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03/12/2009

Les départements à l'époque impériale

De 83 départements en 1790, on va très vite passer à 86 en1793, à 127 en 1808 et à 130, le record, en 1811, et ce, en raison des conquêtes de Napoléon.

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Les départements de l'Empire français en 1811

 

Pour les généalogistes que nous sommes, qui, au fil de nos recherches, pouvons rencontrer des ancêtres nés dans le département de Corcyre ou de Mont-Tonnerre, il n’est pas inutile de pouvoir situer ces départements.

Il faut savoir que l’accroissement du territoire français s’est fait progressivement, au fil des victoires militaires.

Les conquêtes de 1794/1795 en Belgique et aux Pays-Bas entraînent, le 1er octobre 1795, la création de 9 départements avec leur préfecture : Lys avec Bruges, L’Escaut avec Gand, Jemmapes avec Mons, Deux-Nèthes avec Anvers, Dyle avec Bruxelles, Meuse-Inférieure avec Maëstricht, Ourthe avec Liège, Sambre-et-Meuse avec Namur et Forêts avec Luxembourg.

Lors du traité de Campo-Formio, le 17 octobre 1797, l’Autriche reconnaît à la France la possession de la rive gauche du Rhin. Le 25 janvier suivant, 5 nouveaux départements sont organisés : Sarre avec Trèves, Rhin-et-Moselle avec Coblence, Mont-Tonnerre avec Mayence, Roër avec Aix-la-Chapelle et Léman avec Genève.

Comme le même traité cède à la France les iles Ioniennes, 3 nouveaux départements voient le jour, ceux de Corcyre, Ithaque et de la Mer Egée, jusqu’en 1799 où  une flotte turco-russe les reprend à notre pays.

Le 9 décembre 1798, le roi de Sardaigne cède le Piémont à la France. D’abord doté d’une administration provisoire, ce nouveau territoire est réuni à la France le 11 septembre 1802. Cette annexion permet la création de 5 nouveaux départements : Doire avec Ivrée pour préfecture, Sesia avec Verceil, Po avec Turin, Stura avec Coni et Marengo avec Alexandrie.

En 1805, la république Ligurienne est annexée à l’Empire. Elle est alors organisée en 3 départements : Montenotte avec Savonne pour préfecture, Gênes et Apennins avec Chiavari. 

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Elisa Bonaparte, soeur de Napoléon, Grande-Duchesse de Toscane en 1809 - Toile de M.G. Benoist

Lorsque la Toscane est réunie à l’Empire le 24 mai 1808, elle donne naissance aux 3 départements de l’Arno avec Florence, méditerranée avec Livourne et Ombrone avec Sienne. La même année, la réunion des duchés de Parme et de Plaisance forment le département de Taro, avec Parme pour préfecture.

En 1810, l’extension de l’Empire est considérable et de nouveaux départements sont créés. Au Sud, les Etats de l’Eglise, réunis le 17 février 1810, forment les 2 départements de Tibre avec Rome et de Trasimène avec Spolète.

Puis, au Nord,  le Brabant, la Zélande et les pays entre la Meuse et Wahal sont cédés à la France. Le royaume de Hollande, du Valais, du Hanovre, du duché de Oldenbourg sont annexés. Ces nouveaux territoires donnent naissance à  14 départements : Simplon avec Sion pour préfecture, Bouches-de-l’Escaut avec Middelbourg, Bouches-duRhin avec Bois-le-Duc, Bouches-de-la-Meuse avec La Haye, Zuiderzée avec Amsterdam, Yssel-Supérieur avec Arnheim, Frise avec Leuwarden, Ems-Occidentalavec Groninge, Bouches-de-l’Yssel avec Zwolle, Ems-Oriental avec Aurich, Ems-Supérieur avec Osnabrück, Lippe avec Munster, Bouches-duWeser avec Brême et Bouches-de-l’Elbe avec Hambourg.

