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02/01/2010

Bienvenue au club des généalogistes amateurs !

Le début d’année est en général propice à la prise de décisions comme se mettre au régime, arrêter de fumer ou bien encore, écrire ses mémoire ou….

Commencer son arbre généalogique !

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C’est une idée qui vous trotte dans la tête depuis que des voisins, des amis, qui se sont lancés avant vous, vous ont raconté leurs trouvailles, leurs surprises, leur joie à s’être découvert des ancêtres célèbres ou des cousinages surprenants et vous vous dites que vous en feriez bien autant ! Pourquoi pas ? De toute façon, ça ne sera que du bonheur, je vous l'assure !

Pour vous aider à démarrer, voici quelques conseils qui vous permettront sans difficulté de réussir "sans coup férir !"

La première chose à faire est de choisir la branche sur laquelle vous allez faire votre apprentissage. En effet, il faut éviter de commencer par une situation complexe. Je m'explique : si l’un de vos parents, père ou mère, est d’origine étrangère, écartez-le pour l’instant et étudiez de préférence la branche française. De même, privilégiez dans un premier temps la proximité, l’aïeul originaire de votre département plutôt que celui géographiquement très éloigné (sauf éventuellement si les archives départementales de ce département sont en ligne).

Une fois la branche choisie, partez du bon ancêtre, c’est-à-dire de celui sur lequel vous disposez d’un minimum d’informations comme son nom, son prénom et si possible le lieu et/ou la date ou l’année de son décès. Le cas échéant, pour les obtenir, interrogez vos proches et surtout les anciens et exploitez les « papiers de famille » (livrets de famille, faire-part, actes notariés, correspondances, etc…) : il serait bien rare que nous ne glaniez pas quelques renseignements précieux !

Concrètement, le plus souvent, vous prendrez comme « ancêtre de départ », le grand-père du doyen de la branche sur laquelle vous avez choisi de travailler. Cet ancêtre sera soit votre grand-père, soit celui de votre père ou de votre mère.

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En vous adressant à la mairie du lieu de son décès ou de son dernier domicile, vous pourrez obtenir une copie ou extrait de son acte de décès ou de la transcription de celui-ci. Pour ce faire, déplacez-vous ou écrivez (joindre une enveloppe timbrée pour la réponse). Ce document vous fournira l’état civil complet de cet ascendant, sa filiation (prénom et nom de ses parents), le nom de son conjoint et d'autres informations précieuses. En effet, prenez l’habitude de lire attentivement ces documents : chaque détail a son importance ! Et méfiez-vous de l’orthographe : les noms de famille n’en n’avaient pas et ce parfois jusqu’au début du XXe siècle.

Grâce aux renseignements obtenus, vous allez pouvoir poursuivre vos recherches en vous procurant ensuite l' acte de naissance de cet aïeul et son acte de mariage, l’acte de décès de ses parents, et ainsi de suite…

Bien sûr, la recherche généalogique n’est pas un long fleuve tranquille. La règle d’or est qu’elle oblige à chercher ! Rappelez-vous que vous allez mener une véritable enquête policière qui va exiger rigueur, perspicacité et persévérance.

Mais que de satisfactions et de joie à chaque nouvelle étape !

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Enfin, sachez qu’il existe nombre de guides pratiques en la matière, mais je me permets de vous recommander le Hors-série de la Revue Française de Généalogie « Méthodes et astuces pour réussir votre généalogie » qui vous donne sur 96 pages et pour 8 ,90€ les informations essentielles pour débuter et mener à bien vos recherches.

A vos armes ! Prêts ? Partez !

08/11/2009

Pour dater une photographie ancienne

Il est bien rare d’avoir chez soi un ancêtre peint par Mignard ou Mme Vigée-Lebrun !!!

Par contre, on peut avoir la chance de disposer de vieilles photographies, autant de portraits un peu figés et très solennels, grâce auxquels on découvre avec bonheur les traits et les physionomies de ceux qui nous ont précédés.

Dater une photographie est un exercice facile si l’on connaît deux ou trois petits trucs des plus utiles.

