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11/04/2012

Un peu de Normandie dans notre Marseillaise nationale

On sait tous que l’on doit notre hymne national à Claude Joseph Rouget de Lisle (1760-1836), franc-comtois né à Lons-le-Saunier dans le département du Jura, qui l’aurait écrite dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, à la suite de la déclaration de guerre de la France à l’Autriche. Il portait alors l’uniforme de Capitaine du Génie de l’armée du Rhin  et était en poste à Strasbourg. 

 

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Ce qu’on sait moins c’est que Rouget de Lisle n’est l’auteur que des 6 premiers couplets ! Un septième, commençant pas "Nous entrerons dans la carrière, Quand nos aînés n'y seront plus ", appelé « couplet des enfants » a été ajouté en octobre 1792.  

 

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Et ce couplet, un normand, en a revendiqué la paternité ! Il s’agit de Louis François Du Bois. L'homme est né à Lisieux (Calvados) le 16 novembre 1773 et c’est au contact de l’avocat Plancher chez qui il étudie le droit et qui a la réputation de "joindre le goût des vers à celui du barreau » qu’il acquiert à la fois ses talents littéraires et un esprit réformateur.

Sa carrière est remarquable : professeur d’histoire littéraire et de bibliographie à l’Ecole centrale de l’Orne, Sous-préfet de Bernay et de Vitré, membres de plusieurs Académie et sociétés savantes, littéraires et agronomiques de Paris, des départements et de l’étranger,... L’homme est un aussi un véritable touche-à-tout qui publie en masse poèmes, chants, cantiques, mais aussi biographies, notices sur la Normandie et les villes normandes, notamment celle de Lisieux, recherches archéologiques, essais de géographie, cours d'agriculture, précis d'horticulture, etc … Dans l’une de ses publications, « Notice sur la Marseillaise », il raconte sa rencontre avec Rouget de Lisle en octobre 1792 à Paris, comment ils se sont liés d’amitié, comment il lui a fait corriger deux vers de sa « Marseillaise » et comment, dans un moment d’inspiration, il a lui-même composé le septième couplet, le « couplet des enfants », à l’imitation du chant des Spartiates cité par Plutarque.

 

D’autres ont  fait valoir leur droit à la paternité sur ce septième couplet : Marie Joseph Chénier (1764-1822), son frère André (1762-1794) et l’abbé Antoine Pessonneaux (1761-1835). Lequel en est réellement l’auteur ? L'énigme n'a à ce jour pas été élucidée !

 

 

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Notre normand Louis Du Bois, retiré au Mesnil-Durand (Calvados) où il travaillait à compléter son « Glossaire du patois normand »,  est décédé le 9 juillet 1855.

 

  

 

Biblio. : Biographique de Louis du Bois par Jullien Travers, dans Louis du Bois Glossaire du patois normand, Caen, 1856.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

 

17/03/2012

L’ingénieux normand et sa drôle de machine

Les normands sont ingénieux : je suis certaine que vous me connaissez trop bien maintenant  pour imaginer que je ne puisse argumenter solidement mon affirmation !

Les normands sont ingénieux, je le répète, et pour le vous le prouver (mais est-ce bien utile ?), voici la question du jour : Savez-vous qui est l’inventeur de la première moto ?   

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 Acte de naissance de Louis Guillaume Perreaux

 

Réponse ? C’est un normand bien sûr ! Il s’appelait Louis Guillaume Perreaux. Né chez nous, en Normandie, à Almenèches, un petit village situé au cœur du département de l’Orne, le 19 février 1816, sous la Restauration. A 12 ans, il met au point la première « arme à feu à six coups portant ses amorces et pouvant se charger par la culasse ». C’est là sa première invention, elle sera suivie de beaucoup d’autres dans divers domaines notamment celui des instruments de précision. 

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La machine à diviser universelle fabriquée par Perreaux - 1846- – Musée du Lycée Louis le Grand de Paris

 

Du bateau sous-marin à air comprimé, portant une roue à hélice mis au point en 1840 en passant par l’éolipyle à vapeur (1842), la machine à diviser la ligne droit et la ligne circulaire (1843), le sphéromètre à pieds (1848), le cathétomètre mesurant 1/200 de mm (1850), l’horloge sablière (1862), le canon Perreaux (1864), le pulsographe (1868), le cadenas de sécurité (1876), le blanchiment des laines (1880),… jusqu’au système de «vapeur sèche à basse pression appliqué au tricycle et vélocipède », dernier brevet déposé le 21 mars 1885 qui va conclure 10 années de recherches passionnées sur l’œuvre de sa vie, un vélocipède à grande vitesse et à vapeur, la « Perreaux » qui fut présentée à l’exposition de Vienne en 1873 puis à celle de Paris cinq ans plus tard. Perreaux en déposa le premier brevet en 1868 et c’est qui fait de cet ingénieur mécanicien normand l’inventeur de la première moto du monde ! 

