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17/01/2009

Isidore LEMAITRE, ancien militaire, pensionné de l'Etat

"Le génie militaire de Napoléon ne serait rien sans la formidable armée de conscrits qui, pendant des années, s’est fait tuer sur les champs de bataille d’Europe puis de France."

Isidore LEMAITRE, mon aïeul, (sosa 110) était, lors de son mariage à Darnétal (Seine-Maritime), le 6 mai 1810, « Ancien militaire pensionné de l’Etat ».

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Né dans cette paroisse le 4 février 1783 et baptisé dans l’église St-Ouen de Longpaon, il est l’aîné d’une fratrie de 7 enfants.
Depuis la loi du 5 septembre 1798 votée par le Directoire, le système de la conscription institue un service militaire obligatoire de 5 années pour tous les jeunes âgés de 20 ans. La levée des conscrits devient une des tâches les plus importantes de l’administration préfectorale. Chaque homme est inscrit sur un tableau de recensement, puis sur une liste de tirage au sort, puis, pour les plus malchanceux, sur la liste des conscrits. Dès 1802, sous la pression de la bourgeoisie, les conscrits qui tirent un mauvais numéro peuvent se trouver un remplaçant qui s’engage à leur place pour 5 ans. Seuls les plus aisés peuvent y avoir recours car le prix d’un rachat peut valoir de 2 à 10 ans de revenus d’un ouvrier agricole.
En 1803, l’année de ses 20 ans, Isidore a-t-il tiré un mauvais numéro ? A-t-il été attiré par son goût de l’aventure ? A t’il été tenté par l’appât du gain pour sceller devant notaire un contrat de remplacement ?
Pour mener à bien sa politique, Napoléon organise une formidable machine de guerre associant infanterie, cavalerie et artillerie. Au fil des années, le besoin en soldats ne cesse de grossir (2 000 000 de recrues incorporées sous le Consulat et l’Empire), surtout que les batailles deviennent de plus en plus sanglantes : 1 200 soldats français tués à Austerlitz en 1805, 20 000 à Waterloo en 1815 ! Sous  l'Empire, le nombre total des morts est estimé entre 450 000 et 750 000 hommes !
Quand au sort des blessés ! C’est la mort qui les attend le plus souvent, surtout en cas de défaite : s’ils ne sont pas achevés, ils ne peuvent compter que sur eux—mêmes. En cas de victoire, ils peuvent être sauvés par les ambulanciers qui sillonnent le champ de bataille. Arrivé à l’hôpital militaire de campagne, avec de la chance, ils sont soignés par un chirurgien diplômé. Moins fortunés, ils auront affaire à un aide. Malchanceux, ils seront mis entre les mains d’un sous-aide… qui a obtenu le droit de les charcuter après 3 mois seulement passés à l’école de médecine. Le seul moyen d’éviter la gangrène et le tétanos est l’amputation. Celle-ci se fait de manière très rapide : 4 minutes pour une jambe, 12 secondes pour un bras ! La douleur provoquant un évanouissement suffit en général pour « anesthésier » le patient… Le chirurgien pratique alors l’amputation avec un couteau et une scie. L’ambiance est terrible : « des monceaux de bras et de jambes coupés sont à côté de la chaise chirurgicale, écrit Tascher, blessé au poignet à Iéna. Quel spectacle pour celui qui attend son tour ! » Convalescent, le blessé, qui n’a souvent qu’un maigre bouillon pour tout remède, doit encore craindre la dysenterie, le typhus et la gangrène. Lorsque enfin il est remis sur pied, il lui faut rejoindre son régiment par ses propres moyens…
Le 6 mai 1810, Isidore épouse en l’Hôtel de Ville de Darnétal, Véronique Candelier. Il a 27 ans. Depuis combien de temps est-il libéré ? De quelle blessure a-t-il souffert pour être « pensionné de l’Etat » ? Je n’ai malheureusement pas la réponse à ces questions. Ce que je sais, c’est qu’il a eu 9 enfants, qu’il a tour à tour exercé les métiers d’ouvrier-teinturier, journalier, marchand de comestibles et marchand de poisson.
Il est décédé, chez lui, à Darnétal, 86, rue du Chaperon, le 30 mai 1849 : il était âgé de 66 ans.

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Biblio : « La vie des français au temps de Napoléon » Larousse 2003

01/01/2009

Bonne et heureuse année 2009 à tous !

