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12/09/2012

Le troisième homme

1er janvier 1800 : le Consulat est officiellement installé. Napoléon (1769-1821) est Premier Consul. A ses côtés Jean Jacques Régis de Cambacérès (1753-1824), et le normand Charles François Lebrun, (1739-1824).  

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  Les trois Consuls : entourant Bonaparte, Cambacérès à gauche et Lebrun à droite

 

L’homme est né le 19 mars 1739 à la Bouchelière, petit village proche de Saint-Sauveur-Lendelin, situé dans le diocèse de Coutances (Manche).

Parlant couramment le latin, le grec, l’italien, l’espagnol et l’anglais, après avoir étudié la philosophie et le droit, il entre au service du roi en qualité de censeur en 1765.

Lorsque « les idées neuves commencent à bouillonner », en mars 1789, il est élu député du baillage de Dourdan pour le Tiers-Etat. C’est à son expertise des questions financières, qu’il doit sa nomination de troisième consul. Si Bonaparte, nommé d’emblée Premier consul, fait rapidement le choix de Cambacérès, il mûrit plus longuement sa décision pour la désignation de Lebrun. Néanmoins, la confiance s’installera très vite entre les deux hommes.   

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 Charles François Lebrun – R. Lefevre - 1807

 

C’est auprès de Bonaparte que le normand atteindra le sommet de sa carrière politique. Et le 18 mai 1804, à la création de l’Empire, Lebrun, bien que réservé, sera tout de même derrière le nouveau souverain. Cette année-là, l’Empereur le fait Grand Aigle de la Légion d’honneur avant de le promouvoir Gouverneur Général des trois départements italiens de Gêne, Montenotte et des Apennins. De retour en France en  1806, il va travailler à la mise en place de la Cour des Comptes. Puis, en 1808, il reçoit le titre de Duc de Plaisance, lequel est assorti de revenus substantiels. En 1810, il est envoyé malgré son grand âge en Hollande. Il ne reviendra en France qu’en novembre 1813 quelques mois seulement avant l’abdication de l’Empereur.

Nommé pair de France par le roi Louis XVIII, il sera rayé de cette liste après la défaite de Waterloo et la seconde et définitive abdication de l’Empereur.

Lebrun se retire alors dans sa propriété de Sainte-Mesme (Yvelines), située dans la campagne de la vallée de l’Orge où il va passer les dernières années de sa vie. 

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Château de Sainte-Mesme (Yvelines)

 

Cet homme qui a été arrêté à deux reprises durant la Terreur, qui a craint à juste titre pour sa tête, trouvera la mort de façon insolite. Au cours d’un repas servi dans son château de Sainte-Mesme, alors qu’il se lève pour dire une plaisanterie, le domestique placé derrière lui, croyant que le Duc veut sortir de table, recule la chaise. Lorsque le duc veut se rasseoir, il tombe à la renverse et ne s’en remettra pas.  Il mourra deux jours plus tard, le 16 juin 1824, à l’âge de 85 ans. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise.

Biblio. merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

25/08/2012

Richard-Lenoir : deux normands et un grand nom

Boulevard Richard-Lenoir : tous les maigretphiles (dont je suis) connaissent l’adresse parisienne du célèbre commissaire de Simenon. Mais saviez-vous que Richard-Lenoir est en fait le patronyme de deux normands ? 

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François Richard, le premier, est né dans le département du Calvados, à Epinay-sur-Odon, le 16 avril 1765.

Fils de fermier, doté d’un vif esprit, doué pour la spéculation, il débute comme domestique à Rouen puis s’installe dès 1783 à Paris en qualité de garçon de café. Econome, un peu fraudeur, malgré quelques démêlés avec la justice, il réussit grâce à des placements chanceux et des emprunts avantageux, à devenir propriétaire à Fayl près de Nemours d’un premier domaine  

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François Richard dit "Richard-Lenoir" - (1765-1840)

 

Sa rencontre en 1797 avec un jeune négociant normand, Joseph Lenoir-Dufresne, notre second homme, né à Alençon (Orne), le 24 juin 1768 d’un père marchand de tissus dans la capitale, va sceller définitivement son destin. Les nouveaux associés ont des personnalités différentes mais complémentaires. Richard possède la hardiesse des conceptions, Lenoir la sagesse et la circonspection. Tous deux ont un sens aigu du commerce et s’apprécient beaucoup. Ils se lancent donc dans la fabrique et le négoce de coton, notamment le « basins anglais » qui fait fureur à cette époque et installent leurs premières ouvrières dans le couvent abandonné de Bon-secours, rue de Charonne. Ils y créent la première manufacture parisienne de coton qui va devenir en peu d’année l’une des plus importantes de France.  Très vite, les deux hommes développent leurs activités en dotant leurs ateliers de machines à filer, notamment la « mule jenny » d’invention anglaise. Des fabriques voient rapidement le jour en Picardie, mais aussi chez nous, à Sées, Alençon, L’Aigle et Caen.