L’attitude des personnages est un premier moyen de datation : plus le personnage parait figé (appuyé sur une canne, la main posée sur une table,…), plus la photo est ancienn, c'est-à-dire vers 1850. Car, la canne et le guéridon étaient des subterfuges utilisés pour permettre au sujet photographié de garder longtemps la pose.

Plus le temps de pose se raccourcit, grâce aux progrès techniques, plus la photo permet de photographier dans des délais raisonnables : l’enfant peut donc apparaître sur les photos dès 1880, avant de triompher en 1900 dans la « mignonnette ».

L’aspect des photographies est un second moyen de datation. La présentation des photographies ne cesse d’évoluer entre 1850 et 1900. Parmi les points les plus significatifs figure l’épaisseur du cartonnage et l’ornementation de la photographie.

 

Petit mémo pour vous y retrouver plus facilement :

 

1-de 1850 à 1870 : Pour ces photographies les plus anciennes, le cartonnage utilisé est très mince (4/10e de mm), les coins sont carrés, des caractères d’imprimerie très petits à l’encore noire figurent au dos, caractères qui grossissent à partir de la première Exposition universelle en 1867.

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 Catherine DESMARE (sosa 29) femme de Désiré BENARD (1825-1879), mon aïeule photographiée vers 1870

2-de 1871 à 1885 : Le carton blanc est plus épais (6/10e de mm), les coins s’arrondissent, un filet encadre de plus en plus souvent la photo qui est parfois signée avec, en-dessous du nom du photographe, le lieu où il exerce. L’encre d’imprimerie est de couleur violette, sépia, voire rouge ou verte. 

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Photographie supposée de Claris BENARD (1853-1879) soeur de mon arrière grand-père Albert Bénard (sosa 14)

 

A partir de 1875, quelques photos sont en outre bombées grâce à une déformation du cartonnage.

A partir de 1880, le dos se colore de couleurs vives (bleu, rouge, bordeaux) et le photographe imprime des formules du style « Photographie artistique » ou « Photographie moderne ». Les caractères sont parfois en gothique et le filet entourant la photographie s’épaissit.

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A partir de 1885, le photographe signe souvent sa photo, à l’avant, en un grand paraphe calligraphié qui mentionne son adresse. A noter que c’est à cette époque que l’on commence à photographier les défunts sur leur lit de mort...

 

3-de 1886 à 1930 : En 1890, les photographies en sépia brillant apparaissent, puis à partir de 1895, le dos devient volontiers pastel, tandis que la tranche est biseautée et décorée en doré sous l’influence du modern style.

Dès 1900, les angles redeviennent droits, la tranche est parfois argentée. Des mentions du style « Reproduction interdite » commencent à apparaître au dos. Ce dernier se charge de motifs ; soleils, médailles, anges, le tout imprimé avec de l’encre bleue ou violette

En 1910, retour à la sobriété : le dos, de nouveau blanc, s’épure. Le carton est volontiers grainé à l’avant. Certaines photos s’ornent de bords noirs. Le photographe se limite à mentionner son nom, son téléphone et, à Paris, la station de métro la plus proche de son atelier d’art.

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Photographie d'Albert BENARD (1894-1915), frère de ma grand-mère Blanche BENARD (sosa 7),

 mort au combat en octobre 1915.

Dès 1920, le cartonnage s’amincit et représente désormais l’épaisseur de deux cartes à jouer. La photographie peut être tirée en format carte postale (9cm x 14 cm).

A partir de 1930, un papier blanc, glacé, mince comme un papier épais et non plus comme un carton mince s’impose désormais.

Il faut attendre 1965 pour que la photo couleur apparaisse. Dès lors, le tirage se fait sur papier plastique brillant ou mat.

29/09/2009

Petit rappel sur les dispenses de mariage accordées par l'Eglise

Si, il y a très longtemps, les unions entre cousins étaient fréquentes et totalement libres, sous l’Ancien Régime, une autorisation exceptionnelle, appelée « dispense », devait être demandée et accordée pour qu’un mariage puisse avoir lieu entre parents trop proches.

