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26/06/2013

Jean Valjean serait-il normand ?

Victor Hugo (1882-1885) et la Normandie, c’est une longue, belle mais aussi douloureuse histoire. Il vint chez nous à plusieurs reprises et notamment au Havre. La légende raconte qu’il y fit une rencontre qui allait lui inspirer le personnage de Jean Valjean, héros de son roman le plus populaire « les Misérables » paru en 1862. 

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Voici l’histoire. Nous sommes le 15 février 1843. En l’Eglise Saint-Paul Saint-Louis, en présence de leurs parents, Charles Vacquerie épouse Léopoldine Hugo, la fille chérie. L’un des témoins du mariage se nomme William Régnault. C’est un notable qui dirige une importante maison de négoce. Celle-ci appartenait auparavant et jusqu’à sa mort en 1842 à Nicolas Lefèvre, riche négociant havrais, beau-frère et employeur du jeune marié.

Très vite, Regnault devient un intime des Hugo auxquels il aurait même à plusieurs reprises accordé l’hospitalité. Fortuné, l’homme est un personnage en vue dont les ambitions, notamment politiques, vont cependant être contrariées. Car en 1848, Régnault se suicide laissant une femme et trois orphelins. Revers de fortune ? Affaire sentimentale ?

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Jean Valjean

 

Les hypothèses vont bon train jusqu’à ce qu’un journaliste dévoile dans la presse havraise le passé de forçat de l’homme qui s’appelait en réalité César Joseph Regnault et qu’un ancien bagnard dénommé Vallée, tenancier d’un cabaret louche sur le quai Lamblardie et d’une maison de rendez-vous à Graville, faisait chanter.

Le décor est planté. Hugo aurait donc emprunté les profils des deux hommes pour les transformer sous sa plume en Jean Valjean et Thénardier. 

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Au cœur du quartier Graville du Havre, au 30 de la rue Bellefontaine, subsiste encore la maison de Régnault dans laquelle la famille Hugo aurait séjourné. L’ancienne propriété Lefevre a quant à elle été lotie en 1890. Le promoteur, inspiré à n’en pas douter par cette légende,  a baptisé ses voieries du nom des personnages du roman : l’escalier Jean Valjean, l’impasse Cosette, la rue Fantine et l’impasse Javert.

 

Biblio. Le Havre, Itinéraires insolites – Isabelle Letélié – Ysec Editions 2011.

02/06/2013

La "pierre dorée" de Caen

Savez-vous ce qu'ont en commun la Cathédrale Saint-Patrick de New-York, l’atrium de l’Osgoode Hall de Toronto, le Palais Royal de Bruxelles, la Cathédrale de Cologne, celle de Saint-Andrew d’Honolulu et Buckingham Palace ?  Tous ont été construits en pierre de Caen ! Cette pierre blonde, primée à l’Exposition Universelle de 1889, qui est apparue dans nos fonds marins il y a 165 millions d’années alors que la mer recouvrait une grande partie de la Normandie.  

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Les gisements de surface ont été exploités dès la période gallo-romaine. Au milieu du XIe siècle, le jeune duc de Normandie, Guillaume le Conquérant (1027-1087), transforme un bourg établi sur les bords de l’Orne en un nouveau centre de pouvoir : Caen sort de terre ! Son développement urbain s’appuie sur l’extraction de la pierre locale appréciée des bâtisseurs pour sa blancheur et son grain fin qui la rend facile à tailler et à sculpter. Elle sert à la construction des premiers grands monuments normands comme le palais ducal, l’Abbaye aux hommes et l’Abbaye aux dames de Caen, l’abbatiale du Mont-Saint-Michel ou l’abbaye de Jumièges. 

 

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                                                                L'abbaye aux hommes de Caen

Après la conquête de l’Angleterre en 1066, la pierre de Caen va être exploitée à très grande échelle et acheminée par bateaux de l’Orne vers la Tamise et l'Europe entière. C’est ainsi que, dès le Moyen-âge, elle va générer un trafic maritime des plus importants. L'Angleterre, par les liens historiques qui l’unissent à la Normandie depuis le XIe siècle, restera le premier importateur de pierre de Caen jusqu'au XVIIIe siècle. 

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                                                                          Sculpture en pierre de Caen

 

A partir du XIXe siècle, grâce au développement des techniques de transports, c'est plusieurs centaines de tonnes de pierre qui, extraites des carrières, sont exportées dans le monde entier. La cathédrale des Bermudes constitue certainement l'exemple le plus exotique de construction réalisée avec notre célèbre pierre normande. 

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 Cathédrale d'Hamilton aux Bermudes

 

Victime, au début des années soixante, du béton, la pierre de Caen a bien failli disparaître. Heureusement, depuis 2004, une nouvelle carrière à Cintheaux, au sud de Caen, est exploitée, permettant la restauration des nombreux bâtiments anciens.

En 1044, pendant la bataille de Caen, les carrières de la ville de Caen, plus de quatre-vingt hectares de galeries souterraines, comme celles des alentours, ont abrité la population, la protégeant des bombardements et des combats.

Biblio. « Fier d’être normand – 100 bonnes raisons » de C. Lablancherie – Ed. Ouest-France 2013 et « Secrets et trésors des maisons de Normandie » de M. Le Goaziou et L ; Herzog – Ed. Ouest-France 2013.

15/05/2013

L'originalité d'une petite église de campagne normande

Le village de Triquerville se situe en Seine-Maritime, près de Notre-Dame de Gravenchon, au cœur du canton de Lillebonne.

Et si je vous en parle aujourd’hui, c’est que ce village normand a une singularité, celle de posséder la seule église à structure métallique connue en Haute-Normandie.

Vu de l’extérieur, l’édifice ne paie pas de mine, perché en haut de son escalier, un peu usé par le temps.  

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Mais après avoir franchi le portail d'entrée,  une surprise attend le visiteur. Autour de la nef, de fines colonnes en fonte soutiennent une charpente en métal plutôt inhabituelle pour une église de campagne. Cela donne au vaisseau l’aspect d’une grande halle légère et lumineuse. 

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C’est en 1888 que, devant l’état de vétusté extrême de la vieille église de pierre datant du XVIe siècle et l’importance du budget que sa remise en état nécessiterait, le conseil municipal du village, sur proposition de son maire, le Marquis de Triquerville, vote la construction d’un nouvel édifice.

Nous sommes au lendemain de l’Exposition Universelle de Paris de 1889 organisée sur le thème de la Révolution française, dans le cadre du centenaire de cet évènement et dont le clou du spectacle n’est autre que la Tour Eiffel, haute de 318 mètres et qui va accueillir à elle seule près de 2 millions de visiteurs. 

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Le choix des élus de Triquerville se porte naturellement sur un pavillon métallique, projet qui, à l’époque, a le mérite d’être à la fois économique et rapide. La réalisation des plans est confiée à Schupp et Pirre, ingénieurs de la société métallurgique d’Amiens. Un an plus tard, en 1891, l’église paroissiale Saint Jean Baptiste de Triquerville est consacrée.

Bien entendu, elle ne va pas faire, loin s’en faut, l’unanimité des 400 triquervillais mais elle passe depuis pour être la  plus originale de toute la Haute-Normandie… comme la Tour Eiffel en somme…

 

 

Biblio. Merci au magazine « Seine-Maritime Mag » - 03.2013 et au site http://clochers.org/