Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/06/2010

La Normandie, terre "Beurrée des Dieux" !

Le beurre a toujours été très apprécié par les Normands. La terre normande n’est-elle pas « beurrée des Dieux » ? On le retrouvait et on le retrouve encore, c’est bien connu, dans tous les plats, toutes les préparations. Et si jadis, on beurrait les galettes et le pain qui accompagnait le repas,  ce n’est vraiment qu’à partir du XIXe  siècle qu’on vit les Normands en faire une grosse consommation et l’ajouter au fromage et même aux fruits !

BeurreR.jpg

Certaines expressions nous sont restées, qui témoignent de la cherté du beurre au temps jadis et de l’attention que portait le paysan à ne point gâcher : « Combien qu’i y a de vaches t’cheuté* ? disait-on à celui qui beurrait trop largement son pain. Et, lorsqu’on parlait d’un gaspilleur, on s’exclamait : « I met l’beurre à la broche !** »

baratte2.jpg

Le beurre était si présent dans la vie des paysans, tant par sa consommation que par toutes les activités que sa fabrication imposait, que même les enfants l’intégraient dans leurs jeux. Ainsi, l’un de leurs favoris était de répéter le plus rapidement possible et sans se tromper

«  Si j’était petit pot à beurre, je me dépetipotabeurrerais bien ! » A vous maintenant !

peintureNormande.jpg
* "Combien y-at'il de vaches chez toi ?"
** "Il met le beurre à la broche !"

02/06/2010

Plat comme un ou une écoufle !

Voici encore une expression bien Normande. En ancien français, le mot  « escoufle » dont on ne sait pas bien s’il est du genre féminin ou masculin, désignait le milan, oiseau rapace devenu l’emblème des prêteurs sur gages !

MILAN.jpg

Milan en vol

Mais, dans les campagnes françaises, on  employait aussi ce terme pour désigner  le lucane, un gros insecte coléoptère.

LUCANE.jpg

Le lucane

Tous deux ont en commun qu’ils s’attaquent, l’un comme oiseau de proie aux troupeaux, l’autre au bois des chênes et des châtaigniers.

En outre, comme le lucane mâle est pourvu de grosses mandibules évoquant par leur ressemblance les bois d’un cerf et qu’il vole, il a été surnommé tout naturellement  « cerf-volant », nom composé employé par image aujourd’hui pour désigner un objet léger et volant, le jouet que nous connaissons tous.

CERF VOLANT.jpg

Cerf-Volant

Et comme on le sait, l’écoufle ou cerf-volant est constitué d’une carcasse légère, généralement en bois sur laquelle est simplement tendu du papier fort voire de l’étoffe... D'où la comparaison...

TWIGGY.jpg

Le mannequin Twiggy dans les années 60

 Biblio : "Expressions familières de Normandie" de R. Lepelly et C. Bougy - Ed. Bonneton - 1998

 

09/05/2010

Le Cauchois, un patrimoine identitaire en péril !

Savez-vous que la langue normande est aujourd’hui classée dans les langues sérieusement en danger par l’UNESCO ?

Le normand, cette langue romane parlée en Normandie continentale et insulaire, comprend plusieurs variétés dont le cotentinais parlé dans le Cotentin, le brayon en Pays de Bray et bien sûr le cauchois dans le Pays de Caux, l’un de ses derniers bastions.

Carte-pays-de-Caux.png

Le territoire du pays de Caux occupe toute la partie occidentale du département de la Seine-Maritime. Peu de ses habitants s’identifient eux-mêmes aujourd’hui comme parlant le cauchois. Cependant, aux détours de promenades, on peut encore entendre de la bouche des plus anciens de drôles de mots prononcés avec un drôle d’accent qui fait sourire.  Car le parler cauchois est un vrai régal à entendre ! Les intonations sont croustillantes, le vocabulaire fleuri et le tout sonne bon l’accent du terroir  comme le « Boujou, Ça va t'i pis toi ? »*  Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la population du Pays de Caux, majoritairement rurale, parle ce dialecte. Le déclin s’amorce lorsque l’école est rendue obligatoire. Alors considéré comme une déformation de la langue française, le parler cauchois périclitera au même rythme que la dépopulation des campagnes.

Guy_de_Maupassant_-_Dessin.jpg

Il existe cependant une abondante littérature en cauchois. Parmi les auteurs, citons, bien entendu, Guy de Maupassant (1850-1893) dont nombre des personnages de ses nouvelles et romans s’expriment en Cauchois, mais aussi Gaston Demongé (1888-1973) ou bien encore Gabriel Benoist (1891-1964).

Ce dernier, originaire de Gournay-en-Bray, est de père de « Thanase Péqueu » dont les histoires ont été éditées à Rouen entre 1932 et 1937.

T PEQUEU.jpg

 La revue d'histoire et traditions normandes, « Le Pucheux », publie encore régulièrement aujourd'hui ces productions littéraires et ce, pour notre plus grand bonheur.

Alors, à la revoyure !**

 

* Bonjour, Comment ça va ?

** Au revoir !