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MA BOITE A OUTILS - Page 6

  • Particule ne rime pas toujours avec noblesse !

    Qu'on se le dise : les particules nobiliaires, ces "de", "d'", "de la", "des" et "du", écrits en minuscules et précédant un patronyme, ne sont que très rarement synonymes de noblesse ! Bien des familles nobles n'en n'ont jamais eu, à commencer par la plupart des quelque trois mille anoblies sous l'Empire, comme les Murat ou les Suchet.

    Si au XVIIIe siècle, on comptait 17 000 noms de famille authentiquement nobles, il n'en subsiste plus aujourd'hui qu'à peine 4 000 dont moins de 10 remontent à l'an 1400. Sous l'Ancien Régime, la noblesse représentait à peine 1 % de la population totale. Leurs membres se distinguaient dans les actes officiels non pas par une particule mais par des qualificatifs propres comme "écuyer", "chevalier", "noble", "noble homme"ou "noble dame", "Damoiselle".

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    Bans de Mariage en date du 15 février 1611-Eglise Saint-Paul de Rouen- de Noble homme Guillaume Blanchard, seigneur de Mesnil-Raoul, mon sosa 2514

    Les plus anciennes familles nobles sont nées bien avant que ne s'imposent les noms de famille. Elles étaient connues sous le nom de leurs terres ou de leur château, on parlait alors de "Maison", comme celle d'Harcourt en Normandie. A partir des XIIe et XIIIe siècles, lorsque les patronymes roturiers, nos noms de famille actuels, sont apparus, les nouveaux anoblis ont tout simplement ajouté ce nom à celui de leurs terres. C'est le cas de la famille Le Fevre d'Ormesson, une famille de la noblesse subsistante, originaire d'Île-de-France, anoblie en 1553 et propriétaire du Château d'Ormesson sur Marne.

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    Le château d'Ormesson-sur-Marne

    Mais voilà, très vite, dans l'esprit des gens, la particule, synonyme de patrimoine donc de richesse, est interprétée comme "signe extérieur de noblesse". Les bourgeois vont s'empresser d'allonger leur nom en y ajoutant, à l'aide d'une préposition, celui de leur propriété. Leurs "obligés", en marque de respect, les doteront en outre d'une "particule de courtoisie". Résultat : Monsieur Dupont deviendra Monsieur de Du Pont du Château du Val. D'autres, plus fortunés, n'hésiteront pas à acquérir à prix d'or ce titre de noblesse si convoité et qui fera d'eux de simples "faux nobles", une noblesse d'apparence uniquement...

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    Pour conclure, il ne faut pas oublier ces officiants, curés et secrétaires de Mairie, qui, involontairement, vont maltraiter les patronymes, transformant nombre de Lachaussée en De La Chaussée, La chaussée ou bien encore Chaussée...

     

     

    Biblio. "Qui étaient nos ancêtres ?" de Jean-Louis Beaucarnot - Ed. J.-C. Lattès, 2002.

  • Au-delà de la signature...

    Pour nous, généalogistes, se concentrer sur la signature d'un ancêtre a bien des avantages. Chaque signature est une empreinte manuscrite, la preuve indiscutable de la présence de la personne recherchée dans l'enregistrement de l'évènement auquel elle participe. En outre, une signature manuscrite concentre nombre d'informations utiles sur le niveau d'instruction et le rang dans l'échelle sociale de celui qui l'a écrite. Mais surtout, car c'est loin d'être négligeable, l'étude approfondie de l'évolution d'une signature tout au long de la vie de celui ou de celle à qui elle appartient, de celles de sa fratrie et plus encore de toute sa lignée, de la plus ancienne connue à la plus récente, permet de comprendre les évolutions et les variations orthographiques et phonétiques d'un patronyme. Comprendre comment, pourquoi et quand un nom de famille a muté et/ou s'est transformé.

