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06/09/2008

DEUX LIGNES SUR LE REGISTRE PAROISSIAL D'EPREVILLE-SUR-RY

 

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«  Daniel LE BOULANGER  se maria le 30 juillet 1630 a pris pour sa femme Katherine DES LOGES » et c’est le début de la lignée connue de ces Boulangé dont nous sommes.

 

 Le 30 juillet 1630 est un mardi. Nombre de mariages ont lieu, sous l’ancien régime, un mardi. Pourquoi ?

Contrairement à ce que nous connaissons aujourd’hui, la fin de semaine est donc boudée au profit des trois premiers jours ? En effet, déjà le vendredi est exclu car c’est le jour de deuil et de jeûne en souvenir de la mort de Jésus-Christ. Le prêtre refuserait catégoriquement de donner sa bénédiction le jour de la semaine ou Judas a vendu le Christ.  Le dimanche, de son côté, est traditionnellement réservé au culte, et le clergé a suffisamment à faire avec les messes, petites et grandes, et les vêpres, pour aller y ajouter des épousailles.  Le jeudi aussi est évité (sans doute au risque que les festivités se prolonge jusqu’au vendredi !) De plus, on dit que les mariages du jeudi font les mariés trompés ! Reste les lundi, mardi et mercredi, mais c’est le mardi qui est regardé comme de meilleur augure !

De plus, le jour choisi doit être obligatoirement un jour « ouvrier ». Impossible de se marier un jour de fête, ni non plus un des jours où l’on honore la Vierge Marie (Chandeleur, Visitation, etc…)

Il en va de même pour les mois ! Formellement interdit pendant les mois de pénitence (frappés d’abstinence sexuelle) de l’Avent et du Carême. Le mariage est aussi évité en Mai et en été. La raison de la défaveur du mois de Mai est assez floue. Ce mois n’est devenu le mois de Marie qu’au XIXe siècle. Il ne pouvait donc pas avoir d’incidence auparavant. Il semble cependant que, de tout temps, on se soit méfié des noces de mai. « Noces de mai, noces mortelles », « En mai, les méchants se marient », « Mariages de mai ne fleurissent jamais », « Les mégères s’épousent en mai » affirment à tour de rôle une légion de dictions à travers le pays. En revanche, la volonté d’éviter les mois d’été est simplement due au fait que ce sont ceux des gros travaux de fenaison et de moisson et qu’il est impossible d’y prendre le temps de s’amuser. Les mariages à la campagne ont donc lieu surtout en janvier et en février, entre « Les Rois » et le carême, et en novembre, après les derniers travaux de labour et de semailles et avant le temps de l’Avent. 

cf : Comment vivaient nos ancêtres ?, Jean-Louis Beaucarnot,  JC-Lattès, 2006.

31/08/2008

FRANQUEVILLE

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J’y suis née, comme mes parents avant moi. Mon grand père Paul s’y est installé après son premier mariage. Il était plâtrier. Il y a construit sur la Grande-Rue la maison de la famille que mes parents ont occupée de nombreuses années et qui a abrité notre enfance. La Grande-Rue est devenue rue de la République mais a conservé le tracé de l’ancienne voie romaine sur laquelle elle s’appuie.

On sait aujourd’hui que le territoire franquevillais dénommé depuis l’époque gallo-romaine, « Franchae-Villulae » (Les maisons franques) était habité à l’âge de pierre. En effet, au début du siècle dernier, on pouvait, après les labours, y découvrir de nombreux silex taillés et polis : hachettes, pointes de flèches, grattoirs, couteaux, polissoirs. En 1906, au haut du vallon de Brunval, près du bois de la Garenne, au lieudit « Les Longues Pièces » ou « Mare de l’Essart », les vestiges d’une villa gallo-romaine, datant des IIème et IIIème siècles, construite en silex, briques et tuiles, ont été explorés et fouillé.

L’espace était alors recouvert de bois qui furent percés par les Romains souhaitant faciliter le déplacement de leurs légions. Une voie conduisant à Rouen fut ainsi ouverte. Son tracé rectiligne se lit parfaitement encore aujourd’hui puisque les rues du Général De Gaulle, de la République et Pierre Corneille (au centre ville) y correspondent. Elle provenait de Radepont, passait à La Neuville Chant-d’Oisel puis à Boos et se poursuivait sur le Mesnil-Esnard avant de rejoindre la vallée de l’Aubette. La route royale (route de Paris), qui reliait Rouen à Paris, fut quant à elle percée à l’extrême fin du XVIIème siècle.

La commune de Franqueville-Saint-Pierre (Seine-Maritime) est née de la fusion, le 6 octobre 1970 des anciennes paroisses puis communes de Notre-Dame de Franqueville et Saint-Pierre de Franqueville.

Mais déjà, bien avant, ces deux villages ne formaient qu’une seule et même localité.

