Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/07/2010

Festival Normandie impressionniste - Eugène Boudin, le « roi des ciels »

A la fois normand d’origine, né à Honfleur, le 12 juillet 1824, et normand de cœur, ayant été élevé au Havre, considéré comme l’un des précurseurs du mouvement impressionniste et réputé pour son art de rendre les atmosphères qui lui vaudra son surnom de « roi des ciels », Eugène Boudin, fils de marin, ne s’éloignera jamais très longtemps de sa terre normande et des rivages de la Manche qu'il aime tant.  Toute son enfance sera marquée par les grands espaces de l’estuaire de la Seine, les vagues de la mer et le mouvement des grands voiliers.

eugene-boudin-1890.jpg

Eugène Boudin (1824-1898)

Amoureux de nos côtes, chaque été, il séjourne à Trouville et la représentation qu’il fera des citadins s’adonnant aux plaisirs des bains de mer contribuera largement à sa réputation de peintre.

E BOUDIN.jpg

"La plage de Trouville - Impératrice Eugénie" - 1863

Il aime aussi peindre les ports, surtout celui de Trouville dont la dimension le ravit. Parmi les onze tableaux présentés au Salon entre 1864 et 1869, neuf représentent le port de Trouville ! Il n’apprécie pas seulement le mouvement des bateaux mais  toute l’animation qui entoure ce commerce, avec une prédilection pour les marchés aux poissons. Il est aussi très attiré par les avant-ports où se distingue la mer au fond de la toile, quand les bateaux quittent le monde de la ville pour la pleine mer...

boudin_eugene_002.jpg

"Trouville - grève et rochers" - 1865

Son goût pour les paysages marins, qui donnent la primeur aux effets atmosphériques, aux mouvements de l’eau, aux dégradés des nuages et des brumes, lui impose de travailler rapidement, quasiment sur le vif. D’où l’aspect d’esquisse de la totalité de ses tableaux et de laquelle s’inspirent alors les impressionnistes. Il initiera d’ailleurs à cet art du paysage sur nature, à la peinture du plein-air, le jeune Claude Monet, rencontré en 1858, qui dira plus tard de lui « qu’il lui doit tout  »

E. BOUDIN 1.JPG

A sa mort, le 8 août 1898, Eugène Boudin laisse derrière lui plus de 4500 toiles qui lui valent aujourd’hui la réputation d’un des plus grands peintres de la lumière.

18/07/2010

Festival Normandie impressionniste - Renoir en Normandie

S’il n’avait été invité par un riche banquier à venir passer l’été de 1879 dans sa magnifique propriété de Wargemont, située près de la petite station de Berneval-sur-Mer, à 8 km à l’est de Dieppe, Pierre Auguste Renoir ne serait peut être jamais venu en Normandie ! Plus intéressé par la peinture de portraits et le nu féminin que par celle des paysages, il fera partie du groupe impressionniste en s’en écartant toutefois assez vite.

 

RENOIR 4.JPG

Pierre Auguste Renoir  (1841-1919)

Au début des années 1880, Renoir est en pleine misère : il n’arrive pas à vendre ses tableaux et la critique est souvent mauvaise. L’invitation en Normandie et les commandes de portraits que lui passent son hôte lui assurent de confortables revenus et vont le faire revenir chaque été dans la demeure normande où ses tableaux, au fil des ans, garnissent les murs et ravissent son propriétaire.   

RENOIR 2.JPG

Les pêcheurs de moules à Berneval , côte normande, 1879

Au cours de ses séjours, il prend le temps de sillonner la région et de découvrir les paysages normands qu’il immortalise sur ses toiles. Ainsi, le samedi, il emprunte la calèche de la maison pour aller au marché de Dieppe. Parfois, il pousse plus à l’ouest, jusqu’à la plage de Pourville où il peint la maison de Blanche Pierson, actrice renommée de la Comédie-Française ou bien encore vers celle d’Yport où il va peindre « Marée basse à Yport » qui s’inscrit pleinement dans l’esprit impressionniste.

