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04/05/2009

La bibliothèque du généalogiste

Si le généalogiste a besoin de travailler sur les archives, il a aussi besoin, à plus d’un titre, de rechercher et de consulter divers ouvrages, tant de documentation généalogique pure que de documentation générale.

Concernant la première, la plupart des cercles généalogiques proposent en prêt, à la lecture de leurs adhérents,  une bibliothèque très spécialisée composée de bulletins, études, revues, ouvrages et autres monographies régionales.

La documentation générale est de coloration plus historique. Elle permet au généalogiste d’approfondir les modes et conditions de vie de ses ancêtres grâce à la consultation d’ouvrages anciens ou plus récents qui n’en font pas moins référence.

La Revue Française de Généalogie a, dans son numéro 144 de février-mars 2003, repéré quelques ouvrages de base « incontournables » destinés à ceux qui souhaitent se constituer une petite bibliothèque spécialisée en ouvrages d’histoire. Ce fonds documentaire permet de disposer chez soi des clés nécessaires à une meilleure exploration  et à une meilleure compréhension du monde de nos aïeux. Les voici :

Ouvrages généraux :

- Histoire de la France rurale, Collectif, Le Seuil, 1976.

- Les Français d’hier : des paysans, XVe-XIXe siècles, G. Audisio, Armand-Colin, 1993.

- Les Français d’hier : des Croyants, XVe-XIXe siècles, G. Audisio, Armand-Colin, 1996.

- Le cadre de vie en France aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, P. Delsalle, Ophrys, 1995.

- Les campagnes en France aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, P. Delsalle, Ophrys, 1998.

- La recherche historique en archives, XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, Collectif, Ophrys, 1993.

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- La vie quotidienne des paysans français au XVIIe siècle, P. Goubert, Hachette, 1982.

- La vie quotidienne au temps de Louis XIV, F. Bluche, Hachette, 1984.

- Qui étaient nos ancêtres ?, J-L. Beaucarnot, J-C. Lattès, 2002.

 

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- Familles, parenté, maison, sexualité dans l’ancienne société, J-L. Flandrin, Hachette, 1976.

- Histoire de la France urbaine, Collectif, Le Seuil, 1983.

- Histoire de la Population française, Collectif, PUF, 1988.

- Histoire du Peuple français, Collectif, Nouvelle Librairie de France, 1999.

- Histoire des Mœurs, collectif, Gallimard, 1990.

- Histoire des Institutions, J. Ellul, PUF, 1969.

- Histoire des choses banales, naissance de la consommation, XVIIe-XIXe siècles, D. Roche, Fayard, 1997.

Témoignages et pages de vie :

- Les papiers d’un laboureur au siècle des lumières – Pierre Bordier : une culture paysanne, J. Vassort, Champ-Vallon, 1999.

- La vie de mon père, N. Rétif de la Bretonne, Olms, 1979.

- La vie d’un simple, E. Guillaumin, Stock, 1943.

- Mémoires d’un paysan bas-breton, J-M. Déguignet, 1834-1905, An Here, 2000.

- Louis-Simon, villageois de l’ancienne France, A. Fillon, Ouest-France, 1996.

Ouvrages ponctuels thématiques :

- Entrer dans la vie, naissances et enfances dans la France traditionnelle, Collectif, Gallimard Archives, 1978.

- Les amours paysannes, XVIe-XIXe siècles, J-L. Flandrin, Gallimard Archives,  1975.

- Mourir autrefois, attitudes collectives devant la mort aux XVIIe et XVIIIe siècles, M. Vovelle, Gallimard Archives, 1974.

- Le français dans tous les sens, H. Walter, Robert-Laffont, 1988.

- Dictionnaire du monde rural – Les mots du passé, M ; Lachiver, Fayard, 1997.

 

n.b. Certains de ces ouvrages étant épuisés, vous pouvez tenter votre chance sur le marché de l’occasion en allant sur le site www.chapitre.com

19/04/2009

La signature de nos ancêtres

La signature de nos aïeux est-elle révélatrice de leur niveau culturel ? A quelques rares exceptions près, les écrits de nos ancêtres lointains étant inexistants, leur signature est dès lors la seule trace permettant d’établir une graduation de l’échelle des savoirs.

Il faut rappeler que les toutes premières signatures (telle que nous les concevons aujourd’hui) sont apparues dès le Moyen Age avec le « grand seing » des notaires, dessin complexe flanqué d’une véritable signature paragraphée, dénommée quant à elle « petit seing ».

Au fil des siècles, les marques représentatives et distinctives des individus, même si elles ont été longtemps réservées aux élites, se sont transformées.

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La signature du Roi Henri IV
Du Ve au VIIIe siècle, seings, sceaux, ruches, souscriptions, rébus, marques, dessins… ont été autant d’étapes vers la signature permettant à celle-ci de devenir, par son expression, le signe écrit prioritaire pour l’identification.

