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25/10/2008

Ils voyageaient la France...

"Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche." (Montaigne)

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Plus j’avance dans mes recherches, plus les voyages effectués par certains ancêtres me surprennent ! Sans avion, sans TGV, sans autoroute, sans bolide de toute sorte, ils parcouraient pourtant le royaume de France, de long en large et d’Est en Ouest.

 

Pour exemple, Gabriel de Veillant (sosa 1256) est arrivé de Tulle en Corrèze  pour s’établir à Mesnil-Raoul en Seine-Maritime où son fils Guillaume est né le 9 mars 1645. Il a ainsi parcouru 540 kilomètres. Mais comment ?

 

Sous l’Ancien Régime et pour le plus grand nombre, le monde connu se réduit à sa paroisse, là où l’on est né et à son « pays » que l’on peut parcourir à pied en une journée, soit dans un rayon de vingt-cinq à trente kilomètres.

Si le royaume est quadrillé par une infinité de chemins, se déplacer n’est pas aisé, surtout à la mauvaise saison. Les trois-quarts des voies de circulation sont au mieux des pistes, poussiéreuses l’été, devenant de véritables bourbiers lorsqu’il pleut.

La grande majorité des gens vont à pied, car seuls les plus riches voyagent à cheval ou mieux, en carrosse. Le voyage est de toute façon une aventure coûteuse, vécue dans l’insécurité et ralentie par les nombreux péages (déjà !!!) et postes de douane.

 

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Au 17ème siècle, pour aller de ville en ville, lorsqu’on ne dispose pas de sa propre monture, on utilise le transport en commun de l’époque, le coche. Sans ressort ni suspension, c’est à l’origine une simple caisse d’osier soutenue par une structure en bois tractée par 2 à 6 chevaux. Il évolue ensuite vers une caisse en bois, avec des piliers soutenant un toit en dôme, et des suspensions sommaires en courroies de cuir. Peu à peu, on protège les passagers par des parois en cuir et on installe des banquettes transversales.

 

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Le coche est progressivement remplacé sur les routes de France  par le carrosse, véhicule hippomobile à quatre roues venant d’Italie et pouvant transporter 8 personnes et de nombreux bagages. Le carrosse est entièrement fermé, avec des glaces qui permettent de voir tout en étant protégé des intempéries, et a une portière de chaque côté. Lorsqu'il est conçu pour aller à grande vitesse, il prend le nom de coche de diligence, puis deviendra simplement diligence.

 

La diligence est le premier véritable transport en commun grâce à la mise en place de lignes régulières. Bruyante, pouvant contenir de 16 à 20 personnes, elle coûte cependant très chère : 16 sous la lieue* Et n’est pas de tout repos : pour monter les côtes, on fait descendre les voyageurs afin de soulager l'équipage. Et quand la montée était trop rude, les voyageurs sont même priés de pousser aux roues (sauf bien sûr pour ceux des 1ères classes)

 

Cette voiture géante a un grave défaut : son manque de stabilité. Très haute sur roue, exagérément alourdie à sa partie supérieure par les bagages, il lui arrive de verser sur les routes pleines de trous, c'est-à-dire de perdre brusquement son centre de gravité placé trop haut et de se coucher avec fracas sur la chaussée. On en sort alors comme on peut mais le plus souvent en fort mauvais état. Un autre danger de ces voyages est à cette époque les attaques par des cavaliers masqués.

Quant à la vitesse  du voyage… En 1668, La Fontaine met 25 jours pour faire Paris-Poitiers (338 km). Cette relative lenteur n'est d'ailleurs pas due exclusivement au poids de la voiture ni même au mauvais état habituel des chaussées. Les voyageurs aiment leurs aises : ils s'attardent outre mesure au dessert et prétendent ne pas rouler de nuit.

 

 

 

*La lieue a comme origine la distance que peut marcher un homme ou un cheval pendant une heure. Sous l’Ancien Régime, la lieue représente environ 4 km.  Le voyage en diligence coûte 16 sous la lieue.

Le sou correspond à  0,104 gramme d’or. Actuellement, le kilogramme d’or est à 22 500€, ce qui met le sou à 2,34€ et le trajet d’un kilomètre en diligence à 9,36€ ! (Pour comparaison, le km SNCF est actuellement à  environ 7 centimes d’euro).

 

18:04 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

12/10/2008

STATISTIQUES EUROISES DE 1870 !

"Le département (de l’Eure) a 452 communes ayant moins de 500 habitants, formant une population  totale de 129 918 habitants, soit en moyenne 287 habitants par commune.

194 communes ont de 501 à 1000 habitants et forment une population totale de 132 290 habitants, soit en moyenne par commune 681 habitants.

48 communes ont EURE.JPGde 1001 à 5000 habitants et forment une population totale de 81 518 habitants, soit en moyen ne par commune 1698 habitants.

6 communes ont plus de 5000 habitants : Evreux 12 320 ; Louviers 11 707 habitants ; Vernon : 7 787 habitants ; Bernay 7 510 habitants, Pont-Audemer 6 182 habitants et les Andelys 5 161 habitants.

Le nombre des ménages est de 126 746 occupant 118 547 maisons, dont 55 333 sont encore couvertes en chaume ; 81 119 n’ont qu’un rez-de-chaussée ; 27 401  ont un étage et le reste deux étages et plus.

La population est tout entière catholique, sauf 210 calvinistes, 133 luthériens, 71 protestants appartenant à diverses sectes et 8 israélites.

204 aliénés, 415 idiots et crétins non goitreux, 239 goitreux, 417 aveugles dont 36 de naissance, 172 sourds-muets dont 116 de naissance.

132 288 habitants ne savent ni lire ni écrire, 40 321 ne savent que lire seulement."

 

Extrait de « Histoire et géographie du département de l’Eure » par Paul Rateau et J. Pinet publié en 1870 par la Librairie Blot et  réédité par Les Editions du Bastion en 1988.

10:04 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)