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28/08/2010

Festival Normandie - Impressionniste - Pissarro, le doyen

C’est tardivement que Camille Pissarro viendra en Normandie. Son premier passage à Rouen date de l’automne 1883, il a alors 63 ans et est accompagné de son ami Paul Gauguin. Il séjournera ensuite souvent dans tout le département de la Seine-Maritime, à Yport, au Havre ou à Dieppe. Peintre du monde paysan, il se déclare alors enthousiasmé par ce paysage urbain où se mêlent usines, fumées et bateaux, mais aussi dentelles de pierres qui se discernent dans la brume particulière à la ville aux cent clochers et n’hésite pas à comparer Rouen à Venise ! C’est au cours de l’un de ses séjours dans la capitale normande, au printemps 1896, qu’il immortalise le pont Boïeldieu. En tout et pour tout, il réalisera une cinquantaine de tableaux de Rouen.

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« Le Pont Boïeldieu à Rouen, soleil couchant, temps brumeux » - 1896

Considéré comme le doyen des impressionnistes, ce citoyen danois qui le restera sa vie entière, est né à Saint-Thomas (Iles Vierges), le 10 juillet 1830, quatrième et dernier fils d'une famille juive. Débarqué à Paris pour y étudier la peinture en 1855, il est confronté à la complexité du monde artistique avec ses salons, ses expositions, ses académies, ses choix et ses contradictions. Il rencontre Corot, avec lequel il étudie, et quatre ans plus tard, en 1859, Monet. Paul Cézanne est son élève. C’est à cette époque qu’il se met en ménage avec Julie Vellay, la fille d’un viticulteur bourguignon qui lui donnera 8 enfants. Il va connaître longtemps des difficultés financières pour faire vivre sa nombreuse famille car la critique ne reconnaîtra son talent qu’à la fin des années 1870.

Quand le groupe des Impressionnistes se rassemble et organise ses expositions en marge du Salon officiel, il fait preuve de son esprit d’avant-garde et se donne tout entier à cette « nouvelle peinture ». Il devient peu à peu le patriarche du mouvement, mais dans une grande fraîcheur d’esprit et avec un constant renouvellement. Sa contribution à ce mouvement est essentielle, par son œuvre et son art qui en est une des expressions les plus représentatives et les plus brillantes et par l’influence qu’il eut sur ses congénères.

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Autoportrait - 1873

En 1901, de juillet à septembre, Il s’installe à Dieppe. Là, il va appliquer sa manière de peindre qui consiste à se placer dans une chambre d’hôtel afin de ne pas fatiguer ses yeux malades (ses problèmes de vue l’empêche de travailler en plein air), et produire, comme Monet, de véritables séries d’un même sujet en variant quelque peu l’angle de la vision. « Dieppe est un endroit admirable pour un peintre qui aime la vie, le mouvement, la couleur » écrira t’il. L’année suivante, de retour, il  offre au musée de la ville son tableau « Avant-port à Dieppe, après-midi, soleil, marée basse »

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« Avant-port à Dieppe, après-midi, soleil, marée basse » - 1902

Peintre sensible entre tous, jamais satisfait, toujours à la recherche de son art et de lui-même,  c’est à Paris qu’il s’est éteint le 13 novembre 1903.

 

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18/08/2010

Festival Normandie impressionniste - Courbet à Etretat

Il faut marcher sur les galets de la plage ou sur le sentier des falaises pour comprendre le charme particulier d’Etretat, quelque chose de physique qui étreint le promeneur.

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« La falaise d’Etretat  après l’orage – G.Courbet - 1869

Si cet ancien village de pêcheurs est si célèbre, c’est bien sûr à cause des spectaculaires falaises de craie blanche que Maupassant comparait à un éléphant plongeant sa trompe dans la mer et qui inspirèrent à Maurice Leblanc sa fameuse « Aiguille creuse ». Pour Boudin, Courbet ou Monet, ce paysage du bout du monde fut une source d’inspiration infiniment propice aux séries.

Et il suffit de passer un week-end à Etretat pour comprendre pourquoi : le climat normand, si changeant, transforme le panorama en quelques heures, la mer d’huile peut se métamorphoser en flots tempétueux.  Monet a représenté tant de fois les falaises qu’il n’y a pratiquement pas un musée de province en France ou américain qui n’en possède pas au moins une dans ses collections !

