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12/05/2013

Berthe Frémont, une normande du pays d'Ouche

Qu’ont donc en commun Hatchepsout, la femme pharaon, Sainte-Wilgeforte qui vécut au XIe siècle, la Baronne Sidonia de Barcsy (1866-1925) et Berthe Frémont qui naquit en Normandie le 20 février 1882 ?

Toutes 4 ont été des « femmes à barbe » célèbres.   

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 Sainte Wilgeforte - Eglise de Wissant (Pas-de-Calais)

 

Si Hatchepsout, qui apparaissait en public en habit masculin, portait une barbe postiche et si Sainte-Wilgeforte aurait quant à elle obtenu de Dieu la pilosité nécessaire à faire échouer un projet de mariage dont elle ne voulait pas, les autres devaient souffrir d’hirsutisme, une maladie qui touche environ 10% des femmes et se manifeste par l’apparition de poils dans des zones habituellement imberbes.  

Localisation Bourth.jpg

C’était le cas de Berthe Frémont qui vit le jour à Bourth, petite cité  du  pays d’Ouche, au sein du département de l’Eure, dans le canton de Verneuil-sur-Avre, le 20 février 1882.

 

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 Berthe Frémont (1882-1951)

 

Cette bourthoise, au système pileux anormalement développé, refusa toujours de raser sa belle barbe de patriarche orthodoxe. Comme elle repoussa toutes les offres alléchantes qui lui ont été faites pour s’exhiber dans les cirques.  

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Elle mena une vie simple, fut mère et grand-mère de 18 petits enfants et s’est éteinte à Verneuil, le 31 janvier 1951.

 

Biblio. "Mille ans normands" de M. De Decker - Ed. Bertout - 1999.

17/04/2013

Le portrait de Proust

Ce portrait de Proust, sûrement la représentation la plus connue et la plus juste de celui qui n’était pas encore l’auteur de "A la recherche du temps perdu" et qu’il a conservée jusqu’à sa mort en 1922, ce portrait de jeune dandy, est l’œuvre d’un normand de cœur.   

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Portrait de Marcel Proust (1871-1922) – 1892 – Huile sur toile

Portraitiste incontournable de la fin du XIXe siècle et témoin exceptionnel de son époque, Jacques-Emile Blanche (1861-1942), bien qu’ayant vu le jour à Paris, dans le 16ème arrondissement, le 31 janvier 1861, s’est installé en Normandie,  à Offranville près de Dieppe, dès 1902.  Il vécut 40 ans  dans « sa commune d’adoption » selon sa propre expression, en participant activement à la vie culturelle et sociale de ce village, initiant un comité des fêtes, une bibliothèque et une chorale mixte d’adultes.   

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 Jacques-Emile Blanche -  Portrait de l'auteur en 1920

Homme élégant, instruit, cultivé, ayant bénéficié d’une éducation cosmopolite, excellent pianiste, peintre autodidacte, ami des « surréalistes » et des « dada », il va réussir à acquérir une grande réputation de portraitiste grâce à un style vivant et raffiné portant l’empreinte de sources française et anglaise.

Conjuguant tous les talents, il est également l’auteur de nombreux textes critiques, monographies d’artistes, romans, « cahiers », recueils de souvenir et aussi d’une abondante correspondance.  

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 Portrait de Claude DEBUSSY - 1903

Elu membre de l’Académie des beaux-arts en 1935, l’homme s’est éteint à Offranville le 30 septembre 1942 en nous laissant l’image de la plupart des « grands » de son époque : Mallarmé , Debussy, Camus, Crevel, Mauriac, Poulenc, Joyce,…

Biblio. merci aux pages Wikipédia sur le sujet. 

20/03/2013

L'acrostiche étonnant d'un prestigieux normand !

Tout le monde connaît Pierre Corneille, né à Rouen, rue de la Pie, le 6 juin 1606, ce dramaturge et poète, auteur du Cid (1637), inventeur du héros sublime, élevé au Collège de Bourbon tenu par les Jésuites, devenu aujourd’hui un prestigieux lycée de la ville portant son nom.   

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 Pierre Corneille (1606-1684)

 

Et il ne viendrait sûrement à l’idée de personne de considérer que ce grand homme puisse être un petit plaisantin aux propos grossiers… Et pourtant…

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En 1957,  le metteur en scène et comédien Hubert Gignoux (1915-2008) dirige le Centre dramaturge de l’Est qui vient de déménager de Colmar à Strasbourg. Pour l’inauguration de ce nouvel espace culturel, il travaille à la présentation de Horace, le chef-d’œuvre romain écrit par Corneille en 1639. Et c’est alors que, fortuitement, il va découvrir, dans une tirade du fils du vieil Horace, scène III - acte II, l’incroyable acrostiche ci-dessous :

 

Sattacher au combat contre un autre soi-même,
Attaquer un parti qui prend pour défenseur
Le frère d’une femme et l’amant d’une sœur,
Et rompant tous ces nœuds, s’armer pour la patrie
Contre un sang qu’on voudrait racheter de sa vie,
Une telle vertu n’appartenait qu’à nous ;
L’éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux…

 

« Il crut tout d’abord qu’un hasard malicieux était seul responsable du sacrilège, mais les spécialistes des calculs de probabilité eurent tôt fait de lui démonter que cet assemblage de lettres n’avait qu’une chance sur mille milliards de se produire spontanément et que cet acrostiche était on ne peut plus prémédité. »

 

On ne sait pas encore aujourd’hui qui était ce « Sale cul » qui avait mérité un tel coup de bec du « Grand Corneille » !

 

 

Biblio. « Au bonheur des mots » de Cl. Gagnière – Ed. R. Laffont – Paris 1989.