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27/01/2013

La Belle et la Bête, un conte teinté de normandie

La Belle et la Bête ! On se souvient tous du  film fantastique de Jean Cocteau sorti sur les écrans en 1946, où Jean Marais, un normand lui-aussi donnait la réplique à Josette Day.

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Mais saviez-vous que c’est à une romancière normande que l’on doit la dernière version de ce conte sur laquelle ont été basées la plupart des adaptations ultérieures ?

Car l’origine de cette histoire est très ancienne. L'une des premières versions connues est celle d'Apulée, un écrivain berbère du IIe siècle. Repris quatorze siècles plus tard, en 1550, par un romancier italien, Francesco Straparola (1480-1558) qui le publie dans son recueil  « Nuits facétieuses », il n’arrive en France qu’en 1740 grâce à Gabrielle-Suzanne de Villeneuve (1695-1755), qui en écrit la première version moderne et la fait paraître dans son recueil intitulé « La jeune Américaine et les contes marins ».  

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Jeanne Marie Leprince de Beaumont née Vaimboult

Ce n’est que 17 ans plus tard qu’il va réellement connaître la célébrité, après avoir été une nouvelle fois repris, sous une forme très abrégée, par une autre romancière, Jeanne Marie Leprince de Beaumont, dans ses  « Magasins des enfants, des adolescents et des pauvres. »

Cette romancière est née à Rouen, le 26 avril 1711. Institutrice de formation, elle publie son premier roman, « Le Triomphe de la vérité » en 1748. Partie à Londres comme Gouvernante, éducatrice de filles de la haute société, elle va se consacrer en parallèle à la rédaction d’œuvres éducatives et pédagogiques. Suivant sa devise « Plaire à la jeunesse en l’instruisant », elle adopte un style simple et bien adapté aux jeunes lecteurs qui fait son succès. C’est dans « Le magasin des enfants » de 1757 qu’elle introduit, en l’abrégeant, « la Belle et la Bête », le conte qui fera sa renommée et qui a pour but d’apprendre aux enfants à distinguer la laideur morale de la laideur physique.

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Après quinze années passées en Angleterre, elle rentre en France et achète une petite terre à Avallon près d’Annecy où elle continue d’écrire. Au total, elle aura rédigé environ 70 ouvrages religieux et moraux, ce qui, à cette époque, constitue un véritable exploit pour une femme-écrivain.

Elle termine sa vie près de sa fille et de ses six petits-enfants et décède le 8 septembre 1780 à Chavanod (Haute-Savoie). Elle ne connaîtra pas son arrière petit-fils, Prosper Mérimée, né 23 ans plus tard.

Biblio. merci aux nombreuses pages sur le sujet et notamment au site Wikipédia. 

 

02/01/2013

Une dictée imprégnée de Normandie !

S’il n’est pas né en Normandie mais à Paris, Prosper Mérimée est issu d’une famille de normands. Son père, Léonor (1757-1836) est né à Broglie (Eure). Sa mère, Anne Louise Moreau (1774-1852), bien qu’ayant vu le jour dans le département de l’Yonne, avait également des racines normandes.  

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Prosper Mérimée (1803-1870)

 

Après des études au Lycée Napoléon, futur Lycée Henri IV, le jeune Prosper poursuit des études de droit, marchant ainsi dans les pas de son grand-père paternel François Mérimée, éminent avocat du Parlement de Rouen. Après l’obtention de sa licence en 1823, il se consacre à la littérature et publie sa première œuvre deux ans plus tard. Elle sera suivie de beaucoup d’autres dont Colomba en 1840 et Carmen en 1845 qui inspirera à Georges Bizet son célèbre opéra. On doit aussi à Prosper Mérimée d’avoir initier le recensement sur le territoire français des ensembles architecturaux remarquables, annonçant, avec un siècle d’avance, celui lancé par André Malraux. 

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Terrasse à Sainte-Adresse - Claude Monet -1867

 

Et bien entendu, il y a LA dictée ! La dictée de Mérimée. Il était académicien en 1857 quand, afin de divertir la Cour de Napoléon III (1808-1873), à la demande de l’Impératrice Eugénie (1853-1870), il l’a écrite et dictée. Et bien entendu, elle raconte un épisode normand…

« Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier. Quelles que soient, et quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires. Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d’une phtisie, et l’imbécillité du malheureux s’accrut. — Par saint Martin ! Quelle hémorragie ! s’écria ce bélître. À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière. »

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Napoléon III, l'Impératrice Eugénie et le Prince Impérial vers 1865

L’empereur aurait fait 75 fautes, l’impératrice, de naissance espagnole, 62, Alexandre Dumas fils 24, Octave Feuillet 19 et l’ambassadeur d’Autriche Metternich fils, seulement 3 !

 Biblio. Merci aux nombreuses pages sur le sujet et notamment celles de Wikipédia. 

 

24/10/2012

Un normand, premier maire de Montmartre

Saviez-vous que le premier maire de la commune de Montmartre était un normand ? Il s’agit de Félix Desportes, né à Rouen le 5 août 1763, où son père est un riche épicier. Après des études de droit à Paris, ce fils de bourgeois épouse dans sa ville natale, en l’église Saint-Gervais, le 5 mai 1788, une riche et très belle héritière, Victoire Berryer (1772-1857).   

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Photographie ancienne d'une miniature de la fin du XVIIIe siècle

Sitôt mariés, les jeunes époux s’installent dans le petit village de Montmartre situé au nord de Paris et qui, du haut de ses 130,53 mètres d’altitude constitue le point culminant de la capitale.

C’est le 29 mars 1790, à 27 ans, que Félix Desportes est élu Maire de la toute nouvelle commune de Montmartre. La mairie est installée tout près de son domicile, au premier étage de l’ancien presbytère, situé au n° 3 de la Place du Tertre. Le village ne compte alors que 400 âmes. C’est là son premier pas dans la vie politique. Le normand va assurer son mandat municipal pendant deux ans.  

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Soutenant la révolution, amateur de répliques fortes et d’actes symboliques, c’est au cours de son mandant qu’il fait de sa commune la marraine de sa fille Flore Pierrette Montmartre née le 3 mai 1791.  

Menant grande vie, critiqué par les révolutionnaires notamment pour la particule qu’il ajoute à son nom, se faisant appeler « Desportes de Blinval », il est victime de la Terreur et incarcéré en 1794. Il échappera de peu à la guillotine.

Poursuivant sa carrière de diplomate, il traverse allégrement les régimes successifs en servant les pouvoirs en place. Chevalier de la Légion d’honneur 25 prairial an XII, il est nommé Baron de l’Empire par lettres patentes du 28 janvier 1809. Il sera destitué le 12 mars 1813, victime de calomnies jamais prouvées.

Envoyé à Genève par le Directoire, il va jouer un rôle décisif dans la « réunion » de ce territoire à la République française.  

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Sanctionné pour sa fidélité à Napoléon, arrêté le 1er août 1816, contraint à l’exil, il finit par renoncer à la carrière politique à partir de 1830 tout en demeurant un fidèle partisan de la cause bonapartiste et du prince Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, (1808-1873). 

Félix Desportes décède à Paris le 26 août 1849 à l’âge de 86 ans. Et c’est au cimetière du Calvaire de Montmartre qu’il sera inhumé.

La commune de Montmartre sera annexée à la Ville de Paris le 1er janvier 1860. L’essentiel de son territoire constitue aujourd’hui le 18ème arrondissement de la capitale.

 

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.