Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/09/2011

Les monographies de villages

A la fin du XIXe siècle, en vue de la préparation des expositions universelles de 1889 et de 1900, le Ministère de l’Instruction Publique a demandé aux instituteurs de rédiger des monographies de leur village. 

Expo Paris 1889.jpg

Nombre de ces documents ont été conservés et ce pour le plus grand bonheur des généalogistes qui, grâce à ces véritables « photographies d’époque », découvrent l’histoire du village de leurs ancêtres et nourrissent leurs recherches.

L’une des plus anciennes notices date de 1862 et concerne un village de Lozère. En effet,  bien en amont des directives ministérielles, des initiatives isolées, menées localement, notamment par des sociétés savantes ou par des Inspecteurs d’Académie soucieux d’améliorer sur leur territoire l’enseignement de la géographie, ont été à l’origine de ce travail  d’investigation et de rédaction.

Ce sont les instituteurs qui ont été chargés de relever des données de toponymie, de démographie, d’histoire et de géographie de leur commune et de rédiger ces monographies. 

MONOGRAPHIE.JPG

Celles-ci vont véritablement se développer dans les années 1883-1889. Réalisées dans le cadre de l’exposition universelle de 1889, à l’occasion du centenaire de la Révolution, elles devaient, conformément aux consignes qui avaient été données, témoigner du progrès de l’instruction publique et des qualités de l’enseignement de l’histoire et de la géographie partout en France. Obéissant à un plan strictement établi, elles présentaient, sur quatre pages manuscrites rédigées de façon détaillée par l’enseignant de la commune, outre l'histoire et la situation géographique du territoire considéré, le chiffre de sa population, ses différentes productions agricoles et/ou industrielles, ses moyens de communication et l’état du commerce local. 

MONOGRAPHIE 2.JPG

Une nouvelle série de monographies sera réalisée de 1897 à 1900 pour l’exposition universelle de 1900.

 

Les conditions de conservation de ces monographies sont malheureusement très diverses. Si beaucoup ont été perdues, certaines ont fait l’objet de publications et d’autres ont été numérisées pour être diffusées en ligne. Les "survivantes" sont en général conservées par les services des Archives Départementales, comme en Normandie pour les départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne, mais aussi quelquefois par les services des archives municipales, voire les bibliothèques municipales, ou bien encore dans les archives des services de l’inspection académique.

 

Biblio. « Les monographies de villages » W. Gassien - RFG n° 190 – Oct-Nov. 2010

22/06/2011

1974 : la majorité est fixée à 18 ans !

Bon an, mal an, poursuivant notre balade à travers l’histoire de l’état civil de notre pays, nous voici arrivés au XXe siècle. Et déjà en 1974. Cette année-là, Valéry Giscard d’Estaing succède à Georges Pompidou à la tête de l’Etat.

 

 

VGE.jpg

 

 

Le pays compte 450 000 chômeurs et l’inflation est supérieure à 15%. Quant à la société française, elle est en pleine mutation. « La famille dévient de moins en moins le lieu de l’autorité, et, entre les parents, de la division de l’autorité. Le père-chef abdique non seulement parce qu’il est dépassé, mais parce qu’à l’intérieur du couple son rôle glisse, change… 

 

 

La gifle 1974.jpg

 

C’est dans ce contexte qu’est promue le 5 juillet 1974 la loi fixant à 18 ans l’âge de la majorité. Elle stipule dans son article 1er que :

« Le mineur est l’individu de l’un ou de l’autre sexe qui n’a point encore l’âge de 18 ans accomplis. La majorité est fixée à 18 ans accomplis ; à cet âge, on est capable de tous les actes de la vie civile. »

Tous les actes de la vie civile, c’est à dire exercer, sans l’accord de ses parents ou de ses tuteurs, ses droits matrimoniaux, civiques et politiques.

Au fil du temps, ce droit a varié tant selon les époques que les régions ou le sexe de la personne.

Sous l’Ancien Régime, d’une façon générale, l’âge théorique de la majorité est de 25 ans.

Avec cependant quelques nuances. D’abord selon le sexe : l’Ordonnance royale de Blois de 1579 place à 30 ans la majorité matrimoniale pour les hommes, espérant ainsi préserver davantage les biens familiaux dont ils pourraient hériter…

 

 

MARIAG~1.JPG

 Mariage du Duc de Bourgogne le 7 décembre 1697 - Tableau de A. Dieu

 

Et selon les régions également : ainsi, le Parlement de Normandie à Rouen décrète en 1666 que toute personne née en son territoire est majeure à 20 ans, alors qu’en Bretagne, le fils reste jusqu’à 60 ans sous l’autorité du père, à moins de se marier avec son consentement, ce qui l’émancipe !

