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03/08/2011

Trouville, Reine des plages

Toujours en visite sur nos plages normandes, aujourd'hui c'est à Trouville-sur-Mer, l'une des perles de la Côte Fleurie, que je vous emmène.

Au départ, simple village de pêcheurs accroché au pied d’un coteau, à l’embouchure de la Touques, la station balnéaire de Trouville fut sortie de l’anonymat par des peintres comme Eugène Boudin et Claude Monet qui vont être conquis par la lumière et le charme des lieux.  

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Scène de plage à Trouville – E. Boudin 1886 

Mais c’est surtout à l'un d'entre eux, Charles-Louis Mozin (1806-1862) que revient le mérite de sa « découverte » en 1825 grâce à son tableau « Effet de neige au bord de mer », fait d’après nature à Trouville.

Des écrivains comme Alexandre Dumas venu en 1829 et Gustave Flaubert, encore adolescent, qui y rencontre en 1836 celle qui restera le grand amour de sa vie, Madame Schlésinger, mais aussi des nobles et des notables vont également participer à la construction de la ville et à sa renommée. 

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La cité doit son nom à Thorulfr ou Turold, variante du nom norrois Thorvaldr « gouverné par Thor » à l’origine du domaine de « Thorulfrvilla » ou « Turolvilla » (attesté en 1025), lequel avec les déformations du temps, deviendra Trouville-sur-Mer, une des destinations touristiques les plus prisées du Calvados.  

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La mode des bains de mer, la proximité de la Capitale et de développement des moyens de communication vont faire de la cité normande un lieu élégant de villégiature. Si les premiers voyageurs descendaient chez l’habitant, à partir de 1830, Trouville se dote de magnifiques villas rivalisant d’originalité et de luxe, de grands hôtels, d’un casino…

Si bel et bien qu’en 1860, alors qu’elle compte déjà 6000 habitants, devenue la première grande station balnéaire de la Côte fleurie, elle est déclarée « Reine des Plages ».  

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Ce n’est que peu à peu qu’elle va céder la place d'honneur à celle qui lui fait face, Deauville. Et si comme elle, elle possède, le long de sa plage de sable fin, des Planches permettant de flâner de la Touques aux Roches Noires, son principal atout aujourd'hui, c’est sans nul doute son port de pêche, à l’architecture modeste et au charme fou.

 

Biblio. HS "Pays de Normandie" Les stations balnéaires de la Côte Normande - Eté 1997 et Itinéraires de Normandie n°2 - Eté 2006.

20/07/2011

Etretat, la plage des artistes et des écrivains

« Si j’avais à montrer la mer à un ami pour la première fois, c’est Etretat que je choisirais »

L’éloge vient d’Alphonse Karr (1808-1890) à qui Etretat, notre destination d’aujourd’hui, doit beaucoup. En effet, c’est à travers son roman « Histoire de Romain d’Etretat », que le romancier journaliste fit connaître ce lieu où lui-même se rendait souvent. 

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Quand on pense « Etretat », on a de suite à l’esprit les falaises grandioses et lumineuses   mondialement connues et fréquentées par des millions de visiteurs. Et aux pieds de celles-ci, une station balnéaire réputée notamment pour sa plage de galets polis par le temps bordant une mer d’une étonnante pureté. 

 

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L’origine de ce petit village de pêcheurs est des plus lointaines. Il existait déjà au temps des Romains. Pourtant le toponyme « Etretat » n’est ni gallo-romain, ni latin. Il s’agit plus vraisemblablement d’un nom d’origine norroise devant s’interpréter comme un nom de personne.

Le destin du Tréport faillit basculer au XVIIIe siècle quand, à la demande du roi Louis XVI (1754-1793), l’ingénieur Jacques Elie de Lamblardie (1747-1797) étudia la possibilité de construire à l’abri des deux caps d’Etretat, un port militaire venant compléter celui de Cherbourg pour la protection de la baie de Seine. Remis en 1789, le mémoire de l’ingénieur sur ce « port du Roy », fera les frais des évènements qui vont secouer le royaume. Pourtant, vingt ans plus tard, Napoléon Ier (1769-1821) relance l’idée, et un nouveau projet, fondé sur la fermeture totale de la baie, voit le jour. Il restera, et heureusement, comme le premier sans suite…

 

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 « Etretat, l’aiguille creuse » - Claude Monet - 1885

 

Et c’est finalement comme station balnéaire qu’Etretat rentrera dans l’histoire. Touché par la mode des bains de mer du XIXe siècle, le site touristique est l’œuvre à la fois d’artistes peintres comme Camille Corot (1796-1875) et Gustave Courbet (1819-1877), ou Claude Monet (1840-1926) qui y trouvent l’inspiration et le font connaître, mais aussi d’écrivains qui en tombent amoureux comme Guy de Maupassant (1850-1893) ou André Gide (1869-1951), sans oublier Maurice Leblanc (1864-1941), le père d’Arsène Lupin, lequel cacha ses trésors dans l’aiguille creuse haute de soixante dix mètres, et de célébrités comme Jacques Offenbach (1819-1880) qui y fait construire sa villa baptisée « Orphée aux enfers », du nom de son opéra-bouffe. 

