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21/04/2013

Une partie de dominos ?

Probablement originaire de Chine, arrivé en Italie au XVIIIe siècle et en France à partir de 1785, on ne sait pas grand-chose en vérité sur le jeu de domino pourtant si populaire au siècle dernier en Normandie. Certains racontent que le plus vieux jeu de domino connu aurait été trouvé dans la tombe de Toutankhamon en Egypte, d’autres affirment que les premiers dominos seraient l’œuvre de marins…   

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Ce qui est sûr c’est que « le jeu de dominos est le véritable jeu des Normands, celui qui convient le mieux à leur caractère, à leurs habitudes et à leur patience proverbiale. Ne met-il pas en avant toutes leurs qualités et toutes leurs vertus natives ? La mémoire, pour se rappeler tous les dès abattus, pour les évoquer immédiatement, et pour se rendre compte du fort et du faible de l’adversaire ; l’attention soutenue, la méditation réfléchie, la perspicacité avisée ; la psychologie du partenaire, la décision prompte et sûre.* »

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Le mot « domino » proviendrait de la similitude entre les pièces du jeu (recto blanc, verso noir) et l’habit des religieux dominicains, lequel est blanc, mais peut être recouvert d’une cape noire servant de manteau.  Les premiers jeux sont fabriqués en bois, en nacre ou en os animal.

Au XIXe siècle, partout en Normandie, on « taquine l’os » avec entrain. Chaque « joueux de dominos » a sa propre expression pour désigner les dés : le gros papa, le gros père pour le double-six, la patrouille, quatre hommes et un caporal pour le cinq, la blanchisseuse ou blanchinette pour le double blanc… On joue à deux, trois dominotiers, quelquefois des parties carrées, sans pêche, pioche, talon ou cuisine, chez soi ou au café, à la veillée et pendant les après-midi dominicales.

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 "Pour d'ir que j'gagne, j'gagne point, pour d'ir que j'perds, j'perds point". Paroles de normands !

 

Et il paraît même qu’au cœur du pays de Caux, à Yvetôt, la mare est pavée de double-six jetés par les joueurs, heureux de se débarrasser de dés encombrants…

Il y eut même une fabrique de dominos à Etrépagny, au cœur du département de l’Eure !

Pour "faire domino", terminer la partie, ces vers écrits en 1844 par Louis Jousserandot (1813-1887) en hommage à un fameux dominotier, le sculpteur Dantan jeune (1800-1869) :

 

« Je chante dans mes vers ces joueurs valeureux

Qui, par leurs longs efforts, leurs calculs glorieux

Emules des savants dont s’honore la France,

Du jeu de dominos, firent une science. »

 

* « Le jeu de dominos en Normandie » de G. Dubosc - Chroniques du Journal de Rouen du 19.10.1924 .

Biblio. Merci aux pages Wikipédia  sur le sujet.

24/03/2013

La chaise du Bon Dieu

Le 16 septembre 1804, le jeune chimiste et physicien Louis Joseph Gay-Lussac (1778-1850), dont les travaux de recherche portent sur les propriétés des gaz, s’envole de Paris pour un voyage scientifique en ballon au-dessus de la Normandie. Il doit vérifier, pour le compte de l’Institut de France, les observations du naturaliste géologue Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799) sur l'affaiblissement du magnétisme dans l'atmosphère.  

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20 août 1804, voyage en ballon de Gay-Lussac et Biot

Après un premier essai infructueux effectué en compagnie de son collègue Jean-Baptiste Biot (1774-1862) le 24 août précédent, c’est en solitaire cette fois qu’il renouvelle l'expérience.  

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 Louis Joseph Gay-Lussac (1778-1850)

Parti du Conservatoire à 9h40, il veut monter très haut, au-dessus de 7 000 mètres d’altitude, un record pour l’époque. Or, arrivé au-dessus de la région de la petite ville d’Yvetôt, non seulement il s’aperçoit qu’il n’a pas encore atteint l’altitude souhaitée mais aussi qu’il n’a plus de lest. Comment faire ? Dans la nacelle, il ne reste plus rien hormis une chaise en bois, la sienne. En désespoir de cause, il la jette par-dessus bord.   

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La chaise s’écrase quelques instants plus tard  aux pieds d’une jeune bergère qui s’empare effarée de ces débris tombés du ciel et court les porter chez le curé du village. Le Saint Homme, les examinant attentivement, n’y aurait vu que les restes de l’un des sièges sur lesquels sont assis les bienheureux à la droite du père !  

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 Bergère – G. La Touche – 1882

Quant à notre scientifique,  après avoir  atteint 7 016 mètres d’altitude, il s’est posé six heures plus tard « à six lieues au nord-ouest de Rouen ». Cet exploit, qui n'a pas été égalé pendant cinquante ans, lui valut en réalité plus de renommée que les mesures effectuées. Il apporta cependant la preuve que le magnétisme terrestre ne variait pas sensiblement avec l'altitude et que la composition de l'air restait inchangée. Ce succès expérimental lui permit de devenir membre dès l’année suivante du comité consultatif des arts et manufactures.

Biblio. Le grand bêtisier de l’Histoire de France de A. Dag’Naud – Larousse 2012

 

 

03/03/2013

La cité normande du cuivre

Villedieu-les-Poêles, cité du bocage normand de la riante vallée de la Sienne, située dans le département de la Manche, face au Mont-Saint-Michel, doit sa renommée à l’artisanat du cuivre.

C’est d’ailleurs en l’honneur de cette activité emblématique qu’on a rajouté en 1962 «Les Poêles » à son nom d’origine. 

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Il est facile de deviner pourquoi on nomme ses habitants « les Sourdins » quand on sait qu’ils entendent marteler le précieux métal depuis plus de huit cents ans !

Car c’est à partir du Moyen Age que de nombreux artisans vont venir s’installer à Villedieu, attirés par les privilèges qui y étaient accordés, notamment l’absence de taxes,  par les Chevaliers de l’Ordre de Malte, administrateurs de la ville.  

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Le cuivre, découvert il y a environ 7 000 ans, est, comme chacun sait, l’un des meilleurs conducteurs de chaleur après l’or et l’argent. Apprécié pour cel, notamment en cuisine, les premiers « poesliers » s’installeront à Villedieu dès le XIIe siècle. Du métal qu’ils fondent eux-mêmes, ils font des « cannes », récipients en cuivre, étamés à l’intérieur, qui servaient au transport du lait, des « buires », sorte de cruche à col allongé et des poêles bien sûr, mais aussi des ornements d’église. La production va ensuite se diversifier : batteries de cuisines, chaudrons, mais aussi coqs de clocher et fontaines vont s’ajouter aux fabriques traditionnelles.  Plus tard, avec l’arrivée de l’électricité, la dinanderie prendra le relais en installant véritablement l’industrie du cuivre dans la cité normande.

 

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Savez vous que 8 des 9 cloches neuves qui ont été inaugurées à l’occasion du jubilé des 850 ans de la cathédrale Notre-Dame de Paris sont nées dans la fonderie Cornille-Havard de Villedieu, digne héritière de l’art campanaire des premiers fondeurs venus de Lorraine en Normandie au XVIe siècle ? Gabriel, Anne-Geneviève, Denis, Marcel, Etienne, Benoît-Joseph, Maurice et Jean-Marie sonneront pour la première fois le dimanche des Rameaux, 23 mars 2013 !

 

Biblio. « Normandie – 500 coups de cœur – M. Le Goaziou et M ;-C ; Colignon  Ed ; Ouest-France 2011 -

http://www.cornille-havard.com/