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22/09/2010

Alexis de Tocqueville

"L'histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies..."

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Il descend de l’une des plus anciennes familles de vieille noblesse normande du Cotentin dont un des membres aurait combattu aux côtés de Guillaume le Conquérant à la bataille d’Hastings ! Alexis Charles Henri Clérel de Tocqueville est né le 29 juillet 1805 à Paris, dans le quartier de la Madeleine, rue de la Ville-l’Evêque, dans le 8ème arrondissement et dans un hôtel particulier aujourd’hui disparu.

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Acte ne naissance d'Alexis de Tocqueville

Troisième et dernier fils du Comte Hervé Clérel de Tocqueville, Pair de France, et de Louise Madeline Marguerite Le Peletier de Rosambo, il passe les neuf premières années de son enfance avec ses frères et ses cousins, Louis et Christian de Chateaubriand, entre Paris et  le château familial de Verneuil-sur-Seine (Yvelines), aménagé par ses parents en résidence d’été des plus aristocratiques. Il y reçoit une éducation classique et une instruction religieuse rigoureuse aux accents jansénistes.

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Portrait de jeunesse d'Alexis de Tocqueville

Après des études littéraires et juridiques, il entame en 1827 une carrière de juge auditeur au Tribunal de Versailles. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de celle qui allait devenir sa femme, une anglaise roturière et protestante élevée en France, Marie Mottley, qu’il épouse le 26 octobre 1835 en l’Eglise Saint-Thomas d’Aquin de Paris.

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Portrait de Marie Mottley

Auparavant, comme il n’était guère passionné par ce qu’il faisait, il démissionne de ses fonctions en 1833 puis est envoyé en mission aux Etats-Unis pour y étudier le système pénitentiaire. C’est à son retour, après s’être inscrit comme avocat, qu’il publie en 1835, son ouvrage « De la démocratie en Amérique » et qu’il entame une carrière politique. Elu député de Valognes (Manche) en 1839, puis constamment réélu ensuite jusqu’en 1851, il va même occuper temporairement à la demande du prince Louis-Napoléon et durant 5 mois en 1849 les fonctions de Ministre des Affaires Etrangères.

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Château de Tocqueville (Manche)

Héritier du château de Tocqueville situé dans le département de la Manche à 20 km de Valognes, et charmé par l’impression de sérénité et de tranquillité profonde que lui procure ce lieu, il s’y installe en 1836 avec son épouse qui devient dès lors la véritable intendante des lieux.   « J'ai soif de Tocqueville ; de notre solitude, de notre intimité, de notre tête-à-tête, de tout enfin ce qui fait le fondement réel de mon bonheur dans ce monde » lui écrit-il le 3 juillet 1842.

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Portrait d'Alexis de Tocqueville par  T. Chassériau en 1844

Il quitte la vie politique en 1851 et se consacre à sa deuxième œuvre majeure, « L’Ancien Régime et la Révolution » publié en 1856. Le normand qu’il est écrit alors à Monsieur de Loménie : « Je me suis remis sérieusement à mon livre et je bâtis une magnifique étable à cochons. Laquelle de ces œuvres durera plus que l’autre, hélas, je n’en sais rien en vérité ! »

La seconde partie de son ouvrage restera inachevée. Il meurt le 16 avril 1859 en convalescence à la villa Montfleury de Cannes (Alpes-Maritimes) où il s’était retiré six mois plus tôt avec son épouse pour soigner sa tuberculose. Il repose au cimetière de Tocqueville.

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Acte de décès d'Alexis de Tocqueville

L’œuvre d’Alexis de Tocqueville est perpétuée encore aujourd’hui aux Etats-Unis qui le considèrent comme un des plus perspicaces politologues de l’histoire de l’humanité.

Sa généalogie complète est sur http://www.geneastar.org

 

01/09/2010

Raoul Dufy, l'enchanteur

Saviez-vous que Raoul Dufy était normand ? Il est né au Havre, où il va passer son enfance et sa jeunesse, le 3 juin 1877, au domicile de ses parents, 46, rue des Pincettes.  Son père, Léon Dufy y exerce la profession de comptable. Sa mère est femme au foyer.

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Acte de naissance de Raoul Ernest Joseph DUFY, le 3 juin 1877 au Havre

Inscrit dès 1893 à l’Ecole Municipale des Beaux-arts de sa ville où il suit les cours de Charles Lhuillier, il obtient en 1900, à 23 ans, une bourse lui permettant d’entrer à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris et de travailler dans l’atelier de Léon Bonnat. Influencé successivement par Sisley, Monet, Cézanne et Matisse, il finit par trouver sa voie personnelle, alliant, dans une vision allègre de l’univers, un trait nerveux à des couleurs lumineuses et vives.