 

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La Perreaux de 1871

 

« Derrière la selle, sur laquelle se place le cavalier, se trouve une petite chaudière, à peu près de la forme et de la longueur d’un chapeau d’hommes. Cette chaudière est posée sur quelques tiges de fer arrondies en forme de gril. A ce gril est joint un petit réservoir rempli d’alcool. Vous allumez l’alcool, absolument comme si vous vouliez vous faire une tasse de café dans une lampe à esprit-de-vin ; au bout de quelques minutes, les vapeurs de l’alcool se dégagent, elle vont remplir les tiges de fer qui forment le gril, et toutes enflammées, sortent par de petites ouvertures, contre la chaudière, ce qui met au bout de 7 à 8 minutes l’eau en ébullition. Dès que la vapeur d’eau est produite à son tour, vous donnez libre jeu au piston, et voilà votre vélocipède parti, et qui marchera 24 heures de suite si vous le voulez, à raison de 6 à 7 km/heure ». 

 

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Louis Guillaume Perreaux mourut à Paris le 5 avril 1889 et repose depuis dans sa terre natale.

 

 

Un grand merci au site http://www.moto-perreaux.com/velocipede.htm

 

11/02/2012

Ça s’est passé un 11 février…

11 février 1911 : C’est aux commandes d’un aéroplane de type Caudron GI, après avoir décollé à 2h30 du matin d’Issy-les-Moulineaux qu’un normand, Robert Grandseigne, va réaliser sur Paris le premier vol de nuit de l’histoire de l’aviation.  

 

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Ce fou volant sur sa drôle de machine est né au Havre (Seine-Maritime) en 1885. Contemporain de René Coty, un autre havrais célèbre, c’est en qualité d’ouvrier qu’il participe en 1908 au premier salon de l’aviation. Il y admire la « Chauve-souris » de Clément Ader et surtout, il y fait la connaissance de Louis Blériot (1872-1936). Entre les deux hommes, tout va aller très vite. Granseigne s’intègre dans l’équipe chargée de préparer l’avion avec lequel « le patron » veut traverser la Manche.

Au matin du 25 juillet 1909, le « Blériot XI » est fin prêt grâce aux mécaniciens Mamet, Colin et Grandseigne. Louis Blériot s’installe aux commandes. La traversée, ralliant Les Baraques près de Calais à Douvres est effectuée en 37 minutes.   

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                                         La traversée de la Manche le 25 juillet 1909 par Louis Blériot

 

Comment après cette victoire ne pas se sentir à son tour pousser des ailes ? Grandseigne fait discrètement son apprentissage de pilote. Parallèlement, il se consacre à la mise au point des moteurs et des hélices et pour ce faire multiplie les essais. Et  c’est justement pendant une séance d’essais, un peu par hasard, qu’il va réaliser l’exploit de son existence.  Il a 26 ans.

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Ce jour-là, l’animation est grande à Issy-les-Moulineaux, berceau de l’aviation. On s’y prépare pour le « Prix des amendes » ainsi désigné parce qu’il est doté grâce aux amendes infligées en cours d’année aux aviateurs survolant le terrain de manœuvres « en dehors des heures autorisées » effrayant ainsi les chevaux et mettant leurs cavaliers en méchante posture.

Robert Grandseigne espère beaucoup de cette compétition. Il multiplie les contrôles. Parti pour un ultime essai au sol, il a roulé trop loin, alors, afin d’éviter les hangars, il tire sur le manche et décolle. La nuit est claire. Inquiet, il sait que le vol de nuit est une folie ridicule. Mais tout se passe bien… Alors, il continue son vol, frôle la Tour Eiffel, survole l’Opéra… et rentre par Argenteuil, Courbevoie et Neuilly. Il atterrit sans incident à la lumière de la lune. C’est ainsi que Robert Grandseigne va écrire une nouvelle page de l’histoire de l’aviation : le premier vol de nuit qui aura duré exactement 1 heure et 2 minutes.

 

Robert Grandseine est décédé le 1er octobre 1961 et repose au cimetière de Passy.

 

 

Biblio. "Fameux normands, normands fameux" de R. Biot – PTC Paris-Normandie 2002

Merci au site acam.asso.fr et aux pages Wikipédia sur le sujet.