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09/05/2012

Du caoutchouc dans la fibre textile : l'idée du normand Thibout de la Fresnaye

Par un beau jour d’été 1805, le 26 Juin, alors que Napoléon (1769-1821) vient d’être couronné Roi d’Italie, naît en Normandie, à Martigny-sur-l’Ante, petite commune du département du Calvados située dans le canton de Falaise, Victor Thibout de la Fresnaye.

Le jeune homme, issu d’une vieille famille de souche normande, choisit de devenir médecin. A 25 ans, le 4 mai 1830, alors que la France a encore pour roi, mais plus pour très longtemps, Charles X (1757-1836), il soutient sa thèse de doctorat qui porte sur « l’emploi du caoutchouc comme élastique dans la confection de bandages ».

 

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 Victor Thibout de la Fresnaye (1805-1861)

 

C’est grâce aux français Charles Marie de la Condamine (1701-1774) et François Fresneau de la Gataudière (1703-1770) qu’on a « redécouvert » dans les années 1736-1747 le caoutchouc naturel venant du Pérou, d’Equateur et de Guyane et ses nombreuses propriétés, notamment son élasticité.

L’idée de notre médecin normand est tout simplement de remplacer les élastiques en fils métalliques des bandages utilisés à cette l’époque. Ceux-ci s’oxydaient, se rompaient, perçaient l’enveloppe, perdaient leur élasticité et finissaient par blesser les malheureux malades obligés de les supporter. Le procédé de caoutchouc recouvert de fil de soie ou de coton mit au point par Thibout de la Fresnaye va permettre d’obtenir une toile non seulement véritablement élastique mais d’un usage aisé. Très vite, cette toile élastique est utilisée pour les bandages compressifs comme les bas à varices. 

 

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 « Taille en Pot de fleur » sous la Restauration - Mondaine vêtue de son corset baleiné.

 

 

Comme la toile obtenue se moulait parfaitement aux formes du corps humain, notre ingénieux normand eut l’idée de l’utiliser en remplacement des corsets féminins à baleines, véritables « compresseurs pour seins ». Il imagine et crée une nouvelle enveloppe s’adaptant idéalement autour de la poitrine et de l’abdomen tout en relevant la gorge. C’est ainsi que naquit en 1831 l’ancêtre du soutien-gorge moderne ! Il fut étrenné par la Duchesse de Berry (1798-1870) qui se chargea d’en faire une large publicité !

 

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Marie Caroline de Bourbon Sicile, Duchesse de Berry – 1825 – Toile de Sir T. Lawrence

 

En parallèle aux recherches sur le caoutchouc qu’il poursuit et qu’il développe, Thibout de la Fresnaye continue de se consacrer à la médecine. En 1832, il lutte à Paris contre l’épidémie de choléra qui sévit sur la capitale. Quatre ans plus tard, de retour à Caen, il ouvre dans sa propre maison située rue des Carmes, une clinique pour enfants difformes dont il assurera la responsabilité durant 25 ans. Surnommé « le médecin des pauvres », il sera également le premier à opérer dans sa ville le strabisme d’un patient.

Il décède à Caen le 2 avril 1861 et est inhumé dans le cimetière d’Amblie.

 

Biblio.« Du caoutchouc dans les vêtements » de C. Poulain – Nos ancêtres – Vie et Métiers- n°20 Juillet/Août 2006

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

11/04/2012

Un peu de Normandie dans notre Marseillaise nationale

On sait tous que l’on doit notre hymne national à Claude Joseph Rouget de Lisle (1760-1836), franc-comtois né à Lons-le-Saunier dans le département du Jura, qui l’aurait écrite dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, à la suite de la déclaration de guerre de la France à l’Autriche. Il portait alors l’uniforme de Capitaine du Génie de l’armée du Rhin  et était en poste à Strasbourg. 

 

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Ce qu’on sait moins c’est que Rouget de Lisle n’est l’auteur que des 6 premiers couplets ! Un septième, commençant pas "Nous entrerons dans la carrière, Quand nos aînés n'y seront plus ", appelé « couplet des enfants » a été ajouté en octobre 1792.  

 

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Et ce couplet, un normand, en a revendiqué la paternité ! Il s’agit de Louis François Du Bois. L'homme est né à Lisieux (Calvados) le 16 novembre 1773 et c’est au contact de l’avocat Plancher chez qui il étudie le droit et qui a la réputation de "joindre le goût des vers à celui du barreau » qu’il acquiert à la fois ses talents littéraires et un esprit réformateur.