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  Domicile de Maurice Leblanc, aujourd’hui transformé en musée

 

« La plage des artistes et des écrivains » devient dès lors une station fréquentée par la meilleure société. En 1852, le casino ouvre ses portes, suivi d’établissements de bains, des sociétés de régates, des tennis et un golf. La dernière décennie du Second Empire (1860-1870) est sûrement la période la plus brillante de cet Etretat mondain. Les villas de briques et de silex aux toits d’ardoises situées sur les coteaux sont toujours aujourd’hui les témoins de cette grande époque.

 

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« Concurrencé par les plages de l’Atlantique et de la Méditerranée, de mieux en mieux reliées à Paris, Etretat va peu à peu perdre de son attrait. Mais la station a conservé de ce délaissement son charme  Belle Epoque et ses environs un côté sauvage que beaucoup de sites leur envient »*.

 

 

* « Etretat, les Portes de Caux » - Pays de Normandie – Hors Série Littoral Eté 1997.

Photos : merci au portail des Villes et Communes du Monde.

29/06/2011

Dieppe, la doyenne des stations balnéaires ou l'oeuvre de trois femmes

Nous poursuivons notre découverte des stations balnéaires normande. Aujourd’hui, Dieppe ! Dieppe, où tout a commencé ! Dieppe, la doyenne des stations balnéaires de France !  Dieppe dont la mer, le sable, les galets et la craie des falaises a attiré tant de peintres dont Boudin et Manet pour ne citer qu’eux !

 

 

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Figure emblématique de la Côte d’Albâtre, Dieppe doit sa magnifique destinée à trois femmes : Hortense, Eugénie et Marie-Caroline !

 

 

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C’est en 1813 que la première d’entre elles, la Reine Hortense (1783-1837), ci-dessus, fille de Joséphine de Beauharnais et épouse de Louis Bonaparte ex-roi de Hollande, accompagnée de ses enfants, dont le futur Napoléon III, vient pour la première fois respirer l’air iodé  de Dieppe et  profiter de son eau vivifiante. Bien sûr, les années suivantes, une partie de la Cour et de la bonne société  parisienne va les imiter et en 1822, le premier établissement de bains de mer est ouvert. Mais il faut se souvenir que ce n’est qu’à partir du début du XIXe siècle que la réputation salvatrice des bains de mer atteint les salons parisiens ! Alors que Dieppe, plage la plus proche de la capitale, était déjà très fréquentée à l’époque par la haute société anglaise, inconditionnelle de la baignade curative depuis le XVIIe siècle.

 

 

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Grâce à la seconde,  Eugénie de Montijo (1826-1920) (ci-dessus) et à son époux l’Empereur Napoléon III, qui vont choisir la Côte d’Albâtre pour leur voyage de noces, le chantier naval est transféré dans l’arrière-port et les huit hectares de l’esplanade font place à un magnifique jardin à l’anglaise.

 

 

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Mais le véritable lancement de la mode balnéaire, on le doit à la troisième, Caroline de Bourbon-Siciles (1798-1870)(ci-dessus), épouse de Charles Ferdinand d’Artois, Duc de Berry et fils de Charles X. En 1824, la belle Marie-Caroline arrive à Dieppe. Elle réside à l’Hôtel-de-Ville aménagé à grands frais pour l’occasion. Comme elle a le sens du spectacle, elle y fait une entrée fastueuse, au son du canon, et entraîne derrière elle artistes et gens du monde. Les excursions et les réceptions remplissent ses journées. Elle se baigne aussi et chacun de ses bains est une cérémonie haute en couleur ! La Duchesse du Berry y est toujours accompagnée soit du maire de la ville soit du médecin inspecteur du bain, tout deux entrant dans l’eau en habit de cour, sous le regard vigilant des « baigneurs-jurés », ancêtres de nos maîtres nageurs. Le bain de mer est alors avant tout thérapeutique et les eaux au pied des falaises du Pays de Caux ont une solide réputation. Elles auraient notamment guéri Henri III  de « certaines gales dont il était travaillé » et sauvé la petite chienne d’Henri IV malencontreusement mordue par un chien enragé.

En 1850, les premiers trains en provenance de la capitale vont contribuer encore au succès de la station balnéaire dieppoise. Mais progressivement, les riches parisiens vont délaisser des galets cauchois au profit  de la douceur des sables de la Côte Fleurie…

 

 

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Aujourd’hui, sur l’esplanade dominée par le Château-Musée, face à la plage qui s’étend sur près de 2 km, les crinolines ont fait place aux Cerfs-volants. Ils font le bonheur de tous, petits et grands, venus s’aérer sur le Boulevard Foch aménagé en promenade maritime. 

 

Biblio. « Les stations balnéaires de la Côte Normande » HS « Pays de Normandie » 1997.