Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/01/2011

911-2011 - L'aventure normande

Rollon, le fondateur

(° peu être vers 854 - + vers 931)

 STATUE ROLLON.jpg

                                         Statue de Rollon - Jardins de l'Hôtel de Ville de Rouen

En cette année 2011, la Normandie va fêter son anniversaire : ses onze siècles d’existence ! 

C'est en 911 que Charles III le Simple (879-929), roi carolingien qui règne sur notre pays depuis l’an 879, las de lutter désespérément contre le harcèlement incessant des redoutables bandits normands qui menacent maintenant Paris, se décide à signer avec le chef des pirates normands Rollon, un traité qui va donner naissance à notre belle province.

CHARLES III LE SIMPLE.jpg

                                                    Le roi Charles III Le Simple (879-929)

Car depuis le règne de Charlemagne (742/48-814), ces Vikings, excellents marins venant de Scandinavie, remontent, dans leurs solides drakkars à faible tirant d’eau et à grand mât amovible, mers et fleuves, pillant et ruinant sur leur passage villes et abbayes du royaume.

tapisserie_bateaux.jpg

                                                            Tapisserie de Bayeux (XIe siècle)

Mais qui sont donc ces Vikings ? Des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs qui, poussés par la misère de leur terre et la rudesse de leur climat, vont à la recherche de contrées plus favorables. Ils sont décrits comme de grands travailleurs, durs au froid et à la faim, aventuriers et très débrouillards, plus opportunistes que véritablement brigands, dotés d’une extraordinaire faculté d’adaptation et d’une « mobilité géographique » sans égale. C’est d’ailleurs ces qualités qui vont leur permettre de se « fondre » sur le continent européen.

LES VIKINGS.jpg

 

Le 20 juillet 911, les troupes de Rolf ou Rollon, dit le marcheur, Viking d’origine danoise ou norvégienne (on ne sait pas trop…),   géant de 2 mètres et 140 kilos qui, d’après la légende, arpente à pied les terres conquises faute de trouver une monture capable de le porter, ces troupes donc, qui sévissent depuis plusieurs années sur la Seine et particulièrement dans la région de Rouen, décident de lancer une nouvelle attaque sur Chartres. Alors qu’ils remontent l’Eure, le duc de France Robert et de duc de Bourgogne Richard le Justicier s’unissent et contraignent les pirates à se retirer.  Ce qu’ils font certes, mais sans avoir été anéantis ! Cependant, Rollon, en bon guerrier, est bien conscient que ses assauts sont de plus en plus souvent repoussés par les soldats francs et que, après avoir tiré énormément d’argent des terres piratées, ses hommes et lui ont maintenant envie de s’installer à demeure sur ces espaces tempérés bien plus hospitaliers que leur pays d’origine.

C'est ainsi qu'à l’automne de cette année-là, le roi des Francs et le chef de cette tribu Viking, après de longues négociations, vont signer à Saint-Clair-sur-Epte un traité par lequel, en échange de la promesse de l’envahisseur de défendre le passage de la Seine contre les invasions des autres Vikings, d’assurer la paix et la sécurité sur son territoire et de reconnaître la suzeraineté du roi, celui-ci le fait Comte de Rouen, lui cède une partie de la Neustrie, c’est-à-dire les pays voisins de la Basse-Seine, soit à peu près les actuels départements de la Seine-Maritime et de l’Eure. Ce territoire, embryon du futur duché, va prendre naturellement le nom de « Normandie », c’est-à-dire  le  « Pays des Hommes du Nord » en vieux norrois.  

L’année suivante, en 912, le nouveau « jarl » (prince) Rollon se fait baptiser en la cathédrale de Rouen sous le nom de Robert et reçoit comme épouse officielle une fille de Charles le Simple, Gisèle, jeune princesse…  âgée au plus de 4 ans !

GISANT DE ROLLON.jpg

                                                 Gisant de Rollon - Cathédrale de Rouen

Rollon, et après lui ses successeurs, vont œuvrer pour agrandir leur territoire vers l’Ouest au détriment notamment des Bretons qui occupaient le Cotentin. Grâce à eux, la Normandie deviendra l’une des plus puissantes principautés du Royaume de France. La dynastie fondée par Rollon dominera la Normandie jusqu’en 1204 et l’Angleterre jusqu’à nos jours !

08/12/2010

Prétextat, un évêque assassiné dans la cathédrale de Rouen !

C’est à Grégoire de Tours (539-594), Evêque de Tours, historien de l’Eglise et des Francs, que l’on doit de connaître la destinée tragique de cet évêque de Rouen.

Carte-Austrasie.jpg

A la mort de Clotaire Ier, fils de Clovis, la division du royaume des Francs génère une compétition féroce entre les prétendants au royaume. Ses quatre fils se partagent l'héritage patrimonial par tirage au sort. Chilpéric hérite de la Neustrie tandis que son demi-frère Sigebert reçoit l'Austrasie.

