Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/10/2012

C'est un beau roman ...

Et c'est une belle histoire que celle de Tristan et Iseut !  L'histoire d'un amour impossible entre un jeune et preux chevalier breton pour la plus belle des princesses, malheureusement déjà unie à un vieux roi tyrannique et jaloux.

Pourtant, qui se souvient aujourd’hui qu’on doit à un normand le récit de cette histoire qui a fait pleurer l’Europe entière ? 

Tristan et Iseult.jpg

Car l’auteur du « Roman de Tristan » s’appelle Béroul. Jongleur et conteur normand professionnel du XIIe siècle, c’est en dialecte régional, vers l’an 1170, qu’il rédige la première version en vers de cette légende issue de la tradition orale.

Rappelez-vous, l’histoire met en scène deux jeunes gens, Tristan de Loonois, le pays de Saint-Pol de Léon, en Baie de Morlaix, chevalier et neveu de Mars, vieux roi de Cornouailles et la blonde Iseut, jeune fille noble d’Irlande, épouse dudit roi.  Tous les deux s’aiment, tous les deux vont en mourir mais une ronce symbolique réunira leurs tombeaux à jamais… 

Tristan et Iseut 1.jpg

De l’œuvre de notre poète normand, ne subsiste aujourd’hui qu’un seul manuscrit de 4 485 vers, copie datant de la fin du XIIIe siècle, amputé du début comme de la fin.  Pourtant, les historiens s’accordent à dire que la façon dont il conte cette vieille légende celtique est sûrement très proche de la version populaire qui devait circuler de bouche à oreille à l’époque. Il s’agit d’une version sauvage, violente, voire barbare. Le style est jugé vif, exclamatif et dramatique à la fois. 

Tristan et Iseut 2.jpg

 Tristan et Iseut à la fontaine épiés par le roi Marc

 

Pour le reste, on ignore à peu près tout de la vie de cet auteur normand et le peu qu’on sait de lui reste très hypothétique, à commencer même par son nom …. En effet, Béroul est celui qui lui a été donné par convention…

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

12/09/2012

Le troisième homme

1er janvier 1800 : le Consulat est officiellement installé. Napoléon (1769-1821) est Premier Consul. A ses côtés Jean Jacques Régis de Cambacérès (1753-1824), et le normand Charles François Lebrun, (1739-1824).  

trois_consuls.jpg

  Les trois Consuls : entourant Bonaparte, Cambacérès à gauche et Lebrun à droite

 

L’homme est né le 19 mars 1739 à la Bouchelière, petit village proche de Saint-Sauveur-Lendelin, situé dans le diocèse de Coutances (Manche).

Parlant couramment le latin, le grec, l’italien, l’espagnol et l’anglais, après avoir étudié la philosophie et le droit, il entre au service du roi en qualité de censeur en 1765.

Lorsque « les idées neuves commencent à bouillonner », en mars 1789, il est élu député du baillage de Dourdan pour le Tiers-Etat. C’est à son expertise des questions financières, qu’il doit sa nomination de troisième consul. Si Bonaparte, nommé d’emblée Premier consul, fait rapidement le choix de Cambacérès, il mûrit plus longuement sa décision pour la désignation de Lebrun. Néanmoins, la confiance s’installera très vite entre les deux hommes.   

blog-portrait-charles-francois-lebrun.jpg

 Charles François Lebrun – R. Lefevre - 1807

 

C’est auprès de Bonaparte que le normand atteindra le sommet de sa carrière politique. Et le 18 mai 1804, à la création de l’Empire, Lebrun, bien que réservé, sera tout de même derrière le nouveau souverain. Cette année-là, l’Empereur le fait Grand Aigle de la Légion d’honneur avant de le promouvoir Gouverneur Général des trois départements italiens de Gêne, Montenotte et des Apennins. De retour en France en  1806, il va travailler à la mise en place de la Cour des Comptes. Puis, en 1808, il reçoit le titre de Duc de Plaisance, lequel est assorti de revenus substantiels. En 1810, il est envoyé malgré son grand âge en Hollande. Il ne reviendra en France qu’en novembre 1813 quelques mois seulement avant l’abdication de l’Empereur.

