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21/08/2013

L’arbre normand de l’existentialisme

Savez-vous que c’est chez nous, en Normandie, que Jean-Paul Sartre (1905-1980) aurait « découvert » l’arbre de l’existentialisme, cette théorie qui veut que « l'existence précède l'essence », que l'homme vient au monde sans but et ne cesse de changer, de par ses actes, jusqu'à sa mort, où son essence se fige ?

Normalien et agrégé, il a 26 ans quand, en mars 1931, après son service militaire, il est nommé professeur de philosophie au lycée de garçons du Havre, aujourd’hui le Lycée François Ier.

Peu conformiste, ses manières comme son attitude choquent autant les autres enseignants que les parents. Mais, parce qu’il affronte certains de ses élèves sur les rings de boxe, les autorise à fumer en classe et y fait régner une atmosphère décontractée peu en vogue à cette époque, il va séduire cinq générations d’adolescents !

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Sartre et ses élèves au Lycée du Havre

 

C’est en partie au Havre, aux terrasses du Café de la Grande Poste ou au Guillaume Tell  qu’il rédige son premier roman, publié en 1938 chez Gallimard, « la Nausée », roman  philosophique, quelque peu autobiographique, qui raconte les tourments existentiels d’Antoine Roquentin, son « double », jeune célibataire de 35 ans, historien à ses heures, qui vit au Havre, rebaptisé « Bouville ». 

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 Square Saint-Roch – le Havre

 

Un jour d’octobre 1931, le philosophe pousse la grille de l’un des endroits les plus paisibles de la ville, un espace de verdure particulièrement agréable, le square Saint-Roch. Il s’assied sur une chaise, et se met à contempler un arbre : « Il était très beau et je n’ai pas crainte de mettre ici ces deux renseignements spéciaux pour ma biographie : c’est à Burgos que j’ai compris ce qu’était une cathédrale et au Havre ce que c’était qu’un arbre. Malheureusement, je ne sais pas trop quel arbre c'était.»   

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Car, non seulement l’homme déteste la nature, mais il n'y connaît rien. Alors, il raconte son aventure à son amie Simone de Beauvoir (1908-1986) et lui décrit l’arbre en le dessinant.  Au vu du dessin, elle conclut à tort qu’il s’agit d’un marronnier. Car, il n'y a aucun marronnier dans le Square Saint-Roch !  Et c’est néanmoins cet arbre qui deviendra l'arbre de l'existentialisme !

 

«J'étais la racine de marronnier. Ou plutôt j'étais tout entier conscience de son existence. Encore détaché d'elle ­ puisque j'en avais conscience­ et pourtant perdu en elle, rien d'autre qu'elle. Une conscience mal à l'aise et qui pourtant se laissait aller de tout son poids, en porte-à-faux, sur ce morceau de bois inerte.*»

 

 

* Extrait de « La Nausée »

Biblio. "Le Havre - itinéraires insolites" d'I. Letélié - Ysec Editions 2011.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

31/07/2013

Un savant normand, Louis Nicolas Vauquelin

Savez-vous à qui l’on doit la découverte du chrome en 1797 et celle de l’oxyde de béryllium l’année suivante ? Cet homme là a aussi révélé la présence de nicotine dans le tabac dès 1809 et contribué à la découverte de la morphine ? C'est à lui encore que l'on doit la mise en évidence de la pectine et l’acide malique dans la pomme ?  Vous avez la réponse ? Allez, pour vous aider, j'ajoute qu'il est normand !  

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Louis Nicolas Vauquelin (1763-1829)

 

Il s'appelait Louis Nicolas Vauquelin. Né dans une famille pauvre le 16 mai 1763 à Saint-André d’Hébertot, une paroisse d’environ 700 âmes située dans l’actuel département du Calvados, il devient à 13 ans garçon de laboratoire chez un pharmacien de Rouen qui donnait des cours de physique et de chimie dans son officine à quelques apprentis privilégiés.   

