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08/09/2010

Festival Normandie impressionniste - Gauguin l'aventurier

Les séjours de Gauguin en Normandie, à Rouen et à Dieppe, entre 1883 et 1885, s’ils correspondent à l’une des périodes les plus sombres de sa vie, se situent également au sommet de sa période impressionniste qu’il abandonnera dès 1886  lors de son installation en Bretagne.

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                                                   Paul Gauguin (1848-1903)

Paul Gauguin est né à Paris, rue Notre-Dame de Lorette, le 7 juin 1848. D’ascendance hispano-péruvienne noble par sa mère, il passe ses sept premières années à Lima. Rentré en France, après des études à Orléans, il s’embarque dans la marine marchande puis dans la marine française et navigue sur les mers du monde pendant 6 années. A son retour en 1870, il se convertit en agent de change à la Bourse de Paris. Il y mène une vie bourgeoise entouré de sa femme d’origine danoise et de leurs cinq enfants.

Mais le démon de la peinture, qu’il pratiquait jusqu’alors durant ses loisirs, ne tarde pas à prendre  le pas sur sa vie familiale. Sa rencontre en 1874 avec Pissarro va être déterminante. Le maître l’initie au paysage impressionniste et lui communique le sens de la composition picturale. En 1882, il abandonne son emploi à la bourse pour, dit-il, « peindre tous les jours ». Cependant, ayant décidé de vivre exclusivement de son art, sa situation financière se détériore rapidement...

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                                             Un coin de jardin à Rouen - 1884

Il décide donc de s’exiler en Province où il espère bénéficier d'une vie moins chère. Il choisit la Normandie et s'installe à Rouen avec femme et enfants. Hébergé durant l’été 1883 par Pissarro, il emménage en janvier 1884 au 5 de l’impasse Malherne, aujourd’hui impasse qui porte son nom. Durant les 8 mois de son séjour normand, il réalise près de 40 tableaux sur des motifs très différents : l’église de Bihorel, celle de Saint-Ouen, la rue Jouvenet, le port, la Seine, mais aussi des vues moins pittoresques et presque rurales.

Hélas, sans autres revenus que ceux de sa peinture, la misère s'installe l'obligeant à se réfugier au Dannemark, chez sa belle-famille à Copenhague.

Rentré à Paris accompagné seulement d’un de ses fils, c’est misérable qu’il débarque à Dieppe à la fin du mois de Juin 1885, y restera près de 3 mois et y réalisera 25 tableaux dont les meilleurs seront ceux qu’il fera de la ville et de son port.

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                                                     Dieppe, le port - 1885

Quoique très pauvre, gagnant toujours peu d’argent, ses œuvres sont au fil du temps favorablement accueillies par la critique. Il participe en 1886 à la huitième et dernière exposition des Impressionnistes. Il se retire ensuite à Pont-Aven en Bretagne et cesse de travailler d’après nature, c’est-à-dire comme Pissarro le lui avait enseigné.

Après l’échec de la vente publique de 47 de ses œuvres à Drouot (seuls 9 tableaux sont achetés dont 2 par Degas), il s’embarque le 3 juillet 1895 pour Papeete. En 1901, il choisit de s’installer définitivement aux Iles Marquises. C’est là qu’il s’éteint d’une crise cardiaque le 8 mai 1903. Il est enterré dans le cimetière d’Atuona où sa tombe côtoie celle de Jacques Brel.

 

28/08/2010

Festival Normandie - Impressionniste - Pissarro, le doyen

C’est tardivement que Camille Pissarro viendra en Normandie. Son premier passage à Rouen date de l’automne 1883, il a alors 63 ans et est accompagné de son ami Paul Gauguin. Il séjournera ensuite souvent dans tout le département de la Seine-Maritime, à Yport, au Havre ou à Dieppe. Peintre du monde paysan, il se déclare alors enthousiasmé par ce paysage urbain où se mêlent usines, fumées et bateaux, mais aussi dentelles de pierres qui se discernent dans la brume particulière à la ville aux cent clochers et n’hésite pas à comparer Rouen à Venise ! C’est au cours de l’un de ses séjours dans la capitale normande, au printemps 1896, qu’il immortalise le pont Boïeldieu. En tout et pour tout, il réalisera une cinquantaine de tableaux de Rouen.

