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26/03/2014

Sacha Guitry et la Normandie : une affaire de coeur...

Sacha, né à Saint-Pétersbourg en 1885, était le fils de Lucien Guitry, acteur de théâtre renommé : "les fils connus des hommes célèbres font connaître le prénom de leur père !" Fantaisiste, insouciant, lui qui à 17 ans était toujours en classe de 6ème , débute sa carrière sous le pseudonyme de Jacques Lorcey.

Il a 20 ans quand il s'éprend de Charlotte Lysés de sept ans son aînée. Elle  est belle, fine et cultivée. Mais elle est aussi la maîtresse de son père... Le cœur a ses raisons... Le fils est séduit, le père se fâche : la brouille entre eux durera 13 ans.

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Sacha Guitry (1885-1957) et  Charlotte Lysès (1877-1956)

Route de Trouville, le jeune couple acquiert une demeure qu’ils baptisent aussitôt « La Chaumière ». Comme Sacha est appelé sous les drapeaux et que seuls les hommes mariés peuvent bénéficier d’une affectation proche de leur domicile…, il demande à sa maîtresse  "Veux-tu être ma première femme ?" Le 14 août 1907, ils se marient à Honfleur, mais pas à la mairie.

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Château du Breuil

Car Lucien Guitry y habite, Château de Breuil à Barneville-la-Bertrand. Vu les circonstances, Sacha pense que son père n’assistera pas au mariage ! Et comme cette absence risque d’être des plus remarquées, afin de l’éviter, Sacha prétexte une indisposition de sa future épouse pour se rendre à la mairie. Le maire, Louis Baudry, accepte donc de se déplacer chez eux. C’est ainsi que le mariage fut célébré « à domicile »  avec la complicité de l’officier d’état civil.

Comme Sacha aime les femmes, il choisira cinq épouses. Après son divorce d’avec Charlotte en 1918, il se remarie avec  Yvonne Printemps. Malgré des infidélités réciproques, leur union durera 15 ans.  Suivra Jacqueline Delubac, âgée de 28 ans alors qu'il en avait 50, il fit d'elle sa moitié… seulement pendant 4 ans. Geneviève de Séréville lui succèdera en 1939. Elle est la seule à avoir porté son nom puisque c ‘est sous le patronyme de Geneviève Guitry qu’elle se fit connaître. Ils divorceront 10 ans plus tard. Lana Marconi sera la cinquième et la dernière. Il l' épouse en 1949 à 64 ans après lui avoir demandé « Mademoiselle, voulez-vous devenir ma veuve ? »

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F. Galipaux, P. Gassy, Ch. Lysès, Melle Péri et S. Guitry dans « Le Kiost » -1907 – Photographie de Nadar.

Biblio : "Ce jour-là, 14 août 1907, Sacha Guitry se marie pour la première fois à Honfleur" de G. Nédellec - Almanach du Normand 2009 et "Sacha Guitry, roi du théâtre" de M. Achard - Historia n°165 - Août 1960.

05/03/2014

Un normand à l’origine de la culture du Café aux Antilles

Savez-vous que l’on doit à un normand l’implantation en Martinique du premier plan de café et sa culture dans plusieurs îles des Antilles ?

Gabriel-Mathieu d’Erchigny de Clieu est né à Dieppe en 1687. Son père, Mathieu de Clieu est Seigneur et patron de Erchigny, de Neuvillette, et d'Anglequesville-sur-Saâne. Le jeune Gabriel-Mathieu commence ses études au Havre mais choisit très jeune d’entrer dans la Marine Royale. Il y fait ses premières armes et, en 1702, intègre la compagnie des Gardes de la Marine au Havre, puis celle de Rochefort l’année suivante avant d’être promu enseigne de vaisseau en 1705. Il n’a que 18 ans !

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Gabriel-Mathieu d’Erchigny de Clieu

Chevalier de Saint-Louis en 1718, c’est en capitaine d’infanterie de marine qu’il est envoyé à la Colonie de Martinique. Le pays est en émoi : un violent cyclone a détruit la totalité des plantations de cacao. Le capitaine de Clieu, ayant constaté l’engouement de ses contemporains pour le café et convaincu du potentiel économique qu’il représente, pense qu’on pourrait très facilement le faire prospérer ici. En 1721, profitant d’un séjour à Paris, il multiplie les démarches et finit par obtenir deux plants de café de type arabica. Ils descendaient de l’un des quatre plants offerts en 1713 au roi Louis XIV (1638-1715) par le Maire d’Amsterdam !  