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Maison natale de Louis Nicolas Vauquelin

 

Tout en nettoyant le laboratoire et en chargeant le feu, le jeune garçon, intelligent et curieux de tout, écoute ce que dit le maître et retient ses paroles qu’il consigne le soir à la lueur d’une bougie sur un simple cahier. Mais le pharmacien le surprend,  le lui arrache et le déchire sur place. « On m’aurait ôté le seul habit que j’eusse au monde, racontera-t’il souvent, j’aurais été moins affligé ! »

Révolté, il quitte Rouen et décide de tenter sa chance à Paris. Il s'y rend à pied avec seulement quelques sous en poche. Après de nombreuses péripéties, la chance finit par lui sourire. Il est embauché par un pharmacien de la rue Saint-Denis. Auprès de lui, il s’instruit tant et si bien qu’il finit par entrer au service du chimiste Antoine-François Fourcroy (1755-1809) dont il va être l’aide, puis l’élève, le compagnon assidu de tous ses travaux et enfin l’ami intime. A ses côtés, il va étudier la physique, l’anatomie, la physiologie et l’histoire naturelle. Devenu chimiste à son tour, il sera notamment nommé à l’Académie des Sciences, siègera à la chair de chimie du Collège de France, à l’Académie royale de médecine, sera professeur au Jardin du Roi. Chevalier de la légion d’honneur et de l’ordre de Saint-Michel, il est fait chevalier de l’Empire et est élu député pour le département du Calvados en 1827.

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Cet homme là n’oublia jamais son village natal de Saint-André d’Hébertot. Presque chaque année, il s’y rendait pour retrouver les siens. Très malade, il voulut venir une dernière fois respirer l’air de son enfance. C’est ainsi qu'il mourut chez lui le 14 novembre 1829.

 

Biblio. « Fier d’être normand – 100 bonnes raisons » de C. Lablancherie – Ed. Ouest-France 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

 

07/07/2013

Pierre-Simon de Laplace, l'homme des marées

La saviez-vous ? En France, les plus fortes marées sont normandes !  Ce sont celles de la  baie du Mont-Saint-Michel, où il est traditionnellement dit que « la mer monte à la vitesse d'un cheval au galop ». Le marnage, c'est-à-dire la différence de hauteur d'eau entre le niveau de la pleine mer et celui de la basse mer, peut y atteindre 14 mètres. 

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Les grandes marées du Mont-Saint-Michel

 

Et c’est à un normand, Pierre-Simon de Laplace, mathématicien, physicien et astronome français, l’un des principaux scientifiques de la période napoléonienne, né à Beaumont-en-Auge, près de Pont-l’Evêque dans le département du Calvados, le 23 mars 1749,  à qui l’ont doit pour la première fois en 1799,  l’explication du phénomène complexe des marées, leur prévision et le calcul de leur intensité. 

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                                                                  Pierre-Simon de Laplace (1749-1827)

 

A 20 ans, ce fils de petit propriétaire terrien, d’une intelligence exceptionnelle, diplômé de l’Université de Caen,  part à Paris rejoindre l'un des plus influents mathématiciens de l'époque, Jean Le Rond d’Alembert (1717-1783), qui lui obtient un poste de professeur de mathématiques à l’École royale militaire. C’est le premier pas d’un parcours remarquable qui va permettre à ce membre de l’Académie des Sciences à seulement 24 ans, d’appartenir ensuite à presque toutes les Académie d’Europe !  

On lui doit des contributions fondamentales dans différents champs des mathématiques, de l’astronomie et de la théorie des probabilités. Il est l'un des scientifiques les plus influents de son temps et il a contribué de façon décisive à l'émergence de l’astronomie mathématique en reprenant et en étendant le travail de ses prédécesseurs. Son traité intitulé « Mécanique Céleste » (1799-1825), publié en cinq volumes, son œuvre la plus importante, qui concerne le calcul des probabilités et la mécanique céleste, va transformer l’approche géométrique de la mécanique développée par Isaac Newton (1643-1727) en une approche fondée sur l’analyse mathématique. Les deux premiers tomes, publiés en 1799, contiennent les méthodes pour calculer les mouvements des planètes, pour déterminer leurs formes et pour résoudre les problèmes liés aux marées. 

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Devenu Ministre de l'Intérieur sous le Consulat, membre et vice-président du Sénat, comte de l'Empire, Grand-officier de la Légion d'honneur, la Restauration le fera marquis et pair de France en 1814. Il s’éteindra le 5 mars 1827 à Paris. Sa sépulture, en forme de temple grec à colonnes doriques, se trouve dans un pré à l'écart du village du Calvados de Saint-Julien-de-Mailloc.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.