Nommé pair de France par le roi Louis XVIII, il sera rayé de cette liste après la défaite de Waterloo et la seconde et définitive abdication de l’Empereur.

Lebrun se retire alors dans sa propriété de Sainte-Mesme (Yvelines), située dans la campagne de la vallée de l’Orge où il va passer les dernières années de sa vie. 

Saint-Mesme, le chateau.jpg

 

                                             

Château de Sainte-Mesme (Yvelines)

 

Cet homme qui a été arrêté à deux reprises durant la Terreur, qui a craint à juste titre pour sa tête, trouvera la mort de façon insolite. Au cours d’un repas servi dans son château de Sainte-Mesme, alors qu’il se lève pour dire une plaisanterie, le domestique placé derrière lui, croyant que le Duc veut sortir de table, recule la chaise. Lorsque le duc veut se rasseoir, il tombe à la renverse et ne s’en remettra pas.  Il mourra deux jours plus tard, le 16 juin 1824, à l’âge de 85 ans. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise.

Biblio. merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

25/08/2012

Richard-Lenoir : deux normands et un grand nom

Boulevard Richard-Lenoir : tous les maigretphiles (dont je suis) connaissent l’adresse parisienne du célèbre commissaire de Simenon. Mais saviez-vous que Richard-Lenoir est en fait le patronyme de deux normands ? 

Paris_-_Boulevard_Richard-Lenoir_-_Plaque.jpg

François Richard, le premier, est né dans le département du Calvados, à Epinay-sur-Odon, le 16 avril 1765.

Fils de fermier, doté d’un vif esprit, doué pour la spéculation, il débute comme domestique à Rouen puis s’installe dès 1783 à Paris en qualité de garçon de café. Econome, un peu fraudeur, malgré quelques démêlés avec la justice, il réussit grâce à des placements chanceux et des emprunts avantageux, à devenir propriétaire à Fayl près de Nemours d’un premier domaine  

R&L1.jpg

François Richard dit "Richard-Lenoir" - (1765-1840)

 

Sa rencontre en 1797 avec un jeune négociant normand, Joseph Lenoir-Dufresne, notre second homme, né à Alençon (Orne), le 24 juin 1768 d’un père marchand de tissus dans la capitale, va sceller définitivement son destin. Les nouveaux associés ont des personnalités différentes mais complémentaires. Richard possède la hardiesse des conceptions, Lenoir la sagesse et la circonspection. Tous deux ont un sens aigu du commerce et s’apprécient beaucoup. Ils se lancent donc dans la fabrique et le négoce de coton, notamment le « basins anglais » qui fait fureur à cette époque et installent leurs premières ouvrières dans le couvent abandonné de Bon-secours, rue de Charonne. Ils y créent la première manufacture parisienne de coton qui va devenir en peu d’année l’une des plus importantes de France.  Très vite, les deux hommes développent leurs activités en dotant leurs ateliers de machines à filer, notamment la « mule jenny » d’invention anglaise. Des fabriques voient rapidement le jour en Picardie, mais aussi chez nous, à Sées, Alençon, L’Aigle et Caen.

 

the_mule_26567_lg.gif

 La Mule-Jenny

 

La fortune des deux hommes, leur renom et leur crédit est à son apogée quand, en 1806, Joseph s’éteint prématurément. Avant de mourir, il a demandé à son associé de ne jamais séparer leurs deux noms. C’est ainsi que François Richard devint « Richard-Lenoir ».

Il poursuit seul le travail entrepris et va accumuler en quelques années une fortune extraordinaire et devenir l’homme le plus riche de son siècle.

Toujours à la recherche de profits supplémentaires, il se lance dans la culture du coton. Là sera son erreur. La politique fiscale menée par Napoléon,  la réunion de la Hollande à la France facilitant la circulation de marchandises anglaises vont précipiter sa ruine. Sans ressources, après avoir vendu toutes ses propriétés, ce grand industriel manufacturier qui avait occupé plus de 20 000 ouvriers, va, jusqu’à son décès à Paris, le 19 octobre 1839, vivre misérablement d’une petite pension versée par son gendre.

 

Biblio. Merci aux pages wikipédia sur le sujet.