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29/05/2011

Tout ce qui est petit est joli !

La Normandie, vous le savez, est un merveilleux écrin renfermant de précieux trésors ! Parmi ceux-ci, je vous ai déjà parlé du Port Racine, le plus petit de France (v. ma note du 19 mai 2010) et de la Mairie de Saint-Germain de Pasquier, la plus petite de France (v. ma note du 12 novembre 2010). Et bien saviez-vous que notre belle province abrite aussi le plus petit fleuve de France ? Non pas une simple rivière, mais bien un fleuve puisqu’il qui se jette dans la Manche ! Un joli petit fleuve côtier long de 1195 mètres ! Son nom ? La Veules. Elle naît dans et traverse une seule commune, celle de Veules-les-Roses, située dans le canton de Saint-Valéry en Caux en Seine-Maritime, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Dieppe.

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Le nom de « Veules » vient de « Wellas » (1025), pluriel du vieil anglais « Wella/Wiella » signifiant source, fontaine ou cours d’eau.

Bien que petite, la Veules participe pleinement à l’économie de son village. Sur son cours, dès le XIe siècle, une dizaine de moulins sont édifiés pour moudre le blé et le colza dont on extrait l’huile pour fouler le lin, matière première indispensable aux ateliers des tisserands. Nombre de ces moulins ont été restaurés et l’un d’eux, le moulin des Ayeux a même gardé son mécanisme !

 

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Quant à sa source, on y cultivait à profusion un excellent cresson commercialisé sur la Capitale.

Au XIXe siècle, l’activité agricole déclinante fait place au tourisme : le village de Veules-lès-Roses se transforme en un lieu de villégiature pour nombre de célébrités parisiennes attirées par la beauté du lieu comme Alexandre Dumas fils et Jules Michelet, pour ne citer qu’eux.

 

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Quant à Victor Hugo, au cours de ses séjours chez son ami romancier Paul Meurice, il aimait remonter le Chemin des Champs-Elysées longeant ce petit fleuve de rien du tout qui a tout d’un grand et respirer pleinement l’air iodé de la Manche. 

 

JOYEUSE FETE A TOUTES LES MAMANS

 

Biblio. : « Normandie – 500 coups de cœur » – Edition Ouest-France 2011 - Photos : Merci aux sites  Normandie Lecture, Veules-les-Roses et l'Internaute Voyager.

11/05/2011

Une légende du Far West en Normandie

Le saviez-vous ? Buffalo Bill, figure mythique de la Conquête de l’Ouest, a foulé notre sol normand en juin 1905.

 

 

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Buffalo Bill, photographié en 1911

 

Celui qui s’appelait en réalité William Fréderick Cody était né dans l’Iowa, à North Plate, le 26 février 1846. Son surnom de « Buffalo Bill » lui venait pour « Buffalo » du fait qu’il fournissait en viande de bison (buffalo en anglais) les employés du chemin de fer Kansas Pacific et pour « Bill », de Bill Comstock, 33ème gouverneur de l’Etat américain du Michigan, qu’il avait battu en tuant en une seule journée plus de bisons que lui (69 contre 48) !

Le jeune garçon, qui rêvait de ruée vers l’or, s’était fait rapidement et très tôt une solide réputation de brave en combattant les Cheyennes durant  la guerre de Sécession et en réussissant même à éliminer leur chef, Main-Jaune.

 

 

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Entré dans la légende grâce à l’écrivain Ned Buntline qui va immortaliser ses aventures, il profite de sa popularité et crée un spectacle populaire ambulant le Buffalo Bill’s Wild West. Concept étonnant pour l’époque, le spectacle recrée l’atmosphère de l’Ouest américain. On y montre différentes scènes de vie des pionniers comme une chasse au bison ou l’attaque d’une diligence par de vrais indiens.

 

 

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Et c’est ainsi que, de 1882 à 1912, avec sa troupe, Buffalo Bill part en tournée dans toute l’Amérique du Nord puis en Europe. En 1905, il remporte un immense succès à Paris. La cavalerie de sa troupe participe de façon très remarquée au grand cortège du Carnaval de la Mi-Carême. Son spectacle est présenté au pied de la Tour Eiffel et attire trois millions de spectateurs !