Quant à la Corse, divisée jusqu’alors en 2 départements Golo et Liamone, elle ne forme plus qu’un département : la Corse. Ainsi, en 1811, la France compte 130 départements.

En 1812, Napoléon occupe la Catalogne. La province n’est pas annexée à l’Empire, mais le régime administratif français y est établi : elle est divisée en 4 départements, Montserrat avec Barcelone, les Bouches-de-l’Erbre avec Lérida, Ter avec Gérone et Segre avec Puycerda.Ce régime est aboli dès l’année suivante.

Les défaites successives et la fin de l’Empire font perdre à la France toutes ses conquêtes. Seuls Mulhouse, intégrée au département du Haut-Rhin, Montbéliard, comprise dans le Doubs et le Comtat Venaissin sont conservés.

Dès 1815, la France revient à des dimensions plus hexagonales, proches de celles que nous connaissons : elle ne compte plus que 86 départements. En 1848, l'Algérie française, alors partie intégrante du territoire, fut organisée également en trois départements : Alger, Oran et Constantine.

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Les départements français d'Algérie

 

Le Second Empire connut deux périodes de modifications du territoire : en 1860, la Savoie, la Haute-Savoie et les Alpes-Maritimes, cédés par la Sardaigne, sont érigés à leur tour en départements, puis, en 1871, après la guerre franco-allemande et la défaite de l'Empire, l'Alsace et la Lorraine sont annexées par l'Allemagne, soit les départements du Bas-Rhin, une partie de ceux du Haut-Rhin, des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle.

La France métropolainte passe donc de 89 départements à 86 et 1 territoire.

Histoire à suivre...

 

08:05 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

25/11/2009

Bonne fête aux Catherine !

Les saintes au prénom de Catherine sont nombreuses : Catherine de Bologne, de Gênes, Labouré, de Ricci, de Sienne, de Suède… Mais la plus célèbre reste Catherine d’Alexandrie, fêtée le 25 novembre.

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Sainte Catherine

Elle vécu en Egypte au IIIe siècle. Fille d’un noble et puissant seigneur, lettrée et d’une rare beauté, elle entra en conflit avec l’empereur romain Maxence qui s’était déplacé à Alexandrie pour célébrer une fête païenne. Instruite par les plus grands maîtres de son pays, convertie au Christianisme, la jeune aristocrate de 18 ans réussit à convertir à sa foi 50 philosophes que l’empereur romain avait fait rassembler pour la faire changer d’avis. Furieux, Maxence les fit tous exécuter sur un bûcher. Il demanda à la jeune femme de l’épouser mais il essuya un refus plein de mépris ! Il ignorait qu’une nuit, elle avait vu le Christ en songe qui lui avait remis un anneau d’or et que, depuis cette visite, elle avait décidé de lui consacrer sa vie !

Sa légende, rapportée en France par les croisés, raconte qu’elle est morte vierge et martyre. Elle fut d’abord attachée à une roue munie de pointes qu’elle parvint à briser par ses prières, fut ensuite décapitée et de son corps jaillit du lait. C’est portée par des anges qu’elle fut amenée jusqu’à son tombeau sur le Mont Sinaï.

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Monastère Sainte Catherine du Mont Sinaï - Main gauche de la sainte conservée dans la basilique dans un reliquaire de marbre

Elle est la seule sainte du paradis à posséder trois auréoles : la blanche des vierges, la verte des docteurs et la rouge des martyrs.

Elle est la patronne des barbiers, des charrons, des cordiers, des drapiers, des écoliers et des étudiants, des fileuses de laine, des meuniers, des notaires, des nourrices, des orateurs, des philosophes, des plombiers, des potiers, des prêcheurs, des rémouleurs, des tailleurs, des théologiens, des tourneurs et… des filles à marier !