On peut remonter l’histoire en l’an 989. Cette année là, le Duc de Normandie Richard 1er Sans Peur offrit à son ancien précepteur, Osmond de CENTVILLE,  neveu de Rollon, ce domaine rural à exploiter à l’Est de Rouen. La tradition veut qu’il ait été l’un des descendants du roi du Danemark Landborg, l’un des premiers Normands à conquérir la région. Alors Vicomte de Vernon, Osmond de CENTVILLE se chargea de mettre en valeur les terres qu’il avait reçues en pleine propriété. Elles devinrent un alleu, c’est-à-dire un domaine –villa- franc et libre de toute redevance.  Le nom de Franqueville serait ainsi la variante du nom de lieu Villefranche sous lequel Franqueville est désigné au XIème siècle. Un curieux arrêt de la cour de Rouen, daté de juillet 1521, confirme d’ailleurs la franchise fiscale dont jouissaient les habitants de Notre-Dame et de Saint-Pierre,  formant alors deux communautés paroissiales distinctes. Ils furent déclarés exempts de taille mais ce privilège leur fut retiré en 1634. Osmond de CENTVILLE encouragea les premiers défrichements et attira des habitants, formant une petite communauté qui firent édifier un premier lieu de culte. Il fut placé sous l’invocation de la Nativité de la Vierge, peut-être à l’emplacement de l’actuelle Eglise Notre-Dame dont les parties nord conservent des traces de maçonneries du XIème siècle. Il transmit son domaine à ses fils qui le divisèrent en deux ensembles. Osmond dit Bestia eut Notre-Dame de Franqueville,  dont la petite église avait été bâtie en 1035, et dont il fut le premier seigneur en 1059. Son frère Hulin dit Talbot eut les terres du Mouchel et du Faulx. Un de ses descendants, Raoul du Faulx fonda à la fin du XIème siècle, avant son départ pour la croisade où il trouva la mort, l’église Saint-Pierre.

Ce fut la première partition de cette terre (mais pas la dernière).

Jusqu’à la Révolution de 1789, il y aura des rapprochements périodiques mais le territoire restera séparé entre deux seigneuries (deux châteaux) et deux paroisses (deux églises).  A noter cependant que la première école, édifiée en 1732, était destinée aux enfants des deux paroisses.

En 1822, sous le règne de Louis XVIII, les deux communes sont de nouveau réunies sous le nom de Saint-Pierre de Franqueville. La section de Saint-Pierre compte alors 525 habitants et 5 conseillers municipaux, celle de Notre-Dame 621 habitants et 7 conseillers municipaux, lesquels, étant majoritaires, font très souvent pencher la balance en faveur de leur camp. C’est ainsi qu’en 1840 on construit la mairie (celle de Notre-Dame) qui abrite également une école à deux classes et un logement d’instituteurs. De 1844 à 1846, on restaure et transforme l’église de Notre-Dame qui va disposer d’un nouveau clocher…  Pratiquement, tous les travaux sont faits dans la section de Notre-Dame et financés par le budget communal alors que Saint-Pierre est négligé, notamment l’entretien de son église qui est laissé à la générosité des fidèles.  Après une longue période de dissensions et de zizanie « depuis 1822, il ne s’est pas fait un seul mariage entre les habitants des deux sections, cependant agglomérées ! », une loi votée en 1851 par l’Assemblée Nationale Législative consacre la rupture et les deux communes voguent vers leur destin jusqu’en 1970, date de leur fusion.

*Sur la photo, datant de la fin des années 50, notre maison est marquée d'un point jaune sur le toit

Cf. « Franqueville Saint-Pierre : les alliances de la mémoire » de Pierre Molkhou – Septembre 2001

25/08/2008

MAIS D'OU VENAIENT-ILS ?

 

4 branches principales dans l’arbre de notre famille : les familles BOULANGé, JULIEN, DAMAMME et BENARD.

Ils sont tous normands, même si les « BOULANGé », on le sait,  viennent assurément de Picardie. Néanmoins, notre plus lointain aïeul « Boulangé » connu habitait à Epreville sur Ry (aujourd’hui Martainville-Epreville). Ses descendants arriveront à Franqueville (aujourd’hui Franqueville-St-Pierre ») vers 1869, en passant par Bois-d’Ennebourg, puis Mesnil-Esnard.

Si l’on trouve des « JULIEN » un peu partout sur le territoire français, ils sont nettement plus nombreux dans le sud de la France, principalement dans les Bouches-du-Rhône, l'Aveyron, la Drôme et l'Isère. Nos « JULIEN » à nous (ce nom patronymique vient du latin Julianus, lui-même dérivé de Julius.) résidaient au XVIIè siècle, à Bois l’Evêque, qu’ils quitteront au moment de la Révolution, pour aller un peu plus loin à Fresne-le-Plan, et enfin à  St-Jacques sur Darnétal. Les « DAMAMME » sont originaires d’Offranville et de la grande banlieue de Dieppe. Enfin, concernant les « BENARD » (nom de famille provenant d’une variante du prénom Bernard), notre plus ancien ancêtre était bas-normand, originaire de Joué du Plain dans l’Orne. C’est encore sous la Révolution qu’ils émigrèrent dans l’Eure, à Suzay. De là, ils arriveront à Boos vers 1820.