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24/02/2009

Augustin Bizet : un père au début du XVIIIe siècle

Notre ancêtre Augustin Bizet (sosa 304) et sa femme Angélique Auber se sont mariés à Notre-Dame de Franqueville le 7 novembre 1705.

  

MARIAGE BISET-AUBER.JPG

 

Des 12 enfants qu’ils auront ensemble, 1 seul va survivre : notre ancêtre Charles Martin (sosa 152). Les autres, 2 garçons et 9 filles sont tous décédés avant leur 3ème anniversaire.

Charles Martin a 18 ans au décès de son père, âgé de seulement 45 ans, le 22 mai 1728 et sera présent au remariage de sa mère en 1732, laquelle aura un treizième enfant de son second époux.

 

La France est alors le pays le plus peuplé d’Europe et compte, dans ces années de fin de règne du Roi Louis XIV, 20 millions d’habitants.

 

Sous l’Ancien Régime,  la natalité est très élevée et les familles de plus de 10 enfants ne sont pas rares. Cependant, le manque d’hygiène et de connaissances médicales, la misère et le déficit alimentaire chronique cause une mortalité importante. En moyenne, un enfant sur quatre meurt avant l’âge d’un an et la moitié des enfants meurent avant l’âge de 20 ans !

L’espérance moyenne de vie à la naissance est seulement de 25 ans !

 

A cette époque, l’eau était considérée comme un danger, capable de faire passer dans le corps humain miasmes et infections. La toilette utilisait donc très peu d’eau et consistait le plus souvent à frotter la peau avec des linges secs.

Voyez à quel âge le jeune Louis, futur Louis XIII, né le 27 septembre 1601, prit son premier bain ! (Extrait du journal tenu par son médecin)

 

« Le 11 novembre 1601 on lui a frotté la tête la première fois avec plaisir.

Le 17 novembre 1601 on lui a frotté le front et le visage avec du beurre frais et de l’huile d’amandes douces pour la crasse qui paraissait y vouloir venir.

Le 4 juillet 1602, il a été peigné pour la première fois, y prend plaisir et accommode sa tête selon les endroits qu’il lui démangeait.

Le 3 octobre 1606, on lui a lavé les jambes dans l’eau tiède… C’est la première fois.

Le 2 août 1608, baigné pour la première fois. »

07/02/2009

La famille LECREQ de Bolbec

«  Bolbec est la ville qui travaille, qui gagne son pain, qui n’a pas le temps de pleurer sur le passé ou de rêver à l’avenir. Là, point de ruines, point de château, point d’abbaye ; la féodalité n’a rien à démêler avec Bolbec ; même en présence de Guillaume le Conquérant, les travailleurs de Bolbec prenaient la défense du travail.

Tout ce que l’homme peut faire de ses dix doigts, on le fait à Bolbec : toiles de ménage, indiennes, siamoises, couteaux, chapeaux, dentelles ; il y a des tanneurs, il y a des corroyeurs, il y a des tisseurs ; ses gentilshommes, ses hauts barons s’appellent Pouchet, Fauquet, Keillinger ; ces maîtres et ces gentilshommes vénérés ont pour armes la navette et le rouleau ; trois cent cinquante mille pièces d’indienne représentent leurs conquêtes de chaque année ; par l’industrie, Bolbec règne dans les vallées laborieuses de Déville, de Darnétal, de Fécamp, de Lillebonne, utile et libérale suzeraineté du travail »*.

Les ancêtres de mon arrière grand-mère, Louise LECREQ (sosa 13) (photo ci-dessous datant de mai 1920) étaient originaires de cette cité ouvrière près du Havre.

L. LECREQ 10.05.1920.JPG

La ville de Bolbec est située à la source de la rivière qui porte son nom. L’industrie textile qui s’y est développée à partir du début du 18ème siècle  utilisait les nombreux moulins qui jalonnaient ce cours d’eau. Pour preuve de l’essor de cette industrie, en 1786, elle employait à Bolbec 6800 ouvriers dont 3000 ouvriers pour la fabrique de mouchoirs, 400 pour celle du velours, 500 pour les siamoises, 1500 pour la fabrique du coutil de coton, 1200 pour les toiles de lin et 200 pour les impressions indiennes.

A la veille de la révolution française, Bolbec compte près de 18 manufactures.

