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07/12/2009

L'arrivée de la famille Boulangé dans la paroisse de Mesnil-Esnard

Quittant Bois-d’Ennebourg, commune située à 12 km de Rouen, notre arrière-arrière-arrière grand-père Nicolas Boulangé (sosa 32 ) s’installe en 1803, après son mariage avec Flore HUBERT, dans la commune de Mesnil-Esnard, située sur le plateau Est de ROUEN, à 5 km de la capitale normande.

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Laurens HUBERT, le grand-père de Flore, originaire de la localité voisine de La Neuville Chant d'Oisel (Seine-Maritime), beaugeur de son état, est arrivé dans cette paroisse en 1744. Son fils Antoine, né en 1752, exerçant la profession de Charpentier, épousera en 1773 une fille du pays, Magdeleine SERGEANT. De leur union  naîtront 7 enfants dont 5 décèderont en bas âge. Grégoire, le seul fils survivant, périra Soldat en Belgique en 1813. Sa sœur aînée, Flore, née en 1779, sera la femme de mon aïeul Nicolas Boulangé.

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La première mention du nom de ce village de « Mesnil-Esnard » remonte à 1055 sous la forme latine de « Einardi Mansionali ». Elle allait connaître bien des transformations liées à l’influence des parlers ou de la prononciation comme en témoignent les écritures médiévales de « Maisnilli Enardi » en 1212 ou du « Mesnil Lyenard » en 1451, avant sa forme actuelle, attestée pour la première fois en 1456.

Ces orthographes successives font ressortir un nom composé dont le premier élément est un dérivé du latin « mansio », signifiant l’habitation ou la demeure.  Pour le second,  il pourrait, selon certains  provenir du nom germanique « Einardus » quand pour d’autres, prenant en considération l’orthographe médiévale de « Lyenard », il serait la déformation de Léonard, second patron de la commune.

Saint Léonard vécut au VIème siècle. Ermite du Limousin, partout où il passait, les fers des prisonniers se brisaient, les serrures s’ouvraient et les geôliers s’endormaient. La légende veut que lorsqu’il vivait dans la forêt de Pacevin, il entendit une femme gémir de douleur. Il s’approcha et découvrit la reine, épouse de Théodebert 1er, qui était en train d’enfanter dans les plus grandes souffrances. Le saint s’agenouilla et se mit à prier. L’enfant naquit aussitôt. En récompense, le roi lui offrit la forêt qu’il appela Noblet.

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Statue de Saint-Léonard - Hamars (Calvados)

Invoqué depuis par tous ceux qui attendent une délivrance, il devint un saint très populaire et son culte se répandit durant les croisades au cours desquelles plusieurs libérations miraculeuses lui furent attribuées. Est-ce en souvenir de l’une d’entre elles que se développa dans la paroisse un pèlerinage qui, le 6 novembre de chaque année, attirait les fidèles des villages environnants ?  Ils s’y rendaient en foule et cette dévotion survécut à la tourmente révolutionnaire avant de s’étioler puis de renaître en 1873 sous l’influence de l’abbé Bouvier.

Lors de l’arrivée à Mesnil-Esnard de mon aïeul Nicolas Boulangé, Couvreur en Paille, le village commence a être aspiré par le développement de l’agglomération rouennaise. Au fil des ans, de plus en plus de Mesnillais abandonnent le travail de la terre pour se consacrer à celui de l’industrie cotonnière.  Ils travaillent à leur domicile en effectuant des ouvrages ou en filant le coton pour le compte de différents marchands. C’est le cas de Flore. Cette activité engendre non seulement un dynamisme démographique,  puisque la population passe de 108  feux (soit environ 500 habitants) en 1707 à 250 feux (soit près de mille personnes) en 1788, mais oblige l’administration Royale à améliorer la desserte routière entre Paris et Rouen en ouvrant un nouvel axe de communication à la fois plus large et plus direct. Débutés vers 1750, les travaux vont durer 3 ans. Ils sont effectués par les plus pauvres des habitants des différentes paroisses afin de leur procurer un travail et de les  « soulager de la disette ». 

Cette route royale (aujourd'hui route de Paris, allée principale et centrale de la commune) transforma progressivement la physionomie du village en attirant quelques rouennais soucieux de faire élever d’élégantes demeures à la campagne et en créant de l’ouvrage.

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 La Route de Paris, au début du XXe siècle

 

 

15/08/2009

Un grand merci !

Ce blog fête aujourd’hui son premier anniversaire ! C'est l'occasion pour moi de vous dire UN GRAND MERCI !

 

Merci à vous tous, visiteurs connus et inconnus de plus en plus nombreux, qui me faites l’honneur et le plaisir de feuilleter régulièrement ces pages sans prétention. J’espére que vous prenez à les lire autant de plaisir que je prends à les écrire !

 

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La généalogie est un vrai trésor ! Elle se nourrit d’histoire, de géographie, de paléographie, de régionalisme... en faisant par-ci par-là quelques clins d'oeil à la gastronomie, la botanique, la linguistique, la littérature... Que d’énigmes à élucider, de sujets à creuser, de questions à étudier, de recherches documentaires à mener, de merveilles à découvrir, de découvertes à partager... et de pages à écrire !

