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01/02/2012

Un habit de peuplier pour le roi des fromages

Qu’est-ce qui est rond, en bois et a roulé son parfum de Normandie dans le monde entier ?

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C'est la boîte à camembert bien sûr !

Elle est née à la fin du XIXe siècle. Les fromagers du pays d’Auge se plaignaient alors de la faiblesse des emballages de leurs fromages. A cette époque, ils étaient tout d'abord empaquetés dans une fine feuille de papier blanc, puis empilés les uns sur les autres par groupe de cinq pour être ensuite enveloppés dans du papier rouge frappé de la marque du producteur. On plaçait enfin une plaque de bois hexagonale dessous, une autre dessus et  le paquet était prêt à partir. Mais la renommée de ce fromage l’entraînant bien au-delà de sa région de production, le constat était sans appel : le camembert souffrait des conditions de son transport !

Georges Leroy, le « Ptit Georges » comme on l’appelait dans son village, travaillait dans une petite scierie rurale du Breuil-en-Auge dans le Calvados. C’est lui qui aurait eu l’idée de débiter du bois de peuplier en longs rubans très minces et en deux largeurs différentes, l’un pour le dessus de la boîte, l’autre pour le pourtour. De simples agrafes suffisaient ensuite pour les attacher au fond et au couvercle. Ainsi va naître la première boite à camembert vers 1860.

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Très vite, notre homme créa la « dérouleuse », grosse machine à vapeur génératrice d’électricité, immense taille-crayon capable d’éplucher finement chaque bille de ce bois souple, qui sera présentée à l’Exposition Universelle de Paris de 1889.

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En 1907, il s’installe dans un grand bâtiment situé à Livarot, près de la gare. Un ingénieur de Vimoutiers dans l’Orne, Monsieur Ridel, apporte le capital nécessaire. L’affaire Leroy-Ridel est en marche sous l’enseigne de « Fabrique de petites boîtes clouées et agrafées ». Après avoir fusionné en 1911 avec la Société Industrielle et Commerciale des Bois de Normandie basée à Lisieux, Georges Leroy lance ensuite l’activité de déroulage de placages en 1912.

Si la paternité de la boîte à camembert lui est aujourd’hui disputée, c’est tout de même lui qui a concrétisé sa réalisation. On habille toujours le camembert de bois de peuplier avec le même principe de fabrication. Implantés notamment à Saint-Pierre sur Dives, les établissements Leroy font désormais partie d’un important groupe d’emballage et de conditionnement. Quant à l’étiquette, son invention est contemporaine de celle de la boîte. Le premier dépôt date de 1887 pour «Le Sans Rival ». Elle s’est imposée face à d’autres techniques comme l’impression directe sur le bois ou la pyrogravure.

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Biblio. « La boîte à Camembert : un habit de peuplier pour la route » de F. Lambert – «  Pays de Normandie » - Mai-Juin 1996. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

21/12/2011

Léon, le gros bourdon de Bonsecours !

Après la guerre de 1870, un projet longtemps remisé revient d’actualité pour les édiles Rouennais : la construction d’un monument en l’honneur de Jeanne d’Arc !

Début 1882, on confie au Cardinal Thomas (1826-1893) l’étude et la réalisation de cet ouvrage « en tout endroit qui lui conviendra ». Il charge Juste Lisch (1828-1910), architecte parisien qui vient de prouver son talent dans la reconstruction de la gare Saint-Lazare, de le réaliser.

Une fois le site choisi, le Plateau des Aigles situé sur une colline à Bonsecours dominant Rouen, la conception du monument arrêtée, dans le style de l’art précieux et maniéré de la Première renaissance,  la souscription lancée, les travaux vont bon train et le 30 juin 1892 l’inauguration rassemble une foule dense.

 

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Les chroniqueurs de l’époque parlent de 50 à 55 000 personnes dont beaucoup durent se contenter de contempler de loin le monument et l’imposante procession dans laquelle figurent pas moins de 3 archevêques, 14 évêques, nombreuses personnalités civiles et militaires et même un membre de la famille de Jeanne, M. Renaudeau d’Arc !