A la cime de l’arbre généalogique que j’ai reconstitué concernant la famille LECREQ,  on trouve Jacques LECREPT (sosa 3328) qui a épousé à Bolbec Margueritte LUCAS (sosa 3329) le 14 octobre 1654, alors que la Roi Louis XIV règne depuis peu sur le royaume de France.

D’où vient ce patronyme de LECREQ, peu courant dans notre région ? Concernant son étymologie, plusieurs hypothèses sont avancées comme venant de « croc »,  dans le sens de la « dent » , de « crocq » dans le sens de « crochet », surnom se référant sans doute au possesseur de l’objet, ou bien encore de « Creuse » en rapport au lieu d’origine ?  Par ailleurs, on trouve nombre de porteurs de ce patronyme en Bretagne. Faut-il en déduire que c'est dans cette province que ce nom de famille est né ?

C’est toujours à Bolbec que le fils de Jacques et Margueritte,  Louis (sosa 1664),  né vers 1655/1656, épouse Suzanne QUESNEL (sosa 1665), le 7 mai 1686. De leur union, vont naître à Bolbec, entre 1687 et 1706, 12 enfants dont Guillaume (sosa 832), le 7ème de la fratrie, le 15 juin 1697.

A 29 ans, ce dernier épouse le 19 novembre 1726 à Beuzevillette, petite paroisse située à moins de 5 kilomètres de Bolbec, Anne MASSELIN (sosa 833) dont il va avoir 10 enfants. Il exerce plusieurs métiers dont celui de cabaretier.

L’aîné de leurs enfants, Pierre, (sosa 416) vient au monde le 10 août 1727 à Bolbec. Il se marie le 16 avril 1755 à Beuzevillette avec Marie Anne DUPRAY (sosa 417) dont il a 2 garçons. Il  travaille pour l’industrie textile et exerce la profession de siamoisier lorsque naît l’aîné de ses enfants, Jacques Augustin dit Pierre (sosa 208), le 12 décembre 1757.

La ville de Bolbec a beaucoup  souffert du feu. Des incendies ravagent à plusieurs reprises  la cité. Ainsi, le 31 mai 1583, après « un accident de feu », la ville est pratiquement anéantie : l’église est la proie des flammes et 800 maisons sont en grande partie détruites. Puis, le 25 juin 1676, en début d’après-midi, des flammes s’élèvent sur un millier de maisons n’en épargnant qu’une centaine. De nouveau, un troisième et grand incendie détruit une grande partie de la ville le 30 octobre 1696.

Mais le plus violent sinistre reste celui du 14 juillet 1765 qui entraîne dans la ruine et la misère la majeure partie des Bolbécais. Activé par le vent, le feu court de toiture en toiture, toutes de chaume revêtues. Trois heures suffiront pour détruire tout le bourg. Au total, avec l’Hôtel de Ville et l’église, ce sont 864 maisons qui se trouvent anéanties et 502 familles sont sans abri.

Est-ce cet incendie qui fit fuir la famille ? Est-ce la révolution ? Car c’est à Epinay-sur-Franqueville (aujourd’hui St-Aubin-Epinay, près de Rouen) que l’on retrouve notre aïeul Pierre (sosa 208), le fils de Pierre et de Marie Anne, où, laboureur, il épouse, le 20 septembre 1790, Marie Madeleine LE HALLEUR (sosa 209).  C’est aussi dans ce village qu’il disparait prématurément le 16 août 1791, à l’âge de 33 ans,  seulement 5 mois après la naissance de leur fils unique, un autre Pierre (sosa 104),  le 11 mars 1791, l’arrière grand-père de mon arrière grand-mère.

 

Descendance LECREQ

Sur 12 générations

 

Jacques LE CREPT   x  Margueritte LUCAS

Louis LE CRECQ   x    Suzanne QUESNEL

Guillaume LE CRECQ x Marie Anne MASSELIN

Pierre LE CREQ  x Marie Anne DUPRAY

Pierre LE CREQ  x  Marie Madeleine LE HALLEUR

Pierre LE CREQ  x  Rose BOULANGER

Augustin LECREQ x Louise DUFRESNE

Jules LECREQ  x Louise MORIN (Photo ci-dessous)

Louise LECREQ x Alfred JULIEN

Henri JULIEN x Blanche BENARD

Denise JULIEN x Albert-Camille BOULANGé

Catherine BOULANGé

 

 

J. LECREQ et L. MORIN.JPG

 

 * Extrait de « La Normandie » de Jules Janin publié en 1862 par Ernest Bourdin, Editeur à Paris.

