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11/01/2015

Un normand, père du congé de maternité

Saviez-vous que c'est sous l'impulsion d'un député conservateur du Calvados qu'a été institué en France le congé de maternité ? Cela se passait au début du siècle dernier. Et cet homme politique normand s'appelait Fernand Engerand (1867-1938).

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C'est en effet en 1906 qu'il dépose pour la première fois sur le bureau de l'Assemblée Nationale une proposition de loi sur la protection des femmes avant et après l’accouchement. Il faudra tout de même pas moins de trois ans et l'impulsion d'un autre député normand, Henry Chéron (1867-1936), pour que sa loi, qui portera son nom, soit votée.

 

Elle est donc définitivement adoptée le 27 novembre 1909 et le progrès social qu'elle porte est considérable. Elle accorde aux femmes enceintes un congé facultatif, sans rémunération, de 8 semaines avec en outre la garantie de travail. Deux ans plus tard, en 1910, les institutrices vont être les premières à obtenir le maintien total de leur traitement. En 1913, nouvelle avancée sociale : le congé de maternité passe de facultatif à obligatoire. En 1929, le maintien du salaire est étendu à tous les fonctionnaires et enfin, en 1970, aux salariées du secteur privé dès lors indemnisées à hauteur de 90% du salaire brut.

 

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Fernand Engerand (1867-1938)

 

Fernand Engerand est né le 15 avril 1867 à Caen. Fils du député Auguste Engerand (1541-1899), il étudie le droit et il exerce tout d'abord la profession d'avocat. Mais il est très vite choisi pour occuper les fonctions de secrétaire général du Musée social, organisme créé par une élite éclairée réunie autour du comte de Chambrun qui était désireux de favoriser études et travaux, afin de développer un droit social alors presque inexistant en France. D'ailleurs, à l'époque où Fernand Engerand en assure le secrétariat général, soit de 1898 à1902, le principal thème de réflexion de ses membres était celui des assurances sociales, sujet qui inspirera certains des projets de loi que le futur député du Calvados présentera et fera parfois voter. Élu député du Calvados en 1902, il le restera jusqu'en 1932. Siégeant à droite, Fernand Engerand s'intéresse non seulement aux questions sociales mais aussi aux sujets de relations de l'église et de l’État. Il dépose régulièrement des demandes d'abrogation de la loi d'exil qui frappe les anciennes familles régnantes depuis 1886. Collaborateur à l'"Illustration", au "Correspondant" et à l'"Écho de Paris", il est en outre l'auteur d'ouvrages historiques et d'essais d'actualité.

 

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 Les quintuplées Dionne nés en 1934

Aujourd'hui, la durée légale du congé maternité est fixée par le code de la sécurité sociale et le code du travail. Il varie entre 16 et 46 semaines selon le nombre d'enfants attendus et le nombre d'enfants déjà eus. En la matière, la France se situe en-dessous du Chili (18 semaines, 100% de salaire) et juste au-dessus du Mali (14 semaines et 100% de salaire versé). Les mamans les mieux loties seraient les Suédoises avec 56 semaines de congés maternité et un revenu équivalent de leur salaire.

 

17/12/2014

Quand « l'Amiral de Normandie » traitait d'égal à égal avec le roi d'Espagne...

Quelle destinée extraordinaire que celle du normand Jehan Ango, grand écumeur d'océans au service de son roi ! Ce Vicomte de Dieppe, habile marchand doublé d'un corsaire redoutable avide d'argent et d'or, doté d'un fort esprit d'aventure, féru de découvertes et de pouvoirs, n'en négligeait pas pour autant les arts. 

 

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 Jean Ango (1480-1551)

Quand il y naquit, en 1480, la ville de Dieppe était « dans tout l'éclat de sa puissance, remuante, industrielle, agitée, maritime, par excellente, et guerroyante s'il en fut. » Faut dire que c'était bien avant que sa rivale, la ville du Havre, ne soit créé...

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 Jean Guérard, Plan de la ville de Dieppe (cartouche du Planisphère), 1625

Descendant d'une vieille famille rouennaise anoblie dès 1408 par le roi Charles VI, qui s'était enrichie grâce à la pèche de la morue de Terre-Neuve, le jeune Johan, apprend, après de solides études, la navigation. Il l'abandonnera cependant très vite au profit des livres de comptes en s'employant avec succès à conquérir renommée, puissance et richesse.

Audacieux, avisé, âpre au gain, il arme une quantité de nefs et de galions, qui arborent son pavillon sur toutes les mers du monde. Sa flotte défie sans vergogne Charles Quint, le puissant roi d'Espagne et ses capitaines s'illustrent sur toutes les mers. En 1522, le Honfleurais Jehan Fleury, l'un des plus célèbres, intercepte sans ménagement trois caravelles espagnoles. A bord de celles-ci, les richesses de l'empereur du Mexique : un fabuleux trésor aztèque confisqué et ramené à Normandie. Quant au florentin Verrazano, il découvre pour lui la rivière Hudson (v. ma note du ) , qu'il nomme terre d’Angoulême et qui deviendra la future New York.

