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04/05/2011

1877 : la naissance du livret de famille

Toujours en balade dans l’histoire de l’état civil de notre pays, nous voici aujourd’hui en l’année 1877.

Nous sommes sous la Troisième République et Patrice de Mac Mahon (1808-1893), (portrait ci-dessous), est à la tête de notre pays.

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Après le terrible incendie de l’Hôtel de Ville et du Palais de Justice de Paris de 1871 qui a fait partir en fumée tous les actes d’état civil de 1793 à 1860, la Commission de reconstitution des registres disparus propose en 1875 une initiative nouvelle, la création d’un livret de famille, afin que « chacun puisse conserver par devers lui les preuves de sa filiation et ainsi pallier à la destruction éventuelle des registres ».

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D’abord réservé au seul département de la Seine, Jules Armand Dufaure (1798-1881), (portrait ci-dessus), Garde des Sceaux et Président du Conseil, publie le 18 novembre 1876 un plaidoyer en faveur de sa généralisation sur tout le territoire français.

« Si cette mesure, écrit-il, vient à être généralisée, ce sera un troisième dépôt des actes de l’état civil, confié à la garde des familles. En cas de catastrophe, incendie, inondation, pillage, invasion, les registres de l’état civil pourraient être ainsi reconstitués. Grâce au livret de famille, on évitera les erreurs qui se présentent si fréquemment dans l’indication des prénoms ou l’orthographe des noms et prénoms … On sait, quand il s’agit d’un mariage et que les membres de la famille sont dispersés, combien  il faut de recherches, de temps, de formalités pour la reconstitution des actes de l’état civil. Grâce à ce livret, le lien de famille restera établi, il développera chez les travailleurs le sentiment si nécessaire de la famille. Les aristocrates ont leurs parchemins, ce livret sera l’arbre géologique de la démocratie. »

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Et ce sera son successeur à la Présidence du Conseil, un autre "Jules", Jules Simon (1814-1896), (portrait ci-dessus), qui signera le 18 mars 1877 la circulaire d’institution officielle de ce document dans notre pays. Quant à la loi municipale du 5 avril 1884, elle va obliger les mairies à prendre sur leur budget le coût de leur délivrance.

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Délivré lors de la célébration du mariage et conservé ensuite par les époux,  jusqu'en 1950, les indications y figurant ne seront portées qu'à titre de simples renseignements en dépit de son utilisation comme pièce justificative.

Est-il utile de rappeler l’importance du livret de famille pour les généalogistes ? Non seulement il réunit dans ses pages trois générations mais en outre il a permis de figer définitivement l’orthographe de tous les patronymes !

Histoire à suivre…

 

06/04/2011

La Commune de Paris : l’histoire des parisiens s’envole en fumée

Continuons, voulez-vous, notre balade dans l’histoire de l’état civil de notre pays. Nous sommes au XIXe siècle à Paris. L’année 1871. Adolphe Thiers (1797-1877), portrait ci-dessous, vient d’être élu par l’Assemblée Nationale réfugiée à Bordeaux  « Chef du pouvoir exécutif de la République Française », c’est-à-dire à la fois chef de l’Etat et du Gouvernement, tandis que le roi de Prusse proclame l’Empire allemand à Versailles, dans la Galerie des Glaces où il réside.

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Alors que le Traité de Francfort a mis fin à la guerre franco-allemande de 1870-1871, le refus de l’armistice et la crainte d’une restauration monarchique entraînent le soulèvement des parisiens qui veulent « protéger Paris des Prussiens » et qui proclament la Commune, cette période insurrectionnelle qui va durer environ 2 mois, entre mars et mai 1871.

Depuis Versailles, Thiers organise le siège de la capitale et décide d’écraser l’insurrection dans le sang.  Le 21 mai 1871 les troupes Versaillaises, soit 130 000 hommes à ses ordres, entrent dans la capitale. En 8 jours, la « semaine sanglante » va faire entre 10 000 et 17 000 victimes.

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Une partie de la Ville de Paris a été la proie des flammes et nombre d’immeubles et de monuments publics détruits comme le Palais des Tuileries, symbole du pouvoir royal et impérial,  le Palais de la Légion d’Honneur, le Palais d’Orsay où siégeait la Cour des Comptes,  le Mobilier National ou encore le Château de Saint-Cloud.

