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15/08/2009

Un grand merci !

Ce blog fête aujourd’hui son premier anniversaire ! C'est l'occasion pour moi de vous dire UN GRAND MERCI !

 

Merci à vous tous, visiteurs connus et inconnus de plus en plus nombreux, qui me faites l’honneur et le plaisir de feuilleter régulièrement ces pages sans prétention. J’espére que vous prenez à les lire autant de plaisir que je prends à les écrire !

 

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La généalogie est un vrai trésor ! Elle se nourrit d’histoire, de géographie, de paléographie, de régionalisme... en faisant par-ci par-là quelques clins d'oeil à la gastronomie, la botanique, la linguistique, la littérature... Que d’énigmes à élucider, de sujets à creuser, de questions à étudier, de recherches documentaires à mener, de merveilles à découvrir, de découvertes à partager... et de pages à écrire !

 

Mais plus que tout, la généalogie est pour moi un lien d’excellence intergénérationnel. Savoir d’où l’on vient pour mieux choisir où l’on veut aller et surtout comprendre qui nous sommes, c’est-à-dire le simple maillon d’une longue chaîne, inutile si isolé, et tellement solide relié aux autres !

 

"L'homme qui fait renaître les connaissances perdues, ce qui est presque plus difficile que leur donner vie,

celui-là édifie une chose immortelle et sacrée, et sert non seulement une province,

mais tous les peuples et toutes les générations".

Erasme, Adages, 1508.*

  

 

 * Merci Dominique pour cette belle citation relevée dans l'ouvrage de qualité auquel tu as participé et qui vient de paraître "Balades généalogiques en Pays de Caux avec... "16 personnages de notre terroir. C'est tout simplement excellent, bien documenté, riche d'illustrations, d'anecdotes et de témoignages. Un réel bonheur pour les généalogistes normands ! Je vous le recommande à tous ! Renseignements : jcleclerc@wanadoo.fr

 

22/07/2009

Jean BOULANGÉ, Couvreur en chaume et en gerbées

Mon aïeul, Jean BOULANGÉ (sosa  64)*, est, en 1764, et comme avant lui son père, Couvreur en chaume et en gerbées. Il exerce son métier dans sa paroisse de Bois d’Ennebourg, petit village normand situé dans le département de la Seine-Maritime, à environ 11 kilomètres à l'ouest de Rouen.

Né près de là, à Epreville-sur-Ry (aujourd’hui Martainville-Epreville), le 19 avril 1736, il épouse à 26 ans, Catherine MONFRAY, d’un an sa cadette. Le mariage est célébré dans l’église d’Epreville, le 31 janvier 1763. De cette union, vont naître à Bois d’Ennebourg 7 enfants, 4 garçons et 3 filles dont 2 décèderont en bas âge.

 

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Acte de baptème de Jean Baptiste Jacques, fils ainé de Jean et Catherine 

Cette année là, le roi Louis XV s’apprête à signer le Traité de Paris qui va mettre fin à la guerre de Sept ans. La France abandonne le Canada à l’Angleterre mais retrouve Belle-Ile, la Martinique et la Guadeloupe.

A cette époque, comme aujourd’hui, le métier de couvreur est un métier pénible : quel que soit le temps, qu’il pleuve ou qu’il vente, été comme hiver, le couvreur doit répondre présent. Il doit être très résistant physiquement, ne pas avoir peur de travailler accroupi ou à genoux et ne pas céder au vertige.

C'est aussi un métier exigeant : l’apprentissage est long et fastidieux. Les couvreurs sont des ouvriers polyvalents capables de manier aussi bien la truelle que le marteau ou la scie pour assurer l’étanchéité des toits. Pour cela, selon les régions, ils recouvrent les charpentes d’ardoises, de tuiles, de grandes feuilles de plomb, de zinc, ou simplement de chaume (ou paille) comme en Normandie.

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 Planche de présentation des outils du couvreur

Le couvreur en chaume dispose un échafaudage sur la charpente, une sorte d’échelle liée au faîtage. Le travail s’effectue de droite à gauche. Entre chaque déplacement d’échelle, il y a environ deux brassées de chaume et une « poignée » (petite quantité de paille utilisée pour assurer le calfeutrement). Des liens à nœud coulant sont glissés sous la latte. L’artisan place une première brassée posée à plat sur la couverture. Le lien est passé par-dessus puis glissé sous la latte. Entre deux brassées, il loge une poignée. La tonte se fait ensuite aux ciseaux en partant du faîtage vers la queue de vache. Puis le couvreur en chaume procède au dressage ou tapage pour mettre en forme définitivement la paille à l’aide d’une palette.

 

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Chaumière normande

Le métier de couvreur est toujours un métier dangereux, un métier à risques : les couvreurs ne mettent pas seulement leur vie en jeu, mais aussi celle des passants.

Devenu veuf en 1788, Jean BOULANGÉ, âgé de 52 ans,  se remarie en l’église de Bois-d’Ennebourg (76), le 3 mai 1791 à Marie Geneviève LEMOINE, célibataire de 6 ans sa cadette. Il s’éteindra dans sa commune le 7 thermidor an VI (25 juillet 1798) à l’âge de 62 ans. Son décès sera déclaré par son fils aîné Jean Baptiste, lequel entre temps a repris le métier de son père, celui de couvreur en paille. 

