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18/10/2015

Par Thor et par Odin !...

Par Thor et par Odin ! Cette expression, les amateurs d'Astérix l'ont peut être découverte ou redécouverte dans le neuvième album de la série, paru en 1966, « Astérix et les Normands », la bande dessinée de Goscinny et Uderzo.

 

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En réalité, Thor et Odin ne sont pas que des héros de littérature, de bande-dessinée ou de cinéma ! Ils sont avant tout deux dieux Vikings, ces hommes du nord « d'une race fière et redoutable, merveilleux marins et hardis guerriers, ignorant la peur!.. » qui ont conquis la Normandie.

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Le colérique et roux Thor, qui donna aux Anglo-Saxons, à l'adoption du calendrier romain, leur cinquième jour de la semaine « Thursday », est l'équivalent du dieu romain Jupiter, du dieu grec Zeus, du dieu gaulois Taranis et du dieu indien Indra. C'est le plus populaire des dieux nordiques. Son nom signifie tonnerre. Il est exceptionnellement fort, très grand, plein d'énergie, et a, à l'image d'Obélix, un appétit vorace qui lui permet d'engloutir un bœuf entier en un seul repas ! Guerrier infatigable et tueur de géants, ses armes magiques sont un marteau chauffé au rouge et une ceinture qui double sa force. A mesure que le christianisme va progresser, le signe de la croix fusionnera souvent avec celui du marteau. En Normandie, certains noms de lieux sont basés sur des anthroponymes qui contiennent le nom de ce dieu comme les nombreux « Tourville », à l'exemple de Tourville-la-Rivière ou de Tourville sur Arques. De même que de son nom sont issus certains patronymes normands comme notamment celui de « Toutain ».

 

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Odin était son père. Aîné de tous les dieux, son nom signifie « fureur ». Représenté comme un vieillard borgne à barbe grise, le visage caché par une capuche, il est le dieu le plus important de la mythologie viking, celui des chefs, des puissants, des batailles et des guerriers farouches. C'est lui qui incite les hommes à se lancer dans le combat avec une rage folle, sans ressentir ni peur, ni douleur. Car, pour un viking, mourir au combat signifie être emmené par des Walkyries, de belles jeunes filles de l'entourage d'Odin, au Walhalla, le Palais des morts d'Odin où l'attendent festins et plaisirs en tous genres, alors que mourir de vieillesse mène au royaume de Hel, domaine ténébreux et peu accueillant. Le culte d'Odin déclinera au début du XIe siècle avec la fin de l'époque des violences. Devenus des agriculteurs et des négociants paisibles, les colons vikings se tourneront plus volontiers vers Thor, dieu des humbles, qu'ils sollicitent pour protéger leurs récoltes et leurs animaux.

 

Biblio. « Toute la mythologie nordique » - Château et Histoire de France n°5 – 2015.

16/09/2015

Le Drakkar, une invention française

A lui seul, ce mot évoque le monde des Vikings, ces envahisseurs du Nord qui, du IXe au XIIe siècles, ont dominé l'Europe, en grande partie grâce à des bateaux longs et étroits, remplis de guerriers, les fameux « langskips », plus connus sous le nom de « drakkars ».

Mais, savez-vous que ce terme de "drakkar" est non seulement erroné sur le plan grammatical comme sur le plan phonétique, mais surtout qu'il n'est connu dans aucune langue scandinave ! Si les musées des pays nordiques consacrés à la civilisation viking ne l'emploient pas, c'est qu'il est une invention purement française, totalement anachronique.

 

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 Bateau viking représenté sur la tapisserie de Bayeux

 Car, jusqu'au XIXe siècle, on ne sait pas grand-chose de ces navires si ce n'est que leur figure de proue représente un animal, bien souvent un dragon ! Dans la pratique, la figure de proue sert souvent, par métonymie, à dénommer le navire tout entier. Il y a des bisons, des béliers, des serpents et, en majorité bien sûr, des dragons. A l'époque, le terme le plus usité dans les divers textes pour désigner ces embarcations, terme adopté très tôt par la langue normande, est le mot « esnèque » ou « senèque ». Il provient du vieil islandais « snekjur », pluriel de « snekkja » et s'applique à l'un des types de bateau de guerre le plus typique des vikings, le « snekkar ».

