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19/10/2011

Le collier d'esclavage normand

Le saviez-vous ? Au XIXe siècle, en Normandie, le plus beau cadeau qu’un mari amoureux pouvait faire à sa jeune épouse était un collier d’esclavage. Composé de plusieurs chaînes ou jaserons attachées à un, trois ou cinq médaillons souvent ovales, plus rarement rectangulaires, en or gravé ou émaillé, il était, parmi tous les bijoux normands dont je vous parlerai une prochaine fois,  le préféré des dames.

 

 

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Offert par le marié le jour des noces, il marquait pour la jeune épousée la fin de sa liberté, l’état de soumission dans laquelle elle venait de s’engager. La coutume voulait qu’à chaque nouvelle naissance la mère fasse ajouter une chaîne ou un médaillon supplémentaire.

 

 

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Ce collier est apparu au milieu du XVIIIe siècle alors que l’esclavage connaissait sa pleine expansion dans les colonies américaines. Tout comme la pratique barbare à laquelle ce nom de bijou faisait allusion, sa forme était directement inspirée des chaînes qui maintenaient les esclaves attachés et entravaient leurs mouvements.

 

 

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Au début du XIXe siècle, les premiers esclavages n’ont qu’un médaillon, peut être même qu’initialement, ce ne sont que deux chaînes différentes de mailles, attachées par un fermoir décoré. Ainsi, Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889), l’écrivain aux racines normandes, parle de « bijou consistant en deux bracelets attachés par une chaînette. »

Il était offert à Paris, la Comtesse du Barry (1743-1793), dernière favorite du roi Louis XV en aurait porté un,  mais aussi en province comme dans le Poitou ou l’Auvergne, mais c’est cependant en Normandie qu’il était le plus répandu.

Certains sont à admirer au Musée Départemental des Traditions et Arts Normands abrité au Château de Martainville, commune de Martainville-Epreville près de Rouen.  

 

Biblio. "Coiffes et costumes des Pays Normands" - Editions Ouest-France 2008

Images : Merci aux sites "Bijoux et pierres précieuses", "Baume, l'expertise joaillière depuis 1975" et "Bijouterie Roussel".

28/09/2011

Cinq villages normands

Savez-vous ce qu’ont en commun les villages normands de Barfleur, du Bec-Hellouin, de Beuvron-en-Auge, de Lyons-la-Forêt et de Saint-Céneri-le-Gérei ?

Ils sont tous les cinq labellisés « Plus Beaux Villages de France ».

L’association « les plus beaux villages de France » est née le 6 mars 1982 de la volonté de Charles Ceyrac (1919-1998), agriculteur et homme politique, député de la Corrèze. L’ ambition de cette association est de « préserver et valoriser la qualité du patrimoine des villages pour accroître leur notoriété tout en maîtrisant leur fréquentation et en favoriser ainsi leur développement économique ».

 

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Logo de l’association

Les villages sélectionnés doivent être candidats, répondre à de nombreux et sévères critères d’adhésion et s’acquitter d’une cotisation.

Aujourd’hui, l’association compte 156 villages répartis dans 21 régions et 69 départements.

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 Le Bec-Hellouin

En Haute- Normandie, dans le département de l’Eure, deux communes s’honorent de ce label, celle du Bec-Hellouin située en Rouen et Lisieux

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 Lyons-la-Forêt

et celle de Lyons-la-Forêt, à 40 km à l’est de Rouen, dans l’une des plus belles hêtraies d’Europe.

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 Barfleur

En Basse-Normandie, elles sont trois : la commune de Barfleur dans le département de la Manche,  

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 Beuvron-en-Auge

celle de Beuvron-en-Auge, dans le département du Calvados et celle de Saint-Céneri-le-Gérei, dans le département de l’Orne.

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 Saint-Céneri-le-Gérei

 

Biblio. Merci aux Syndicats d'initiative/Offices de tournisme locaux et au site http://www.les-plus-beaux-villages-de-france.org

 

10/09/2011

Cabourg, le romantisme à la normande

Aux portes du Pays d’Auge, sur la Côte Fleurie, Cabourg, dans le Calvados, a encore aujourd’hui ce charme désuet des stations balnéaires de la Belle Epoque. Suivez-moi pour une promenade dans son histoire.