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« Le Pont Boïeldieu à Rouen, soleil couchant, temps brumeux » - 1896

Considéré comme le doyen des impressionnistes, ce citoyen danois qui le restera sa vie entière, est né à Saint-Thomas (Iles Vierges), le 10 juillet 1830, quatrième et dernier fils d'une famille juive. Débarqué à Paris pour y étudier la peinture en 1855, il est confronté à la complexité du monde artistique avec ses salons, ses expositions, ses académies, ses choix et ses contradictions. Il rencontre Corot, avec lequel il étudie, et quatre ans plus tard, en 1859, Monet. Paul Cézanne est son élève. C’est à cette époque qu’il se met en ménage avec Julie Vellay, la fille d’un viticulteur bourguignon qui lui donnera 8 enfants. Il va connaître longtemps des difficultés financières pour faire vivre sa nombreuse famille car la critique ne reconnaîtra son talent qu’à la fin des années 1870.

Quand le groupe des Impressionnistes se rassemble et organise ses expositions en marge du Salon officiel, il fait preuve de son esprit d’avant-garde et se donne tout entier à cette « nouvelle peinture ». Il devient peu à peu le patriarche du mouvement, mais dans une grande fraîcheur d’esprit et avec un constant renouvellement. Sa contribution à ce mouvement est essentielle, par son œuvre et son art qui en est une des expressions les plus représentatives et les plus brillantes et par l’influence qu’il eut sur ses congénères.

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Autoportrait - 1873

En 1901, de juillet à septembre, Il s’installe à Dieppe. Là, il va appliquer sa manière de peindre qui consiste à se placer dans une chambre d’hôtel afin de ne pas fatiguer ses yeux malades (ses problèmes de vue l’empêche de travailler en plein air), et produire, comme Monet, de véritables séries d’un même sujet en variant quelque peu l’angle de la vision. « Dieppe est un endroit admirable pour un peintre qui aime la vie, le mouvement, la couleur » écrira t’il. L’année suivante, de retour, il  offre au musée de la ville son tableau « Avant-port à Dieppe, après-midi, soleil, marée basse »

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« Avant-port à Dieppe, après-midi, soleil, marée basse » - 1902

Peintre sensible entre tous, jamais satisfait, toujours à la recherche de son art et de lui-même,  c’est à Paris qu’il s’est éteint le 13 novembre 1903.

 

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18/08/2010

Festival Normandie impressionniste - Courbet à Etretat

Il faut marcher sur les galets de la plage ou sur le sentier des falaises pour comprendre le charme particulier d’Etretat, quelque chose de physique qui étreint le promeneur.

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« La falaise d’Etretat  après l’orage – G.Courbet - 1869

Si cet ancien village de pêcheurs est si célèbre, c’est bien sûr à cause des spectaculaires falaises de craie blanche que Maupassant comparait à un éléphant plongeant sa trompe dans la mer et qui inspirèrent à Maurice Leblanc sa fameuse « Aiguille creuse ». Pour Boudin, Courbet ou Monet, ce paysage du bout du monde fut une source d’inspiration infiniment propice aux séries.

Et il suffit de passer un week-end à Etretat pour comprendre pourquoi : le climat normand, si changeant, transforme le panorama en quelques heures, la mer d’huile peut se métamorphoser en flots tempétueux.  Monet a représenté tant de fois les falaises qu’il n’y a pratiquement pas un musée de province en France ou américain qui n’en possède pas au moins une dans ses collections !

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Gustave Courbet (1819-1877)

Issu d’une famille de propriétaires terriens, Gustave Courbet est né à Ornans près de Besançon (Doubs), le 10 juin 1819. Peintre reconnu, son premier séjour en Normandie, à Honfleur, en 1859, au cours duquel il rencontre Eugène Boudin, sera suivi de nombreux autres et notamment à Etretat qui le séduit par ses côtes, ses paysages puissants et tourmentés.

A l’été 1869, Gustave Courbet se rend une fois encore en Normandie. En l’espace de moins d’un mois, il y peint un peu plus de 20 marines. Sa composition saisit le sévère paysage dans toute son étendue : la large plage de galets précédant la fameuse roche percée avec sa caractéristique couleur d’albâtre et sa couverture de lichen.

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« La vague » - G. Courbet – 1869 -

Et si Courbet s’est "attaqué" aux falaises, il a peint aussi plusieurs versions des  puissantes vagues se cassant sur les plages d'Etretat dont la plus stupéfiante représentation  est conservée au Musée Malraux du Havre.

Ayant participé activement à la Commune de Paris et contribué à la destruction de la colonne Vendôme le 16 mai 1871 « parce qu’elle magnifie les guerres impériales », il choisit de s’exiler en Suisse où il va s’éteindre le 31 décembre 1877. Ce n’est qu’en 1919 que sa dépouille sera transférée dans son village natal.