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07/07/2013

Pierre-Simon de Laplace, l'homme des marées

La saviez-vous ? En France, les plus fortes marées sont normandes !  Ce sont celles de la  baie du Mont-Saint-Michel, où il est traditionnellement dit que « la mer monte à la vitesse d'un cheval au galop ». Le marnage, c'est-à-dire la différence de hauteur d'eau entre le niveau de la pleine mer et celui de la basse mer, peut y atteindre 14 mètres. 

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Les grandes marées du Mont-Saint-Michel

 

Et c’est à un normand, Pierre-Simon de Laplace, mathématicien, physicien et astronome français, l’un des principaux scientifiques de la période napoléonienne, né à Beaumont-en-Auge, près de Pont-l’Evêque dans le département du Calvados, le 23 mars 1749,  à qui l’ont doit pour la première fois en 1799,  l’explication du phénomène complexe des marées, leur prévision et le calcul de leur intensité. 

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                                                                  Pierre-Simon de Laplace (1749-1827)

 

A 20 ans, ce fils de petit propriétaire terrien, d’une intelligence exceptionnelle, diplômé de l’Université de Caen,  part à Paris rejoindre l'un des plus influents mathématiciens de l'époque, Jean Le Rond d’Alembert (1717-1783), qui lui obtient un poste de professeur de mathématiques à l’École royale militaire. C’est le premier pas d’un parcours remarquable qui va permettre à ce membre de l’Académie des Sciences à seulement 24 ans, d’appartenir ensuite à presque toutes les Académie d’Europe !  

On lui doit des contributions fondamentales dans différents champs des mathématiques, de l’astronomie et de la théorie des probabilités. Il est l'un des scientifiques les plus influents de son temps et il a contribué de façon décisive à l'émergence de l’astronomie mathématique en reprenant et en étendant le travail de ses prédécesseurs. Son traité intitulé « Mécanique Céleste » (1799-1825), publié en cinq volumes, son œuvre la plus importante, qui concerne le calcul des probabilités et la mécanique céleste, va transformer l’approche géométrique de la mécanique développée par Isaac Newton (1643-1727) en une approche fondée sur l’analyse mathématique. Les deux premiers tomes, publiés en 1799, contiennent les méthodes pour calculer les mouvements des planètes, pour déterminer leurs formes et pour résoudre les problèmes liés aux marées. 

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Devenu Ministre de l'Intérieur sous le Consulat, membre et vice-président du Sénat, comte de l'Empire, Grand-officier de la Légion d'honneur, la Restauration le fera marquis et pair de France en 1814. Il s’éteindra le 5 mars 1827 à Paris. Sa sépulture, en forme de temple grec à colonnes doriques, se trouve dans un pré à l'écart du village du Calvados de Saint-Julien-de-Mailloc.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

19/06/2013

"Beau Brummell", l'arbitre de l'élégance

Saviez-vous que le pape du dandysme, première version du « people »,  le « Beau Brummell », ministre de la mode et du goût, qui imposait ses diktats à la noblesse, aux puissants et aux belles femmes du monde entier, a vécu ses dernières années chez nous en Normandie ?

George Bryan Brummell est né à Londres le 7 juin 1778 dans une famille aisée mais non aristocratique. Scolarisé au prestigieux collège d’Eton, il apprend le grec, le latin, l’italien et le français. Extrêmement brillant, il hérite à sa majorité de son père d’une petite fortune qu’il engloutit pour la plupart dans les vêtements, le jeu et un mode de vie ruineux. Ni très riche, ni de naissance noble, ni particulièrement beau, doté d’un teint clair et d’un long nez, il séduit pourtant par son élégance et devient rapidement l’arbitre de la mode et des belles manières.  

 

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George Brummell (1778-1840)

  

Il prétend avoir besoin chaque jour de 5 heures pour se préparer. Impeccablement lavé et rasé, les cheveux coupés « à la Brutus »,  poudré, parfumé, arborant beaucoup de linge fraîchement lavé et parfaitement amidonné, il sort vêtu d’un manteau parfaitement brossé, de coupe impeccable de couleur unie bleu foncé, et paré avec une cravate savamment nouée. Il va être ainsi l’introducteur du costume de l’homme moderne, un costume de couleur sombre avec des pantalons longs de style discret, mais raffinés et admirablement coupés, ornés de cravates minutieusement nouées.

Devenu l’ami du futur George IV (1762-1830), ce dernier va le présenter à toute la meilleure société de Londres, Le Prince de Galles, admiratif de son port noble et de sa démarche élégante,  endure toutes les insolences de ce dandy à l’esprit railleur qui n'hésite pas à détruire une réputation par un  sarcasme jeté du haut de sa cravate. Le "Beau Brummell" défraie la chronique avec ses lubies et ses bons mots, mais lance les modes et les salons, et règne sans partage sur le bon goût et les jolies femmes.  

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Pourtant, en 1816, ayant perdu la faveur royale, chassé de la cour d’Angleterre, sans protection ni fortune, poursuivi par ses créanciers, menacé de prison, il quitte Londres et s’exile en France où il va passer le reste de ses jours.

N’ayant plus les moyens de recourir aux blanchisseurs, il se met à porter des cravates noires, phénomène sans précédent pour l’époque mais qui sera repris par les plus grands. C’est ainsi qu’il continue tant bien que mal à être l’artisan de la mode. Nommé consul d’Angleterre à Caen, sa charge est malheureusement supprimée en 1837. Dès lors, sans ressources, ruiné, criblé de dettes, souffrant de syphilis et de démence, il va  finir par être interné et décèdera dans la misère le 30 mars 1840, peu avant son soixante-deuxième anniversaire. Il est inhumé au cimetière protestant de Caen.   

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En hommage à l'élégance intemporelle de ce premier dandy anglais, en 1880, le grand magasin parisien du Printemps lance la marque pour homme qui portera son nom.

 

Biblio. Normandie insolite et secrète de J-C. Collet et A. Joubert – Ed. Jonglez 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

 

12/05/2013

Berthe Frémont, une normande du pays d'Ouche

Qu’ont donc en commun Hatchepsout, la femme pharaon, Sainte-Wilgeforte qui vécut au XIe siècle, la Baronne Sidonia de Barcsy (1866-1925) et Berthe Frémont qui naquit en Normandie le 20 février 1882 ?

Toutes 4 ont été des « femmes à barbe » célèbres.   

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 Sainte Wilgeforte - Eglise de Wissant (Pas-de-Calais)

 

Si Hatchepsout, qui apparaissait en public en habit masculin, portait une barbe postiche et si Sainte-Wilgeforte aurait quant à elle obtenu de Dieu la pilosité nécessaire à faire échouer un projet de mariage dont elle ne voulait pas, les autres devaient souffrir d’hirsutisme, une maladie qui touche environ 10% des femmes et se manifeste par l’apparition de poils dans des zones habituellement imberbes.  

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C’était le cas de Berthe Frémont qui vit le jour à Bourth, petite cité  du  pays d’Ouche, au sein du département de l’Eure, dans le canton de Verneuil-sur-Avre, le 20 février 1882.

 

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 Berthe Frémont (1882-1951)

 

Cette bourthoise, au système pileux anormalement développé, refusa toujours de raser sa belle barbe de patriarche orthodoxe. Comme elle repoussa toutes les offres alléchantes qui lui ont été faites pour s’exhiber dans les cirques.  

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Elle mena une vie simple, fut mère et grand-mère de 18 petits enfants et s’est éteinte à Verneuil, le 31 janvier 1951.

 

Biblio. "Mille ans normands" de M. De Decker - Ed. Bertout - 1999.