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 Le manoir de Jehan Ango à Varengeville

A partir de 1525, son prestige grandissant sans cesse, « L'amiral de Normandie » se laisse dévorer par l'ambition. Il se fait construire deux superbes bâtisses. Une luxueuse maison de chêne sculpté rehaussé d'or qu'il baptise « La Pensée », et qui, située à Dieppe sur le « Grand Quay , disparaîtra dans la « grande bombarderie » des Anglais en 1694.

Et puis, à peu de lieues de là, sur la terre de Varengeville, un majestueux manoir qui sera l'un des premiers édifices à être classé « monument historique » par Prosper Mérimée. Sorte de palais florentin, il est dominé en son cœur, par l'un des plus importants pigeonniers de France. En 1534, c'est sur ce domaine qu'il recevra avec faste le roi François Ier et sa cour. Cette visite marquera à la fois l'apothéose de la puissance d'Ango, son couronnement mais aussi malheureusement le début de son déclin.

Car Ango ne sait rien refuser à son souverain. En 1544, alors qu'un nouveau conflit oppose le royaume de France aux Anglais, l'armateur mettra gracieusement à la disposition de son roi de nombreux et coûteux vaisseaux de guerre avec équipages. Trois ans plus tard, en 1547, après la mort du roi, comme le pays est en faillite, son successeur ne pourra ou ne voudra rembourser notre Dieppois lequel, harcelé par de nombreux créanciers, s'éteindra en 1551 quasiment ruiné.

 

Biblio. « Illustres normands » de J.-J. Lerosier et Chaunu -H.-S.- O uest-France – 2012/2013 et « Rouen Lecture Normandie » n°77 – Juin 2003.

19/11/2014

Monsieur Havas ou le génie d'un normand

Personne plus que lui ne peut symboliser la vitalité du journalisme en Normandie sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) ! L'agence de presse qu'il fonde le 22 octobre 1832, sous le nom d' « Agence des feuilles politiques, correspondance générale », portera par la suite son nom et le fera connaître internationalement. Place de la Haute-Vieille Tour à Rouen, proche de sa maison natale, une inscription désigne d'ailleurs notre homme comme « le créateur de l'information moderne ».

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La famille paternelle du rouennais Charles Louis Havas (1783-1858) est originaire de Pont-Audemer (Eure). Il grandit dans un milieu affairiste et polyglotte tout à fait propice aux entreprises novatrices. Son père, conseiller juridique, gère la fortune foncière des grandes familles de la noblesse normande. Il s'est d'ailleurs enrichi sous la Révolution avec la vente des biens nationaux.

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 Charles Louis Havas (1783-1858)

Le jeune Havas suit d'abord les traces de son père en devenant négociant international puis banquier. Ce n'est qu'après de sévères revers de fortune, qu'à l'âge de 40 ans, il entame une carrière de journaliste et de traducteur. Pour ce faire, il ouvre à Paris le « Bureau de traduction des journaux étrangers » qui deviendra en 1832, le « Bureau de nouvelles ». Au départ, son activité consiste à traduire et importer les nouvelles données par les journaux étrangers et à compiler celles données par les journaux français. C'est d'ailleurs ainsi que naît le métier d'« agencier papier ». Mais, en 1838, coup de pouce du destin, afin de tenir informés les agents de l'État, le gouvernement lui demande de mettre en place une « correspondance ministérielle ». Traduites dès leur arrivée à Paris, les informations en provenance des journaux étrangers sont ensuite envoyées par pigeons voyageurs. Ils ne seront remplacés par le télégraphe électrique qu'à partir de 1850.

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Très vite, l'agence se rend indispensable à l'ensemble de la presse parisienne. Charles Havas, en se construit un vaste réseau de correspondants étrangers, s'assure alors le quasi-monopole de l'information, Balzac le lui reprochera en l'accusant d'uniformiser le contenu des journaux : « Le public peut croire qu'il existe plusieurs journaux, mais il n'y a en définitif, qu'un seul journal... Monsieur Havas. » .

L'agence Havas, cotée à la Bourse de Paris, est aujourd’hui le premier groupe publicitaire de France, et le sixième mondialement. Elle subsiste encore actuellement sous le nom de son fondateur pour la branche publicité, laquelle a été fondée en 1855 par ses deux fils. Quant à la branche information, elle est devenue l'AFP.

 

Biblio. « Les hommes de presse de l'agglomération rouennaise » de C-A Sibout. - Collection Histoire(s) d'agglo - n°11