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29/10/2011

Rouge comme un picot !

Voilà bien une expression normande ! Car, en Normandie, le mot « picot » désigne le dindon et celui de « picote », sa femelle. « Picot » vient de l’onomatopée « pi » que l’on retrouve dans le verbe « piauler » et qui évoque les cris de ce volatile de basse-cour. A noter que le mot anglais « peacock » signifie « paon ».

 

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Le « picot »  est doté d’une caroncule, c’est-à-dire d’une excroissance charnue et rougeâtre qui pend à la base de son bec. Alors, dire de quelqu’un qu’il est « rouge comme un picot » signifie qu’on fait allusion à la couleur de son teint devenu cramoisi soit de colère soit de l’abus de bon cidre normand !

 

Picot est aussi un patronyme assez répandu dans notre région. C’était celui du Sieur de Gouberville, né Gilles Picot, en 1521 dans le département de la Manche.

 

 

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Gilles  Picot, Sieur de Gouberville (1521-1578)

 

Ce gentilhomme normand de petite mais ancienne noblesse, résidant au manoir de Barville du Mesnil-au-Val dans l’arrondissement de Cherbourg, tenait quotidiennement son « livre de raison », sorte de journal dont les années 1549 à 1562 ont miraculeusement été conservées. Cultivé, pratiquant le latin et le grec, c’était aussi un homme habile, maniant les  jeux d’adresse et de force comme les outils de sa ferme. Dans son journal, à la page du 28 mars 1553, il mentionne la pratique de la distillation du cidre en vue d’obtenir une eau-de-vie. C’est de fait la première évocation connue du Calvados. 

 

Signature de Gouberville.jpg

 

Signature du Sieur de Gouberville

 

Chaque année, le premier dimanche d’août, se tient à Lisieux (Calvados) la Foire aux Picots. On y trouve les dindons qui feront la fierté des cuisinières aux fêtes de fin d’année.

 

 

Biblio. « Expressions familières de Normandie » de R. Lepelly et C. Bougy – Ed. Bonneton 1998

 

 

20/04/2011

Quiquengrogne ?

Quiquengrogne : voilà une expression bien connue des normands. C’était un véritable cri de guerre des marins corsaires de la Manche au XVe siècle, de Dieppe à Saint-Malo.  

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Et en Normandie, ce nom est celui d’une des ruelles les plus anciennes de Dieppe située dans le quartier du Pollet, le quartier des pêcheurs.

 

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Signifiant « qui grogne ? », (« chien » en cauchois se prononce « quin »), « qui ose me résister ? », Quiquengrogne est aussi le nom d’un manoir de Honfleur (photo ci-dessous) construit sous Louis XIII sur les ordres de Jean de Boisseret, Marquis d’Herblay, de Montigny en Parisis, correcteur ordinaire en la Chambre des Compte. Car l’expression désigne également des édifices construits contre l’avis de la majorité… Jean de Boisseret transformera rapidement sa demeure « estivale » en une véritable agence d’enrôlement des colons pour les Antilles : il sera en effet propriétaire par moitié des îles de la Guadeloupe, de Marie Galante et de la Désirade. 

 

 

Manoir Quiquengrogne Honfleur.jpg

C’est encore le titre d’un roman projeté par Victor Hugo et qui n’a jamais vu le jour : il devait venir compléter la vision hugolienne du Moyen-Age dont Notre-Dame de Paris aurait constitué le premier volet.

C'est enfin le nom donné à une très intéressante revue d'histoire locale dieppoise.

 

16/03/2011

Une réponse de normand

"Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire,
Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère,
Et tâchez quelquefois de répondre en Normand."     
" La Cour du lion – La Fontaine »

LA COUR DU LION.jpg

 

Les normands n’ont pas toujours eu bonne réputation. Si si, je vous l’assure. Mais c’était il y a longtemps, au XVIIe siècle notamment ! Et il y a prescription…

Car les normands, tout le monde le sait, sont réputés pour leur esprit rusé et leur extrême prudence. Que des qualités, me direz-vous ! Eh oui ! Et c’est justement  à cause de celles-ci qu’aux questions embarrassantes, ils donnent fréquemment une réponse bien à eux, une « réponse de normand », le fameux « p’tet ben qu’oui, p’tet bien qu’non » !

Un propriétaire normand.jpg

Alors de là à qualifier cette « réponse de normand » d'incertaine, d'évasive, d'imprécise voire d'ambiguë, il n’y a qu’un pas... que seul un « normandphobe» peut franchir !