 après J.C., on en trouve davantage car c’est en effet dès cette date que s’installe à Rouen un atelier monétaire qui va perdurer jusqu’en 1857.

Sous le roi François 1er, d’après l’Abbé Cochet*, l’Hôtel de la Monnaie à Rouen s’élevait rue Herbière**, paroisse Saint-Eloi. Il aurait remplacé celui qui se trouvait dans la rue Vanterie (ancien nom de la rue du Gros-Horloge) L’atelier de la rue Saint-Eloi appartenait au Roi et passait pour l’un des plus complets de France pour son outillage et sa fonderie. Une juridiction spéciale y était rattachée « les Officiers du siège royal des Monnoyes de Rouen ».  La direction de l’Hôtel était assurée par un Maître régisseur du Roi ayant à ses ordres plusieurs Officiers et un personnel d’ouvriers employés de père en fils par privilège.

 

MONNAIE 4.jpg

En 1784, on comptait 50 monnayeurs, 9 graveurs, 13 veuves de monnayeurs et graveurs (qui conservaient des privilèges). Tout ce personnel jouissait de privilèges considérables supérieurs à ceux de la noblesse. Il portait une médaille avec ces mots « Barreurs, péagiers, pontaniers ; laissez-passer les monnayeurs ; ils sont exempts d’impôts ». C’est dire si l’emploi était recherché !

L’activité de la Monnaie de Rouen connut des périodes plus ou moins fastes jusqu’à la Révolution, où elle reçut l’or et l’argent provenant des églises et des couvents. Les cloches, y compris la Georges d’Amboise qui avait été fêlée en fêtant la joyeuse entrée de Louis XVI à Rouen, y passèrent ainsi que les belles grilles de bronze de la Cathédrale.

MONNAIE ROUEN.jpg

 

Après la Révolution, une loi du 26 pluviôse an II supprima les ateliers monétaires de province au profit de la Monnaie de Paris. Après un certain temps d’arrêt, elle est remise en état par Napoléon avant de s’arrêter  définitivement en 1857. L’Hôtel fut démoli en 1912 après avoir servi de caserne aux douaniers.

 

Les principales pièces qui sont sorties des ateliers monétaires de Rouen sont les petites monnaies en bronze frappées à l’effigie de Posthumus, soldat gaulois qui s’était fait proclamer empereur vers le milieu du IIIe siècle. C’est la plus ancienne monnaie de Rouen connue. A signaler aussi les Agnus (pièces portant un agneau) de Jean le bon, le petit Tournois (1422), l’Angelot et le Salut d’or (1426), les monnaies à l’effigie de François 1er, les Donzains d’Henri II, les pièces d’Henry IV en argent, l’Ecu à la couronne de Charles VIII, et le quart d’Ecu aux trois couronnes de Louis XIV.

 

monnaie rouen 3.jpg

Il n’existe plus de nos jours qu’un seul Hôtel de la Monnaie, celui de Paris.

 

* Abbé Cochet : Archéologue rouennais (1812-1875)

** actuellement rue des Charrettes

 

10/04/2009

Joyeuses Pâques !

Pâques est un événement très important dans la liturgie chrétienne, qui marque la fin du carême et la résurrection du Christ.

Depuis jeudi dernier, « Jeudi Saint », les cloches de nos églises ont, en signe de deuil de la mort du Christ,  cessé de sonner. La légende prétend qu’elles sont parties à Rome et qu’elles ne reviendront que dans la nuit qui précède le jour de Pâques, chargées d’œufs en chocolat qu’elles vont déverser dans les jardins. La « chasse aux œufs » peut alors commencer !

La coutume des œufs de Pâques se rattache à l’instauration du Carême, cette période de 40 jours précédant Pâques durant laquelle l’Eglise interdit la consommation des œufs. A l’issue de ce temps de jeûne et de pénitence, les œufs accumulés devaient être consommés. Et le moyen le plus expéditif de s’en débarrasser était de les donner aux enfants qui les collectaient dès le Jeudi Saint et les dégustaient le jour de Pâques.

PAQUES.JPG

 

Les ménagères normandes préparaient alors leur fameuse « omelette de Pâques » faite avec de l’huile de faine extraite lors de la récolte des fruits du hêtre et l’on se réunissait en famille pour la déguster. Après les privations du carême, on « faisait gras » et à la consommation des œufs s’ajoutait celle du porc et du bœuf, et en belle quantité.

 

OMELETTE DE PAQUES.JPG

Heureux le normand qui avait observé le carême un jour de plus, il était assuré de ne point avoir de fièvre pendant toute l’année ! Heureux encore celui qui s’était baigné le jour de Pâques dans une rivière avant le lever du soleil, il gardait le teint frais et rosé toute l’année !

Mais malheureux le premier enfant baptisé avec de l’eau bénite un jour de Pâques, il était stérile toute sa vie !

 

marcheCareme.gif

La nourriture de Carême. Scène de marché. Chronique de Ulrico de Richental 15è siècle.  

04/04/2009

Les Rameaux en Normandie, les "Pâques Fleuries"

Le dimanche des Rameaux, dernier dimanche avant Pâques, est le premier jour de la semaine Sainte, laquelle dure 6 jours.  Pour les Catholiques, ce dimanche commémore à la fois deux événements : l'entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, où il fut acclamé par une foule agitant des palmes et des branches de palmiers et la commémoration de la Passion du Christ,  sa mort sur la croix.

En Normandie, le dimanche des Rameaux était aussi appelé, de manière poétique, « Pâques fleuries » « …Robert vint en Normandie un jur devant Pasches-flurie…* ».

Il est de tradition de jour-là que les fidèles apportent un rameau de buis à l’office afin de le faire bénir. Le buis bénit va ensuite orner le crucifix de la maison. Il est également déposé sur la tombe des défunts comme signe d’espérance et de foi en la résurrection. Et c’est avec ce buis qu’on a coutume de bénir les cercueils des défunts.

 

DIMANCHE DES RAMEAUX.JPG

Si bon nombre de fidèles d’aujourd’hui sont restés attachés à ces traditions, s’y ajoutait jadis des croyances à des prétendues vertus : la foi du paysan normand n’avait pas son égal !

Ainsi, durant la procession des Rameaux, et surtout au moment où le curé met du buis à la croix, on examinait de quel côté venait le vent pour savoir si on allait avoir du blé, de l’herbe ou des pommes, car c’est ce vent là qui allait dominer tout l’été ! Quant au buis déposé sur la croix, il suscitait bien des convoitises : s’en saisir, c’était s’assurer pour toute l’année autant de beurre que l’on désirait 

Mais le buis béni protégeait également les hommes et les bêtes des maléfices des sorciers ! Le Normand en suspendait un brin à la porte de son étable ou de son écurie, tout en récitant un Pater et un Ave, pour les préserver de la foudre ! Il  en plantait également une branche dans son jardin ou dans le sillon de son champ afin que Dieu les rende féconds. 

 

 

*« Roman de Rou » - chronique versifiée rédigée « Pour remembrer des ancessours les faiz et les diz et les mours » en anglo-normand par Wace ,couvrant l’histoire du duché de Normandie de l’époque de Rollon jusqu’à la bataille de Tinchebray en 1106.