 

Mais plus que tout, la généalogie est pour moi un lien d’excellence intergénérationnel. Savoir d’où l’on vient pour mieux choisir où l’on veut aller et surtout comprendre qui nous sommes, c’est-à-dire le simple maillon d’une longue chaîne, inutile si isolé, et tellement solide relié aux autres !

 

"L'homme qui fait renaître les connaissances perdues, ce qui est presque plus difficile que leur donner vie,

celui-là édifie une chose immortelle et sacrée, et sert non seulement une province,

mais tous les peuples et toutes les générations".

Erasme, Adages, 1508.*

  

 

 * Merci Dominique pour cette belle citation relevée dans l'ouvrage de qualité auquel tu as participé et qui vient de paraître "Balades généalogiques en Pays de Caux avec... "16 personnages de notre terroir. C'est tout simplement excellent, bien documenté, riche d'illustrations, d'anecdotes et de témoignages. Un réel bonheur pour les généalogistes normands ! Je vous le recommande à tous ! Renseignements : jcleclerc@wanadoo.fr

 

22/07/2009

Jean BOULANGÉ, Couvreur en chaume et en gerbées

Mon aïeul, Jean BOULANGÉ (sosa  64)*, est, en 1764, et comme avant lui son père, Couvreur en chaume et en gerbées. Il exerce son métier dans sa paroisse de Bois d’Ennebourg, petit village normand situé dans le département de la Seine-Maritime, à environ 11 kilomètres à l'ouest de Rouen.

Né près de là, à Epreville-sur-Ry (aujourd’hui Martainville-Epreville), le 19 avril 1736, il épouse à 26 ans, Catherine MONFRAY, d’un an sa cadette. Le mariage est célébré dans l’église d’Epreville, le 31 janvier 1763. De cette union, vont naître à Bois d’Ennebourg 7 enfants, 4 garçons et 3 filles dont 2 décèderont en bas âge.

 

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Acte de baptème de Jean Baptiste Jacques, fils ainé de Jean et Catherine 

Cette année là, le roi Louis XV s’apprête à signer le Traité de Paris qui va mettre fin à la guerre de Sept ans. La France abandonne le Canada à l’Angleterre mais retrouve Belle-Ile, la Martinique et la Guadeloupe.

A cette époque, comme aujourd’hui, le métier de couvreur est un métier pénible : quel que soit le temps, qu’il pleuve ou qu’il vente, été comme hiver, le couvreur doit répondre présent. Il doit être très résistant physiquement, ne pas avoir peur de travailler accroupi ou à genoux et ne pas céder au vertige.

C'est aussi un métier exigeant : l’apprentissage est long et fastidieux. Les couvreurs sont des ouvriers polyvalents capables de manier aussi bien la truelle que le marteau ou la scie pour assurer l’étanchéité des toits. Pour cela, selon les régions, ils recouvrent les charpentes d’ardoises, de tuiles, de grandes feuilles de plomb, de zinc, ou simplement de chaume (ou paille) comme en Normandie.

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 Planche de présentation des outils du couvreur

Le couvreur en chaume dispose un échafaudage sur la charpente, une sorte d’échelle liée au faîtage. Le travail s’effectue de droite à gauche. Entre chaque déplacement d’échelle, il y a environ deux brassées de chaume et une « poignée » (petite quantité de paille utilisée pour assurer le calfeutrement). Des liens à nœud coulant sont glissés sous la latte. L’artisan place une première brassée posée à plat sur la couverture. Le lien est passé par-dessus puis glissé sous la latte. Entre deux brassées, il loge une poignée. La tonte se fait ensuite aux ciseaux en partant du faîtage vers la queue de vache. Puis le couvreur en chaume procède au dressage ou tapage pour mettre en forme définitivement la paille à l’aide d’une palette.

 

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Chaumière normande

Le métier de couvreur est toujours un métier dangereux, un métier à risques : les couvreurs ne mettent pas seulement leur vie en jeu, mais aussi celle des passants.

Devenu veuf en 1788, Jean BOULANGÉ, âgé de 52 ans,  se remarie en l’église de Bois-d’Ennebourg (76), le 3 mai 1791 à Marie Geneviève LEMOINE, célibataire de 6 ans sa cadette. Il s’éteindra dans sa commune le 7 thermidor an VI (25 juillet 1798) à l’âge de 62 ans. Son décès sera déclaré par son fils aîné Jean Baptiste, lequel entre temps a repris le métier de son père, celui de couvreur en paille. 

* Tableau de descendance : Jean BOULANGÉ ( 1736-1798)  Sosa 64 →Nicolas BOULANGÉ (1769-1852)  Sosa 32 →Constant BOULANGÉ (1817-1889) Sosa 16 →Constant BOULANGÉ (1842-1918)  Sosa 8 →Paul BOULANGÉ (1877-1950)  Sosa 4 →Camille BOULANGÉ, mon père, (1922-2007) Sosa 2.

Biblio : "Métiers du bâtiment", Nos ancêtres - Vie et Métiers, n°21 - Sept-Oct. 2006