* Tableau de descendance : Jean BOULANGÉ ( 1736-1798)  Sosa 64 →Nicolas BOULANGÉ (1769-1852)  Sosa 32 →Constant BOULANGÉ (1817-1889) Sosa 16 →Constant BOULANGÉ (1842-1918)  Sosa 8 →Paul BOULANGÉ (1877-1950)  Sosa 4 →Camille BOULANGÉ, mon père, (1922-2007) Sosa 2.

Biblio : "Métiers du bâtiment", Nos ancêtres - Vie et Métiers, n°21 - Sept-Oct. 2006

24/05/2009

Les années de guerre de mon père - 5ème époque : le retour

1946 : La France panse ses blessures. Progressivement, les militaires, les prisonniers de guerre, les déportés rentrent. Le pays est à reconstruire.

Dans la nuit du 30 au 31 mars 1945, le Première Armée Française, dans laquelle est incorporé mon père, Albert-Camille BOULANGÉ (sosa 2), a franchi le Rhin de vive force, puis, entrée en Allemagne, est allée conquérir Karlsruhe, Stuggart et enfin l'Autriche. Sous les ordres de De Lattre, les fantassins, chasseurs, cuirassiers, dragons, artilleurs, sapeurs, tirailleurs, goumiers, zouaves, spahis et légionnaires, après avoir libéré leur pays, vont occuper celui de l'ennemi.

 

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Au volant, mon père, et sur le capot toujours le même petit chien !

Après le suicide d'Hitler, Berlin, la capitale de l'Allemagne nazie, entièrement détruite par de multiples bombardements alliés, capitule le 2 mai 1945. C'est la fin de la guerre ! Le 6 mai, la 2ème D.I.M., celle de mon père, est à la sortie du tunnel d'Arlberg en Autriche. 

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Le tunnel d'Arlberg

Le 8 mai, de Lattre appose à Berlin le paraphe d'un français au bas de l'acte de reddition des armées hitlériennes vaincues. Dès le lendemain, il rédige pour ses soldats, l'ordre du jour n° 9 : "Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats de la Première Armée Française. Le jour de la Victoire est arrivé. A Berlin, j'ai la fierté de signer au nom de la France, en votre nom, l'acte solennel de la capitulation de l'Allemagne... Vos drapeaux flottent au coeur de l'Allemagne. Vos victoires marquent les étapes de la Résurrection française... Soldats vainqueurs, vos enfants apprendront la nouvelle épopée que vous doit la Patrie !..." Il dresse, avec une légitime fierté pour ses hommes, le bilan de sa victoire. Il est impressionnant ! Deux armées ennemies détruites, une troisième gravement touchée, 225 000 prisonniers capturés, un tiers de la patrie délivrée, le Rhin franchi de haute lutte, 4 Etats allemands traversés et 2 autres totalement conquis, l'ouest de l'Autriche arraché aux nazis, la gloire rendue à la France et à ses armes : telle est la moisson de cette Première Armée française, l'armée Rhin et Danube. Cette glorieuse campagne,  elle l'a payée au prix fort : 13 874 morts, tombés au champ d'honneur, 95 681 blessés, accidentés ou hospitalisés pour maladie.

Après la capitulation de l'Allemagne, l'invasion des forces alliées se poursuit. C'est au volant de son engin de dépannage que mon père sillonne les routes de ce pays détruit. Libérant lors de son passage des centaines de prisonniers français, la Première Armée arrache aussi 8 000 déportés français de l'enfer de Dachau.

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Mon père est à droite

Mon père restera en Allemagne jusqu'au 23 octobre 1945. Entre-temps, à l'aube de ses 23 ans, il s'est réengagé dans son régiment pour 6 mois le 1er septembre 1945. C'est au cours de ces derniers mois d'engagé, le 9 février 1946, qu'il lui sera délivré enfin, et en régularisation, le Brevet Militaire pour la conduite des véhicules automobiles de l'Armée ou de la Marine qu'il échangera plus tard contre un permis de conduire.

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Il est finalement démobilisé le 3 avril 1946 avec le grade de Brigadier-Chef et la spécialité militaire de "Dépanneur". Après 4 années consacrées à défendre son pays, sa liberté, son honneur, il aspire légitimement à rentrer chez lui et à construire sa vie d'homme. Ma mère l'attend. Ils se marient l'année suivante.

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Mon père a été décoré de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze et citation à l'ordre du régiment.

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" Le Général Malaguti, Commandant la 15° Région Militaire cite à l'ORDRE DU REGIMENT", BOULANGÉ Camille, soldat, subdivision d'Avignon - "Jeune marin qui a quitté son unité pour combattre sous le pavillon à Croix de Lorraine. Faisant preuve du plus parfait mépris du danger, a attaqué l'allemand partout ou il a pu le trouver. S'est brillamment comporté au Puys Ste-Reparade (B.D.R.) au cours des combats des 19 et 20 août 1944 et dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944 à Puy-St-Pierre (H.A.) au cours d'une reconnaissance poussée à 10 kms en avant des lignes alliées, il a attaqué à la grenade un cantonnement ennemi". Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre 1939 "
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Il était également titulaire de la Carte et de la Croix du Combattant.
Il n'a jamais fait état de ces décorations. Pour lui, le devoir accompli, la page était tournée : il fallait aller de l'avant et reconstruire. Toute sa vie, il restera un Gaulliste convaincu et un pro-européen et c'est dans cet esprit qu'il nous a élevés, mes frères et moi.