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11/02/2012

Ça s’est passé un 11 février…

11 février 1911 : C’est aux commandes d’un aéroplane de type Caudron GI, après avoir décollé à 2h30 du matin d’Issy-les-Moulineaux qu’un normand, Robert Grandseigne, va réaliser sur Paris le premier vol de nuit de l’histoire de l’aviation.  

 

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Ce fou volant sur sa drôle de machine est né au Havre (Seine-Maritime) en 1885. Contemporain de René Coty, un autre havrais célèbre, c’est en qualité d’ouvrier qu’il participe en 1908 au premier salon de l’aviation. Il y admire la « Chauve-souris » de Clément Ader et surtout, il y fait la connaissance de Louis Blériot (1872-1936). Entre les deux hommes, tout va aller très vite. Granseigne s’intègre dans l’équipe chargée de préparer l’avion avec lequel « le patron » veut traverser la Manche.

Au matin du 25 juillet 1909, le « Blériot XI » est fin prêt grâce aux mécaniciens Mamet, Colin et Grandseigne. Louis Blériot s’installe aux commandes. La traversée, ralliant Les Baraques près de Calais à Douvres est effectuée en 37 minutes.   

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                                         La traversée de la Manche le 25 juillet 1909 par Louis Blériot

 

Comment après cette victoire ne pas se sentir à son tour pousser des ailes ? Grandseigne fait discrètement son apprentissage de pilote. Parallèlement, il se consacre à la mise au point des moteurs et des hélices et pour ce faire multiplie les essais. Et  c’est justement pendant une séance d’essais, un peu par hasard, qu’il va réaliser l’exploit de son existence.  Il a 26 ans.

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Ce jour-là, l’animation est grande à Issy-les-Moulineaux, berceau de l’aviation. On s’y prépare pour le « Prix des amendes » ainsi désigné parce qu’il est doté grâce aux amendes infligées en cours d’année aux aviateurs survolant le terrain de manœuvres « en dehors des heures autorisées » effrayant ainsi les chevaux et mettant leurs cavaliers en méchante posture.

Robert Grandseigne espère beaucoup de cette compétition. Il multiplie les contrôles. Parti pour un ultime essai au sol, il a roulé trop loin, alors, afin d’éviter les hangars, il tire sur le manche et décolle. La nuit est claire. Inquiet, il sait que le vol de nuit est une folie ridicule. Mais tout se passe bien… Alors, il continue son vol, frôle la Tour Eiffel, survole l’Opéra… et rentre par Argenteuil, Courbevoie et Neuilly. Il atterrit sans incident à la lumière de la lune. C’est ainsi que Robert Grandseigne va écrire une nouvelle page de l’histoire de l’aviation : le premier vol de nuit qui aura duré exactement 1 heure et 2 minutes.

 

Robert Grandseine est décédé le 1er octobre 1961 et repose au cimetière de Passy.

 

 

Biblio. "Fameux normands, normands fameux" de R. Biot – PTC Paris-Normandie 2002

Merci au site acam.asso.fr et aux pages Wikipédia sur le sujet.

07/01/2012

Le pain de pommes de terre du normand Mustel

Originaires d’Amérique du sud, cultivées dès 2000 ans avant J.-C., voire plus tôt encore, les « papas » ne firent leur apparition chez les Européens qu’à la fin du XVe siècle, après la découverte du continent américain. C’est notamment  à la guerre de 7 ans et aux disettes engendrées par ce conflit entre 1756 et 1763, que l’on doit, dans notre pays, la prise de conscience de l’intérêt pour les populations de la consommation de la pomme de terre. Car si elle a été rapidement utilisée dans l’alimentation animale, elle n’est apparue sur la table de nos aïeux que bien longtemps plus tard, à la fin du XVIIIe siècle.    

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Deux hommes, deux anciens militaires de retour dans leur province après avoir pris part aux combats qui ont embrasé notre pays et une grande partie de l’Europe, vont contribuer à la faire connaître et à la faire apprécier : Antoine Augustin Parmentier (1737-1813), le picard, et François Georges Mustel (1719-1803), le normand. Si l’histoire se souviendra du premier, elle oubliera le second. Pourtant, François Mustel, originaire de Rouen où il est né le 11 août 1719, a été le premier à imaginer utiliser le fameux tubercule pour en faire du pain !  

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Capitaine des dragons de la Légion royale, sa carrière militaire lui a permis de "voir du pays" : l'Allemagne, les Flandres ou l'Alsace. Rentré chez lui en Normandie, à Rouen, dans le quartier Saint-Sever situé sur la rive gauche de la Seine, il décide dès lors de se consacrer à sa passion, l’agriculture, et particulièrement à la culture de la pomme de terre car, écrit-il « il n’y a point de militaire qui ne sache combien ce légume a puissamment contribué à la subsistance de nos armées en Allemagne ! »   

Connaissant la répugnance des normands pour cette plante tubéreuse, le chevalier Mustel va s’employer à la cultiver, la récolter, l’étudier, faire des recherches, les approfondir sans oublier de communiquer sur ses résultats. Il publie en 1767 avec un franc succès  un « Mémoire sur les pommes de terre et sur le pain oeconomique » dans lequel il expose sa méthode pour obtenir une bouillie de pommes de terre utilisable dans la fabrication d’un pain comprenant 1/3 ou ½ de farine de froment dont le coût de revient est inférieur à celui du pain ordinaire.

