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31/03/2009

Poisson d'Avril !

C’est au roi Charles IX (celui du massacre de la Saint-Barthélemy) que nous devons les plaisanteries du 1er avril* ! Pourquoi ? Parce que, c’est lui qui décida de déplacer au 1er janvier le début de l’année qui commençait alors au 1er avril !

charles09.jpg

 

Né en 1550, second fils d’Henri II et de Catherine de Médicis, il n’a que 10 ans lorsqu’il monte sur le trône en 1560 à la suite de la mort de son frère François II.  Déclaré officiellement majeur à Rouen le 17 août 1563, il part, accompagné de sa mère,  sur les chemins de France, à la rencontre de ses sujets, du 24 janvier 1564 au 1er mai 1566. Henri de Navarre, futur Henri IV, fils d’Antoine de Bourbon est d'ailleurs du voyage !

Et c’est au cours de son séjour au château de Roussillon que ce jeune roi va prendre une ordonnance qui fera « date » en vertu de laquelle l’année, qui commençait à cette époque le 1er avril,  débuterait désormais le 1er janvier !

 

Les étrennes furent donc reportées au nouveau jour de l’an, mais comme chez nous il est difficile de changer les habitudes, on continua, le 1er avril,  à s’offrir des cadeaux, mais des cadeaux « pour rire », des cadeaux sans valeur, des cadeaux burlesques, de "faux cadeaux" en quelque sorte.

Le mois d’avril étant placé sous le signe des poissons, la pèche interdite à cette époque pour cause de frai, le 1er avril devint le jour du « poisson d’avril » et cette expression prit un sens plus large de blague, farce, et autre facétie.

 

POISSON AVRIL.jpg

 

Bien sûr, ce jour-là, on peut se contenter d’accrocher un poisson en papier plus ou moins grand dans le dos de sa victime, mais le "fin du fin" consiste à envoyer les plus naïfs chercher quelque chose qui n’existe pas comme la clef pour ouvrir la comprenette, de l’huile de coude, du lait de génisse, le fusil cintré à tirer dans les coins ou le moule à boudin.

 

Bon, je vous l’accorde, on se rapproche franchement de l’humour troupier : tout cela n’est pas très recherché me direz-vous !

Mais, essayez ! Non seulement ça marche encore, mais ça fait toujours autant rire !

 

 * Ceci reste cependant un point d'histoire contesté !

18:14 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

18/02/2009

Autres temps, autres moeurs !

"Il est à propos que le peuple soit guidé et non qu'il soit instruit"

Voltaire (1766)

A l’instar du mouvement régulier des vagues, depuis quelques décennies,  les projets de réforme de l’enseignement se multiplient, se dévoilent, se retirent pour mieux réapparaître quelques temps plus tard, portés par d’autres ministres, accompagnés (et c’est nouveau) par des "médiateurs spécialistes", réussissant à chaque fois à  faire sortir dans la rue des centaines de protestataires, jeunes et moins jeunes, parents comme enseignants.

Si, l’école de Jules Ferry et ses trois principes fondamentaux de gratuité, laïcité et obligation, reste une valeur sûre de notre République, il semble toutefois nécessaire de la faire évoluer.

LE MAITRE D'ECOLE 2.JPG

 

Saviez-vous que si de nos jours, on apprend en même temps à lire et à écrire, il en allait différemment aux XVIIe et XVIIIe siècles, où l’apprentissage de la lecture précédait celui de l’écriture ?

 

  

LE MAITRE D'ECOLE 1.JPG

 

 

Pages d’un livre d’enseignement de la lecture en français et en latin (XVIIe siècle), publié ches Claude Michard, imprimeur à Dijon – Bibl. de l’Arsenal, Paris.

* Petit clin d'oeil particulier à mon neveu Frédéric, professeur des écoles"

 

Le test de la signature est un bon révélateur de l’alphabétisation des masses.

En 1877, Louis Maggiolo, recteur en retraite de l’Académie de Nancy, lance auprès des instituteurs de France une vaste enquête ambitieuse consistant à relever la proportion des époux ayant signé leur acte de mariage entre 1686 et 1876. Les résultats obtenus alors n'ont jamais été contredits par les enquêtes réalisées ensuite.

