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17/02/2010

De l'utilité des prénoms dans une recherche généalogique - 2ème partie

Il est bon de se souvenir que le prénom, longtemps appelé « nom » tout court, a été, jusqu’au début du second millénaire, la seule dénomination de nos ancêtres. On le sait, nos noms de famille sont la conséquence de la grande période de paix qui s’installa à cette époque dans notre pays et qui généra une forte croissance tant économique que démographique. La multiplication d’homonymies au sein des communautés, paroisses et seigneuries qui en résultèrent seront spontanément et empiriquement résolues par l’adjonction de « sobrenoms » ou surnoms, peu à peu transmis héréditairement pour finir par devenir nos noms de famille actuels. Et ces surnoms ont été donnés selon le physique (Legros, Lelong, …), le métier (Boulanger, Charpentier, …), le caractère (Ledoux, Léveillé,…) , le lieu habité (Lenormand, Bourguignon,…), etc…

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Louis VI de France dit Le Gros (1081-1137)

 

Mais ce dont il faut se souvenir c’est que, lorsque nos ancêtres du XIe siècle baptisaient un enfant sous le prénom de Claude, d’André, de Jean ou de Bernard, ils puisaient sans le vouloir, tout ignorants qu’ils étaient, dans des registres variés, sans y accorder la moindre attention, ne retenant le prénom que pour les raisons déjà exposées, à savoir principalement le parrainage ou le patronage.

En effet, le fait de donner à un enfant un nom d’origine grecque ou germanique, comme André ou Bernard, n’en faisait évidemment nullement un Grec ni un Franc, pas plus que le fait de prénommer aujourd’hui un enfant Kévin ou Jonathan ne fait de lui un Irlandais ou un américain !

 

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Baptème de Clovis le 25 décembre 496 à Reims selon St-Gilles

De même, porter pour patronyme un nom tiré d’un ancien prénom indique à tout le mieux qu’il est dû à un ancêtre ainsi prénommé, ancêtre normand, bourguignon ou gascon, peu importe, mais en tous les cas ni grec ni germanique lui-même, et n’induit donc strictement rien au plan d’éventuelles origines étrangères.

L’étymologie du nom de baptême en question, quelle qu’elle soit, n’a aucun rapport avec l’homme qui l’a reçu et transmis comme nom de famille et moins encore avec l’histoire de la famille. Qu’il soit né en 1080, en 1750 ou en 2009, un garçon porteur du prénom Claude, venu d’un mot latin signifiant « boiteux », ne l’est pas pour autant lui-même, pas plus que les ancêtres des actuels Bernard, qui avaient été baptisés ainsi, n’avaient dû ce nom à « l’ours fort » que livre son étymologie. En fait, l’étude anthroponymique du patronyme Bernard s’arrête à noter qu’il est dû au nom de baptême d’un lointain ancêtre.  L’étymologie du nom en question n’a pas plus de lien avec l’histoire du patronyme et des familles le portant, que celle du mot « pont » ne sera liée à celle des Dupont.

 

07/02/2010

De l’utilité des prénoms dans une recherche généalogique -1ère partie

Si le nom de famille est de façon bien justifiée l’obsession principale du généalogiste, le prénom, simple ou composé, traditionnel ou insolite, héréditaire ou influencé par les modes, n’en est pas moins une donnée essentielle qui peut aussi bien aider que compliquer nos recherches !

Il faut se rappeler qu’autrefois, le prénom était choisi en fonction de deux considérations essentielles : le parrainage et la religion.

Le parrain ou la marraine transmettait à l’enfant son propre prénom. On sait que pour des raisons de politique matrimoniale, ces parrains et marraines étaient traditionnellement choisis d’abord parmi les grands-parents, puis les oncles et tantes, les cousins germains et les frères et sœurs aînés, voire aussi, parfois, parmi les notables ou les dominants.

Ensuite, il appartenait au curé d’accepter le prénom choisi, ce qu’il faisait volontiers dès lors qu’il pouvait trouver mention de celui-ci dans ses tablettes. Comme, au fil du Moyen Age, l’immense majorité des noms d’origine latine comme ceux d’origine germanique, respectivement dus aux héritages gallo-romain et franc, s’étaient vus cautionnés par quelque saint, religieux ou ermite, cette recherche lui était largement facilitée. Et si, à la limite, il hésitait encore sur l’orthodoxie d’un prénom, il pouvait pour conclure exhorter le père du baptisé à lui donner le nom du saint patronnant la paroisse, saint proche et familier, qui avait forcément maintes fois eu l’occasion de prouver son attachement à ses habitants en exauçant leurs vœux.

Au cours de nos recherches, on rencontre assez fréquemment le cas de ces fratries porteuses d’un même prénom, comme trois frères prénommés « Jean » ou trois sœurs « Marie » difficulté généralement due à des parrains homonymes et souvent réglée sous l’Ancien Régime par l’adjonction de surnoms comme « l’aîné », « le jeune » ou « le cadet ».

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Guillaume Roussel dit "Cadet-Roussel", personnage populaire de la Révolution française (1743-1795)

A noter que ceux de « l’ancien » et « le jeune » étaient davantage utilisés en cas d’homonymie père-fils. Plus tard, au XIXe siècle, les protagonistes choisiront pour se démarquer de leurs frères de changer tout simplement de prénom, se faisant appeler, par exemple, Jules au lieu de Jean, ce dont l’état civil ne se fera que très rarement l’écho en écrivant dans l’acte « Jean dit Jules ».