Non seulement il vante les qualités gustatives de son pain, mais surtout il n’omet pas de souligner son intérêt économique ! Dès lors, la demande ne va cesser d’augmenter et Mustel va s’employer à  organiser la production des pommes de terre en grandes quantités.   

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 Antoine Augustin Parmentier (1737-1813)

Quatre ans plus tard, Parmentier, pharmacien de son état, entre en scène. Lui qui disait volontiers que la Normandie était l’une des provinces du Royaume de France « où la pomme de terre a trouvé le plus de contradicteurs»,  va poursuivre les recherches du normand Mustel, avec lequel il correspondait régulièrement et qu’il qualifiait de « premier apôtre des pommes de terre en France ». En 1779, il fait paraître un ouvrage sur la « manière de faire le pain de pommes de terre, sans mélange de farine », rêvant de voir le pain de pommes de terre devenir la base de la nourriture journalière du « bon cultivateur ». Dix ans plus tard, dans son « Traité sur la culture et les usages des pommes de terre », il écrira « Les pommes de terre n’ont pas besoin de l’appareil de la boulangerie pour acquérir le caractère d’un aliment efficace. Elle sont dans leur état naturel, une sorte de pain tout fait : cuites dans l’eau ou sous les cendres, et assaisonnées avec quelques grains de sel, elles peuvent, sans autre apprêt, nourrir à peu de frais le pauvre pendant l’hiver. »  

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  Les mangeurs de pommes de terre – V. Van Gogh - 1885

Si en France, à la fin du XVIIIe siècle, on estime à 45 km² l’espace consacré à la culture de la pomme de terre, un siècle plus tard, en 1892, on atteint les 14 500 km².

Le 25 nivôse an II (13 janvier 1794), la Convention, confrontée à l’insuffisance des réquisitions de blé et aux émeutes, adopte la loi relative à la généralisation de culture de la pomme de terre. Son article 1 dispose que « les autorités constituées sont tenues d’employer tous les moyens qui sont en leur pouvoir dans les communes où la culture de la pomme de terre ne serait pas encore établie, pour engager tous les cultivateurs qui les composent à planter, chacun selon ses facultés, une portion de leur terrain en pommes de terre. »

Biblio. « Rouen Parmentier, Mustel et la pomme de terre » Dr K. Feltgen – oct. 1995 – Groupe Historique Histoire des Hôpitaux de Rouen. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

14/12/2011

Louise Hervieu, le combat d'une vie

Si cette « normande pur jus », comme elle aimait à se présenter, est née à Alençon (Orne) le 26 octobre 1878, c’est en réalité au département de la Manche, d’où sont originaires ses parents, qu’elle se sentait « rattachée par toutes ses fibres ». Et particulièrement à la commune de Bretteville-sur-Ay située dans l’Arrondissement de Coutances, où elle passe ses jeunes années, où elle se réfugie  durant « la Grande Guerre », où elle séjourne plus tard pendant ses vacances.   

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 Acte de naissance de Louise Hervieu

De constitution extrêmement fragile, syphilitique de naissance, sa santé ne lui permet pas d’envisager comme elle le souhaite de suivre des études pour devenir institutrice. Elle se tourne donc vers la peinture. En 1905, elle expose pour la première fois à Paris au Salon des Indépendants. Alors qu’elle commence à se faire un nom, elle perd progressivement l’usage de la vue et est contrainte d’abandonner la peinture pour ne plus se consacrer, dès 1915, qu’au dessin en noir et blanc. Et c’est en illustrant en 1920 « Les fleurs du mal » de Baudelaire, qu’elle atteint la notoriété tant attendue.

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 Femme à sa toilette – L.  Hervieu

Alors que son état physique continue à se dégrader, plongée dans une dépendance quotidienne à la souffrance, sur les conseils de Colette qui lui dit « Ecris, tu peux écrire, ma Louise », elle se tourne vers ce nouveau moyen d’expression et publie son premier roman en 1921. A cette époque, elle est en charge de l’éducation de sa nièce, la fille de Gaston Berheim, Comme la petite fille est sourde et muette, Louise n’a d’autre moyen pour se faire comprendre d’elle que de tracer, mot à mot, les phrases qu’elle prononce. Ainsi vont naître en 1921 les « Entretiens sur le dessin pour Geneviève », son premier ouvrage imprimé. D’autres suivront et parmi eux, « Le bon vouloir » qui sera couronné par l’Académie Française et surtout « Le sang », l’histoire de quatre générations de paysans du Cotentin victimes d’une lourde hérédité pathologique, pour lequel elle recevra le Prix Fémina en 1936 et qui lui permettra d’afficher au grand jour la lutte qu’elle mènera sa vie durant contre ce fléau dont elle a été une victime innocente.

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Et c’est d’ailleurs à cette femme et à son combat que l’on doit l’attribution, obtenue de haute lutte, d’un « carnet de santé » qui, par arrêté ministériel du 1er juin 1939, est délivré à chaque nouveau-né et dans lequel sont inscrits les antécédents des parents puis tous les soins, toutes les maladies de l’enfant puis de l’adulte jusqu’à son décès.  

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  Louise Hervieu

Après avoir passé les dernières années de sa vie dans sa propriété proche du Parc Montsouris, Louise Hervieu s’est éteinte le 11 décembre 1954 à Versailles à  l’âge de 76 ans.

Biblio. Merci aux pages Wikimanche et Wikipedia sur le sujet.