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12/10/2011

Pierre Boucher, Seigneur de Boucherville

Boucherville, l’une des plus vieilles villes de la province du Québec, située dans la banlieue de Montréal sur la rive sud de la rivière Saint-Laurent, a été fondée en 1667 par un normand qui lui a donné son nom.

 

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La Nouvelle France est depuis 1534 une colonie du Royaume de France. Au XVIIe siècle, nombre d’émigrants français s’y installent dont environ 15% de normands. C’est le cas de Gaspard Boucher, de sa femme Nicole Lemaire et de leurs 5 enfants lesquels, originaires du département de l’Orne, débarquent vers 1634/1635 à Beauport, aujourd’hui l’un des six arrondissements de la ville de Québec, une terre occupée à l’époque par les Jésuites. 

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 Pierre Boucher (1622-1717)

 

Leur fils Pierre, né à Mortagne-au-perche (Orne), le 1er août 1622, n’a que 15 ans quand il décide de se joindre aux missionnaires pour les aider dans leurs expéditions. Avec eux, il parcourt le pays tout entier en étudiant les langues amérindiennes des autochtones.

A 20 ans, le voici chargé de protéger les colons sur l’Ile-de-Montréal. Honnête, courageux, habile négociateur avec les indiens, il est nommé en 1653 Gouverneur de Trois-Rivières, sur la rive Nord du Saint-Laurent, où sa famille s’était installée dès 1644. Il organise la défense de la ville contre une offensive iroquoise et réussi même à signer avec eux un traité de paix sauvant ainsi la ville. En récompense, il devient en 1661 le premier colon canadien anobli par le Roi Louis XIV. Le Gouverneur du pays lui accorde en 1664 la seigneurie des Iles Percées qu’il nomme alors Boucherville.

Il s’y installe à l’automne 1667 et entreprend aussitôt d’immenses travaux de défrichement et de construction. Il invite des colons, principalement issus de Trois-Rivières, à venir le rejoindre. Ensemble, afin d’assurer une défense efficace contre les incursions iroquoises, ils créent une véritable place fortifiée entourée d’une palissade de bois. A l’intérieur de l’enceinte, au manoir seigneurial et aux maisons des colons, s’ajoute en 1670 une chapelle en bois. Elle sera remplacée en 1712 par une construction en briques puis, en 1801, par l’église actuelle.

 

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L'actuelle Eglise de la Sainte-Famille de Boucherville

 

Lors du recensement de 1681, on dénombre à Boucherville 39 familles vivant de l’agriculture et de l’élevage, soit un total de 179 âmes. Après l’ouverture d’une école de garçons en 1689, c’est au tour de la paroisse Sainte-Famille d’être érigée canoniquement en 1692.  

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Pierre Boucher, le normand de Mortagne-au-Perche, Seigneur de Boucherville, père de 15 enfants, s’éteint dans son manoir le 19 avril 1717 à l’âge de 95 ans. Aujourd’hui, la ville de Boucherville compte plus de 40 000 habitants.

 

 

Merci  aux sites http://www.boucherville.ca ; http://www.pages.videotron.com ; http://www.pbase.com/ et aux pages wikipédia sur le sujet.

06/08/2011

Georgette Leblanc, l'égérie de Maeterlinck

Georgette Leblanc n’était pas seulement la sœur de son frère Maurice, le père d’Arsène Lupin,

mais une tragédienne, chanteuse d’opéra, actrice de théâtre et de cinéma et aussi une femme de lettre. 

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  Acte de naissance de Georgette Leblanc

 

Elle aussi est née en Normandie, à Rouen, le 8 février 1869. D’une famille bourgeoise proche de celle de Flaubert, la jeune femme est intelligente et cultivée. Elle aime les arts et est très tôt attirée par l’interprétation lyrique.

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 Georgette Leblanc vers 1900

 

Le 23 novembre 1893, elle n’a alors que 24 ans, elle débute comme soprano à l’Opéra Comique dans « L’attaque du moulin », opéra d’Alfred Bruneau, tiré d’une nouvelle éponyme d’Emile Zola sur un livret de Louis Gallet.

Fréquentant les salons mondains, elle rencontre en 1895, au cours d’une soirée chez l’avocat Edmond Picard, alors qu’elle venait de jouer « Le Père » de Strindberg au Théâtre bruxellois du Parc, l’écrivain belge de renom, Maurice Maeterlinck (1862-1949) qui plus tard sera lauréat du Prix Nobel de Littérature. 

 

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Georgette Leblanc et Maurice Maeterlinck

 

Deux ans plus tard, le couple s’installe dans une résidence calme et cossue située au cœur du Pays de Caux, au Gruchet-Saint-Siméon, petite commune de la Seine-Maritime. C’est Georgette qui, au cours d’une promenade en vélo, a découvert cette résidence qu’elle baptisera « Le vieux presbytère » alors que son compagnon lui préférera le terme de « château ».