Quelques années plus tard, de pieuses personnes songent à faire fondre une cloche en mémoire du Cardinal Thomas qui se prénommait Léon. De nouveau, on lance une souscription et de nouveau on recueille beaucoup d’argent ! C’est ainsi que cette cloche devient un bourdon de plus de 6 tonnes. Fondu en 1892 dans les ateliers Drouot à Douai, on s’aperçoit très vite qu’il est trop gros et trop lourd pour entrer sans risque dans le clocher de la basilique auquel il était primitivement destiné.

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On décide donc d’« enfermer » le gros Léon dans une cage sur l’esplanade de la basilique.

Sur son pourtour, on peut lire « Je me nomme Léon. J’ai été donné en l’honneur de Notre-Dame de Bonsecours, pour perpétuer le souvenir de Monseigneur Thomas, archevêque de Rouen, qui a fait élever dans cette paroisse le monument à Jeanne d’Arc. »

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Restauré fin 2007, Gros Léon est revenu à Bonsecours le 23 janvier 2008 et sonne à nouveau pour le plus grand plaisir des Bonauxiliens !

 

 

Biblio : « Bonsecours » d’Andrée Philippe publié en 1990 er « Flâneries à Rouen – Chemins de traverse » de Daniel Caillet – Ed. A. Sutton -2011

23/11/2011

La mascotte des Lutins

La Normandie, vous le savez, renferme d’innombrables trésors. Certains sont insolites ! Tel ce musée de la Baleine de Luc-sur-Mer (Calvados).

L’histoire de la baleine de Luc commence le 15 janvier 1885 par une belle et froide journée d’hiver.

 

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« Y’a un monstre, là-bas, à la Brèche-du-Moulin ! » s’époumone un jeune garçon courant dans les rues de la petite cité balnéaire normande. A cette annonce, intrigués, on se rend vite sur place ! Là, sur cette belle plage de la Côte de Nacre, à l’endroit dit « Brèche du Moulin », à la limite de la commune voisine de Langrune, on constate que ledit « monstre » n’est autre qu’une baleine venue s’échouer sur le sable la nuit précédente.

 

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C’est un beau rorqual mâle de 19 mètres de long et de 12 de tour de taille qui pèse pas loin de 40 tonnes ! Très vite, le spectacle attire de nombreux curieux dont certains vont venir spécialement de Caen, profitant de la récente ligne de chemin de fer reliant les deux cités.

Une semaine plus tard, le laboratoire maritime de Luc-sur-Mer se charge de dépecer la bête et de la naturaliser. L’observation de côtes cassées atteste que le cétacé est mort d’un choc violent, probablement contre un navire, et que sa mort est due à une hémorragie interne.

 

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On récupère tout ce qui peut être utile sur l’animal, à commencer par la graisse utilisée pour la fabrication de savon.

Ensuite, faute d’abri suffisamment spacieux pour le recevoir, le squelette, soigneusement démonté et répertorié, est vendu à la Ville de Caen, où, après avoir été remonté, il est exposé dans l’ancienne église Saint-Sauveur, puis transférer, en 1927, dans une serre du jardin des Plantes.

Dix ans plus tard, en 1838, alors que la Ville de Caen envisage de le détruire, celle de Luc-sur-Mer le récupère et l’installe dans un parc près de l’Hôtel de Ville, aujourd’hui parc de la Baleine. Le cétacé devient alors la mascotte de la ville et de ses Lutins, les habitants de Luc.

 

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Une confrérie des Chevaliers de la baleine est même fondée en 1966.

En 1992, un musée, la Maison de la baleine, est inauguré. On y trouve tout ce qu’on doit savoir sur le plus gros des mammifères marins : son histoire, ses légendes, son mode de vie et de reproduction et bien entendu l’aventure de la baleine de Luc-sur-Mer !

 

Biblio. « Maison de la baleine, cétacé sur la plage » de L. Delabouglise – Pays de Normandie –N°27-

Merci aux sites www.maisondelabaleine.com et http://nouvellesduboutdumonde.over-blog.com