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17/06/2012

La "Bleue de la Manche"

Connaissez-vous cette variété normande de pomme de terre ? Sa peau de couleur bleue recouvre une fine pellicule de teinte blanche renfermant une chair bleue violette qui vire au bleu foncé indigo à la cuisson. Longtemps « plante de disette », cultivée uniquement pour alimentation des vaches et des cochons, elle est aujourd’hui une denrée rare et prisée qui trône sur les meilleures tables normandes.  

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Grâce à l’obstination, à la fin du XVIIIe siècle, de deux hommes, le normand Jean François Mustel et le picard Augustin Parmentier (v. ma note « Le pain de pommes de terre du normand Mustel publiée le 7 janvier dernier), la culture la pomme de terre se propage rapidement sur le territoire hexagonal. Notre belle province fait cependant de la résistance et notamment le Pays d’Auge qui la boude longtemps. Au milieu du siècle suivant, alors que les plantations se généralisent en Normandie, des sociétés d’émulation tentent d’introduire de nouvelles variétés provenant d’Angleterre ou d’Amérique du Nord. C’est dans ces circonstances qu’apparaît dans le Cotentin la « Bleue de la Manche ». Très vite sa culture s’étend dans les fermes et jardins potagers de ce département mais aussi dans celui de l’orne, du Calvados et également, mais dans une moindre mesure, dans celui de l’Eure. La "Bleue de la Manche" va demeurer une culture régionale, menacée de disparition au milieu des années cinquante et  sauvée grâce au remarquable travail de préservation réalisé par le jardin conservatoire de Saint-Pierre sur Dives et la ferme musée du Cotentin de Sainte Mère Eglise. 

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Plantée vers la fin du printemps, au moment où le sol se réchauffe, c’est au début de l’été que cette pomme de terre manchoise dévoile ses fleurs élégantes, au pistil jaune orangé bordé de pétales virant du blanc/bleu à un violet léger, annonciatrices d’une récolte prochaine.

 

Consommée en ragoût ou en salade, elle permet également de confectionner, en y ajoutant généreusement  lait et beurre, une purée naturellement colorée violette qui étonne tant les pupilles que les palais.

 

Merci au site http://normandie-heritage.com

19/05/2012

Le diamant d'Alençon

Des mines de diamant en Normandie ? Le saviez-vous ? Autrefois, c’est  abondamment qu’on trouvait dans le département de l’Orne, notamment dans les carrières du Hertré et du Pont-Percé, celui qui prit naturellement le nom de sa région d’origine, le diamant d’Alençon.

 

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Généralité Alençon 1774

 

Il gisait là, dans le sous-sol de la terre normande, à 5 ou 6 mètres de profondeur, aux côtés d’autres cristaux comme le béryl ou le mica, voire même quelques grenats et émeraudes. Traditionnellement taillé comme elle, il rivalisait avec la pierre précieuse… qu’il n’était pourtant pas. Car, en réalité, le diamant d’Alençon n’est qu’un quartz hyalin, un quartz enfumé de couleur brune, composé de silice, ne rentrant pas dans la catégorie des diamants vrais.

 

 

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C’est lors du percement de la route de Bretagne, située au bord de la carrière de la Butte du Pont-Percé, à la fin du règne de Louis XV, que la réputation du diamant d’Alençon s’est construite. Dès le XVIIe siècle, ces morceaux de cristal de roche, qui se trouvaient en grande quantité à la surface de la roche granitique, sont ramassés par les ouvriers des carrières et vendus à bas prix aux voyageurs à la recherche de curiosités locales. Ils vont très vite dès lors intéresser les orfèvres qui les taillent et les montent en bijoux à la façon des joailliers.  Cité dans le Dictionnaire de  l’Académie française de 1694, le diamant d’Alençon sert alors à la réalisation de très belles pièces de joaillerie et notamment de bijoux traditionnels normands aujourd'hui trèsrecherchés. 

 

 

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Croix Normande

 

Un de ceux-ci fut offert à la fille de Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette, Marie Thérèse de France, Duchesse d’Angoulême (1778-1851) lors des sa visite officielle en Normandie en 1827.

Si, sous la Restauration et jusqu’à la première guerre mondiale, le diamant d’Alençon va connaître une grande vogue, les carrières de granites de la région d’Alençon, aujourd'hui épuisées, sont toutes fermées. La dernière, celle de Beauséjour, a cessé son activité en 1982. Le diamant d’Alençon est cependant toujours vendu dans la cité ornaise où quelques artisans locaux perpétuent cette spécialité locale en fabriquant des bijoux qui en sont pourvus.

 

Biblio. « Normandie, 500 coups de cœur » de M. Le Goaziou et M-C. Colignon -Editions Ouest-France 2011.

Images : Merci aux sites Wikipédia, Ouest-France et Normannia, la terre de nos pères.

  

28/04/2012

Le petit clown des marais

Les races normandes sont nombreuses, parfois rares et quelquefois surprenantes. Ainsi, l’épagneul de Pont-Audemer offre une physionomie particulière, unique et attirante. C’est à sa drôle de coiffure qu’il doit son surnom de « petit clown des marais ». 

 

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Pourtant c’est un fin limier, spécialiste de la chasse en marais. Grand travailleur, sportif, intelligent, docile, vif d’esprit, ardent à la tâche, les chasseurs sont nombreux à l’apprécier. Sa fourrure, d’un poil formant des boucles fines et serrées de couleur marron plus ou moins mélangé de tâches grises, des rouannées, lui permet de ne craindre ni le froid ni l’eau, ni encore les broussailles épaisses.

 

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Quel est son point commun avec la jolie petite cité de Pont-Audemer, chef-lieu d’un canton du département de l’Eure ? On ne sait pas vraiment. Par contre, il semble certain qu’il soit issu d’un croisement réalisé au XIXe siècle d’un épagneul d’eau anglais avec un épagneul de pays autrefois très répandu en Normandie, notamment dans le Pays de Caux. Doit-il à cette lignée paternelle ancestrale ses qualités de merveilleux chien d’eau qui arrête, rapporte, sait être souple et se montrer peu encombrant ?

 

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Sa présence a été forte en Haute-Normandie. Les chasseurs normands, notamment dans le marais Vernier situés entre Le Havre et Pont-Audemer, l’utilisaient volontiers pour ses qualités aquatiques dans la chasse aux canards. Proche de l’extinction il y a 30 ans, menacé de disparition, la race a été sauvée heureusement grâce au travail d’éleveurs éclairés et passionnés.

 

Biblio. « Les races normandes «  F. Callu et N. Vermeulen – Ed. C. Corlet 2004.

Merci au site http://www.ville-pont-audemer.fr et aux pages Wikipédia sur le sujet.