 

 

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Abbaye de Saint-Wandrille (Seine-Maritime)

 

Dix ans après, ils s’installent à l’Abbaye de Saint-Wandrille, à l’étage du bâtiment ouest, dans les seules pièces habitables de la propriété. C’est un lieu unique et magique à la fois, qui convient aussi bien à l’un comme à l’autre. Lui installe son bureau dans la pièce qui était auparavant une salle de conférence. Elle s’enchante de vivre dans lieu digne d’un décor de théâtre.

Et c’est d’ailleurs dans ce décor, dirigée par son compagnon, que Georgette triomphe le 27 août 1909 en Lady Macbeth. Elle est de suite engagée pour interpréter en Russie « L’Oiseau Bleu », la pièce écrite par Maeterlinck en 1908.

Le couple se sépare en 1918. Georgette se réfugie dans le Phare de Tancarville qu’elle acquiert et où elle s’installe avec sa compagne Margaret Anderson (1886-1973). 

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 Phare de Tancarville (Seine-Maritime)

 

Parallèlement à sa carrière lyrique, Georgette Leblanc publiera nombre d’ouvrages dont « Un pèlerinage au pays de Madame Bovary » en 1913 et « Propos sur le cinéma » en 1919. Elle tournera aussi le premier rôle du film « L’inhumaine » de Marcel Lherbier en 1924. Elle décède au Cannet (Alpes Maritimes), le 27 octobre 1941 des suites d’un cancer.

 

Biblio : Merci au site http://www.bude-orleans.org/lespages/46autres/76/76-Wandrille-Maeterlink.html

17/07/2011

Fernand Léger, le paysan normand avant-gardiste

De son père, propriétaire éleveur, il hérite d’un physique qu’il qualifie lui-même de « brute magnifique » et d’un franc-parler de paysan.

Ce « Pionnier du cubisme » est né en Normandie, à Argentan dans le département de l’Orne, le 4 février 1881. 

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 Acte de naissance de Fernand Léger

 

Au décès de son père, il n'a que quatre ans. Il est élevé par sa mère, femme pieuse menant une existence tranquille. Il n’aime pas trop l’école alors, à 16 ans, doué pour le dessin, il entre comme apprenti chez un architecte d’Argentan. Son destin est en marche. Dès l’âge de 19 ans, il  monte à Paris étudier sérieusement l’architecture. Il y rencontre la peinture, celle de Paul Cézanne (1839-1906) d’abord, qui l’influencera beaucoup, mais aussi celle de Picasso (1881-1973) et de Georges Braque (1882-1963) qu’il admire.

Dès 1908, il travaille aux côtés de Modigliani (1884-1920), Laurens (1838-1921) et surtout Archipenko (1887-1964). Il pénètre le milieu artistique parisien et se lie d’amitié avec l’écrivain Blaise Cendrars (1887-1961), le romancier peintre Max Jacob (1876-1944) et le poète Guillaume Apollinaire (1880-1918). Dès l’année suivante, avec « La Couseuse », il s’ouvre au cubisme. 

 

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Fernand Léger (1881-1955)

 

La Première Guerre Mondiale, en 1914, interrompt brutalement ses premiers succès. Elle fait de lui un soldat. Blessé, il est réformé trois ans plus tard. En 1919, il se marie et choisit de rentrer dans sa Normandie natale. Il s’installe à Vernon (Eure). Sa peinture entre temps à évoluer : pour rendre hommage à la machine et à la vie urbaine, il introduit dans ses toiles des éléments mécaniques, témoins de la vie moderne qui l’entoure.   

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 « Le grand remorqueur » 1923

 

« Primitif d’un âge à venir », ainsi qu’il se définit, les années vingt lui apportent la notoriété et une certaine aisance matérielle : les commandes affluent, les expositions se succèdent, le succès est au rendez-vous. 

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 « Adieu New-York » - 1946

 

En 1940, fuyant la guerre, il s’exile à New York pour cinq ans. A son retour, il s’inscrit au Parti Communiste Français et se fait le défenseur d’idées nouvelles comme le nouveau réalisme en Art. Poursuivant sa carrière, il réalise en 1950 sa célèbre série des « Constructeurs », « La Grande Parade » et « L’hymne à la joie », "allégories bienveillantes et optimistes du monde du travail et de la vie populaire". 

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  « Les constructeurs » - 1950

 

Sur la fin de sa vie, il diversifie son art en investissant d’autres techniques et supports comme les fresques, les vitraux, les décors de théâtre, mais aussi la céramique et la sculpture.

Il s’éteint à Gif-sur-Yvette, le 17 août 1955.