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28/04/2012

Le petit clown des marais

Les races normandes sont nombreuses, parfois rares et quelquefois surprenantes. Ainsi, l’épagneul de Pont-Audemer offre une physionomie particulière, unique et attirante. C’est à sa drôle de coiffure qu’il doit son surnom de « petit clown des marais ». 

 

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Pourtant c’est un fin limier, spécialiste de la chasse en marais. Grand travailleur, sportif, intelligent, docile, vif d’esprit, ardent à la tâche, les chasseurs sont nombreux à l’apprécier. Sa fourrure, d’un poil formant des boucles fines et serrées de couleur marron plus ou moins mélangé de tâches grises, des rouannées, lui permet de ne craindre ni le froid ni l’eau, ni encore les broussailles épaisses.

 

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Quel est son point commun avec la jolie petite cité de Pont-Audemer, chef-lieu d’un canton du département de l’Eure ? On ne sait pas vraiment. Par contre, il semble certain qu’il soit issu d’un croisement réalisé au XIXe siècle d’un épagneul d’eau anglais avec un épagneul de pays autrefois très répandu en Normandie, notamment dans le Pays de Caux. Doit-il à cette lignée paternelle ancestrale ses qualités de merveilleux chien d’eau qui arrête, rapporte, sait être souple et se montrer peu encombrant ?

 

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Sa présence a été forte en Haute-Normandie. Les chasseurs normands, notamment dans le marais Vernier situés entre Le Havre et Pont-Audemer, l’utilisaient volontiers pour ses qualités aquatiques dans la chasse aux canards. Proche de l’extinction il y a 30 ans, menacé de disparition, la race a été sauvée heureusement grâce au travail d’éleveurs éclairés et passionnés.

 

Biblio. « Les races normandes «  F. Callu et N. Vermeulen – Ed. C. Corlet 2004.

Merci au site http://www.ville-pont-audemer.fr et aux pages Wikipédia sur le sujet.

28/03/2012

Le château d'O en Normandie

En Normandie, entre Sées et Argentan, dans le département de l’Orne, sur la commune de Mortrée, se reflétant dans les eaux qui l’entourent, voici, né de la volonté d’un chambellan ambitieux, le Château d’O. Majestueux, à l’architecture flamboyante, on dit de lui qu’il rivalise en beauté avec les plus nobles fleurons de la Loire.

 

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Edifié sur pilotis au centre d’un étang, sa construction débute en 1484 sous l’impulsion de Jean d’O, capitaine de la garde écossaise de François Ier (1494-1547).

La famille d’O s’est illustrée au fil de l’épée. L’un de ses membres a accompagné Robert le Magnifique (1010-1035) dans son pèlerinage en Terre sainte, pèlerinage dont le Duc de Normandie n’est d’ailleurs jamais revenu. Plus tard, en 1340, Robert d’O va combattre aux côtés de Jean d’Harcourt dans la malheureuse bataille de l’Ecluse, premier conflit d’importance de la guerre de Cent Ans. 

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Mais revenons à notre château. A la fin du XVe siècle, vers 1484, Jean  d’O devient conseiller puis chambellan du roi Charles VIII (1470-1498). Cette haute fonction de gentilhomme de la chambre du roi enrichit le châtelain d’O qui décide de reconstruire la vieille forteresse médiévale de ses ancêtres. Il fait alors appel aux meilleurs architectes du moment et à l’élite des artisans qui vont bâtir sur une île située au centre d’un étang un château de charme, magnifique domaine Renaissance, de forme rectangulaire, flanqué de tours et entouré d’un parc.

Les descendants de Jean d’O vont, sur 3 générations, poursuivre son œuvre et embellir l’ouvrage. Ainsi Charles-Robert d’O, chambellan du roi Louis XII (1462-1515) et époux de la belle Louise de Gentil fait notamment bâtir le splendide châtelet d’entrée.

