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02/06/2010

Plat comme un ou une écoufle !

Voici encore une expression bien Normande. En ancien français, le mot  « escoufle » dont on ne sait pas bien s’il est du genre féminin ou masculin, désignait le milan, oiseau rapace devenu l’emblème des prêteurs sur gages !

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Milan en vol

Mais, dans les campagnes françaises, on  employait aussi ce terme pour désigner  le lucane, un gros insecte coléoptère.

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Le lucane

Tous deux ont en commun qu’ils s’attaquent, l’un comme oiseau de proie aux troupeaux, l’autre au bois des chênes et des châtaigniers.

En outre, comme le lucane mâle est pourvu de grosses mandibules évoquant par leur ressemblance les bois d’un cerf et qu’il vole, il a été surnommé tout naturellement  « cerf-volant », nom composé employé par image aujourd’hui pour désigner un objet léger et volant, le jouet que nous connaissons tous.

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Cerf-Volant

Et comme on le sait, l’écoufle ou cerf-volant est constitué d’une carcasse légère, généralement en bois sur laquelle est simplement tendu du papier fort voire de l’étoffe... D'où la comparaison...

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Le mannequin Twiggy dans les années 60

 Biblio : "Expressions familières de Normandie" de R. Lepelly et C. Bougy - Ed. Bonneton - 1998

 

09/05/2010

Le Cauchois, un patrimoine identitaire en péril !

Savez-vous que la langue normande est aujourd’hui classée dans les langues sérieusement en danger par l’UNESCO ?

Le normand, cette langue romane parlée en Normandie continentale et insulaire, comprend plusieurs variétés dont le cotentinais parlé dans le Cotentin, le brayon en Pays de Bray et bien sûr le cauchois dans le Pays de Caux, l’un de ses derniers bastions.

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Le territoire du pays de Caux occupe toute la partie occidentale du département de la Seine-Maritime. Peu de ses habitants s’identifient eux-mêmes aujourd’hui comme parlant le cauchois. Cependant, aux détours de promenades, on peut encore entendre de la bouche des plus anciens de drôles de mots prononcés avec un drôle d’accent qui fait sourire.  Car le parler cauchois est un vrai régal à entendre ! Les intonations sont croustillantes, le vocabulaire fleuri et le tout sonne bon l’accent du terroir  comme le « Boujou, Ça va t'i pis toi ? »*  Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la population du Pays de Caux, majoritairement rurale, parle ce dialecte. Le déclin s’amorce lorsque l’école est rendue obligatoire. Alors considéré comme une déformation de la langue française, le parler cauchois périclitera au même rythme que la dépopulation des campagnes.

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Il existe cependant une abondante littérature en cauchois. Parmi les auteurs, citons, bien entendu, Guy de Maupassant (1850-1893) dont nombre des personnages de ses nouvelles et romans s’expriment en Cauchois, mais aussi Gaston Demongé (1888-1973) ou bien encore Gabriel Benoist (1891-1964).

Ce dernier, originaire de Gournay-en-Bray, est de père de « Thanase Péqueu » dont les histoires ont été éditées à Rouen entre 1932 et 1937.

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 La revue d'histoire et traditions normandes, « Le Pucheux », publie encore régulièrement aujourd'hui ces productions littéraires et ce, pour notre plus grand bonheur.

Alors, à la revoyure !**

 

* Bonjour, Comment ça va ?

** Au revoir !

 

17/04/2010

Pourquoi dit-on de quelqu’un d’aise qu’« il a du foin dans ses bottes » ?

L’origine de cette locution serait rouennaise ! On la retrouve dans les écrits de nos écrivains régionalistes car, semble t’il, souvent employée dans le Pays de Caux.

Au XIVe siècle, la « distinction » se retrouvait dans la longueur des chaussures.

Les souliers portés au Moyen-âge s’appelaient des « poulaines », ainsi nommées parce que originaires de Pologne. Elles chaussaient aussi bien les hommes que les femmes.  Elles étaient de forme allongée, à l’extrémité pointue généralement relevée et pouvait mesurer jusqu’à 50 cm. Plus l’on appartenait à une classe sociale élevée, plus la pointe était longue. Et pour pouvoir marcher, il fallait quelquefois que cette pointe soit attachée aux genoux par une chaînette !

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Pour donner une certaine consistance à la pointe, on était obligé de la bourrer de foin !

Ainsi, plus une personne était riche, plus les pointes de ses poulaines étaient longues et plus il y avait de foin ! Cqfd !

Le clergé réprouvait particulièrement ces poulaines car leur bout pointu permettait de relever plus qu’il n’était permis la robe des demoiselles assises en face de soi. De plus, leurs longueurs empêchaient celui ou celle qui les portaient de s’agenouiller pour prier !

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Les paysans du Moyen-âge ne portaient pas de souliers mais des sabots et avaient aussi pour habitude d’y mettre de la paille pour avoir moins froid aux pieds et améliorer leur confort. Ceux qui étaient un peu plus riches préféraient le foin, plus confortable mais plus difficile à récolter, donc plus précieux. Plus tard, vers le XVIIIe, les plus aisés d’entre eux purent remplacer leurs sabots par des bottes… garnies de foin, ça va sans dire !

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