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24/02/2019

De l'apprentissage à la maîtrise du geste

Si l'on retient que la capacité d'un individu à signer est un indice patent de son degré d'instruction, se pose à nous, amis généalogistes, l'épineux problème du classement des signatures de nos ancêtres. On ne peut bien entendu se contenter d'opposer de façon simpliste les personnes sachant signer à celles ne le sachant pas.

S'appuyant sur l'enquête du recteur Maggiolo, nombre d'historiens se sont interrogés sur le sujet. D'une façon générale, ils ont tous exprimé leurs réserves quant à certifier un degré d'instruction à partir de ce seul signe d'instruction. En effet, un individu qui signe un acte est-il réellement en capacité de lire un texte et d'en comprendre le sens ?

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Au XIXe siècle, l'administration militaire avait mis au point cette grille ci-dessus destinée à évaluer le niveau d'alphabétisation des hommes de troupe. Sur 7 niveaux, elle permettait de classer les individus selon leur degré d'instruction.

evaluation,degré d'instruction,grille d'évaluation

S'appuyant sur les travaux des uns et des autres, Thierry Sabot* a conçu pour sa part cette grille d'évaluation de la qualité graphique des signatures sur 8 niveaux.

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Un premier niveau ou niveau "0" pour l'absence de toute trace de signe, jusqu'au niveau "7" correspondant aux signatures modernes souvent rendues illisibles par la volonté et l'aptitude du seul signataire.

Un outil intéressant à utiliser cependant en gardant à l'esprit qu'il ne s'agit là que d'une évaluation, laquelle, par définition, garde une part de subjectivité.

A suivre...

 

 

Biblio. *"Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

"La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

"Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.

16/12/2018

Comment interpréter les signatures de ses ancêtres ?

Enfin c'est fait, on vient de trouver l'acte que l'on cherchait depuis si longtemps et, cerise sur le gâteau, il est signé ! Une, deux ou trois signatures... De simples marques bien souvent ou, avec un peu de chance, un patronyme écrits de façon malhabile. Quoi qu'il en soit, à nous maintenant d'interpréter cet héritage !

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Quelquefois de simples initiales en guise de signature

Parmi nos aïeux, il y a ceux qui ne savent pas signer leur nom et apposent en remplacement leurs initiales en capitales d'imprimerie ou plus simplement encore, une croix, un signe, une marque. Peut-on en déduire qu'ils ne savaient ni lire, ni écrire ? Pas si sûr ! D'une part, certaines personnes à l'époque refusent volontairement de signer les actes d'état-civil alors qu'elles signent couramment les actes notariés, accordant par ce geste plus d'importance à ces derniers. Il n'est pas rare non plus qu'un ancêtre ne sachant signer lors de son propre mariage, le fasse au mariage de l'un de ses enfants. Impatience du premier curé devant un futur époux qui ne sait pas à l'évidence tenir une plume ? Témoignage d'une progression sociale ?

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Exemples de signatures maladroites...

Deuxième cas de figure, le patronyme est écrit mais à peine compréhensible. L'écriture est tremblotante , les caractères qui la composent se présentent sous la forme de lettres-bâtons et pas toujours dans le bon ordre. Trois déductions sont possibles. Soit, l'individu est totalement analphabète mais utilise un modèle qu'il s'efforce de reproduire au mieux, soit, sans savoir lire, il a seulement appris à signer son nom, soit enfin, il sait écrire mais "pratique" la plume trop peu souvent pour la maîtriser ou bien encore il est victime d'une infirmité qui le gène pour écrire.

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...ou informes

 

Troisième cas : l'acte n'est signé d'aucune des personnes intéressées et la mention de leur incapacité à signer n'est pas précisée. On ne peut, là non plus, parler systématiquement d'analphabétisme. Il peut s'agir d'une simple négligence du prêtre. Nombre d'entre-eux ne respectaient pas toujours l'obligation qu'il leur était faite de faire signer les témoins, parrains/marraines ou époux.

C'est pourquoi, il ne faut surtout pas se limiter à l'examen d'une seule signature. Au contraire, il faut s'efforcer de suivre les signatures de chaque individu à travers chaque étape de sa vie. Par comparaison, on pourra mesurer son évolution personnelle, sociale et professionnelle. On ne signe pas à l'identique à 20 ans comme à 80 ans. Avec le temps, l'écriture peut ou pas se fluidifier, les lettres apparaître plus ou moins bien formées. On peut avoir appris à lire et à écrire, et, faute de pratique, avec le temps, avoir oublié jusqu'à la calligraphie des lettres...

 

A suivre...

 

 

Biblio. "Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

"La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

"Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.

14/10/2018

Mais où se cachent les signatures de nos ancêtres ?

C'est sûrement la première question qu'on se pose lorsque, après des heures et des heures de travail, on vient de dénicher l'acte qu'on recherchait depuis longtemps, celui qui va combler notre âme d'enquêteur, qui va faire, on en est certain, avancer d'un pas de géant nos précieuses recherches généalogiques ! Cette question, c'est "Est-ce qu'il est signé ?"

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Signatures sur l'acte de sépulture de mon ancêtre Jean Le Coq - 1684 -

C'est le cas généralement en ce qui concerne les registres paroissiaux. En effet, à partir du règne de Louis XIV (1643-1715) et la mise en place du Code Louis en 1667, les actes des sacrements sont signés. Lors du baptême, par le père de l'enfant, ses parrains et marraines ; Lors du mariage, par les conjoints, leurs témoins et parfois leurs parents et quelquefois mais plus rarement, s'agissant des actes de sépulture, par le ou les déclarants et témoins. En outre, en vertu de l'article 10, "si aucun d'eux ne savent signer, ils le déclareront, et seront de ce fait interpellés par le curé ou vicaire, dont il sera fait mention".

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Signatures de l'acte de mariage de mes ancêtres maternels Marin Jullien et Marie Anne Le Cocq - 1733 -

Cependant, dans les fait et dans de nombreuses régions, il faut savoir qu'on peut trouver des signatures sur les actes bien avant la règlementation de 1667, comme en Loire-Atlantique, où les plus anciennes datent de 1550.

Enfin, jusqu'à 1736, la plupart des registres de la série départementale, celle qu'on appelle la "grosse", qui n'est qu'une copie des originaux déposée au bailliage, ne sont pas signés.

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Signatures sur contrat de mariage de mes arrières grands parents Constant Boulangé et Lucie Pellerin - 1842 -

Autre "source" de signatures : la consultation des actes notariés. Autrefois, le recours au service d'un notaire, pour divers actes de la vie quotidienne était courant. Depuis le XVIe siècle et l'ordonnance de 1554, contrats de mariage, testaments, inventaires, reconnaissances et terriers, contrats de vente et de location, quittances, contrats d'affermage, baux de métayage, redevances seigneuriales, contrats d'apprentissage... sont généralement paraphés par les témoins comme par les contractants.

Enfin,on trouve également des signatures sur les cahiers de doléances, les délibérations et procès-verbaux des assemblées, passeports intérieurs, cartes de sûreté, permis de séjour, permis de port d'arme, minutes des commissaires de police, pétitions, cartes postales,... A vous de jouer !

A suivre...

 

 

Biblio. "Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

"La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

"Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.