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21/09/2014

Mon cousin Saint-Michel, pionnier de la Nouvelle-France

XVIIe siècle au royaume de France : Les mauvaises récoltes accentuent la crise économique et la misère des sujets de sa majesté. Laissons Jean de La Bruyère (1645-1696) nous peindre le tableau des paysans français de cette époque : « L'on voit des animaux farouches répandus par la campagne, attachés à la terre qu'ils fouillent. Quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine et en effet ils sont des hommes ! » A la vie très dure, à la peste et à la famine, s'ajoute l'accentuation de la pression fiscale. Dans tous les provinces, le mécontentement s'accentue et le peuple gronde en vain. Alors, les plus audacieux, les plus courageux aussi, n'hésitent pas, dans des conditions souvent inhumaines, à effectuer une périlleuse traversée de Atlantique pour rejoindre ce nouvel eldorado, la Nouvelle-France, où ils espèrent trouver un avenir meilleur.

Parmi ces aventuriers, il y a mon cousin, Michel Messier. Il est né vers 1641 à Vascœuil (Eure). Il est le troisième enfant d'une fratrie qui en comptera huit. La famille est très pauvre. David, son père, est homme de journée. En 1687, sur son acte de sépulture, le curé de la paroisse mentionnera « mendiant »...

 

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 Chomedey de Maisonneuve (1612-1676)

C'est sûrement en 1653, avec la grande recrue de 120 colons de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676), que son fils Michel, âgé de 13 ans, débarque à Montréal au Canada. Loin des siens, il y retrouve cependant son oncle paternel Jacques parti peu de temps avant lui. Aussitôt, à ses côtés et comme tous les autres colons, il travaille au défrichement de cette nouvelle terre. Mais, un an plus tard, il est capturé par les Iroquois.

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Libéré l'année suivante, il achète à Charles Le Moyne le 4 novembre 1657, alors qu'il n'a que 17 ans, sa première terre de 30 arpents dite « La Provençale ». Le 25 février 1658, dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu, en présence des notables de la ville, il épouse Anne Le Moyne, la sœur de Charles. De leur union, vont naître 12 enfants.

En 1661, le voilà une nouvelle fois capturé par les Iroquois mais cette fois il parvient à s'évader au bout de deux ans. Il poursuit son ascension sociale et acquiert aux frères Sulpiciens, le 26 novembre 1665, une terre de 30 arpents située près de celle qu'il possède déjà. Dans l'acte, Michel Messier est dit le grand Saint-Michel ! Il a 21 ans !

Sept ans plus tard, le 14 mai 1668, avec son beau-frère Jacques Le Moyne de Sainte-Marie, ils reçoivent le fief du Cap-de-la-Trinité qu'ils vont se séparer. Michel Messier quitte Montréal pour vivre sur sa Seigneurie du Cap Saint-Michel à Varennes.

Le 4 octobre 1678, il agrandit une nouvelle fois son domaine en achetant le fief de La Guillaudière adjacent au sien.

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Joseph Antoine Le Febvre de La Barre (1622-1688)

En 1684, il participe à l’expédition du gouverneur Joseph Antoine Le Febvre de La Barre (1622-1688) menée contre les Iroquois. Le 14 août, lors de la revue de l’armée faite au fort Frontenac, il est inscrit comme commandant de la barque « la Générale ». À son retour, il reçoit du gouverneur un congé de traite des fourrures pour le pays des Outaouais. Ceux-ci vivent dans la région du lac Huron, au Michigan et en Ontario, leur territoire d'origine, et aussi en Oklahoma aux États-Unis Il s’y rend l’année suivante. Auparavant, le 25 mai, il a prit la peine de rédiger son testament...

En 1692, le nouveau gouverneur, Louis de Buade, Comte de Frontenac et de Palluau (1622-1698) lui accorde un nouveau congé. Cette fois, avant son départ le 2 mai, il donne procuration à sa femme. Au cours de ce voyage, il est fait prisonnier par des Onontagués dans la région du Long-Sault. On le déclare décédé le 6 octobre 1692 lors d'une réunion du Conseil Souverain. Mais, en juillet 1693, il s'évade une nouvelle fois et parvient à rentrer à Montréal.

