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12/11/2010

La plus petite Mairie de France est Normande !

Saviez-vous que la plus petite Mairie de France est Normande et Euroise ? C’est celle de Saint-Germain de Pasquier, charmant petit village de 139 habitants situé au cœur de la vallée de l’Oison.

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Elle a été aménagée en octobre 1910 sur décision du maire de l’époque, un sieur Marsollet, qui,  en ayant assez de recevoir ses conseillers dans sa salle à manger,  décida d’utiliser comme mairie l’ancienne chapelle Sainte-Clotilde, alors désaffectée de tout exercice de culte et qui avait été érigée au-dessus de la fontaine du même nom, à l’emplacement de l’ancien Prieuré Saint-germain Gaillard.

Malgré ses trois mètres de long et ses deux mètres soixante-dix de large, grâce à un agencement judicieux,  la plus petite Mairie de France accueille sans rechigner ses onze conseillers municipaux, sa secrétaire de mairie, ses dossiers et son ordinateur, et les administrés du village pour leurs démarches administratives. Mais cependant, lors de la célébration d’un mariage, la famille des mariés est bien entendu priée d’attendre sur le trottoir.

Malgré tout, pour rien au monde, ni les élus, ni les habitants de ce village n’échangeraient leur mairie lilliputienne contre une plus spacieuse.

Derrière la mairie, coule toujours une source réputée miraculeuse. La fontaine Sainte-Clotilde a été pendant longtemps un lieu de pèlerinage très fréquenté. On venait y invoquer la sainte pour guérir toutes sortes de maux et notamment pour donner des forces aux enfants qui tardaient à marcher, lesquels étaient alors plongés dans l’eau très froide de la source.

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D’ailleurs, le 3 juin 1856, un paralytique d’Elbeuf, après s’y être baigné, aurait recouvré aussitôt l’usage de ses jambes. Ce qu’on ne put pas vérifier car le lendemain, le miraculé succombait dans son lit… d’une fluxion de poitrine ! Ça ne s’invente pas !...

 

28/10/2010

L'Eau des Jacobins des Frères Gascard

Nous avons déjà évoqué ensemble la célèbre Jouvence de l’Abbé Soury (v. ma note du 24 septembre 2008), mais saviez-vous que la Normandie avait donné naissance au XVIIIe siècle à un autre élixir aux propriétés multiples, toujours en vente dans nos pharmacies actuelles ? Lequel ? Et bien, « l’Eau des Jacobins des Frères Gascard », l’eau « qui guérit tant de maux ».

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Les Jacobins, ordre religieux très ancien, appelés aussi « Frères Prêcheurs », établis à Rouen dès 1224, y  possédaient un monastère situé le long de l’actuelle rue de Fontenelle, à Proximité de la rue de la Pie (la rue où est né Pierre Corneille !) Vers 1787, un cruel besoin d’argent amène un des leurs, à la fois infirmier et fort habile, à mettre au point une « Eau antiapoplectique » mise en bouteille au couvent et vendue par la communauté pour amortir les dettes et subvenir à l’entretien des bâtiments religieux. Des plantes entrant dans sa composition, on trouve la badiane, l’anis vert d’Alicante, le girofle, le genièvre, l’angélique, le santal citra, la cannelle, l’impératoire, le macis, la réglisse et la muscade, provenant pour la plupart du sud asiatique, et le Galanga,mis à la mode en Italie dès le XVIe siècle, lequel autorise à situer l’origine de cet élixir dans ce pays dont il aurait été exporté au siècle suivant.

Chassés de leur couvent par le Révolution, les religieux se dispersèrent, emportant avec eux ce secret… lequel cependant atterrit quelques décennies plus tard dans les mains de la famille Gascard.

Louis Noël Nicolas Gascard, épicier au Neubourg (Eure), avait deux fils, tous deux pharmaciens, Henri à Evreux et Jules-Albert à Rouen, rue du Bac. C’est ce dernier qui, en 1864, décide de reprendre la fabrication de l’Eau des Jacobins dont le secret de fabrication lui a été remis par son ancien professeur de latin, le Vicaire David.

Ayant la bosse des affaires, avec son frère Henri, il s’empresse d’effectuer le dépôt de la marque « Eau des Jacobins » et lance la production accompagnée d’une publicité massive et régulière dans le « Journal de Rouen ». Très vite le succès est au rendez-vous et l'Eau est vendue et expédiée dans de nombreux pays étrangers.  En commerçant avisé, il choisit de diversifier sa production en fabriquant également une liqueur dont le goût rappelle celui de la Bénédictine, qu’il baptise bien entendu « La Jacobine »,  une pâte dentifrice, une pilule de longue vie ainsi que du thé aromatique. Pour abriter son laboratoire, il fait construire un bâtiment sur des terres acquises à Bihorel-lès-Rouen. 

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En 1881, il rachète la Salle des Fêtes de ladite commune, en décore l’entrée d’un sceau de Saint-Louis, bienfaiteur des Jacobins et y transfère son entreprise en pleine expansion. Et, soucieux d'éviter les contrefaçons, un Jacobin et l’inscription des Frères Gascard sont gravés dans le verre des longs flacons à base carrée et le bouchon recouvert d’une capsule dorée où se dessine en relief le fac-similé du sceau de Saint-Louis de 1243.

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Après la mort de Jules-Albert en 1917, l’entreprise restera dans la famille, passant de père en fils. En 1983, elle échoie ainsi à l’une de ses petites-filles qui transfert la fabrication de l’Eau des Jacobins  près d’Yvetôt.

Quant au laboratoire de Bihorel, racheté par la commune, il est devenu, après avoir été agrandi, un Centre Culturel aux multiples disciplines.

Biblio. : "Rouen aux 100 clochers" de F. Lemoine et J. Tanguy - Editions PTC 2004.

 

29/09/2010

"Va-t'en voir s'ils viennent?"

Voilà une vieille expression qui signifie « n’attentez pas qu’ils viennent ». Elle date de l’époque où les seigneurs partaient à la guerre abandonnant leurs épouses de longs mois, voire des années…  

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Celles-ci, restées au château, envoyaient fréquemment leurs domestiques sur la plus haute tour de celui-ci scruter l’horizon afin d’apercevoir si une troupe de gens d’armes se présentait au loin  « Va-t’en voir s’ils viennent !... »  Hélàs, comme Anne, ils ne voyaient rien venir…

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Pénélope, seule pendant les 20 années d'absence d'Ulysse !...

C’est ainsi que l’expression a pris un sens négatif.

Mais, allez-vous me dire, quel rapport avec les Normands et la Normandie ?

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Et bien voilà : vers 1728, Antoine Houdar de La Motte (1672-1731), fabuliste et dramaturge français, écrivit une chanson illustrant cette locution. Elle disait entre autres :

« Un Breton qui ne boit point,

Un Gascon tout bête,

Un Normand franc de tout point,

Un Picard sans tête,

Va-t’en voir s’ils viennent, Jean,

Va-t’en voir s’ils viennent !... »

Voulait-il insinuer que les Normands n'étaient pas francs ? Curieux personnage, n'est-ce-pas ! Qui ne connaissait certainement pas les Normands !!!