 

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 La Mule-Jenny

 

La fortune des deux hommes, leur renom et leur crédit est à son apogée quand, en 1806, Joseph s’éteint prématurément. Avant de mourir, il a demandé à son associé de ne jamais séparer leurs deux noms. C’est ainsi que François Richard devint « Richard-Lenoir ».

Il poursuit seul le travail entrepris et va accumuler en quelques années une fortune extraordinaire et devenir l’homme le plus riche de son siècle.

Toujours à la recherche de profits supplémentaires, il se lance dans la culture du coton. Là sera son erreur. La politique fiscale menée par Napoléon,  la réunion de la Hollande à la France facilitant la circulation de marchandises anglaises vont précipiter sa ruine. Sans ressources, après avoir vendu toutes ses propriétés, ce grand industriel manufacturier qui avait occupé plus de 20 000 ouvriers, va, jusqu’à son décès à Paris, le 19 octobre 1839, vivre misérablement d’une petite pension versée par son gendre.

 

Biblio. Merci aux pages wikipédia sur le sujet.

 

05/08/2012

Anthoine Legendre, Prince des jardiniers

Anthoine Legendre : ce qu’on sait de ce normand doit beaucoup à la légende. Né dans la jolie paroisse du Vaudreuil dans le département de l’Eure vers l’an 1591, il serait pour les uns rien moins que le demi-frère du roi Louis XIII, c’est-à-dire un fils illégitime de son père le roi Henri IV, et pour les autres, le descendant d’un grand seigneur présent dans notre belle province lors de la bataille d’Ivry.

Quoi qu’il en soit, il n’a pas vingt ans quand, à la Cour du Roi de France, il devient concepteur, organisateur et contrôleur des jardins fruitiers de sa Majesté. Le Roi Louis XIII lui accorde à ce titre un terrain d’environ 5 hectares pris sur la forêt de Roumare, alors domaine royal.  

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 Extrait du registre paroissial d'Hénouville de l'année 1622

Pourquoi, dans ces conditions, subitement en 1622, quitte-t-il cette charge prestigieuse pour se retirer à Hénouville, petite paroisse de Seine-Maritime en qualité de simple curé ? On raconte qu’une intrigue à la cour, un duel voire un secret d’alcôve l’aurait obligé à « se faire oublier »… Les recherches d’explication, y compris dans les registres de l’Archevêché, sont restes vaines…  et le mystère entier !

Durant son exil, qui va tout de même durer 43 longues années, entre les baptêmes, mariages et inhumations,  pour s’occuper, notre abbé normand va rédiger un traité intitulé « La manière de cultiver les arbres fruitiers » qui va faire référence. En effet, dans cet ouvrage publié en 1652 à Paris, l’homme de foi s’emploie à décrire de façon simple et claire la manière de cultiver les arbres fruitiers en espalier. Il y recommande comme essentielles les opérations du pincement et y traite également de l’ébourgeonnement, de la torsion et du palissage. Il y explique encore le plantage, la multiplication, la culture en pépinière, la préparation du sol, le choix des variétés destinées à recevoir la greffe... et met en vogue la greffe des  poiriers sur des cognassiers.    

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L’abbé jardinier décède le 12 avril 1665 (acte d'inhumation ci-dessous) dans sa paroisse d’Hénouville qu’il a administrée jusqu’en 1659. Son nom a été donné à l’un des carrés de l’ancien potager du roi, devenu par la suite l’Ecole nationale supérieure d’horticulture de Versailles. 

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Biblio. « L’œuvre de l’abbé Legendre, curé d’Hénouville » d’A. Serander paru dans Hénouville Contact, janvier 1999. Merci aux sites www.arehn.asso.fr et aux pages Wikipédia sur le sujet.