Ce pionnier qui avait participé activement à la défense de la colonie, au défrichement de la terre et à la traite des fourrures, et qui s'éteignit à l'âge de 85 ans, le 3 novembre 1725, est mon cousin à la 10 génération. Nos ancêtres communs : David Messier dit Blondelet (1610-1687), homme de journée, mon sosa 3690 x (marié) vers 1640 à Marie Marguerite Bar (1615-1676) ont eu 8 enfants dont : 

> un fils, Michel Messier dit Sieur de Saint-Michel (1641-1725).

> une fille, Marie (mon sosa 1845), (1645-1698) qui a épousé vers 1674 Pierre Ravette (1645-1698) > Pierre Ravette (1678-1721) x à Boos (76) le 19 janvier 1703 à Marie Catherine Saint-Pierre (1664-1729) > Marie Ravette (1704-1756) x à Boos (76) le 10 février 1727 à Gabriel Delaplace (1702-1764) > Jacques Delaplace, toilier, (1730-1789) x à Boos (76) le 22 octobre 1765 à Marie Anne Angélique Tinel (1742-1818) > Marie Catherine Delaplace (1767-1852) x à Boos (76), le 8 janvier 1793 à Jean Baptiste Moriquet, boucher, (1760-1812) > Marie Elizabeth Antoinette Moriquet, toilière, (1802-1857) x à Boos (76) le 26 avril 1820 à Jacques Désiré Bénard, marchand boucher (1797-1820) > Jean Désiré Bénard , marchand boucher, (1820-1895) x à Boos (76), le 20 avril 1846 à Catherine Thérèse Victorine Desmare (1825-1879) > Paul Abert Bénard (1861-1951), mon arrière grand-père.

 

Biblio. Texte de Claude Perrault  (modifé par Jean-Jacques Messier) – Université de Toronto.

06/08/2014

Le "Barbe-Bleue" de Gambais

Il y a des cousinages inattendus. Certains sont flatteurs, d'autres pas du tout...

Le 25 février 1921, 6 heures 10 du matin, devant la prison de Versailles, est guillotiné en public un condamné accusé du meurtre de 11 personnes dont 10 femmes qui n'ont jamais été retrouvées et qui ont sans doute terminé leur vie débitées et calcinées dans la fameuse cuisinière à charbon des maisons de Vernouillet et de Gambais.

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Henri Désiré Landru est né à Paris le 12 avril 1869. Adolescent studieux, enfant de chœur à Saint-Louis-en l'Ile , conscrit discipliné, il devient même un mari exemplaire en épousant la jeune femme qu'il a mis enceinte et le père de quatre enfants.

 

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Landru (1869-1921)

Mais tout va changer avec le siècle. Rêvant d'une aisance bourgeoise, l'homme se lance dans les affaires... Comptable, entrepreneur de travaux, cartographe, fondateur d'une fabrique de bicyclettes à pétrole,... toutes ses tentatives échoues lamentablement. Alors, pour combler les déficits qui s'accumulent, dissimulé sous des noms d'emprunt, il multiplie les détournements et les escroqueries. Condamné à plusieurs reprises, il fait de fréquents séjours derrière les barreaux.

Au cours de l'été 1914, il est appelé à comparaître une nouvelle fois encore devant ses juges. Quinze plaintes ont été déposées contre lui, rien que ça ! Craignant le pire, il ne se rend pas au tribunal qui le condamne par défaut à quarante-huit mois de prison. Cette condamnation est de plus assortie d'une peine accessoire de relégation, c'est-à-dire qu'il est condamné, si on le retrouve, à être déporté à vie au bagne de Cayenne.

Mais la France est en guerre et la police a d'autres chats à fouetter que de lui courir après ! Il décide du coup de profiter de cette période mouvementée, qui laisse tant d'épouses esseulées, pour mettre au point un projet diabolique qui le conduira à l'échafaud. Quelques petites annonces pour attirer dans ses filets de jolies femmes à consoler, de préférence d'une certaine aisance financière, avant de s'emparer sans vergogne de leurs biens et de les faire disparaître ensuite.

