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06/04/2011

La Commune de Paris : l’histoire des parisiens s’envole en fumée

Continuons, voulez-vous, notre balade dans l’histoire de l’état civil de notre pays. Nous sommes au XIXe siècle à Paris. L’année 1871. Adolphe Thiers (1797-1877), portrait ci-dessous, vient d’être élu par l’Assemblée Nationale réfugiée à Bordeaux  « Chef du pouvoir exécutif de la République Française », c’est-à-dire à la fois chef de l’Etat et du Gouvernement, tandis que le roi de Prusse proclame l’Empire allemand à Versailles, dans la Galerie des Glaces où il réside.

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Alors que le Traité de Francfort a mis fin à la guerre franco-allemande de 1870-1871, le refus de l’armistice et la crainte d’une restauration monarchique entraînent le soulèvement des parisiens qui veulent « protéger Paris des Prussiens » et qui proclament la Commune, cette période insurrectionnelle qui va durer environ 2 mois, entre mars et mai 1871.

Depuis Versailles, Thiers organise le siège de la capitale et décide d’écraser l’insurrection dans le sang.  Le 21 mai 1871 les troupes Versaillaises, soit 130 000 hommes à ses ordres, entrent dans la capitale. En 8 jours, la « semaine sanglante » va faire entre 10 000 et 17 000 victimes.

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Une partie de la Ville de Paris a été la proie des flammes et nombre d’immeubles et de monuments publics détruits comme le Palais des Tuileries, symbole du pouvoir royal et impérial,  le Palais de la Légion d’Honneur, le Palais d’Orsay où siégeait la Cour des Comptes,  le Mobilier National ou encore le Château de Saint-Cloud.

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L’hôtel de Ville (vue ci-dessus) et le Palais de Justice n’y ont pas échappé. Les flammes ont aussi englouti l’intégralité des registres paroissiaux de baptêmes, mariages et sépultures établis avant 1792 et tous les registres d’état civil dressés avant 1859 dans les 12 anciens arrondissements de la Ville de Paris et dans les communes de la banlieue intégralement annexées en 1860. Les registres originaux comme leurs doubles, les premiers conservés à l’Hôtel de Ville, les seconds au Palais de justice, ont été la proie des flammes. En tout, huit millions d’actes ont ainsi été détruits.

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Une loi du 12 février 1872 va prescrire la reconstitution de l’état civil parisien antérieur à 1860. L’entreprise, qui s’est prolongée jusqu’en 1896, a permis de rétablir près de 3 millions d’actes, datant pour la plupart de XIXe siècle. La reconstitution des actes a été essentiellement établie à partir des papiers de familles, d’extraits d’actes paroissiaux et d’actes notariés. Pour ce faire, l’Archevêché de Paris a déposé aux Archives de la capitale, les registres de catholicité tenus dans 77 paroisses ordinaires ainsi que dans 21 paroisses hospitalières et dans la chapelle de la prison Saint-Lazare.

Histoire à suivre…

12/03/2011

Les registres matricules

Toujours en balade dans l’histoire de l’Etat civil de notre pays, nous voici, comme le temps passe, à la fin du XIXe siècle, c’est-à-dire en 1867.

A un Empereur à succéder un autre Empereur ! Napoléon III, neveu du premier, est donc maintenant au pouvoir et cela depuis près de vingt ans déjà !

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                                                    Napoléon III, Empereur des Français (1808-1873)

A la veille de la guerre franco-allemande de 1870, une succession des revers internationaux conduisent le souverain à engager une réforme de l’organisation militaire et notamment les modalités de recrutement en supprimant ses aspects inégalitaires et injustes.

Rappelons-nous, la Révolution française a rompu avec le système de la milice en développant  l’idée d’un service militaire obligatoire. En 1798, en application de la loi Jourdan, tous les hommes âgés de 20 à 25 ans sont susceptibles d’être appelés en fonction des besoins pour un service d’une durée de 5 ans et illimité en temps de guerre : c’est la conscription (V. ma note du 19 octobre 2010).

Au fil du temps, cette loi va cependant faire l’objet de quelques aménagements. En 1800, le remplacement est admis. Il permet aux fils de bonnes familles d’ « acheter » » un remplaçant.  En 1803, on crée le tirage au sort : ceux qui tirent un bon numéro sont tout simplement dispensés de service militaire. Et en 1818, c’est la conscription qui est abolie et remplacée par l’appel : un recrutement par voie d’engagements volontaires, complété, en cas d’insuffisance, par l’appel de conscrits désignés par tirage au sort.

Et, c’est dans ce contexte que sont mis en place en 1867 les registres matricules, éléments précieux pour nous les généalogistes, car les renseignements qu’ils délivrent sont d’importance.

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                                                                                Table alphabétique

Etablis à la suite du recensement militaire, donc selon le domicile du soldat et non selon son lieu de naissance, les registres matricules sont assortis d’une table alphabétique permettant de retrouver le numéro matricule attribué à chaque conscrit. De lors, il est possible de consulter la fiche individuelle du soldat.

