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29/09/2010

"Va-t'en voir s'ils viennent?"

Voilà une vieille expression qui signifie « n’attentez pas qu’ils viennent ». Elle date de l’époque où les seigneurs partaient à la guerre abandonnant leurs épouses de longs mois, voire des années…  

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Celles-ci, restées au château, envoyaient fréquemment leurs domestiques sur la plus haute tour de celui-ci scruter l’horizon afin d’apercevoir si une troupe de gens d’armes se présentait au loin  « Va-t’en voir s’ils viennent !... »  Hélàs, comme Anne, ils ne voyaient rien venir…

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Pénélope, seule pendant les 20 années d'absence d'Ulysse !...

C’est ainsi que l’expression a pris un sens négatif.

Mais, allez-vous me dire, quel rapport avec les Normands et la Normandie ?

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Et bien voilà : vers 1728, Antoine Houdar de La Motte (1672-1731), fabuliste et dramaturge français, écrivit une chanson illustrant cette locution. Elle disait entre autres :

« Un Breton qui ne boit point,

Un Gascon tout bête,

Un Normand franc de tout point,

Un Picard sans tête,

Va-t’en voir s’ils viennent, Jean,

Va-t’en voir s’ils viennent !... »

Voulait-il insinuer que les Normands n'étaient pas francs ? Curieux personnage, n'est-ce-pas ! Qui ne connaissait certainement pas les Normands !!!

19/09/2010

Festival Normandie impressionniste - Les escapades de Seurat

On ne peut pas dire que le peintre Georges Seurat ait été un habitué des paysages normands. Né dans la capitale, rue de Bondy, le 2 décembre 1859, il va préférer croquer la Seine plus en amont, dans sa portion parisienne. Par sa remarquable Baignade à Asnières, exécutée en 1884, c’est-à-dire à seulement 25 ans, il se fait exclure du Salon des peintres officiels mais trouve grâce auprès des avant-gardistes de la Société des artistes indépendants. On reconnut dès lors le talent de ce jeune peintre discret, cultivé, portant haut-de-forme et redingote, que Degas surnommait avec une certaine pointe de cynisme « Le Notaire ».

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                                                      Georges Seurat en 1888

Quoi qu’il en soit, Georges Seurat était attiré par les bords de Seine. C’est en 1885 qu’il réalise l’œuvre majeure qui va le rendre célèbre. Dans son « Dimanche après-midi  à l’Ile de la Grande Jatte », il expérimente une théorie picturale nouvelle où les contrastes de l’ombre et de la lumière sont admirablement répartis dans l’espace et où les couleurs ne sont pas mélangées mais juxtaposées sur la toile.

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                       « Un dimanche après-midi à l’Ile de la Grande Jatte » - 1885

Lors de la huitième et dernière exposition du groupe impressionniste de 1886, cette toile va susciter de vives discussions tant elle se démarque des autres réalisations, et pas seulement en raison de son grand format, inhabituel pour un tableau impressionniste, mais aussi du fait de son traitement pictural, radicalement nouveau. La toile est entièrement recouverte de points de couleur uniformément distribués en lieu et place des légères touches de pinceau des impressionnistes.  

Et c’est cette technique qu’il va appliquer sur les toiles qu’il peint lors de ses escapades en Normandie. Il pose d’abord son chevalet à Honfleur, autour du vieux-bassin, et y reproduit les chaluts de pêche qui rentrent au port.

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                            « Port-en-Bessin, avant-port (marée haute) » - 1888

Puis, en 1888, il tombe sous le charme de la pittoresque jetée de Port-en-Bessin, petit village de pêcheurs situé non loin de Caen, qu’il immortalise en se plaçant sur les hauteurs.