Avec un certain charisme, il consigne méticuleusement dans des carnets à l'encre rouge, et c'est ce qui va le perdre, ses 283 rencontres ! En face de chaque nom, il mentionne aussi l'état de leur compte en banque...

 

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Il est arrêté le jour de ses cinquante ans et jugé en novembre 1921. Étrange procès, étrange verdict : une condamnation à mort sans aucune preuve matérielle. Il niera toujours tout. Sa défense tiendra inlassablement dans une même phrase : « Prouvez que j'ai tué ces femmes ! »

Nos ancêtres communs : Adrien LEROUX, manouvrier-Vigneron, mon sosa 3566, né vers 1631 et décédé à Friancourt (Oise), le 11 février 1703, marié à Marguerite LE NOIR, née vers 1636 et décédée à Hermes (Oise), le 6 octobre 1696, ont eu plusieurs enfants dont :

- > un fils Pierre LEROUX (né en 1668) qui a épousé le 18 juin 1697 à Hermes (Oise) Geneviève MAGOT (1668-1719) > Adrien LEROUX (1700-1776), manouvrier, x le 3 février 1728 à Hermes (Oise) à Marie Anne ISORE (1703-1762) > Adrien LEROUX (1743-1798), manouvrier, x le 28 janvier 1772 à Hermes (Oise) à Clotilde DERBERQUE > Clotilde LEROUX (1772-1808) , x le novembre 1792 à Hermes (Oise) à François Moïse MAGOT (né vers 1767), maçon > Jeanne Françoise MAGOT (née en 1804), x le 21 janvier 1831 à Hermes (Oise) à Maurice HENRIQUEL (né en 1808), jardinier au château d'Hermes, > Flore HENRIQUEL (1835-1910), couturière-balnchisseuse, x le 4 février 1864 à Noailles (Oise) à Julien Alexandre Sylvain LANDRU (1836-1912), chauffeur aux gorges Vulcain > Henri Désiré LANDRU (1869-1922).

- > une fille Marie LEROUX (née en 1678) qui a épousé le 14 janvier 1702 à Hermes (Oise) François VUALON (décédé avant 1724) > Anne VUALON (née en 1705) x le 17 janvier 1724 à Mouy (Oise) à Jacques LECLERC (né en 1698), charretier, > Marie Anne LECLERC (née en 1724), x le 24 juillet 1745 à Mouy (Oise) à Jean Baptiste CANDELIER (ne en 1705), compagnon toilier, > Jean François CANDELIER ( né vers 1755), ouvrier drapier, x le 10 février 1777 à Darnétal, paroisse de Longpaon (Seine-Maritime) à Marie Rose LEFEBVRE (1757-1830), trameuse, > Véronique CANDELIER (1783-1835), marchande de fruits, x le 6 mai 1810 à Darnétal (Seine-Maritime) à Pierre Louis Isidore LEMAISTRE (1783-1849), ancien militaire pensionné de l'Etat, marchand de comestibles, > Olympiade Véronique LEMAITRE (1821-1898), couturière, x le 20 mai 1844 à Darnétal (Seine-Maritime) à Médérique Emmanuel MORIN (1811-1853) > Louise Victorine MORIN (1849-1938), x le 5 septembre 1874 à Darnétal (Seine-Maritime) à Jules Gustave LECREQ (1849-1930) > Louise Joséphine LECREQ (1875-1963) x le 30 avril 1898 à Saint-Jacques sur Darnétal (Seine-Maritime) à Alfred Eugène JULIEN (1870-1937) > Henri Louis JULIEN, mon grand père maternel.

 

13/07/2014

Mon cousin l'aviateur

Quel cousinage ! Pensez donc ! Ce cousin là a tout simplement écrit la première page de l'histoire de la poste aérienne ! Premier aviateur à avoir transporté officiellement du courrier par avion, il se nomme Henri Péquet. Normand, il est né le 1er février 1888 à Bracquemont, un petit village du département de la Seine-Maritime.