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Raoul Dufy (1877-1953)

Très éclectique, il travaille à la gravure, à la céramique, à l’illustration d’ouvrages, à des décors de théâtre, d’espaces publics et crée pour le compte d’une maison de soieries lyonnaises d’extraordinaires tissus peints.

En 1937, il réalise pour le pavillon de l’électricité de l’Exposition Internationale de Paris une fresque gigantesque de 600 mètres carrés qu’il baptise « La Fée Electricité » où éclatent sa verve et son talent unique de coloriste.

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"La Fée Electricité" - Raoul Dufy - 1937

Il aura toujours de l’affection pour la Normandie et réalisera nombre de tableaux sur Deauville, Honfleur et bien sûr Le Havre.

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"La Normandie" - Raoul Dufy - 1936-1940

"Si je pouvais exprimer toute la joie qui est en moi !" disait-il. Son oeuvre est une invitation à cheminer vers un horizon de bonheur. La joie de vivre et de dévoiler la vie soutient chacun de ses tableaux, de ses gouaches, de ses dessins.

 Atteint de polyarthrite rhumatoïde, il s’est éteint le 23 mars 1953 à Forcalquier en Haute-Provence où il était venu s’installer. Il a laissé une œuvre considérable : environ 3 000 toiles, 6 000 grandes aquarelles, 6 000 dessins, des bois gravés, des lithographies, des tapisseries… Ses peintures sont aujourd'hui encore des plus prisées des collectionneurs du monde entier. Le 20 avril dernier, son  huile sur toile « Scène de pesage » s’est vendue à Paris plus de 570 000€.

04/08/2010

René Coty, un havrais à l'Elysée

Son élection à la  Présidence de la République Française le 23 décembre 1953 transforma le Palais de l’Elysée en une maison normande et bourgeoise où la bonté de la Première Dame saura tempérer les rigueurs du protocole. Le grand économiste André Siegfried, lui-même Havrais, écrit alors : « Je crois vraiment qu’il existe, entre l’Elysée et la Normandie, un lien secret. Félix Faure, quand il fut élu député de la deuxième circonscription du Havre… Coty… c’est bien un Normand, on ne peut s’y tromper. »

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Acte de naissance de René Coty

René Coty est né au Havre le 20 mars 1882. Après une double licence de philosophie et de droit, il s’inscrit au barreau dès 1902. Deux ans plus tard, il est amené, lors d’un procès retentissant, à défendre les grévistes du port (dont l’un deux sera condamné à mort) contre les compagnies maritimes. Est-ce là le point de départ de sa carrière politique ? Toujours est-il qu’il entre au Conseil Municipal de sa ville en 1908, puis au Conseil général de la Seine-Maritime en 1919 dont il prendra très vite la présidence. Commence alors pour lui une carrière parlementaire : Député de 1923 à 1935, puis Sénateur du 1935 à 1940.

Après la guerre, en 1947, il se voit confier le portefeuille d’un ministère important, celui de la Reconstruction et de l’Urbanisme.

Puis vient ce jour de 1953 où âgé de près de 72 ans, après 13  tours de scrutin, il succède finalement à Vincent Auriol et devient le 17ème Président de la République française et le second président de la IVe République. Son septennat sera marqué par une forte instabilité ministérielle, avec six cabinets successifs. La crise du régime - pourtant anticipée par le Président qui plaide depuis plusieurs années en faveur d'une révision des institutions, culmine après la crise du 13 mai 1958 à Alger. 

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Et c'est le drame algérien, après celui de l’Indochine, qui va y mettre un terme. Craignant plus que tout la rupture de l’unité nationale, le Président Coty se prononce pour le retour au pouvoir du Général De Gaulle et lui demande de former un gouvernement de salut public. La même année, il abandonne ses fonctions présidentielles lorsque sont mises en place les nouvelles institutions de la Ve République et quitte l’Elysée le 8 janvier 1959 en déclarant « le premier des Français est désormais le premier en France ! »

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Victime d’une crise cardiaque, il s’éteint au Havre le 22 novembre 1962. C’est le général De Gaulle qui prononcera l’éloge funèbre de ce grand homme, au sens propre (il mesure 1m87 !) comme au sens figuré, cultivé et brillant orateur bien que desservi par une voix sèche et métallique. Lors d’obsèques nationales célébrées 5 jours plus tard, pour caractériser la personnalité de René Coty, le Général De Gaulle citera Jean de la Bruyère : « La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne force et relief ».

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