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Elle contient de nombreuses informations sur le parcours militaire de celui-ci (différentes  affectations, grades, unités, éventuelles blessures et décorations) mais aussi sur son état civil, son degré d’instruction, ses adresses successives. De plus, une description physique pallie le manque de photographie (taille, couleur des yeux, des cheveux, etc…)

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                                          Fiche matricule de mon grand-père Henri JULIEN (sosa 6)

Les registres matricules et leurs tables sont conservés au Bureau central des Archives administratives militaires puis versés dans la série R (affaires militaires) des archives départementales.  A consommer sans modération !

Pour la petite histoire, la réforme ambitieuse voulue par l’Empereur pour professionnaliser l’armée a été considérablement dénaturée par les parlementaires en majorité hostiles. Adoptée le 1er février 1868 avec tant de modifications, dont le maintien du tirage au sort et du remplacement, elle a révélé très vite son inefficacité. Ainsi, en 1870, il n’a fallu qu’un mois à l’ennemi pour anéantir notre armée…  C’est ce que redoutait Napoléon III qui avait cité, dans l’exposé des motifs de son projet de loi, la phrase de Napoléon Ier « Un pays ne manque jamais d’hommes pour résister à une invasion ou soutenir une grande guerre, mais il manque souvent de soldats… »

Histoire à suivre

Biblio. « Les registres matricules – Le blog Généalogie - Généanet 

 

12/02/2011

Quand rien ne va plus.... Le divorce

15 décembre 1809 : c’est désormais officiel : Napoléon Ier divorce pour raison d’Etat d’avec l’impératrice Joséphine qu’il avait épousée 13 ans plus tôt.

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A vrai dire, ce divorce, il y pensait depuis longtemps, notre Empereur, car, deux ans à peine après son mariage, sa flamme amoureuse ne s’accommodait déjà plus guère de la jalousie devenue maladive de sa femme.

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            L’annonce du divorce de Napoléon à Joséphine – Estampe de Bosselman gravée par Chasselat

Rappelons-nous, le divorce a été introduit dans notre pays par décret du 20 septembre 1792 (V. ma note du 21 août 2010). Il s’agissait alors d’une procédure simple, sans juge, le plus souvent prononcée « par consentement mutuel » après un minimum de deux ans de vie commune.

Lors de la préparation du Code civil, malgré la réserve de Maleville et Tronchet, deux de ses rédacteurs, le divorce est maintenu, et ce à la demande expresse de Bonaparte, qui justifie sa position en mettant en avant son importance dans la limitation des conflits familiaux. Son intérêt n’était cependant pas uniquement politique. Comme l’écrivit Jean Guillaume Locré de Roissy, Baron de l'Empire (1758-1840) « ne pouvant pas espérer d’enfants de Madame Bonaparte, Napoléon n’avait le choix qu’entre deux partis : celui de divorcer pour contracter un mariage moins stérile et celui de se donner des enfants par adoption. » Néanmoins, si le divorce par consentement mutuel est conservé, ses nouvelles conditions sont tellement restrictives (autorisation des parents, 5 parutions devant le président du tribunal, interdiction de remariage dans les trois ans suivant le divorce, …) qu’il va de fait tomber en désuétude. Quant au divorce pour faute, curieusement, il est décidé que la femme ne peut demander le divorce que si son conjoint adultère a « tenu sa concubine dans la maison commune ». Par contre, la femme adultère risque quant à elle une sanction pénale consistant en une condamnation à la maison de correction pour une durée de 3 mois à 2 ans.

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                                            Louis Gabriel Ambroise, Vicomte de Bonald (1754-1840)

A l’Empire, succède la Restauration et au divorce, la séparation de corps. L’article 1er de la loi du  8 mai 1816, dite loi Bonald, abolit le divorce considéré comme un « poison révolutionnaire » et rétablit la séparation de corps. La royauté de retour au pouvoir veut « rendre au mariage toute sa dignité dans l’intérêt de la religion, des moeurs de la monarchie et de la famille ».

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                                                                Alfred Naquet (1834-1916)

Ce n’est que 68 ans plus tard, en 1884, sous la IIIème République, que le divorce sera rétabli. En vertu de la  loi du 27 juillet, dite loi Naquet, il devient prononçable sur le seul fondement de fautes précises (adultère, condamnation à une peine afflictive et infamante, excès, sévices et injures graves) constituant un manquement aux obligations conjugales et rendant intolérable le maintien du lien conjugal.   

En application de la loi du 18 avril 1886 (article 251 du Code civil), mention du divorce doit être portée en marge de l’acte de mariage et des actions de naissance des époux.

La loi Naquet va régir le divorce dans notre pays pendant près d’un siècle, c’est-à-dire jusqu’à la promulgation de la loi du 11 juillet 1975 qui substitue à ce divorce fondé uniquement sur la faute, une pluralité de cas de divorce, dont le divorce par consentement mutuel.

Rappelons que les jugements de divorce sont consultables aux Archives départementales, en série U. A noter toutefois que pour la période allant de 1792 à 1804, les divorces n’étant pas prononcés par les tribunaux mais par les officiers de l’état civil, ils sont à rechercher, non parmi les archives judiciaires, mais dans les registres de l’état civil.

Histoire à suivre…