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19/01/2011

L'astronome André Danjon ou "De la Terre à la Lune"

                                                                                             « Sachant le clair de lune, trouvez le clair de l’autre… »

                                                                                                                                                                       Jacques Prévert

André Danjon, un Caennais, a fait mieux : il a mesuré le clair de terre avec beaucoup de mérite. D’une part, le climat normand n’est pas si favorable que cela à l’observation du ciel et d’autre part, il était borgne !

André Danjon est né à Caen (Calvados) le 6 avril 1890. Élève du Lycée Malherbe puis de l’Université de Caen, il entre à l’Ecole normale supérieure en 1910. Agrégé de physique en 1914, il est mobilisé peu après dans l’infanterie. Blessé en Champagne dès le début de la guerre, il perd un œil, mais reprend du service et fait campagne en Italie dans le Service de repérage par le son.

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A son retour en 1919, ce passionné d’astronomie est nommé à l’Observatoire de Strasbourg, redevenu français. Il en prend la direction en 1930.  Dix ans plus tard, son université  se replie à Clermont-Ferrand. En qualité de recteur, il organise la protection des étudiants et professeurs alsaciens ce qui lui vaut d’être arrêté par les Allemands en 1942 et aussitôt révoqué. 

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                                                                  Observatoire de Paris

En 1945, reconnu par ses pairs comme le chef de l’astronomie française, il est nommé directeur de l’Observatoire de Paris puis de l’Institut d’astrophysique de France. Travailleur infatigable, la liste de ses recherches est longue. Il a été le premier à préciser « les conditions géométriques pour une observation précoce du croissant des jeunes et vieilles Lunes( !) » Il s’est aussi penché sur les changements observés sur Mars et a expliqué la prétendue lumière cendrée de Vénus. En 1951, il met au point « l’astrolabe impersonnel à prisme », un instrument qui permet de mesurer avec précision le moment où une étoile se trouve à une certaine distance angulaire du zénith et qui équipe de nos jours la plupart des observatoires du monde entier. On lui doit aussi la définition de l’ « année tropique ». Ses ouvrages, dont « Lunettes et Télescopes », écrit en collaboration avec l’Alençonnais André Couder, et « Astronomie générale » passent pour des bibles et ont été plusieurs fois réimprimés. 

Frappé en 1963 d’une attaque le laissant partiellement paralysé, il réapprend cependant à parler et à lire. Une complication pulmonaire l’emporte le 27 avril 1967 à Suresnes. Un cratère de la Lune porte son nom !

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                                                                     Cratère de Lune

29/12/2010

Le premier vol d'hélicoptère est normand !

On le doit à Paul Cornu, normand né à Glos-la-Ferrière, près de l’Aigle, dans le département de l’Orne, le 15 juin 1881. Aîné d’une fratrie de 15 enfants, il a 9  ans quand, en 1890, sa famille s’installe à Lisieux (Calvados).

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Son père, Jules, est un manuel très habile, qui sait dessiner et qui a à son actif quelques inventions. Pour faire « bouillir la marmite », les Cornu père et fils réparent vélos et machines à coudre dans leur atelier de la rue de la Gare. Parallèlement, ils mettent au point un vélo à moteur, un tricycle à vapeur, une pendule thermique, une moto…. Sans pour autant jamais s’enrichir : ce ne sont malheureusement pas des hommes d’affaires…

C’est avec un simple Certificat d’Etudes en poche que, dès 1905, Paul Cornu va s’intéresser à l’aviation et au décollage vertical.

Seulement deux années plus tard, il va entrer dans la légende de l’aviation au même titre que Clément Ader, Louis Breguet ou Maurice Léger. Devant les notables de la ville, Il réalise le 13 novembre 1907 à Coquainvilliers près de Lisieux, le premier vol libre d’un hélicoptère de son invention.

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Ressemblant à un gros insecte, l’appareil, tout en tubes, d’un poids de 203 kilos, repose sur 4 roues et fonctionne grâce à 2 hélices horizontales de 6 mètres de diamètre entraînées par un moteur Antoinette de 24 chevaux. Ce jour-là, après plusieurs essais, à bord de son appareil, Paul Cornu atteint l’altitude d'1 mètre 50 en envol vertical libre, sans personne au sol pour le maintenir en équilibre. Son frère Jacques, qui mettait le moteur en marche, a même dû se cramponner au châssis et monter avec l’engin ! Après quoi, l’appareil retouche le sol sans dégât. Pour la première fois, une machine s’est affranchie du sol sans élan avec un homme à son bord.

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Ce ne fut que quelques secondes de lévitation mais ça restera vol historique. Un saut de puce et de géant à la fois. Cette date du 13 novembre 1907 est citée dans toutes les histoires de l’aviation comme étant celle du premier vol libre d’un hélicoptère avec pilote. N’en doutons pas, il y avait du rêve d’Icare dans la trouvaille de cet ingénieux bricoleur normand de 26 ans.

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Après cet exploit, Paul Cornu va continuer de travailler dans son atelier en poursuivant ses expériences. Après la première guerre mondiale, il se découvre une nouvelle passion, la construction de postes de radio.

Comme un millier de Lexoviens, Il meurt victime des bombardements alliés qui, les 6 et 7 juin 1944, réduisent la ville de Lisieux à l’état de ruines. Sous les décombres ont disparu les quelques éléments de l’hélicoptère qu’il avait conservés, des plans et une grande maquette. Heureusement, une caisse de documents a été sauvée, contenant le journal manuscrit des expériences, une importante correspondance, des coupures de journaux, des articles de revues françaises et étrangères et beaucoup de photographies et de cartes postales. Sa famille les a déposés au Musée d’Art et d’ Histoire de Lisieux.

27/11/2010

Petite devinette !

Qu’ont donc en commun ces cinq scientifiques normands du XIXe siècle (de gauche à droite) : l’enseignant Théophile-Jules Pelouze, l’astronome Urbain le Verrier, le mathématicien Pierre-Simon de Laplace, le chimiste Pierre Louis Dulong et le physicien Augustin Fresnel ?

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Eh bien, ils font partie des 72 savants dont les noms s’étalent en lettres d’or de 60 cm de hauteur sur la frise des quatre façades de la Tour Eiffel : Trocadéro, Grenelle, Ecole Militaire et La Bourdonnais.

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Tous français, la plupart d’entre eux étaient membres de l’Académie des Sciences, déjà morts lors de l’inauguration de la Tour et enterrés au cimetière du Père-Lachaise.  Beaucoup ont laissé leur nom à une loi scientifique, un produit ou un procédé. Et aucune femme parmi eux !

Ces noms gravés furent recouverts de peinture au début du XXe siècle avant d’être restaurés entre 1986 et 1987 par la Société Nouvelle d’Exploitation de la Tour Eiffel (SNTE). 

Il s’agit là d’une initiative de Gustave Eiffel en hommage aux hommes de sciences qui ont honoré la France de 1789 à 1889 … dont le nom patronymique ne dépassait pas 12 lettres ! On sait que certains ont été refusés à cause de cela,  comme Charles et Henri Sainte-Claire Deville ou Henri Milne-Edwards, mais ce qu’on ne sait moins voire pas du tout, c’est pourquoi ceux qui y figurent ont été choisis.

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