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ET MES MEILLEURS VŒUX POUR 2009

 

 

 

22/11/2008

Albert et Héloïse Bénard

Mon arrière grand-père, Albert BENARD (sosa 14), est né le 10 décembre 1861 à Mesnil-Esnard (Seine-Maritime) sous le règne du troisième et dernier Empereur des Français, Napoléon III.

10ème d’une famille de 11 enfants, ses parents sont établis marchands-boucher à Mesnil-Esnard, route Impériale (l’actuelle Route de Paris).

Appelé sous les drapeaux l’année de ses 20 ans, il fait partie de la Classe 1881.

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Il effectue son service militaire à Lille (Nord), au sein du 43ème régiment d’infanterie de ligne en qualité de musicien. A cette époque, depuis la loi du 27 juillet 1872,  le service national est obligatoire pour tous les hommes et dure 5 ans.

A son retour, âgé de 28 ans,  il épouse le 5 juin 1889 à 10 heures en l’église de Boos (Seine-Maritime), sa cousine germaine, Héloïse LE BRET (sosa 15). Quelques jours auparavant, un contrat de mariage avait été reçu par Maître Arnoux, Notaire à Boos. Il y est précisé que dans la corbeille du mariage, le fiancé apporte ses habits personnels et ses bijoux pour une valeur de 200 francs, une cour masure d’un hectare treize ares de terre sis à Boos, au Hameau du Coquet et de quatre labours d’environ un hectare, le tout provenant de sa part d’héritage suite aux décès de sa mère et de sa sœur Elisa Arthémise. En outre, son père lui offre une somme de 400 francs et divers objets mobiliers dont une horloge, un buffet, un lit, une table, mais aussi une vache, un cheval, une voiture, un banneau avec roues, un pressoir à cidre avec cuve, … et même un fusil, le tout pour une valeur estimée à 1400 francs.

Quant à la fiancée, outre son linge personnel, son trousseau et ses bijoux, elle amène une armoire, une commode, le tout pour une valeur estimée à 1437  francs, ainsi qu’une vache d’une valeur estimée à 200 francs et une somme de 500 francs.

A la tête de ce patrimoine conséquent pour l’époque (environ 4500 francs, soit 12150 de nos euros actuels), le jeune couple s’installe cultivateurs à Boos. Mais le ciel va vivement virer du rose au gris ! Si Héloïse, en fille de bonne famille bien élevée qu’elle est, sait tenir une conversation, « faire des visites », coudre et broder, elle n’a pas du tout été préparée à la réalité de la vie qui l’attend, à la tenue d’un foyer, d’une maison à gérer, d’enfants à élever, d’une ferme à entretenir et à faire fructifier. Albert de son côté, est au moins aussi démuni qu’elle ! Il a eu depuis sa naissance la vie facile des enfants de parents aisés et à 28 ans il n’a encore jamais travaillé. C’est dire que l’entretien des champs, des labours, les soins à apporter aux bêtes, … il ne sait pas ! Les huit enfants vont arriver très vite, ruinant le couple chaque fois un peu plus. A la naissance de ma grand-mère Blanche (sosa 7) en 1902, il ne reste déjà plus grand-chose du capital matrimonial. Un simple caisse en bois lui sert de berceau ! Sur l’acte d’état civil, son père n’est plus « agriculteur » mais simplement « domestique ». La guerre de 1914-1918 finira d’anéantir leur existence. Leurs deux fils aînés, partis au combat, ne reviendront pas. Albert est tué en 1915 et Alfred est porté disparu en 1916. Héloïse, fragilisée psychiquement , ne s’en remettra pas. Elle décide de ne plus jamais sortir de chez elle et choisit de vivre recluse. (Ci-dessous, devant leur maison dans les années 30).

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Elle s’éteindra à son domicile à Boos, au Hameau de Franquevillette, le 27 octobre 1935 à l’âge de 71 ans. Ma mère, sa petite fille, m’a raconté que lors de ses obsèques, le curé a détourner le cortège funèbre par le monument aux morts du village où les noms de ses deux fils étaient gravés et qu’elle n’avait jamais vu de son vivant.

 

Après le décès de sa femme, Albert est venu vivre chez sa fille Blanche (sosa 7), ma grand-mère,  et c’est là qu’il décèdera le 9 mai 1951 dans sa 90ème année (ci-dessous en 1949, entouré de mes frères).

 

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