La tradition de Sainte Catherine remonte au Moyen âge : le 25 novembre, les filles âgées d’au-moins 25 ans qui n’étaient pas encore mariées, les « Catherinettes »  revêtaient pour se faire remarquer des tenues et des chapeaux extravagants aux tons jaunes et verts, confectionnés pour et par elles, à leur image. En cortège, elles se rendaient devant la statue la Sainte pour la parer également de fleurs, de rubans et de chapeaux : elles « coiffaient » Sainte Catherine dans l’espoir de trouver un mari !

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Chapeau de Catherinette

 

Sainte Catherine est aussi sollicitée pour la guérison de maux frappant la langue et pour le soulagement des migraines !

06:51 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

22/11/2009

Nos départements, un héritage de la Révolution française

A l’heure où nos parlementaires examinent le projet de réforme des collectivités territoriales, je vous propose de nous arrêter sur l’une des collectivités qui fait débat, à savoir le département. Né sous la Révolution française, il est aujourd'hui une référence géographie et culturelle incontournable de notre société.

Il faut se rappeler que sous l’Ancien-Régime, une multitude de  circonscriptions divisent le pays. Leurs tailles,  leurs statuts et privilèges, leurs droits sont aussi divers et variés que les institutions et les domaines d’activités auxquelles elles font références : divisions judiciaires (Parlements, baillages, sénéchaussées, châtellenies, prévôtés), divisions ecclésiastiques (diocèses, archidiaconés, doyennes, paroisses), divisions financières (généralités), divisions militaires (gouvernements) s'enchevrêtent.  Au cours du XVIIIe siècle, pour mettre un terme à ces incohérences, des projets de changement vont se multiplier. Mais rien ne bouge réellement jusqu’à la Révolution. En juillet 1789, l’Assemblée Nationale, forte des grandes réformes mises en place à son initiative (création des Assignats, déclaration des Droits de l’Homme,…) décide de s'attaquer au problème ! Les Constituants veulent en finir avec les anciens privilèges et particularismes locaux. Ils veulent faire de la France  un tout homogène, un territoire national uni. Un changement radical est nécessaire. Plusieurs projets vont émerger. Parmi ceux-ci, en septembre 1789, le Comité de la Constitution présente des circonscriptions administratives symétriques et géométriques, inspirées des travaux de Sieyès et de Thouret.

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Proposition de découpage géométrique du Comité Sieyès-Thouret

 

Jacques-Guillaume Thouret est un normand, né à Pont-l’Evêque le 30 avril 1746. Elu en 1789 député aux Etats généraux par le tiers état de Rouen, il devient le 11 novembre de la même année, Président de l’Assemblée nationale constituante. Ses discours politiques enflammés prononcés à l’Assemblée le rendent célèbre.

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Jacques Guillaume Thouret (1746-1794)

En tant qu’avocat, il collabore à l’établissement des juges de paix et à l’institution du jury en matière criminelle (ce qui ne l'empêcha pas de finir guillotiné !). En matière de découpage de notre pays, s’inspirant sans doute de l’exemple américain, ce qu’il propose, c’est de partager le territoire national en 80 carrés de 18 lieues de côté, plus Paris. Cette proposition est loin de faire l’unanimité ! Ses détracteurs, menés par Mirabeau, lui reprochent tout simplement de ne pas tenir compte de l’histoire et des traditions de la France.

Finalement, c'est par décret voté le 22 décembre 1789, que vont être créés nos « départements », mot qui vient du vieux verbe « départir » signifiant partager.  Le 15 février 1790, le découpage définitif est entériné : tout en respectant dans la mesure du possible le tracé des anciennes provinces, le pays est divisé en 83 départements, eux-mêmes subdivisés en districts, les districts en cantons et les cantons en communes. Et pour dénommer ces départements, on s’inspire simplement de leur position géographique.

En Normandie, le plan de division des 5 départements normands, confié à nos députés, va être adopté le 17 décembre 1789 après moult disputes et protestations portant, on s'en doute, sur l’emplacement des frontières ou le choix des chefs-lieux ! 

  

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Le département de la Seine-Inférieure
Histoire à suivre...

07:55 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (4)