 

RENOIR 1.JPG

  

Marée Basse à Yport - 1883

Pierre Auguste Renoir s’éteint à Cagnes-sur-Mer, le 3 décembre 1919. Sur son lit de mort, il aurait demandé une toile et des pinceaux pour peindre le bouquet de fleurs qui se trouvait sur le rebord de la fenêtre. En rendant pour la dernière fois ses pinceaux à l’infirmière, il aurait déclaré « Je crois que je commence à y comprendre quelque chose » qui résume la grande humilité avec laquelle il appréhendait la peinture et la vie.

 

 

 

07/07/2010

Festival Normandie impressionniste - Ce "Cauchemar" de Cathédrale !

C’est bien en Normandie que s’est joué l’un des actes les plus passionnants du grand opéra impressionniste, cette envie de peindre « autrement », loin des canons académiques. En Normandie, et notamment à Rouen, sur ses quais, ses ponts et surtout sur sa Cathédrale baignée de cette lumière particulière qui la transfigure selon les heures du jour.

MONET 3.JPG

Claude Monet - Autoportrait

Février 1892 : Claude Monet, parisien de naissance, mais normand de cœur ayant grandi au Havre, quitte provisoirement son cher Giverny (Eure) où il s’est installé dès 1883, pour s’installer dans la Capitale Normande à l’Hôtel d’Angleterre situé Cours Boïeldieu. Il vient y réaliser une série de tableaux sur la Cathédrale ou plus précisément sur sa façade.

C’est dès la fin des années 1880, qu’il s’est mis à peindre certains motifs à maintes et maintes reprises, mettant ainsi essentiellement l’accent sur les phénomènes optiques. En se focalisant sur un même objet, il étudie l’effet des variations météorologiques et saisonnières ainsi que les changements de luminosité.

Mais, capter les différentes lumières du jour sur l’édifice de dentelles de pierre qu’est notre cathédrale est un véritable défi ! « C’est une rude besogne que j’entreprends là !... Songez, écrit-il à sa future femme, Alice Hoschedé,  que je me lève avant 6 heures et suis au travail à 7 heures jusqu’à 6 heures et demie le soir, tout le temps debout ! … » Et dès lors, il ne va plus penser plus qu’à cette Cathédrale, vue sous des angles légèrement changeants. A travers une fenêtre, puis une autre, il s’acharne à saisir les variations lumineuses, cherchant la légèreté immatérielle de la lumière, jusqu’à s’en rendre malade.

cathedrale-rouen-g.jpg

En avril, après avoir achevé 11 Cathédrales, il rentre à Giverny, totalement épuisé mais surtout découragé et mécontent de ce qu’il a fait. A tel point qu’il va lui falloir une année entière pour reprendre force !

Obstiné, de retour à Rouen à la mi-février 1893, il est bien décidé à se frotter à « cette mâtine de Cathédrale » qui lui donne tant de mal mais qu’il perçoit au fond de lui comme un sujet admirable. Il travaille sans relâche et simultanément sur 9 à 14 toiles afin de pouvoir réagir immédiatement aux changements de luminosité.

De retour à Giverny, il s’avoue simplement « moins mécontent que l’an dernier ».

MONET 4.JPG

Pourtant, ces tableaux vont faire partie des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art. Toutes les Cathédrales, quand elles sont datées, le sont de 1894 alors qu’elles furent exécutées en 1892 et 1893. L’ensemble représente 26 toiles auxquelles il convient d’ajouter les deux premières qu’il fit de la cathédrale vue de la Cour d’Albane. Exposées en 1895, elles connaissent une juste renommée. Leur matière épaisse et triturée, qui confine à l’abstraction, dévoile une modernité que Monet poussera au paroxysme quelques années plus tard dans son ultime série, celle des Nymphéas, et qui ouvrira la porte au paysagisme abstrait.

MONET 2.JPG

Claude Monet (1840-1926)

Après des années d’angoisse existentielle, Claude Monet va enfin connaître le succès qu’il mérite. Sa peinture est dès lors internationalement reconnue, ses Cathédrales exposées dans les plus grands musées du monde. L’impressionnisme est bien né en Normandie !