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 Henri Péquet (1888-1974)

C'est à 17 ans, en 1905, qu'il débute sa carrière d'aéronaute en pratiquant le ballon libre. Trois ans plus tard, il aborde l'aviation en entrant chez Voisin à Mourmelon. Engagé comme mécanicien, audacieux et téméraire, c'est seul qu'il fait son apprentissage de pilote et le 10 juin 1910, il obtient son brevet en pilotant un appareil Voisin. A ce titre, il fait partie des cent premiers aviateurs brevetés au monde.

Le 18 février 1911, avec le concours de l'armée britannique, aux commandes d'un avion biplan Sommer, équipé d'une moteur Gnome de 50 Cv, il entre dans l'histoire en effectuant le premier vol postal d'une durée de 27 minutes ! Entre Allahabad et la gare de Naini Junction, deux villes indiennes espacées de 10 km environ , il achemine par la voie des airs un sac d'une quinzaine de kilos contenant 6000 lettres et cartes postales. Quatre jours plus tard, avec le capitaine W.G. Windham, ils débutent un service régulier de transport postal entre ces deux villes. Il faudra attendre tout de même attendre près de 3 ans, le 15 octobre 1913, pour voir le premier vol postal officiel en France.

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La vie de l'aviateur normand va se dérouler à travers le monde sur tous les champs d'aviation. En 1914, il est mobilisé et c'est en qualité de pilote qu'il participera à la Grande Guerre. Après celle-ci, il reprend un temps son métier de pilote d'essai et, en 1934, il entre à l'Aéro-Club de Vichy comme chef pilote.

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Ce pionnier de l'aviation, qui totalisera 8 200 heures de vol et aura parcouru plus d'un million de kilomètres en vol, est mon cousin à la huitième génération.

Nos ancêtres communs : Louis SEVRY (1682-1760), marchand de bois,  mon sosa 190 x le 09/01/1719 à 76-Etran à Madeleine DUBUC (1700-1756) ont eu plusieurs enfants dont :

> un fils, Louis SEVERI,né le 16 août 1723 à 76-Dieppe Saint-Jacques, tonnelier, qui y a épousé le 17 janvier 1752 Marie Catherine Françoise DESHAIS > Jean-Noël Etienne SEVERI, propriétaire, x le 8 janvier 1785 à 76-Dieppe à Marie Anne Angélique GONDREE > Marie Anne Angélique SEVRY, cultivatrice, x le 8 janvier 1822 à 76-Grèges à Nicolas Lazare HARDEL, tisserand, > Rose Angélique Célestine HARDELaide-cultivatrice, x 26 juin 1860 à 76-Grèges à Armand Constant PEQUET, journalier > Albert Louis PEQUET, journalier, x 25 mars 1893 à 76-Dieppe à Marie Ismérie Malvina LAURENT > Edouard Henri PEQUET (1888-1974)

> une fille Marie Magdeleine SEVERI, née le 25 avril 1739 à 76-Grèges, qui y a épousé le 27 octobre 1762 Pierre LA VIEUVILLE, aubergiste > Marie Magdeleine Angélique LAVIEUVILLE, fileuse, x le 3 mars 1794 à 76-Rouxmesnil à Pierre Charles DUBOST, maréchal-ferrant > Madeleine Ludivine DUBOST, sans profession x 22 septembre 1840 à 76-Ancourt à Pierre Alexandre SANNIER, maître maréchal-ferrant, > Ludivine Olive SANNIER, jardinière, x le 13 janvier 1863 à 76-Neuville à Gilles Edouard DAMAMME, maréchal-ferrant, > Alexandrine Augustine DAMAMME, sans profession, x 31 mai 1913 à 76-Notre-Dame de Franqueville à Paul Fernand BOULANGÉ, plâtrier, (1877-1950), mon grand-père paternel.

 

N.B. Un merci personnel à Dominique Carpentier qui m'a fait découvrir ce cousinage.

Biblio. "Sportifs de Seine-Maritime en balades généalogiques" de D. Carpentier et E. Mardoc - 2010.