 

Pourcentage d’hommes et de femmes

sachant signer leur acte de mariage

 

Années

Hommes

Femmes

1690

29%

14%

1789

47%

27%

1866

72%

56%

1900

97%

95%

 

A la fin de l’Ancien Régime, un peu plus d’un tiers des Français signent leur acte de mariage contre seulement un cinquième un siècle plus tôt !

19:10 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

10/02/2009

Hivers sur temps de crise économique !

"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas"

Victor Hugo

 

Il fait froid ! Il vente (beaucoup ce matin) ! Bref, on grelotte ! Et même si notre belle Normandie est magnifique sous la neige, si le vent et la pluie n'arrêtent pas les pelerins que nous sommes, on aspire tout de même à un temps plus clément !

Pourtant, des hivers rigoureux comme celui que nous vivons en 2009, il y en a eu d’autres !

Tenez, le Grand Hiver de 1709, il y a 3 siècles !

A cette époque là  aussi, la France doit faire face à des difficultés économiques majeures et  tout comme aujourd’hui, les finances de l’Etat sont au plus bas : la guerre de Succession d’Espagne, entamée en 1701 par le Roi Louis XIV s’enlise,  faisant augmenter les prélèvements fiscaux et ralentir considérablement l’activité économique du royaume.

La population est dans la misère, manquant de tout, vivant de peu, n’espérant rien.  

C’est dans ce contexte que la première vague de froid se fait ressentir dans la nuit du 6 au 7 janvier 1709. Elle s’étend rapidement sur toute la France. On relève jusqu’à -25° à Paris et – 23° en Normandie. La Seine gèle et la mer se charge de blocs de glace près des côtes et dans les ports.

Le froid n’épargne personne, pas même le Roi. Au château de Versailles, il se voit contraint d’attendre, pour le déguster, que son vin daigne dégeler !

A 18 jours de froid intense, succèdent 10 jours de redoux, puis, à nouveau, le froid et le gel jusqu’au début mars. Le sol est si gelé en profondeur que plus rien ne pousse. Les arbres éclatent sous l’effet du gel. Les végétaux dépérissent. Le bétail sous-alimenté meurt de froid. Les oiseaux tombent en plein vol. La terre est si dure qu’on enterre provisoirement les nombreux morts à l’intérieur des églises. Partout, la famine s’installe générant tumultes et soulèvements. L’impopularité du roi atteint son paroxysme. Le prix de grain grimpe à une rapidité vertigineuse : à Rouen, l’hectolitre de blé se vend 165 francs-or contre seulement 20 francs-or à la fin de l’année 1708 !

La disette s’installe,  la mortalité s’accroît. Hommes, femmes et enfants ont faim. Rien pour se chauffer, le bois est hors de prix, rien pour se protéger du froid et rien pour se nourrir.

Lorsque le dégel arrive enfin en avril, le constat est épouvantable : les récoltes sont perdues, la population affamée. Le 5 avril, Paris est enfin approvisionné pour la première fois depuis trois mois. Le manque de nourriture amène le clergé à appeler à la charité et à l’aumône. Des secours s’organisent, des soupes populaires sont distribuées.

HIVER 1709.jpg

 

Soucieux de retrouver le calme, Louis XIV fait fondre sa vaisselle d’or et invite tous les courtisans à en faire autant. Une goutte d’eau !

Ceux et celles qui ne sont pas morts de faim ou de froid vont périr des épidémies de dysenterie, de fièvre typhoïde ou de scorbut, conséquences de la trop grande misère.  Au total, on estime à près d’un million le nombre de victimes de ce terrible hiver.

Dans les registres paroissiaux, il  n’est pas rare de trouver quelques lignes sur celui-ci et ses conséquences locales. Nous devons au curé de Neuville le Pollet, près de Dieppe celles-ci :

 

« Ce terrible hiver de 1709 eut dans notre canton des conséquences toutes particulières. Les vignes que l’on cultivait sur les coteaux de Bouteilles (actuellement commune de Rouxmesnil-Bouteilles) ayant toutes gelées, ne furent pas remplacées et, depuis cette époque, le cidre (dont l’usage s’était généralisé dès le XVIe siècle), devint la boisson exclusive de nos campagnes*»

 

* v. micro-film ref. 5 MI 11879 - Archives Départementales 76

Biblio. : « Contexte – Guide chrono-thématique » de Thierry Sabot

 

07:15 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)