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23/02/2011

A la bonne franquette !

Vous connaissez tous cette expression qui signifie recevoir sans cérémonie, sans façon, en toute simplicité. L'enseigne est d'ailleurs souvent synonyme de bonne auberge ! Mais saviez-vous qu’elle est d’origine normanno-picarde ?

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Sa signification initiale était « en toute franchise », « franquette » étant un mot dérivé de « franc », venu des régions normandes et picardes. Et c’est cette franchise qui s’est progressivement transformée en simplicité pour donner à l’expression son sens actuel.

D’ailleurs, au milieu du XVIIe siècle, on disait seulement « à la franquette ». Ce n’est qu’un siècle plus tard que la forme actuelle est apparue.
Pour Claude Duneton, Ecrivain-Historien du langage, cette expression aurait pu apparaître en opposition à celle du XVIe siècle « à la française » qui voulait dire « avec beaucoup d’obligeance et d’arrangement » et même luxueusement.

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11/08/2010

Un juron bien normand !

« Nom dézo », « Noum de Zo »  ou « Nom ded’zo «  comme disent encore les Cauchois, est à l’origine plus convenable envers la religion que « Nom de Dieu ».

Pourtant, si l’on se rapporte à la signification première de ce juron, au temps moyenâgeux, il semble, d’après une linguiste, qu’il avait alors un pouvoir de malédiction. D’après la sémantique, c’était « Au nom des os », les os des reliques et le glissement vers « Nom dézo » s’est fait progressivement.

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Reliques de Saint-Nicolas

Au Moyen-âge, comme beaucoup d’autres  jurons, il était considéré blasphématoire. L’Eglise exerçant son autorité au moins morale sur toute la société, il était interdit aux fidèles d’invoquer Dieu, donc de jurer, et d’utiliser à tort et à travers tout mot  issu du vocabulaire religieux. Jurer était  un moyen de s’opposer à l’autorité de l’Eglise. Et s’exclamer « Nom de Dieu ! » équivalait à lancer un défi  en marquant son indépendance. C’était tout bonnement puni… du bûcher !

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14/07/2010

"Servez Godard, sa femme est en couches !"

Voici une expression utilisée autrefois en Normandie qui mérite explication.

On surnommait « Godard », mot  provenant du latin « gaudere » signifiant se réjouir,  un futur papa.

Mais pourquoi fallait-il le servir séance tenante ?

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Antoine Oudin, linguiste du XVIIe siècle, dans son ouvrage « Curiosités françoises, pour servir de complément aux dictionnaires, ou recueil de plusieurs belles propriétés, avec une infinité de proverbes et de quolibets pour l’explication de toutes sortes de livres », publié à Rouen en 1649, l’explique ainsi « façon de parler pour refuser quelque chose à un impertinent qui se veut faire servir en maître, ou bien à un impatient. »

Car cette locution se rattache à une vieille et bizarre coutume, installée en Normandie comme dans d’autres régions, d’après laquelle le mari d’une femme en couches se mettait au lit pour recevoir les visites de ses parents et prenait ainsi ses aises pendant plusieurs jours ».

Ce sobriquet de « Godard » lui restait jusqu’à la naissance d’un nouvel enfant dans le village. Alors, un autre « Godard » venait le remplacer…

 

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Au fil du temps, ce surnom est devenu un nom propre… très présent dans le département de la Seine-Maritime.