 

 

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Le Cirque Buffalo Bill à Rouen 

 

En juin 1905, c’est en Normandie que notre ancien cow-boy reconverti en artiste de cirque fait escale. Il installe son chapiteau à Rouen, au pied de la Côte Sainte-Catherine, place du Champ-de-Mars, et durant quelques jours, du 15 au 18 juin, c’est l’agitation dans la cité normande ! Les spectateurs découvrent pour la première fois ce Far West dont le cinéma va s’emparer avec bonheur, mettant à l’honneur ces figures légendaires de l’Ouest américain.

Buffalo Bill s’est éteint à Denver, le 10 janvier 1917. Il est une des rares personnes à avoir reçu la « Medal of Honor », Médaille d’honneur et plus haute distinction militaire des Etats-Unis.

 

 

13/04/2011

Un député de l’Eure abattu par le Général à la casquette

« As-tu vu la casquette, la casquette… , As-tu vu la casquette du père Bugeaud ? »

Ce général là s’appelait Thomas Robert Bugeaud, Marquis de la Piconnerie, Duc d’Isly. Maréchal de France, il avait servi sous Napoléon Ier, avant d’être écarté sous la Restauration puis réembauché par Louis-Philippe pour assurer la garde rigoureuse de la duchesse de Berry avant d’être chargé de réprimer l'insurrection républicaine à Paris. En 1836, il est envoyé en Algérie dont il devient gouverneur de 1841 à 1847. Remarquable entraîneur d’hommes, il mène les opérations d’une manière impitoyable, pratiquant des razzias et des dévastations systématiques dans les régions insoumises. Une nuit de 1844, alors qu’une centaine d’ennemis attaquent son camp, réveillé brutalement, Bugeaud sort en hâte de sa tente et, un fusil à la main, se met à combattre les assaillants. Une fois les arabes repoussés, toute sa troupe ne peut réprimer un grand éclat de rire : dans sa précipitation le Général avait oublié d’enlever sons bonnet de nuit et c’est ainsi qu’il s’était battu. Ce ne fut qu’un cri : As-tu vu la casquette… ?

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Très consciencieux, il était cependant d’un caractère nerveux et susceptible. Ainsi, quelques années plus tôt, le 25 janvier 1834, alors qu’en qualité de Député il fréquentait assidûment la chambre, le ton monta dans l’hémicycle.

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Thomas Roger Bugeaud, Maréchal de France - Huile sur toile de Charles Philippe Larivière

D’après les journaux de l’époque, on discutait de la loi sur l'avancement des officiers quand, en réponse aux propos du Général Bugeaud insistant sur la nécessité de l'obéissance dans l'armée, un député de l’Eure âgé de 42 ans, François Dulong lança « Faut-il obéir jusqu'à se faire geôlier, jusqu'à l'ignominie ? », allusion transparente à la mission que Bugeaud venait de remplir au fort de Blaye, auprès de la duchesse de Berry. L'offense était personnelle, le duel inévitable. Il eut lieu au Bois de Boulogne le 29 janvier suivant. Bugeaud toucha son adversaire qui, blessé d’une balle au dessus de l’œil gauche, mourut le lendemain matin sans avoir repris connaissance. 

François Dulong était né à Pacy-sur-Eure, le 14 juin 1792. Avocat, il avait été élu en 1831 député de l'arrondissement de Verneuil-sur-Avre. Ses funérailles eurent lieu à Paris. Armand Carrel prononça sur sa tombe un éloquent discours.

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                                         Acte de baptème de François Dulong

 

Aucune poursuite ne fut engagée contre Bugeaud qui expliqua comme pour s’excuser : « Je l’ai couché deux fois en joue pour le faire tirer, mais… sans succès ! Arrivé à la limite, j’ai cru prudent de me donner le premier feu… j’ai abaissé mon pistolet dans la ligne de son nez jusqu’à sa cravate et, allez savoir pourquoi, mon coup est parti tout seul ! Ah oui alors, c’est bien contre ma volonté que je lui ai cassé la tête ! »

 

Bugeaud mourut à Paris du choléra le 10 juin 1849 à l’âge de 65 ans.

 

Biblio. : « L’Eure du temps » de Michel De Decker – Editions Bertout - 1997