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    Exemple d'évolution d'un nom de famille

     

    Ce n'est pas tout. Regardez la disposition des signatures au bas d'un acte de mariage. Bien souvent, il est le reflet à la fois du degré d'implication des individus dans l'évènement mais aussi du rang de chacun dans la société locale : d'abord les mariés s'ils savent signer, puis les notables, les parents, les membres proches de la famille, les témoins, les amis et enfin le curé.

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    Acte de mariage de mes ancêtres François Cordonnier et Marie Duval - 1781

     

    Examinez attentivement la signature. Elle peut révéler le prénom que cet aïeul utilisait au quotidien parmi tous ceux qu'il avait reçus lors de son baptême. Le prénom usuel n'est pas forcément le premier prénom ! Certains signataires ajoutent à leur nom un complément indiquant la place qui était la leur au sein de la famille comme "Père"ou "fils". Bien utile en cas d'homonymie ! Comme la mention "l'ainé"ou "le jeune" qui permet de situer le déclarant par rapport aux autres membres de la fratrie. Au décès du père, il était d'usage que le fils aîné, en référence à son nouveau rôle de chef de famille, signe désormais de son seul nom, abandonnant à la fois l'indication de son prénom et du complément...

    S'agit-il de la signature d'une femme mariée ? Signe t'elle de son nom de naissance ? De son nom d'épouse ? D'une combinaison des deux ? Est-elle veuve ? A t'elle conservé le nom de son mari ou repris son nom de jeune fille ? Les réponses à ces questions permettent de cerner l'espace d'autonomie dont elle disposait au sein de son couple et de sa famille.

    La signature d'un ancêtre revient souvent dans des actes qui ne concernent pas sa parenté ? Il est souvent cité en qualité de parrain-marraine ou de témoin ? C'est une indication précieuse qui montre l'insertion sociale, la notoriété, l'étendue des relations qu'il entretenait avec son voisinage amical ou professionnel.

    Autre bonne raison de s’intéresser aux signatures de ses ancêtres : en l'absence de photographies, par leur aspect graphique, elles complètent et illustrent agréablement une généalogie ou la rédaction d'une histoire de famille.

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    Enfin, et sans pour autant faire de graphologie, la signature fait parfois état de la personnalité du signataire notamment lorsqu'elle est tracée d'une main expérimentée.

     

     

    Biblio. "Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

    "La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

    "Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.

    Merci au site : guide-genealogie.com

  • De l'apprentissage à la maîtrise du geste

    Si l'on retient que la capacité d'un individu à signer est un indice patent de son degré d'instruction, se pose à nous, amis généalogistes, l'épineux problème du classement des signatures de nos ancêtres. On ne peut bien entendu se contenter d'opposer de façon simpliste les personnes sachant signer à celles ne le sachant pas.

    S'appuyant sur l'enquête du recteur Maggiolo, nombre d'historiens se sont interrogés sur le sujet. D'une façon générale, ils ont tous exprimé leurs réserves quant à certifier un degré d'instruction à partir de ce seul signe d'instruction. En effet, un individu qui signe un acte est-il réellement en capacité de lire un texte et d'en comprendre le sens ?

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    Au XIXe siècle, l'administration militaire avait mis au point cette grille ci-dessus destinée à évaluer le niveau d'alphabétisation des hommes de troupe. Sur 7 niveaux, elle permettait de classer les individus selon leur degré d'instruction.

    evaluation,degré d'instruction,grille d'évaluation

    S'appuyant sur les travaux des uns et des autres, Thierry Sabot* a conçu pour sa part cette grille d'évaluation de la qualité graphique des signatures sur 8 niveaux.

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    Un premier niveau ou niveau "0" pour l'absence de toute trace de signe, jusqu'au niveau "7" correspondant aux signatures modernes souvent rendues illisibles par la volonté et l'aptitude du seul signataire.

    Un outil intéressant à utiliser cependant en gardant à l'esprit qu'il ne s'agit là que d'une évaluation, laquelle, par définition, garde une part de subjectivité.

    A suivre...

     

     

    Biblio. *"Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

    "La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

    "Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.