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Gustave Courbet (1819-1877)

Issu d’une famille de propriétaires terriens, Gustave Courbet est né à Ornans près de Besançon (Doubs), le 10 juin 1819. Peintre reconnu, son premier séjour en Normandie, à Honfleur, en 1859, au cours duquel il rencontre Eugène Boudin, sera suivi de nombreux autres et notamment à Etretat qui le séduit par ses côtes, ses paysages puissants et tourmentés.

A l’été 1869, Gustave Courbet se rend une fois encore en Normandie. En l’espace de moins d’un mois, il y peint un peu plus de 20 marines. Sa composition saisit le sévère paysage dans toute son étendue : la large plage de galets précédant la fameuse roche percée avec sa caractéristique couleur d’albâtre et sa couverture de lichen.

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« La vague » - G. Courbet – 1869 -

Et si Courbet s’est "attaqué" aux falaises, il a peint aussi plusieurs versions des  puissantes vagues se cassant sur les plages d'Etretat dont la plus stupéfiante représentation  est conservée au Musée Malraux du Havre.

Ayant participé activement à la Commune de Paris et contribué à la destruction de la colonne Vendôme le 16 mai 1871 « parce qu’elle magnifie les guerres impériales », il choisit de s’exiler en Suisse où il va s’éteindre le 31 décembre 1877. Ce n’est qu’en 1919 que sa dépouille sera transférée dans son village natal.

08/08/2010

Festival Normandie impressionniste - Millet, le cherbourgeois

La conception impressionniste du paysage n’apparut pas sans modèles précurseurs. Dès les années 1820-1830, certains artistes se rapprochent de la nature et expérimentent une peinture à la lumière du jour. Parmi eux, il y a le normand Jean-François Millet.

Aîné d’une famille nombreuse de paysans, né à Gruchy, hameau de la commune de Gréville, dans la région de la Hague, en Normandie, le 4 octobre 1814, Millet travaille dans la ferme familiale avant d’être envoyé par son père à Cherbourg en 1835 pour apprendre « le métier de peintre », l’année même où est créé un musée pour recevoir la collection Thomas Henry qu’il va copier. Plus tard, titulaire d’une bourse, il part continuer son apprentissage à l’école des Beaux-arts de Paris.

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Jean-François MILLET (1814-1875) photographié par Nadar

De retour à Cherbourg, il tombe amoureux de Pauline Ono qu’il épouse en 1841. Elle meurt trois ans plus tard d’une tuberculose. En 1853, toujours à Cherbourg, il rencontre Catherine Lemaire, une ancienne servante d’à peine 17 ans, qu’il épouse et qui lui donnera 9 enfants.

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"Pâturages près de Cherbourg" - Millet - 1872

Ce ne sont certes pas les vues du port de Cherbourg qui ont fait la renommée de Millet, bien plus célèbre pour ses scènes pastorales élégiaques et pour ses nus parfois très érotiques, mais l’homme n’oubliera jamais la leçon du Cotentin et Cherbourg demeurera la première étape d’une formation qui le conduira plus tard à Paris, dans l’atelier de Paul Delaroche.

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"L'Eglise de Gréville" - Millet - 1871-74

Il s’applique à peindre beaucoup de scènes rurales souvent poétiques comme « Des Glaneuses » en 1857 ou « L’Angélus » en 1859, peintures qui le classent dans l’influence du courant réaliste. Glorifiant l’esthétique de la paysannerie, il s’intéresse ensuite principalement aux ambiances et aux paysages.  En 1870, alors que les Prussiens envahissent la France, Millet revient vivre avec sa famille à Cherbourg. C’est à cette époque qu’il travaille davantage les jeux de lumière, la pénombre et le clair-obscur, signant ainsi un travail annonciateur de l'impressionnisme comme à travers le tableau de « L'Église de Gréville ».

Sa vie patriarcale et familiale se reflète dans la grande simplicité de ses œuvres. Et ses paysans ont souvent une sorte de grandeur sacerdotale comme s’ils étaient des prêtres au travail.

Jean-François Millet s’éteint pauvre à Barbizon (Seine-et-Marne), le 20 janvier 1875. Ce n’est qu’après sa mort que la fièvre spéculative des marchands et des amateurs s’est emparée de ses œuvres.