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12/12/2008

La naissance de notre calendrier

Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps."
Françoise Sagan

 

On n’y reviendra pas : le calendrier grégorien est notre calendrier de référence, aujourd’hui d’application quasi universelle.

Il est issu du calendrier Julien, né à Rome en 45 avant J-C, de la volonté de Jules César qui y donne son nom. Le calendrier Julien fixe l’année sur 12 mois et 365 jours avec des années bissextiles.  Il fait en outre débuter l’année au 1er janvier contre en mars auparavant.

Quinze siècles plus tard, en 1582, le pape Grégoire XIII  décide de réformer ce calendrier pour maîtriser l’équinoxe !

Pourquoi ? Afin de fixer correctement la fête de Pâques, la plus importante fête du calendrier chrétien, traditionnellement calculée à partir de la date théorique du 21 mars (équinoxe du printemps) et célébrée le premier dimanche après la pleine lune qui suit cet équinoxe.

Or, au fil des siècles, et des ans, en raison de l’approximation de la durée de l’année faite par les romains, l’équinoxe de printemps est arrivé au 11 mars !  On mesure alors que l’année calendaire (intervalle de temps défini dans le cadre d’un calendrier, égal à  un nombre entier de jours, plus ou moins proche de l’année tropique, soit  selon le calendrier Julien 365,25 jours en moyenne par an) dépasse chaque année l’année solaire - ou tropique - (intervalle de temps qui s’écoule entre deux passages successifs du soleil à l’équinoxe du printemps, soit 365,24220 jours par an),  de 11 minutes 14 secondes ! Chaque année, le calendrier prend ainsi 11 minutes et 14 secondes du retard sur la position effective du soleil,  soit presque 3 jours tous les 400 ans et 8 jours tous les millénaires ! Et sur quinze siècles, le cumul atteint une dizaine de jours,  avec pour conséquence pour l’Eglise,  de plus en plus de difficultés à fixer la fameuse date de Pâques par rapport à  la date de l’équinoxe de printemps ! 

Grégoire XIII  reforme donc le calendrier Julien. Il lui donne son nom, attribue désormais 365 jours à trois sur quatre des années qui inaugurent les siècles et ramène ainsi l’écart avec l’année solaire à moins de 26 secondes par an.

En outre, afin de rattraper le déficit constaté des 10 jours de retard du calendrier Julien, il décide que le 4 octobre 1582 au soir, les romains vont s’endormir et se réveiller le lendemain matin  à la date du 15 octobre 1582.

 

 

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Un calendrier des postes... choisi au hasard ... quoique....

17:19 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

16/11/2008

Histoire d'hier ou d'aujourd'hui ?

 « L’histoire, je le crains, ne nous permet guère de prévoir ; mais associée à l’indépendance de l’esprit, elle peut nous aider à mieux voir ». Paul Valéry

 

A l’aube de 1789, la Normandie est divisée en trois « Généralités », trois assemblées provinciales, celles de Rouen, de Caen et d’Alençon.

Rouen, la capitale de la province compte 75 000 habitants (contre 116 000 aujourd’hui) alors que Le Havre atteint à peu près les 20 000 habitants (contre 183 000 aujourd’hui).

Si l’agriculture est à cette époque la principale richesse de notre province, elle parvient cependant tout juste – et encore les bonnes années – à couvrir les besoins en grains et en blé de ses habitants.  D’autant qu’une large part de ses récoltes de céréales est dirigée vers Paris.

L’activité industrielle tient également un rôle important dans ces années d’avant la Révolution, notamment le secteur du textile qui est la grande industrie normande avec le travail du chanvre, du lin, de la laine ou du coton. Toileries, teintures, blanchiment, fabrication des colorants se développent entre Le Havre et Rouen. Et partout dans la région, les villes et les bourgs comptent des fileurs et des tisserands. Ceux-ci sont surtout présents à la campagne où vieillards, enfants et femmes triment du matin au soir pour un maigre salaire, d’appoint cependant mais tout à fait indispensable à la survie de la famille.

En ce début d’année 1789 en Normandie, où l’agriculture et l’industrie textile sont les piliers de l’économie et de la vie, la province est frappée, comme dans tout le Royaume, par une crise sans précédent, génératrice de chômage et de disette.

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L’été 1788 a été calamiteux. Orages incessants et violentes grêles ont détruit la plupart des récoltes. Pis, l’hiver qui suit est terrible. Gelées et frimas tuent et paralysent l’acheminement des blés. La famine sévit aussitôt

Dans les filatures de coton, c’est le traité conclu en 1786 entre la France et l’Angleterre qui met le feu aux poudres. Les produits français, et donc ceux de notre région, sont concurrencés par les produits créés outre-manche. De Manchester, par exemple, arrivent des flots de toiles de qualité, fabriquées à bas prix avec de nouvelles machines, ces « mécaniques à filer » qui n’ont plus besoin de tous les bras employés jusque-là dans le secteur ». En quelques mois, le chômage s’abat sur Rouen et sa banlieue ouvrière et la misère s’installe.

Dès lors, la colère gronde un peu partout, revendications et doléances s’expriment de plus en plus fort.