Mais voilà, les belles fortunes ont une fin. Leurs petit-fils, François d’O, né en 1435, Sénéchal de Normandie, est un familier du roi Henri III (1551-1589) dont il devient un des mignons. 

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                        Henri III et ses mignons - Tableau attribué à "Ulysse" - XIXe siècle - Château de Blois

 

En 1589, le roi Henri IV (1553-1610) le confirme pourtant dans ses titres et ses fonctions de surintendant des finances. Ses revenus lui permettent d’embellir son château d’O dans lequel il mène grand train. Le luxe dont il s’entoure égale celui du roi. A tel point que ses contemporains, à commencer par Sully (1559-1641) qui lui succèdera, le soupçonne de ne pas faire de différence entre les caisses de l’Etat et la sienne. ! Pourtant,  rapportera Sully, « Cet homme riche de tout l’argent du royaume dont il disposait presque absolument, plus splendide dans ses équipages, ses meubles et sa table que le roi lui-même, n’était pas encore abandonné des médecins que ses parents, ses domestiques et quelques autres à titre de créanciers, le dépouillèrent comme à l’envi et si parfaitement que longtemps avant qu’il expirât, il n’y avait plus que les murailles nues dans la chambre où il mourut », cet homme,  marquis d’O, seigneur de Fresnes et de Maillebois meurt misérable, sans descendance, le 24 octobre 1594.

Le château d’O passera ensuite aux mains de la famille Montagu, puis, après la Révolution, dans celles d’Albon avant d’être acheté en 1973 par Jacques de Lacretelle (1888-1985), membre de  l’Académie Française. Aidé de son épouse Yolande Jacobé de Naurois, ils vont se consacrer à la restauration du Château d’O qui est aujourd’hui inscrit au titre des monuments historiques.

 

Biblio : « Le château d’O, folies et ruine » de B. Dumas de Mascarel – Historia n° 37.

 

 

03/03/2012

Le plus petit musée de France est normand !

Je vous ai  parlé dans mes chroniques précédentes du plus petit port de France, celui de Port Racine, situé dans le département de la Manche, de la plus petite mairie de France, celle de Saint-Germain de Pasquier dans le département de l’Eure, du plus petit fleuve de France, la Veules, qui serpente en Seine-Maritime, et bien, saviez-vous que la Normandie abrite aussi le plus petit musée de France voire du monde !

 

Ce petit Musée, c’est celui d’Alphonse ! Alphonse Allais, qui, « parce qu’il faut bien naître quelque part », est né en Normandie, à Honfleur, dans le département du Calvados, place Hamelin, deux étages au-dessus de l’officine paternelle, par une belle journée d’automne, le 20 octobre 1854.

 

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 Alphonse Allais vers 1899

 

C’est dans ce lieu qu’a été installé en 1999 un musée hommage au grand humoriste qu'il fut, célèbre pour ses calembours et son humour absurde. On y accède par un « escalier qui a mal tourné » mais d’époque ! Le musée se visite sans prescription médicale, mais uniquement sur rendez-vous. Ici pas d’enfilades de salles… mais seulement des étagères. Comme celle des « inventions débridées d’Alphonse » : les boules Quies noires pour les oreilles des personnes en deuil ou l’amidon bleu-blanc-rouge pour raidir le drapeau français les jours sans vent… 

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Alphonse Allais aurait du être pharmacien comme son père… Mais il manquait de sérieux !

Alors, il va choisir d’écrire et de publier des chroniques humoristiques et loufoques dans diverses revues parisiennes. Il va aussi faire partie de groupes fantaisistes comme « Les Fumistes ». Au cœur de la Belle Epoque, il est célèbre et très populaire. Il publie en 1891 son premier recueil « a se tordre » qui sera suivi d’une dizaine d’autres. 

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Celui qui se disait « normand par sa mère et breton par un ami de son père » meurt le 28 octobre 1905 à Paris victime d’une embolie pulmonaire. Il n’avait que 51 ans. 

 

  

Merci au site boiteallais.com et aux pages Wikipédia sur le sujet.