 

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A la fin du XIXe siècle, qui aurait pu croire que ce petit village de moins de 300 âmes, installés sur la rive gauche de la Dives et vivant de la pêche, le plus pauvre alors de tout le département, deviendrait l’une des stations les plus bourgeoises de la Normandie ?

Cette transformation, la cité la doit à Henri Durand-Morimbau, homme d’affaires et avocat parisien qui découvre le site en 1853 : une vaste étendue de sable fin dominée par des dunes formant une terrasse naturelle. Décidé à transformer cet endroit en un « nouvel établissement de bains de mer » destiné aux parisiens les plus fortunés, aussitôt rentré à Paris, il contacte son ami Achille Collin, Directeur d’un théâtre parisien, et tous deux battent le rappel du Tout-Paris de l’époque, artistes, journalistes et écrivains comme Théophile Gautier et ensemble fondent une société en nom collectif, la Société Thermale. Grâce à elle, ils achètent les terrains riverains de la mer, constitués de dunes et d’herbages. Mandaté, l’architecte V. Robinet trace un plan de ville en forme d’éventail rappelant celui des théâtres gréco-romains : les avenues, plantées d’arbres aux multiples essences (tilleuls, sycomores, acacias…), convergent vers une place centrale sur laquelle est érigée un casino en bois, principal lieu de rendez-vous de la population balnéaire. C’est ce choix qui marque aujourd’hui encore la physionomie de Cabourg.

 

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L’inauguration de la nouvelle station a lieu le 15 août 1855. Mais, si le casino est majestueux, peu de clients sont au rendez-vous : la faute principalement à l’absence de desserte ferroviaire qui n’arrivera qu’en 1879. Entre temps, en 1861, s’est ouvert sur le bord de mer le Grand-Hôtel qui draine très vite un afflux conséquent de visiteurs. Six ans plus tard, à ses côtés, un nouveau casino, cette fois en pierre, vient remplacer le précédent.

 

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En 1885 débute la construction de la digue, longue de 3 km, aujourd’hui Promenade Marcel Proust, destinée à protéger la nouvelle station des assauts de la mer.

Bon an mal an, les parcelles trouvent preneurs et, au cours du Second Empire, d’élégantes villas entourées de jardins fleuris viennent servir d’écrin à la plage de sable uni et fin surnommée « la plage des bébés » en raison de l’air pur et vif qu’on y respire.

 

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Au début du XXe siècle, de nouveau, de vastes travaux sont entrepris à commencer en 1907 par la reconstruction du Gand Hôtel, qui prend son apparence actuelle, puis celle du casino l’année suivante. Marcel Proust (1871-1922), familier de la commune dont il se servit comme modèle pour son Balbec dans « A la recherche du temps perdu » séjournera dans ce Grand-Hôtel chaque été avec sa grand-mère de 1907 à 1914 et gardera pour la station un attachement particulier. Aux séjours qu’il y fit, les lettres françaises doivent « A l’ombre des jeunes filles en fleurs », véritable synthèse de la vie de la plage à cette époque.

Après l’ivresse des Années Folles avec ses fêtes somptueuses, ses bals au casino, ses courses de chevaux et même ses premiers meetings aériens, c’est la crise des années Trente et la guerre qui la suivit.

Le renouveau viendra d’un autre parisien, Directeur de l’Olympia. Bruno Coquatrix (1910-1979), élu Maire en 1971, attirera de grands promoteurs immobiliers mais l’urbanisation choisie épargnera les villas du centre qui demeureront préservées. 

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Aujourd’hui, la station a toujours la faveur d’une clientèle élégante attirée par l’immense plage de sable fin où la vue s’étend de Riva-Bella à Houlgate avec Trouville à l’arrière-plan et le cap de la Hève à l’horizon.

 

Biblio. « Pays de Normandie » – HS Littoral – Eté 1997 et « Itinéraires de Normandie » n°2 – Eté 2006.

Photos : merci aux site Vacances-Location.net, Normannia-Eu, Cabourg-pratique.com