Pour comprendre cette restriction de liberté, il faut se rappeler que la France de Louis XIV compte vingt millions de sujets. Villes et villages ne comportent qu’une population limitée. De surcroît, la division de la société en trois états, clergé, noblesse et tiers, fait que les princes n’épousent les bergères qu’au théâtre ! Dans la réalité, on ne marie sa fille que dans son milieu et dans un environnement local, c'est-à-dire près de chez soi. Le choix des conjoints possibles est donc des plus limités. En outre, dans le village, les notables marient leurs enfants entre eux, de génération en génération, pour éviter les partages et s’assurer la maîtrise des terres avec des dots confortables. Voilà pourquoi, au bout de quelques générations, les mariages ne se célèbrent plus qu’entre cousins ! Or, si le droit canon interdit les unions entre parents trop rapprochés, il va offrir aux futurs époux la possibilité de demander à Rome ou à l’évêché une « dispense de consanguinité »  presque toujours accordée.

Bien sûr l’union entre frère et sœur reste totalement proscrite. Mais l’interdit entre un oncle et une nièce (1er degré canonique) et entre cousins germains (2ème degré canonique) peut ainsi être levé par le Saint-Siège. Le Pape se réserve également les dispenses accordées aux familles royales, comme celle qui va permettre au Roi louis XIV d’épouser l’infante d’Espagne, Marie-Thérèse d’Autriche, alors qu’ils ont les mêmes quatre grands-parents. De fait, les élites vont continuer à solliciter leurs dispenses plutôt à Rome.

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9 juin 1660 - Mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche par Lausmonier

Concernant les cousins jusqu’au 4ème degré canonique inclus (petits-enfants de cousins germains), la dispense relève depuis 1563 de l’évêque.

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Ces dispenses étaient toujours établies en deux exemplaires. La minute restait à l’évêché. L’expédition était destinée au curé devant célébrer le mariage. Depuis la déclaration royale de février 1692, la dispense est obligatoirement mentionnée soit directement dans l’acte de mariage, soit dans le registre paroissial, quelques jours avant la date de la célébration.

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La minute ou dossier de dispense, lorsqu’il est complet, comporte, outre l’accord de l’Evêque, la « supplique des fiancés » (noms, prénoms, professions et domiciles des « supplicants », nature et degré de l’empêchement, et pour les cas d’affinité et de consanguinité, un tableau de cousinage où figurent les ascendants de la lignée menant à l’ancêtre commun,dont l’intérêt pour le généalogiste n’est pas à démontrer) ainsi que « l’enquête » menée à la paroisse (témoignages de quatre personnes avec éventuellement des précisions sur les situations familiales et des copies des actes).

La plupart des dossiers de dispenses de mariage sont aujourd’hui conservés aux Archives départementales dans la série G.

Outre la dispense de consanguinité, il ne faut pas oublier que l’Eglise validait également d’autres dispenses comme celle dite « de pauvreté », qui permettait de réduire le délai de remariage d’une veuve pourvue d’enfants (une rapidité parfois indispensable à sa survie).

La dispense « d’affinité », différente de la consanguinité, visait uniquement le remariage d’un veuf ou d’une veuve souhaitant épouser en secondes noces une cousine ou un cousin du premier conjoint. Celle de « l’honnêteté publique » suffisait lorsque le lien précédent n’avait pas été au-delà des fiançailles, comme par exemple un homme souhaitant épouser une femme après avoir été fiancé à sa sœur.

S'agissant de la dispense pour « affinité (ou cognation) spirituelle », l’Eglise considérant que père, mère, parrain, marraine d’un enfant sont des frères et sœurs spirituels, il était interdit au père devenu veuf d’épouser la marraine d’un de ses enfants, même après le décès de ce dernier.

Quant à la dispense « d’adultère » , elle était nécessaire si un veuf et sa fiancée avaient commis ledit « crime ». Auparavant, ils devaient jurer que ce « crime » n’était pas la cause de la mort de la première épouse.

Enfin, les mariages durant la période du Carême ou de l’Avent ou « temps interdits », ou ceux célébrés avant moins d’un an de résidence dans le diocèse, comme la publication de moins de trois bans, étaient également soumis à dispense.