Emporté par la diphtérie, il s’éteint à 31 ans, le 29 mars 1891. Au cours de sa brève existence, il aura dépassé avec détermination l’immédiateté « romantique » de la peinture impressionniste. Pourtant, la théorie picturale qu’il avait imaginée et expérimentée ne trouva pas de successeur direct. L’effet de couleur et de lumière qui se dégageait de ses tableaux inspira toutefois les jeunes « fauves » qui vont évoluer autour de Matisse.

Ainsi s'achève mon clin d'oeil personnel à ce festival magnifique qui a attiré des milliers de visiteurs en Normandie. Que les amateurs se rassurent, une nouvelle édition est en projet pour 2012-2013 !

08/09/2010

Festival Normandie impressionniste - Gauguin l'aventurier

Les séjours de Gauguin en Normandie, à Rouen et à Dieppe, entre 1883 et 1885, s’ils correspondent à l’une des périodes les plus sombres de sa vie, se situent également au sommet de sa période impressionniste qu’il abandonnera dès 1886  lors de son installation en Bretagne.

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                                                   Paul Gauguin (1848-1903)

Paul Gauguin est né à Paris, rue Notre-Dame de Lorette, le 7 juin 1848. D’ascendance hispano-péruvienne noble par sa mère, il passe ses sept premières années à Lima. Rentré en France, après des études à Orléans, il s’embarque dans la marine marchande puis dans la marine française et navigue sur les mers du monde pendant 6 années. A son retour en 1870, il se convertit en agent de change à la Bourse de Paris. Il y mène une vie bourgeoise entouré de sa femme d’origine danoise et de leurs cinq enfants.

Mais le démon de la peinture, qu’il pratiquait jusqu’alors durant ses loisirs, ne tarde pas à prendre  le pas sur sa vie familiale. Sa rencontre en 1874 avec Pissarro va être déterminante. Le maître l’initie au paysage impressionniste et lui communique le sens de la composition picturale. En 1882, il abandonne son emploi à la bourse pour, dit-il, « peindre tous les jours ». Cependant, ayant décidé de vivre exclusivement de son art, sa situation financière se détériore rapidement...

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                                             Un coin de jardin à Rouen - 1884

Il décide donc de s’exiler en Province où il espère bénéficier d'une vie moins chère. Il choisit la Normandie et s'installe à Rouen avec femme et enfants. Hébergé durant l’été 1883 par Pissarro, il emménage en janvier 1884 au 5 de l’impasse Malherne, aujourd’hui impasse qui porte son nom. Durant les 8 mois de son séjour normand, il réalise près de 40 tableaux sur des motifs très différents : l’église de Bihorel, celle de Saint-Ouen, la rue Jouvenet, le port, la Seine, mais aussi des vues moins pittoresques et presque rurales.

Hélas, sans autres revenus que ceux de sa peinture, la misère s'installe l'obligeant à se réfugier au Dannemark, chez sa belle-famille à Copenhague.

Rentré à Paris accompagné seulement d’un de ses fils, c’est misérable qu’il débarque à Dieppe à la fin du mois de Juin 1885, y restera près de 3 mois et y réalisera 25 tableaux dont les meilleurs seront ceux qu’il fera de la ville et de son port.

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                                                     Dieppe, le port - 1885

Quoique très pauvre, gagnant toujours peu d’argent, ses œuvres sont au fil du temps favorablement accueillies par la critique. Il participe en 1886 à la huitième et dernière exposition des Impressionnistes. Il se retire ensuite à Pont-Aven en Bretagne et cesse de travailler d’après nature, c’est-à-dire comme Pissarro le lui avait enseigné.

Après l’échec de la vente publique de 47 de ses œuvres à Drouot (seuls 9 tableaux sont achetés dont 2 par Degas), il s’embarque le 3 juillet 1895 pour Papeete. En 1901, il choisit de s’installer définitivement aux Iles Marquises. C’est là qu’il s’éteint d’une crise cardiaque le 8 mai 1903. Il est enterré dans le cimetière d’Atuona où sa tombe côtoie celle de Jacques Brel.