Et aussi selon les droits exercés : dans le Poitou, les enfants célibataires restent soumis au père toute leur vie, mais peuvent rédiger librement leur testament à partir de 20 ans.

S’agissant du mariage, depuis le Moyen-âge, l’Eglise reconnaît comme valides les mariages contractés même sans le consentement des parents à partir de 13 ans pour les garçons et 11 ans et demi pour les filles. Si le Concile de Trente confirme cette position, en France, cela ne convient ni au pouvoir royal, ni aux grandes familles soucieuses d’éviter les mésalliances. Un décret royal de 1556 subordonne donc le mariage des enfants mineurs à l’autorisation des parents. Et pour faire bonne figure, en 1579, on porte l’âge de la majorité à 30 ans pour les fils et à 25 ans pour les filles. Ces dispositions sont renforcées en 1639 avec l’obligation de publier 3 bans et d’entourer le prêtre de 4 témoins au moins.

A la Révolution, suite à la loi du 20 septembre 1792, la majorité pour l’ensemble des droits et pour les deux sexes est acquise à 21 ans.

Le Code civil de Napoléon renforce l’autorité du chef de famille. Si, pour les droits civiles, la majorité reste à 21 ans pour les deux sexes, il ne permet plus les mariages qu’à partir de 15 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons, avec autorisation parentale. La majorité matrimoniale permettant de convoler librement n’est acquise qu’à 21 ans pour les filles et 25 ans pour les garçons.

 

 

Mariage Bénard.JPG

 Mariage de mon grand-oncle Gustave Bénard né le 7 juin 1899, frère de ma grand-mère Blanche (sosa 7).

 

Le XXe siècle abaissera l’âge de la majorité et celui à partir duquel il est possible de se marier.

Une première fois, par la loi du 21 juin 1907 qui porte à 21 ans la majorité matrimoniale pour les deux sexes. Puis en 1974 : cette fois l’âge de la majorité des hommes comme celle des femmes est ramenée à 18 ans et pour l’ensemble des droits.

  

* Dominique Desanti, Le Monde, avril 1973.

Biblio : L’Age de la majorité – Généalogie facile – Hachette

  

21/05/2011

Les mentions marginales sur les actes d'état civil

De balade en balade à travers l’histoire de l’état civil de notre pays, nous voici arrivés à la fin du XIXe siècle, très exactement en 1897. Félix Faure (1841-1899), républicain modéré, enraciné en Normandie, au Havre plus précisément, est Président de la République.

FELIX FAURE.jpg

Après la mise en place du Livret de famille et sa généralisation sur le territoire national à partir de 1884, le législateur va adopter progressivement diverses mesures perfectionnant  le fonctionnement de l’état civil en France.

Il en est ainsi des mentions marginales. Il s’agit là d’une mesure de publicité destinée à établir une relation entre deux actes de l’état civil ou entre un acte et la transcription d’un autre acte ou jugement. Elles consistent en une référence sommaire en marge de l’acte ou jugement antérieurement dressé ou transcrit, du nouvel acte ou jugement qui vient modifier l’état civil de l’intéressé. Déjà depuis la loi du 18 avril 1886 (art. 251), mention du divorce devait être apposée en marge de l’acte de mariage et des actes de naissance des deux conjoints.

MENTIONS MARG 1.JPG

 

               Acte de naissance de mon grand-père Paul Boulangé (sosa 4) le 18 juillet 1877 à Mesnil-Esnard (76)

Mais en application de la loi du 17 août 1897 (art. 76 du Code civil), c’est la célébration du mariage avec le nom du conjoint, la date et le lieu du mariage, qui doit être portée en marge de l’acte de naissance de chacun des époux. Et si ledit mariage a entraîné une légitimation, celle-ci sera reportée en marge de l’acte de naissance de l’enfant concerné.

MENTIONS MARG 2.JPG

 

         Acte de naissance de mon arrière grand-mère Louise Lecreq (sosa 13) le 9 juillet 1875  à Darnétal (76)

Plus tard, mais dans le même esprit, l’ordonnance du 29 mars 1945 ordonnera l’inscription de la mention du décès (date et lieu) en marge de l’acte de naissance du défunt.

Enfin, la loi du 2 juillet 1915, modifiée par celle du 28 février 1992, attribue automatiquement aux combattants tués par l’ennemi la mention marginale « Mort pour la France ».

On mesure bien sûr l’intérêt des mentions marginales pour tous les généalogistes, puisque la connaissance d’un acte permet par une mention la connaissance d’un autre !

Histoire à suivre…