Symbole religieux et signe précurseur de la signature, le plus connu et surtout le plus facilement reproductible, propre à emporter l’adhésion de la majorité silencieuse des illettrés, la croix, apparaissait, dans le monde d’autrefois, essentiellement comme un symbole religieux, suffisamment fort pour s’apparenter au serment. Tracer une croix, c’était prendre Dieu à témoin de son engagement. Et nos ancêtres, dont le bon sens compensait toujours le manque de culture, se méfiaient aussi des faussaires. Beaucoup de ces signes, apposés au bas d’un acte notarié, pouvaient facilement être reproduits. Désireux de se protéger et sans doute d’imiter ceux qui non seulement savaient écrire, mais qui d’un paraphe compliqué authentifiaient leurs signatures, les plus modestes (comme les artisans, les pêcheurs, …) cherchèrent souvent à se démarquer en reproduisant, plus ou moins maladroitement, un objet symbolique de leur environnement professionnel. Sous Louis XI, l’artisan dessine donc volontiers son outils, le paysan essaie de tracer une croix plus ou moins régulière, le bourgeois écrit son nom, l’homme de loi enveloppe sa signature avec des replis de paraphes compliqués, le gentilhomme se singularise en signant de lettres d’un demi-pouce.

L’usage de ces marques s’estompera dès le début du XVIIe siècle avec le développement de l’école mais aussi à cause de la promulgation, en 1554, d’une ordonnance d’Henri II ordonnant que  « dorénavant tous contrats et obligations quittances et actes privez, soient outre les seings des notaires, soussignez des parties qui les consentiront s’ils scavent signez ou quand ils ne scavent signez, par quelqu’un d’autre homme de bien et de cognoissance a leur requeste. »

Le manque de pratique de l’écriture limitera longtemps encore l’application de l’ordre royal ! Les villageois continueront volontiers jusqu’à la Révolution à remplacer leurs signatures par un signe, une marque ou encore un griffonnage quelconque que le notaire certifiera et que les curés, sur leurs registres paroissiaux accepteront avec bienveillance et en toute connaissance de cause.

Comment interpréter de façon rationnelle les signatures de nos ancêtres ? Pour nous y aider, la Revue Française de Généalogie a publié dans son numéro 141 d’Aout-Septembre 2002, le tableau d’analyse ci-dessous s’appuyant sur des travaux de statisticiens et sur l’expérience de généalogistes.

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07/04/2009

De Saint-Louis ou de Charlemagne ?

Tous les guides pratiques de généalogie citent la fameuse maxime de La Bruyère selon laquelle « tout homme descend à la fois d’un roi et d’un pendu ». C’est évidemment une image. En fait, par roi et pendu, il faut entendre puissant et marginal. A la place du roi, on trouve plus souvent un seigneur local, et à celle du pendu, un indigent ou quelque galérien.

Nous avons des milliards d’ancêtres, du moins en théorie, soit quelque 134 millions d’aïeux contemporains de Saint-Louis et quelque 16 000 milliards contemporains de Charlemagne !

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  Charlemagne, mosaïque de la Cathédrale de' Strasbourg

Mathématiquement, cela nous donne 1 chance sur 10 de descendre du premier et 9 chances sur 10 du second ! Le tout, bien sûr, étant, en généalogie, de parvenir à le prouver !

Et en la matière, nous ne sommes pas tous à égalité. Ceux directement issus de familles nobles ont évidemment beaucoup plus de chances d’établir ce genre de filiation et cela sans trop de difficultés.

Pour les autres, il faut savoir qu’il n’y a pas vraiment de méthode, se répéter que le hasard reste le maître du jeu et se rappeler que la qualité principale  du chercheur est de ne rien jamais négliger !

Bien entendu, plus on a identifié d’ancêtres, plus on a de chances de trouver, parmi eux, celui qui ouvrira la porte à une ascendance royale.

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que la plupart des filiations de ce type passent le plus souvent par une branche ayant connu une régression sociale. Nos ancêtres n’avaient souvent que des fortunes fragiles, essentiellement mobilières, que maintes circonstances pouvaient à tout instant compromettre comme la mort prématurée du père, une mauvaise gestion, des vices et défauts tels que l’oisiveté, l’alcoolisme, le goût du jeu et des dépenses… ce qui entraînait en une ou deux générations la chute du statut social.

Dès que l’on repère ce phénomène dans sa généalogie, dès qu’émerge une famille noble ou d’apparence noble, non seulement avec le port de noms de terres mais avec des alliances et parentés dans ce même milieu, il faut s’attacher à l’étudier le plus loin possible. Pour ce faire, la consultation d’ouvrages nobiliaires et armoriaux locaux, régionaux et nationaux* en bibliothèque est des plus précieuses.

Avec du courage et surtout beaucoup de chance, on peut ainsi espérer remonter à Saint-Louis, voire beaucoup plus loin et pourquoi pas jusqu’à Ramsès II ! N’est-ce pas la difficulté qui donne tout le sel à la recherche ?

 

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Le roi Saint-Louis

 

*PRINCIPALES SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES

(Extrait du n°154 de la R.F.G. d’Oct-Nov. 2004)

-       Père Anselme : Histoire généalogique et chronologique de la Maison de France et des Grands officiers de la Couronne (9 volumes + supplément de 3 volumes)

-        D’Hozier : Armorial général de France (13 volumes)

-        La Chenaye-Desbois : Dictionnaire généalogique des familles nobles en France

-      Gustave Chaix d’Est-Ange : Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables

-        Albert Révérend : Titres et confirmations de titres (8 volumes)

-        Baron de Woëlmont : Notices généalogiques (8 volumes)

-        Jougla de Morenas : Grand Armorial de France (6 volumes)

-        Nicolas V. de Saint-Allais : Nobiliaire universel de France (2 volumes)

-        Abbé Jacques Dupont : Les cahiers de Saint-Louis

-        Jacques Saillot : Le sang de Charlemagne

-        Frédéric Gunst-Horn : La descendance capétienne.