L’usage des prénoms doubles voire multiples ne va apparaître que dès le XVIIIe siècle d’abord dans les classes aisées et évoluées des villes, puis s’étendre progressivement dans celles des campagnes avant de toucher les classes ouvrières un peu avant la fin du XIXe siècle. Les records se rencontreront dans les familles régnantes. Ainsi, le Duc de Bordeaux, né en 1820, en avait reçu cinq, mais d’autres princes en recevront facilement seize à vingt !

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Henri Charles Ferdinand Marie Dieudonné d'Artois, duc de Bordeaux

En généalogie descendante, un prénom, pour avoir été rendu quasiment héréditaire dans la branche d’une famille par le processus du parrainage, pourra être retenu comme une présomption d’appartenance à cette branche, à plus forte raison en cas de prénom peu ou moyennement courant.

De même, en généalogie ascendante, lorsque l’on bute sur un couple d’ancêtres manifestement venu d’ailleurs et porteur de prénoms localement inusités et apparemment particuliers, il est bon de considérer ces prénoms comme autant d’indices précieux. Ainsi, une mère nommée « Faronne » peut être originaire de la région de Meaux, dont Sainte Fare patronne l’une des paroisses.

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Sainte Fare, née au VIe siècle

En outre, face à des prénoms pour le moins énigmatiques, on peut ainsi rechercher l’existence de communes ou paroisses du même nom.

Aussi, avec les prénoms de nos aïeux, gardons-nous bien de faire des amalgames et restons pragmatiques !

A suivre...

 

 

02/01/2010

Bienvenue au club des généalogistes amateurs !

Le début d’année est en général propice à la prise de décisions comme se mettre au régime, arrêter de fumer ou bien encore, écrire ses mémoire ou….

Commencer son arbre généalogique !

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C’est une idée qui vous trotte dans la tête depuis que des voisins, des amis, qui se sont lancés avant vous, vous ont raconté leurs trouvailles, leurs surprises, leur joie à s’être découvert des ancêtres célèbres ou des cousinages surprenants et vous vous dites que vous en feriez bien autant ! Pourquoi pas ? De toute façon, ça ne sera que du bonheur, je vous l'assure !

Pour vous aider à démarrer, voici quelques conseils qui vous permettront sans difficulté de réussir "sans coup férir !"

La première chose à faire est de choisir la branche sur laquelle vous allez faire votre apprentissage. En effet, il faut éviter de commencer par une situation complexe. Je m'explique : si l’un de vos parents, père ou mère, est d’origine étrangère, écartez-le pour l’instant et étudiez de préférence la branche française. De même, privilégiez dans un premier temps la proximité, l’aïeul originaire de votre département plutôt que celui géographiquement très éloigné (sauf éventuellement si les archives départementales de ce département sont en ligne).

Une fois la branche choisie, partez du bon ancêtre, c’est-à-dire de celui sur lequel vous disposez d’un minimum d’informations comme son nom, son prénom et si possible le lieu et/ou la date ou l’année de son décès. Le cas échéant, pour les obtenir, interrogez vos proches et surtout les anciens et exploitez les « papiers de famille » (livrets de famille, faire-part, actes notariés, correspondances, etc…) : il serait bien rare que nous ne glaniez pas quelques renseignements précieux !

Concrètement, le plus souvent, vous prendrez comme « ancêtre de départ », le grand-père du doyen de la branche sur laquelle vous avez choisi de travailler. Cet ancêtre sera soit votre grand-père, soit celui de votre père ou de votre mère.

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En vous adressant à la mairie du lieu de son décès ou de son dernier domicile, vous pourrez obtenir une copie ou extrait de son acte de décès ou de la transcription de celui-ci. Pour ce faire, déplacez-vous ou écrivez (joindre une enveloppe timbrée pour la réponse). Ce document vous fournira l’état civil complet de cet ascendant, sa filiation (prénom et nom de ses parents), le nom de son conjoint et d'autres informations précieuses. En effet, prenez l’habitude de lire attentivement ces documents : chaque détail a son importance ! Et méfiez-vous de l’orthographe : les noms de famille n’en n’avaient pas et ce parfois jusqu’au début du XXe siècle.

Grâce aux renseignements obtenus, vous allez pouvoir poursuivre vos recherches en vous procurant ensuite l' acte de naissance de cet aïeul et son acte de mariage, l’acte de décès de ses parents, et ainsi de suite…

Bien sûr, la recherche généalogique n’est pas un long fleuve tranquille. La règle d’or est qu’elle oblige à chercher ! Rappelez-vous que vous allez mener une véritable enquête policière qui va exiger rigueur, perspicacité et persévérance.

Mais que de satisfactions et de joie à chaque nouvelle étape !

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Enfin, sachez qu’il existe nombre de guides pratiques en la matière, mais je me permets de vous recommander le Hors-série de la Revue Française de Généalogie « Méthodes et astuces pour réussir votre généalogie » qui vous donne sur 96 pages et pour 8 ,90€ les informations essentielles pour débuter et mener à bien vos recherches.

A vos armes ! Prêts ? Partez !