 

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Alors, quand l'historien français Auguste Jal (1795-1873) se met à la recherche d'un nom commun pour désigner ces navires dans son « Archéologie navale », l'ouvrage qu'il publie en 1840, il a l'idée d'emprunter au suédois moderne le vocable de « drakar ». Est-il issu de l'ancien scandinave « dreki », signifiant « dragon » au singulier et « drekar » pour « dragons » au pluriel, ou plus certainement du suédois « drakar », pluriel de  « drake », dont le sens premier est "serpent monstrueux, dragon" ?... Toujours est-il que le public adopte les drakkars, auxquels, au passage, on ajoute un « k » supplémentaire, pour faire plus vrai et surtout plus terrible !

 

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Augustin Jal, dont l’œuvre sera en grande partie tournée vers la marine, mourut à Vernon (Eure) le 1er avril 1873.

 

Merci aux sites www.patrimoine-histoire.fr et www.mandragore2.net,

Biblio. « Hexagone » de L. Deutsch – Ed. Lafon , 2013.

 

12/08/2015

Le clos-masure du Pays de Caux

Indissociables du paysage cauchois, les clos-masure constituent une des particularités du patrimoine architectural normand. Bien malmenés par les enjeux d'une économie agricole qui voit progressivement diminuer le nombre d'exploitations, on n'en compte plus aujourd'hui qu'environ 5000 sur tout le territoire du Pays de Caux, entre Rouen, la vallée de la Seine, Le Havre et Dieppe.

Mais qu'est-ce qu'un clos-masure, ? Ce nom n'évoque pas, loin de là, une demeure misérable mais une exploitation agricole nichée dans un clos, un espace carré enherbé plus ou moins vaste, ceint de hauts talus plantés d'arbres.

 

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L'origine du clos-masure est complexe et sans doute lié à l'influence de plusieurs traditions. Certaines recherches ont démontré qu'il existait des villae gallo-romaines structurées selon le même principe et que, certaines fermes gauloises, étaient entourées des même talus fait de terre.  

Ceux-ci, d'une hauteur pouvant atteindre deux mètres de hauteur, surmontés d'une rangée simple voire double de hêtres, plus rarement de chênes, de charmes, ou d'ormes, sont curieusement appelés ici "fossés". Sans doute parce qu'il faut creuser largement de part et d'autre pour les édifier. Ils constituent une protection très efficace tant des hommes que du bétail et des cultures, contre les vents souvent violents qui soufflent de la mer.

 

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Un chemin empierré conduit à travers quelques rangs de pommiers ou de poiriers jusqu'au corps de la ferme. L'habitation du fermier, bien souvent à pan de bois et couverte de chaume, est orientée plein sud. Sa vue dégagée permet au maître de voir venir au loin l'étranger qui s'avance. A proximité de la ferme, autour d'une mare (les puits étant rares sur ce plateau de craie épaisse), isolés les uns des autres afin d'éviter les risques de propagation d'incendie, on trouve les bâtiments agricoles : l'étable, l'écurie, la bergerie, la porcherie, le pigeonnier, la grange, le pressoir et un colombier, un four à pain ou à lin et quelques citernes destinées à recueillir l'eau de pluie.

 

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Si la coutume générale de Normandie ordonnait qu'on partage les biens entre tous les enfants, celle du pays de Caux voulait que la masure avec ses bâtiments, ses plantations et son jardin, revienne en intégrité à l'aîné des enfants, ce qui explique les grandes exploitations encore nombreuses.

 

Biblio. « Secrets et trésors des maisons de Normandie » de M. Le Goaziou et L. Herzog – Ed. Ouest-France, 2013.