PRETEXTAT 2.jpg

Chilpéric Ier, devenu Roi de Neustrie et Frédégonde - Recueil des Rois de france - Jean de Tillet

Chilpéric, homme intempérant et présomptueux, avide de richesses, et sa redoutable concubine Frédégonde, font donc assassiner en 575 Sigebert Ier, roi d’Austrasie, et exilent sa veuve Brunehaut (ou Brunehilde) à Rouen. L’année suivante, on apprend que l’un des fils de Chilpéric, Mérovée, à l’insu de son père, s’est précipité à Rouen et y a épousé sa tante Brunehaut, avec la bénédiction de l’évêque du lieu Prétextat, son parrain !

brunehaut.gif

Brunehaut, Reine d'Austrasie - (543-613)

Chilpéric va entreprendre aussitôt de briser l’idylle, allant jusqu’à faire tonsurer son fils contre son gré, puis à le persécuter jusqu’à ce qu’il se suicide (ou soit assassiné à l’instigation de Frédégonde). 

Mais, en mariant la tante et le neveu, Prétextat s’est non seulement mis dans un mauvais pas au regard des règles canoniques, mais il a pris encore plus de risques en déplaisant à Chilpéric et à Frédégonde. Il est convoqué à Paris et doit se défendre devant une assemblée d’évêques réunie à Paris par Chilpéric. Le roi exige sa destitution et malgré une courageuse prise de position de Grégoire de Tours, Prétextat est déchu de son siège en 577 et « envoyé en exil dans une île de la mer qui avoisine à la cité de Coutances », sûrement l’Ile de Jersey.

PRETEXTAT.jpg

Concile de Paris en 577 - Prétextat et Chilperic Ier - Chroniques Françaises - C. Cretin

Rappelé par les habitants de Rouen après la mort de Chilpéric en 584, Prétextat revient d’exil avec un certain nombre de prières qu’il a eu le loisir d’y composer (mais que Grégoire de Tours juge cependant bien médiocres !) Toujours imprudent, il s’oppose vivement à Frédégonde, qui, de passage à Rouen, lui fait les plus vifs reproches sur sa conduite.

La haine de la reine à son égard s’en trouve ravivée et avec elle son désir de vengeance. Et le jour de Pâques 586, alors que Prétextat se rend de bonne heure à sa cathédrale (lointaine aïeule de celle que nous connaissons aujourd'hui) pour y réciter les offices du jour, au pied de l’autel, un homme de main de la reine le frappe violemment d’un couteau. On transporte l’évêque moribond à son domicile où Frédégonde croit devoir se précipiter pour s’apitoyer sur cette tragédie. « Tu seras maudite dans le siècle et Dieu vengera mon sang sur ta tête ! » s’exclame alors Prétextat juste avant de mourir

C’est l’évêque de Coutances, Romachaire qui préside aux funérailles de Prétextat. Puis, l’évêque de Bayeux, Leudovald, jette l’interdit sur Rouen jusqu’à ce que les auteurs du meurtre soient identifiés. Tous les soupçons convergent vers Frédégonde qui croit se justifier en accusant un esclave. Mais sous la torture, ce dernier l’accuse, affirmant qu’il a reçu d’elle cent sous d’or pour son forfait ! Il est immédiatement « coupé en morceaux » sans pouvoir réitérer ses accusations ! Et comme la reine nie farouchement toute responsabilité, la vive émotion causée par la mort de Prétextat s’apaise peu à peu.

Malgré cette fin tragique, qui vaudra six siècles plus tard une canonisation immédiate à Thomas Becket assassiné près de l'autel de la cathédrale de Cantorbéry le 29 décembre 1170,  l’Evêque de Rouen Prétextat n'est honoré que comme simple martyr le 24 février.

12/11/2010

La plus petite Mairie de France est Normande !

Saviez-vous que la plus petite Mairie de France est Normande et Euroise ? C’est celle de Saint-Germain de Pasquier, charmant petit village de 139 habitants situé au cœur de la vallée de l’Oison.

germain-pasquier[1].JPG

Elle a été aménagée en octobre 1910 sur décision du maire de l’époque, un sieur Marsollet, qui,  en ayant assez de recevoir ses conseillers dans sa salle à manger,  décida d’utiliser comme mairie l’ancienne chapelle Sainte-Clotilde, alors désaffectée de tout exercice de culte et qui avait été érigée au-dessus de la fontaine du même nom, à l’emplacement de l’ancien Prieuré Saint-germain Gaillard.

Malgré ses trois mètres de long et ses deux mètres soixante-dix de large, grâce à un agencement judicieux,  la plus petite Mairie de France accueille sans rechigner ses onze conseillers municipaux, sa secrétaire de mairie, ses dossiers et son ordinateur, et les administrés du village pour leurs démarches administratives. Mais cependant, lors de la célébration d’un mariage, la famille des mariés est bien entendu priée d’attendre sur le trottoir.

Malgré tout, pour rien au monde, ni les élus, ni les habitants de ce village n’échangeraient leur mairie lilliputienne contre une plus spacieuse.

Derrière la mairie, coule toujours une source réputée miraculeuse. La fontaine Sainte-Clotilde a été pendant longtemps un lieu de pèlerinage très fréquenté. On venait y invoquer la sainte pour guérir toutes sortes de maux et notamment pour donner des forces aux enfants qui tardaient à marcher, lesquels étaient alors plongés dans l’eau très froide de la source.

stgermain_source[1].JPG

D’ailleurs, le 3 juin 1856, un paralytique d’Elbeuf, après s’y être baigné, aurait recouvré aussitôt l’usage de ses jambes. Ce qu’on ne put pas vérifier car le lendemain, le miraculé succombait dans son lit… d’une fluxion de poitrine ! Ça ne s’invente pas !...