Bibliographie : « Bolbec et son histoire » de Jacques Vauquelin, publié en 1974  par l’imprimerie Ferric.

31/01/2009

Le château de Saint-Pierre

Dimanche dernier, à l’initiative de mes neveux Florence et David (un grand merci à eux !), la famille était réunie pour fêter la nouvelle année autour d’un bon repas et de la traditionnelle galette des rois.

En échangeant nos souvenirs d’enfance, mes frères et moi avons évoqué le bon temps passé dans le parc du château de Saint-Pierre où les arbres centenaires et les vieilles pierres ont abrités nos jeux  dans la fin des années 50.

A cette époque, l’édifice était en ruine et, de sa splendeur du passé, il ne restait plus rien ou presque.

Ce château fût bâti sur les vestiges d’un ancien manoir seigneurial à l’architecture féodale avec tours, créneaux et pont-levis édifié aux XIIe et XIIIe siècles par les descendants d’Hulin de Centville (v. ma note sur Franqueville du 31 août dernier) appartenant, dans les premières années du XIVe siècle, à l’un de Roys d’Yvetôt, Jean de Canteleu.

En 1619, la seigneurie et les ruines de ce manoir sont la propriété de Nicolas Poërier, fils du seigneur d’Amfreville, qui prend le titre de Comte de Franqueville. Il semble que c’est lui qui décida de faire édifier un château sur l’emplacement de l’ancien manoir féodal.

Il aurait été élevé en 1625 sur les plans de l’architecte François Mansart,  ce qui en ferait une de ses œuvres de jeunesse avant qu’il n’impose son talent avec la construction des châteaux de Blois et de Maisons-Lafitte.

CHATEAU FRANQUEVILLE 1.JPG

Après la mort de Nicolas Poërier, la seigneurie de Saint-Pierre demeura entre les mains de Marguerite Grisel, son épouse, qui le vendit en 1683 à Toussaint Guenet dont le fils, également prénommé Toussaint, acheva la construction du château. Après sa mort en 1710. l’une de ses filles, Marie Guenet, transmit la seigneurie à son mari le marquis Jean Eustache de Lys. Le domaine échut en 1768 à leur petite-fille Marie-Madeleine, épouse du marquis Charles de Vintimille, issu d’une des plus anciennes familles de Provence,  qui fut le dernier seigneur de Saint-Pierre.

A la révolution, Charles de Vintimille émigra, ses biens furent confisqués et vendus aux enchères en avril 1794.

Au début du XXème siècle, le château est la propriété des familles Lannes et Bardin. Il connaît, jusque dans les années 1910, splendeurs, fêtes et  chasses à courre.

 

Occupé par les troupes allemandes puis alliées pendant la seconde guerre mondiale,  il subit dès lors, d’année en année, d’inqualifiables outrages et de nombreuses déprédations. Pillé, vandalisé et finalement abandonné, il offre aux regards des Franquevillais, dans le début des années 50, un spectacle de réelle désolation : une carcasse de bois dénudés d’où émergent encore toutefois de sveltes et élégantes cheminées.

 

Nombre de Saint-Pierrais vont tenter de conserver cette pièce importante du patrimoine communal. A l’aide de pétitions, ils vont espérer le voir classé par les monuments historiques. Mais les frais de restauration sont d’une telle ampleur, qu’il n’est pas envisageable de les mener.

Sa destruction est décidée en mars 1961. 

A sa place, dès 1963, une zone pavillonnaire sera construite  « le lotissement du château ».

Aujourd'hui, il ne reste plus du Château de Saint-Pierre que trois hêtres roux sur la place portant son nom, « l’étang de l’Ile » en bordure de la route nationale et quelques cartes postales anciennes des plus précieuses !

 

CHATEAU FRANQUEVILLE 2.JPG

Biblio. :

« Franqueville au fil des ans » article de H. Dequidt publié dans le bulletin municipal de Franqueville en 1982.

« Franqueville Saint-Pierre – Les alliances de la mémoire » Edition Pierre Molkhou – Sept.2001