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01/01/2009

Bonne et heureuse année 2009 à tous !

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ET MES MEILLEURS VŒUX POUR 2009

 

 

 

22/11/2008

Albert et Héloïse Bénard

Mon arrière grand-père, Albert BENARD (sosa 14), est né le 10 décembre 1861 à Mesnil-Esnard (Seine-Maritime) sous le règne du troisième et dernier Empereur des Français, Napoléon III.

10ème d’une famille de 11 enfants, ses parents sont établis marchands-boucher à Mesnil-Esnard, route Impériale (l’actuelle Route de Paris).

Appelé sous les drapeaux l’année de ses 20 ans, il fait partie de la Classe 1881.

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Il effectue son service militaire à Lille (Nord), au sein du 43ème régiment d’infanterie de ligne en qualité de musicien. A cette époque, depuis la loi du 27 juillet 1872,  le service national est obligatoire pour tous les hommes et dure 5 ans.

A son retour, âgé de 28 ans,  il épouse le 5 juin 1889 à 10 heures en l’église de Boos (Seine-Maritime), sa cousine germaine, Héloïse LE BRET (sosa 15). Quelques jours auparavant, un contrat de mariage avait été reçu par Maître Arnoux, Notaire à Boos. Il y est précisé que dans la corbeille du mariage, le fiancé apporte ses habits personnels et ses bijoux pour une valeur de 200 francs, une cour masure d’un hectare treize ares de terre sis à Boos, au Hameau du Coquet et de quatre labours d’environ un hectare, le tout provenant de sa part d’héritage suite aux décès de sa mère et de sa sœur Elisa Arthémise. En outre, son père lui offre une somme de 400 francs et divers objets mobiliers dont une horloge, un buffet, un lit, une table, mais aussi une vache, un cheval, une voiture, un banneau avec roues, un pressoir à cidre avec cuve, … et même un fusil, le tout pour une valeur estimée à 1400 francs.

Quant à la fiancée, outre son linge personnel, son trousseau et ses bijoux, elle amène une armoire, une commode, le tout pour une valeur estimée à 1437  francs, ainsi qu’une vache d’une valeur estimée à 200 francs et une somme de 500 francs.

A la tête de ce patrimoine conséquent pour l’époque (environ 4500 francs, soit 12150 de nos euros actuels), le jeune couple s’installe cultivateurs à Boos. Mais le ciel va vivement virer du rose au gris ! Si Héloïse, en fille de bonne famille bien élevée qu’elle est, sait tenir une conversation, « faire des visites », coudre et broder, elle n’a pas du tout été préparée à la réalité de la vie qui l’attend, à la tenue d’un foyer, d’une maison à gérer, d’enfants à élever, d’une ferme à entretenir et à faire fructifier. Albert de son côté, est au moins aussi démuni qu’elle ! Il a eu depuis sa naissance la vie facile des enfants de parents aisés et à 28 ans il n’a encore jamais travaillé. C’est dire que l’entretien des champs, des labours, les soins à apporter aux bêtes, … il ne sait pas ! Les huit enfants vont arriver très vite, ruinant le couple chaque fois un peu plus. A la naissance de ma grand-mère Blanche (sosa 7) en 1902, il ne reste déjà plus grand-chose du capital matrimonial. Un simple caisse en bois lui sert de berceau ! Sur l’acte d’état civil, son père n’est plus « agriculteur » mais simplement « domestique ». La guerre de 1914-1918 finira d’anéantir leur existence. Leurs deux fils aînés, partis au combat, ne reviendront pas. Albert est tué en 1915 et Alfred est porté disparu en 1916. Héloïse, fragilisée psychiquement , ne s’en remettra pas. Elle décide de ne plus jamais sortir de chez elle et choisit de vivre recluse. (Ci-dessous, devant leur maison dans les années 30).

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Elle s’éteindra à son domicile à Boos, au Hameau de Franquevillette, le 27 octobre 1935 à l’âge de 71 ans. Ma mère, sa petite fille, m’a raconté que lors de ses obsèques, le curé a détourner le cortège funèbre par le monument aux morts du village où les noms de ses deux fils étaient gravés et qu’elle n’avait jamais vu de son vivant.

 

Après le décès de sa femme, Albert est venu vivre chez sa fille Blanche (sosa 7), ma grand-mère,  et c’est là qu’il décèdera le 9 mai 1951 dans sa 90ème année (ci-dessous en 1949, entouré de mes frères).

 

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11/11/2008

Albert BENARD, Mort pour la France

ALBERT BENARD.JPG« La tragédie de la mort est en ceci qu'elle transforme la vie en destin » André MALRAUX

 

Albert BENARD, mon grand-oncle, frère de ma grand-mère Blanche (sosa 5) a été « tué à l’ennemi », le 2 octobre 1915 à Tahure (Marne).

Troisième enfant de la famille et second fils, il venait d’avoir 21 ans.

Il avait été recruté dans l’armée en 1914, l’année de ses 20 ans. A cette époque, la loi imposait à tous les hommes français valides un service personnel, égal et obligatoire, d’une durée de deux ans, portée à trois ans en 1913. Après le conseil de révision au printemps 1914, mon grand-oncle avait reçu au mois de septembre suivant sa feuille de route et rejoint son affectation le mois d’après.

 Seconde-Classe, il appartenait au 51ème Régiment d'Infanterie basé à Mourmelon-le-Grand (Marne), régiment qui avait pour devise « Plus est en nous ».

 

Un an plus tard, presque jour pour jour, il mourait au front à Tahure, petit village de 185 âmes, se trouvant dans le nord-est du département de la Marne, entre Reims et Verdun, aujourd’hui totalement disparu du fait de l’intensité des combats qui s’y déroulèrent et le dévastèrent.

 

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« Mort pour la France », mon grand-oncle repose au côté de 2297 autres soldats tués au cours de ces combats,  dans la Nécropole Nationale du Mont-Frenet de La Cheppe (Marne).