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L’hôtel de Ville (vue ci-dessus) et le Palais de Justice n’y ont pas échappé. Les flammes ont aussi englouti l’intégralité des registres paroissiaux de baptêmes, mariages et sépultures établis avant 1792 et tous les registres d’état civil dressés avant 1859 dans les 12 anciens arrondissements de la Ville de Paris et dans les communes de la banlieue intégralement annexées en 1860. Les registres originaux comme leurs doubles, les premiers conservés à l’Hôtel de Ville, les seconds au Palais de justice, ont été la proie des flammes. En tout, huit millions d’actes ont ainsi été détruits.

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Une loi du 12 février 1872 va prescrire la reconstitution de l’état civil parisien antérieur à 1860. L’entreprise, qui s’est prolongée jusqu’en 1896, a permis de rétablir près de 3 millions d’actes, datant pour la plupart de XIXe siècle. La reconstitution des actes a été essentiellement établie à partir des papiers de familles, d’extraits d’actes paroissiaux et d’actes notariés. Pour ce faire, l’Archevêché de Paris a déposé aux Archives de la capitale, les registres de catholicité tenus dans 77 paroisses ordinaires ainsi que dans 21 paroisses hospitalières et dans la chapelle de la prison Saint-Lazare.

Histoire à suivre…

12/03/2011

Les registres matricules

Toujours en balade dans l’histoire de l’Etat civil de notre pays, nous voici, comme le temps passe, à la fin du XIXe siècle, c’est-à-dire en 1867.

A un Empereur à succéder un autre Empereur ! Napoléon III, neveu du premier, est donc maintenant au pouvoir et cela depuis près de vingt ans déjà !

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                                                    Napoléon III, Empereur des Français (1808-1873)

A la veille de la guerre franco-allemande de 1870, une succession des revers internationaux conduisent le souverain à engager une réforme de l’organisation militaire et notamment les modalités de recrutement en supprimant ses aspects inégalitaires et injustes.

Rappelons-nous, la Révolution française a rompu avec le système de la milice en développant  l’idée d’un service militaire obligatoire. En 1798, en application de la loi Jourdan, tous les hommes âgés de 20 à 25 ans sont susceptibles d’être appelés en fonction des besoins pour un service d’une durée de 5 ans et illimité en temps de guerre : c’est la conscription (V. ma note du 19 octobre 2010).

Au fil du temps, cette loi va cependant faire l’objet de quelques aménagements. En 1800, le remplacement est admis. Il permet aux fils de bonnes familles d’ « acheter » » un remplaçant.  En 1803, on crée le tirage au sort : ceux qui tirent un bon numéro sont tout simplement dispensés de service militaire. Et en 1818, c’est la conscription qui est abolie et remplacée par l’appel : un recrutement par voie d’engagements volontaires, complété, en cas d’insuffisance, par l’appel de conscrits désignés par tirage au sort.

Et, c’est dans ce contexte que sont mis en place en 1867 les registres matricules, éléments précieux pour nous les généalogistes, car les renseignements qu’ils délivrent sont d’importance.

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                                                                                Table alphabétique

Etablis à la suite du recensement militaire, donc selon le domicile du soldat et non selon son lieu de naissance, les registres matricules sont assortis d’une table alphabétique permettant de retrouver le numéro matricule attribué à chaque conscrit. De lors, il est possible de consulter la fiche individuelle du soldat.

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Elle contient de nombreuses informations sur le parcours militaire de celui-ci (différentes  affectations, grades, unités, éventuelles blessures et décorations) mais aussi sur son état civil, son degré d’instruction, ses adresses successives. De plus, une description physique pallie le manque de photographie (taille, couleur des yeux, des cheveux, etc…)

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                                          Fiche matricule de mon grand-père Henri JULIEN (sosa 6)

Les registres matricules et leurs tables sont conservés au Bureau central des Archives administratives militaires puis versés dans la série R (affaires militaires) des archives départementales.  A consommer sans modération !

Pour la petite histoire, la réforme ambitieuse voulue par l’Empereur pour professionnaliser l’armée a été considérablement dénaturée par les parlementaires en majorité hostiles. Adoptée le 1er février 1868 avec tant de modifications, dont le maintien du tirage au sort et du remplacement, elle a révélé très vite son inefficacité. Ainsi, en 1870, il n’a fallu qu’un mois à l’ennemi pour anéantir notre armée…  C’est ce que redoutait Napoléon III qui avait cité, dans l’exposé des motifs de son projet de loi, la phrase de Napoléon Ier « Un pays ne manque jamais d’hommes pour résister à une invasion ou soutenir une grande guerre, mais il manque souvent de soldats… »

Histoire à suivre

Biblio. « Les registres matricules – Le blog Généalogie - Généanet