Il s’embarque à Rochefort pour les Antilles le 29 novembre 1720 sur la flûte « Le Dromadaire avec le titre de Capitaine de compagnie. Durant toute la traversée, il veille jalousement sur son trésor allant même jusqu’à rogner sur sa propre ration d’eau pour les arroser quotidiennement. Il les a placés à l’abri, dans une caisse de bois recouverte d’un châssis faisant office de serre. Mais la traversée est longue et très mouvementée : attaque de pirates, tempête suivie d’une chaleur accablante, … Malgré  des soins  scrupuleux, un des deux plants va mourir. Heureusement, le second, « pas plus gros qu’une marcotte d’œillet » arrive en vie en Martinique !

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De Clieu le met en terre aussitôt. A son grand soulagement, son jeune plant s’acclimate fort bien et, au bout d’une vingtaine de mois, il obtient sa première récolte de café !

Très vite ensuite, les plantations vont s’étendre dans toutes les Antilles et principalement en Guadeloupe où de Clieu exerce comme Gouverneur de 1737 à 1753, tout en poursuivant sa carrière dans la Marine royale. En moins de trois ans, on compte par millions les Caféiers de nos Antilles ! Et en 1780, la France devient le premier producteur mondial de café !

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Promu Lieutenant puis capitaine de vaisseau, commandeur de Saint-Louis, de Clieu est promu par le roi Louis XVI (1754-1793) Grand-Croix de l’ordre de Saint-Louis, peu de temps avant de s’éteindre à Paris, le 29 novembre 1774.  Les « Affiches de Normandie » vont dresser de lui ce portrait flatteur : « Il était aimé, respecté et estimé de tout ce qui le connaissait ; il fut le père des pauvres, surtout des familles nombreuses, mariant et dotant les filles indigentes des villages voisins de sa terre. Comme ses jours furent comptés par des bienfaits, il ne pouvait manquer d’être regretté de tous ceux qui le connaissaient ».

 

Merci au site www.ghcaraibe.org et aux pages wikipédia sur le sujet

 

09/02/2014

La Vénus de Jules

Savez-vous que si aujourd’hui, au Musée du Louvres, on peut admirer la célèbre statue « La vénus de Milo », c’est notamment grâce à l'initiative, aux efforts et à la ténacité d’un normand !

Il était originaire du Calvados, non loin des confins de l’Orne. Sur une butte rocheuse, comme il y en a tant en Suisse normande, dominant le cours du Tortillon, le château familial d’Urville fut bâti au XVe siècle. Et c’est là, sur ce roc nommé le Fouques, près de Saint-Germain-de-Crioult, que Jules Dumont d’Urville fera ses premières pas.

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Jules Dumont d’Urville (1790-1842)

Né près de là, à Condé-sur-Noireau, le 23 mai 1790, jeune homme au caractère difficile, il s’engage dès l’âge de 17 ans dans la marine. Sa passion scientifique va grandir au rythme de sa soif d’apprendre. Passionné d’expéditions d’exploration, il dévore tous les livres qu’il trouve sur le sujet. Il se lance dans l’étude des langues vivantes, dans celle de l’Astronomie et s’enthousiasme pour les sciences naturelles.

En 1819, en qualité d’enseigne de vaisseau, il est à bord de «  la Chevrette »  dans le cadre d'une expédition hydrographique qui va le conduire en Mer Noire et dans les Iles grecques. C’est au cours de ce voyage qu’il a connaissance d’une prodigieuse découverte. A Milos, l’une des îles de la mer Egée, qui fait partie alors de l’Empire Ottoman, un paysan nommé Yorgos Kentrotas, à la recherche de pierres pour bâtir un mur autour de son champ, a mis à jour le 8 avril 1820 le buste d’une très belle statue en marbre de Paros. Il ne le sait pas encore mais celle-ci va devenir l’une des plus célèbres statues du monde ! Datant de 130 avant J.-C., elle sera attribuée à Alexandre d’Antioche et représenterait la déesse Aphrodite.

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L’Ile de Milos

Jules Dumont d’Urville, mis au courant, se rend aussitôt sur les lieux. Esthète, il mesure pleinement la valeur de cette statue et alerte aussitôt l’ambassadeur de France à Constantinople. Il va le convaincre de mener au nom de la France toutes les tractations nécessaires afin d’acquérir et de ramener cette œuvre d’art qui sera offerte au roi Louis XVIII (1755-1824) le 1er mars 1821. Le monarque en fera immédiatement don au musée du Louvre.  

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La vénus de Milo

Quant à Dumont d’Urville, auréolé de gloire, il sera décoré de l’ordre de Saint-Louis… et reprendra très vite la mer pour d’autres expéditions et d’autres découvertes…

Avec sa femme et son fils, ils trouveront une mort affreuse, quelques années plus tard, le 8 mai 1842,  victimes de la première catastrophe ferroviaire française, le déraillement du Paris-Versailles à Meudon qui fit 59 morts.

Biblio. "100 bonnes raison - Fier d'être normand" de C. Lablancherie - Ed. ouest-France 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.