Sa carrière est remarquable : professeur d’histoire littéraire et de bibliographie à l’Ecole centrale de l’Orne, Sous-préfet de Bernay et de Vitré, membres de plusieurs Académie et sociétés savantes, littéraires et agronomiques de Paris, des départements et de l’étranger,... L’homme est un aussi un véritable touche-à-tout qui publie en masse poèmes, chants, cantiques, mais aussi biographies, notices sur la Normandie et les villes normandes, notamment celle de Lisieux, recherches archéologiques, essais de géographie, cours d'agriculture, précis d'horticulture, etc … Dans l’une de ses publications, « Notice sur la Marseillaise », il raconte sa rencontre avec Rouget de Lisle en octobre 1792 à Paris, comment ils se sont liés d’amitié, comment il lui a fait corriger deux vers de sa « Marseillaise » et comment, dans un moment d’inspiration, il a lui-même composé le septième couplet, le « couplet des enfants », à l’imitation du chant des Spartiates cité par Plutarque.

 

D’autres ont  fait valoir leur droit à la paternité sur ce septième couplet : Marie Joseph Chénier (1764-1822), son frère André (1762-1794) et l’abbé Antoine Pessonneaux (1761-1835). Lequel en est réellement l’auteur ? L'énigme n'a à ce jour pas été élucidée !

 

 

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Notre normand Louis Du Bois, retiré au Mesnil-Durand (Calvados) où il travaillait à compléter son « Glossaire du patois normand »,  est décédé le 9 juillet 1855.

 

  

 

Biblio. : Biographique de Louis du Bois par Jullien Travers, dans Louis du Bois Glossaire du patois normand, Caen, 1856.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

 

17/03/2012

L’ingénieux normand et sa drôle de machine

Les normands sont ingénieux : je suis certaine que vous me connaissez trop bien maintenant  pour imaginer que je ne puisse argumenter solidement mon affirmation !

Les normands sont ingénieux, je le répète, et pour le vous le prouver (mais est-ce bien utile ?), voici la question du jour : Savez-vous qui est l’inventeur de la première moto ?   

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 Acte de naissance de Louis Guillaume Perreaux

 

Réponse ? C’est un normand bien sûr ! Il s’appelait Louis Guillaume Perreaux. Né chez nous, en Normandie, à Almenèches, un petit village situé au cœur du département de l’Orne, le 19 février 1816, sous la Restauration. A 12 ans, il met au point la première « arme à feu à six coups portant ses amorces et pouvant se charger par la culasse ». C’est là sa première invention, elle sera suivie de beaucoup d’autres dans divers domaines notamment celui des instruments de précision. 

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La machine à diviser universelle fabriquée par Perreaux - 1846- – Musée du Lycée Louis le Grand de Paris

 

Du bateau sous-marin à air comprimé, portant une roue à hélice mis au point en 1840 en passant par l’éolipyle à vapeur (1842), la machine à diviser la ligne droit et la ligne circulaire (1843), le sphéromètre à pieds (1848), le cathétomètre mesurant 1/200 de mm (1850), l’horloge sablière (1862), le canon Perreaux (1864), le pulsographe (1868), le cadenas de sécurité (1876), le blanchiment des laines (1880),… jusqu’au système de «vapeur sèche à basse pression appliqué au tricycle et vélocipède », dernier brevet déposé le 21 mars 1885 qui va conclure 10 années de recherches passionnées sur l’œuvre de sa vie, un vélocipède à grande vitesse et à vapeur, la « Perreaux » qui fut présentée à l’exposition de Vienne en 1873 puis à celle de Paris cinq ans plus tard. Perreaux en déposa le premier brevet en 1868 et c’est qui fait de cet ingénieur mécanicien normand l’inventeur de la première moto du monde ! 

 

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La Perreaux de 1871

 

« Derrière la selle, sur laquelle se place le cavalier, se trouve une petite chaudière, à peu près de la forme et de la longueur d’un chapeau d’hommes. Cette chaudière est posée sur quelques tiges de fer arrondies en forme de gril. A ce gril est joint un petit réservoir rempli d’alcool. Vous allumez l’alcool, absolument comme si vous vouliez vous faire une tasse de café dans une lampe à esprit-de-vin ; au bout de quelques minutes, les vapeurs de l’alcool se dégagent, elle vont remplir les tiges de fer qui forment le gril, et toutes enflammées, sortent par de petites ouvertures, contre la chaudière, ce qui met au bout de 7 à 8 minutes l’eau en ébullition. Dès que la vapeur d’eau est produite à son tour, vous donnez libre jeu au piston, et voilà votre vélocipède parti, et qui marchera 24 heures de suite si vous le voulez, à raison de 6 à 7 km/heure ». 

 

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Louis Guillaume Perreaux mourut à Paris le 5 avril 1889 et repose depuis dans sa terre natale.

 

 

Un grand merci au site http://www.moto-perreaux.com/velocipede.htm