Le Roi Louis XVI décide de réunir les Etats Généraux. La tenue des assemblées est prévue pour le printemps 1789. Auparavant, les sujets du roi sont invités à faire connaître leurs « doléances » dans des « cahiers » rédigés dans toutes les paroisses.

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Autour de Rouen, sur les plateaux laborieux et dans les vallées ouvrières, les cahiers accusent presque tous le traité de commerce avec l’Angleterre d’être à l’origine de tous leurs maux « puisque, se plaignent-ils, les fabricants ne leur fournissent plus de travaux ».  Ainsi, au Mesnil-Esnard comme à Blosseville (Bonsecours aujourd’hui), « les suppliants demandent la suppression des mécaniques de filature, lesquelles se multiplient plus que jamais et font qu’il y a des milliers de bras désœuvrés ». Non loin de là, à La Neuville Chant-d’Oisel, on déplore 400 personnes sans travail, alors que le village ne compte que 336 « feux » (ou foyers).

Avec le froid qui dure, les provisions qui s‘épuisent, les prix des denrées s’envolent. En une année, de mars 1788 à mars 1789, le prix du sac de froment a augmenté de plus d’un tiers.

Pour faire face aux drames, surtout dans les villes, les autorités civiles et religieuses créent des ateliers de charité, organisent la distribution de soupes populaires.

La récession entraîne la baisse des salaires, et particulièrement ceux des femmes et des enfants. En pays de Caux, le gain journalier d’une fileuse s’effondre de 12 à 15 sols en temps normal (ce qui est déjà fort peu), à  2 sols seulement !

Partout dans la province, le flot des errants s’amplifie. A Ymare, sur 76 « feux », 40 chefs de famille sont nécessiteux et 45 indigents mendient à proximité de l’église.

Souffrance quotidienne, perspectives nulles, toutes les conditions sont réunies pour que la fièvre monte dans les premiers mois de 1789. Toutes les conditions sont réunies pour qu’une explosion sociale secoue la société. Toutes les conditions sont réunies !

Dans la région rouennaise, c’est au matin du 23 février 1789 que les premiers troublent vont éclater …

 

 

D’après « Le menu peuple à l’aube de 1789 », article publié dans le numéro 82 de la revue « Rouen Lecture Normandie » de mars-avril 2004.

09:22 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

09/11/2008

Ils voyageaient la France... suite

La revue « Itinéraires de Normandie » vient de publier, dans son numéro de septembre 2008, un article des plus intéressants et très bien illustré intitulé « La Normandie au bon vieux temps des carrosses et diligences. »

 

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Avec notamment, cette reproduction d’une des diligences qui assuraient la liaison entre Rouen et Le Havre jusqu’en 1847, année de l’inauguration de la voie ferrée qui reliait alors les deux villes normandes à la capitale.

On y apprend que « à cette époque, pour effectuer les 160 km qui séparent Rouen du Havre par la rive droite de la Seine, il ne fallait que 2 jours avec une diligence et moins de 6 heures par le chemin de fer d’alors. »

Une vitesse toutefois très relative…

En effet, « jusqu’au XVIIe siècle, il faut savoir que les voitures n’étaient pas suspendues, ce qui interdisait pratiquement d’autre allure que celle du pas. Le bœuf était alors préféré au cheval pour la traction de lourdes voitures comme les chariots qui pouvaient transporter une charge de 2 500 kg.

L’apparition des voitures suspendues allait permettre d’augmenter les allures (trot soutenu) et donc la vitesse de déplacement. C’est alors que le cheval d’attelage prit le pas sur le bœuf. Ainsi, les voitures de transport public pouvaient parcourir de 30 à 40 km par jour, c’est-à-dire la distance d’étape moyenne d’un cavalier monté. Elles marchaient alors à la « journée réglée », c’est-à-dire qu’elles arrivaient le soir à l’étape pour ne repartir que le lendemain, les chevaux étant reposés. La vitesse était alors d’environ 4 km/heure.

Outre les Messageries Royales, il existait un service de transport plus rapide : c’était la Poste aux lettres. Les convoyeurs de malle changeaient de chevaux à tous les relais, soit tous les 15 à 20 km et pouvaient ainsi rouler de jour et de nuit. Ces relais appartenaient à un autre service officiel, celui de la Poste aux Chevaux. Mais comme il fallait bien que le postillon dorme et que les passagers se restaurent, l’amplitude de déplacement journalière était de l’ordre de 80 à 100 km suivant le relief, la saison et le poids de la voiture. La vitesse moyenne était d’environ 6 km/heure.

En 1775, Turgot décida la réorganisation des Messageries Royales. Il réunit toutes les entreprises particulières pour former, sous la direction de l’Etat, une régie générale des messageries (une nationalisation en quelque sorte).

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En même temps, il fit établir de nouvelles voitures qu’on appela les « Turgotines ». Ces véhicules attelés aux chevaux de la Poste, que l’on changeait aux relais, marchaient à environ 8 km/heure.

C’était la vitesse moyenne des diligences sur bonne route. Comme les arrêts étaient fréquents pour changer les chevaux, laisser le postillon et les voyageurs se reposer, graisser les essieux, etc…, la distance parcourue n’excédait pas les 100/120 km par 24 heures. »

 

 Rien ne sert de courir; il faut partir à point !

16:36 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)