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31/01/2010

Le Calvados

Pour dénommer les départements, les députés de l’Assemblée Constituante s’inspirent de leur position géographique. Ainsi, certains départements reçoivent des noms de mer ou de fleuve, des noms de montagne ou des noms de situations géographiques.

En Normandie, si pour le département d'Evreux, le nom de la rivière "Eure" s'impose sans trop de difficultés, pour le département de Rouen, on hésite beaucoup sur le nom de "Basse-Seine", comme pour celui d'Alençon qui va s'appeler dans un premier temps "Haute-Orne". Le département de Saint-Lô refuse catégoriquement le nom de "Cotentin" qui rappelle trop l'Ancien Régime détesté.

Quant au département de Caen, on hésite entre "Orne-Inférieure" ou "Basse-Orne", quand un député du tiers état, le général Félix de Wimpffen, avocat à Bayeux, propose celui de "Calvados", nom qui lui a été soufflé par une jeune Demoiselle Delaunay. C'est pour une fois l'enthousiasme général ! Le nom est adopté à la majorité pour le plus grand plaisir de la demoiselle qu’on surnomma dès lors  « Mademoiselle Calvados ». Quant à l'heureux avocat, il sera même comparé aux dieux qui firent sortir Vénus de la mer.

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Georges Félix de Wimpffen (1744-1814)

L’origine du nom « Calvados » reste cependant mystérieuse et à donné lieu à nombreuses suppositions.

Ainsi, on a longtemps cru que c’était un mot espagnol rappelant le naufrage en 1588 sur les rochers de la Côte Normande d’un des bateaux de l’Invincible Armada de Philippe II d’Espagne, le « San Salvador ». Ce navire aurait donné son nom aux dits rochers devenus donc les rochers de Salvador, nom qui se serait déformé en « Calvador » puis en « Calvados ». Mais les deux bateaux espagnols portant ce nom ont été détruits loin des côtes françaises !

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Le Roi Philippe II d'Espagne

Une autre explication, plus crédible, cette du professeur de linguistique R. Lepelley, s’appuie sur l’étymologie même du nom : « calva-dorsa », « dorsa » signifiant dos ou hauteurs et « calva » chauves ou dénudées. Il semble que le mot désignait donc à l’origine un secteur de la côte dépourvu d’arbustes. Cette hypothèse est corroborée par une carte du XVIIe siècle sur laquelle « Calvados » désigne deux portions de la falaise s’étendant sur 17 km entre Sainte-Honorine-des-Pertes et Saint-Côme-de-Fresné.

Par extension, l’appellation de ce secteur côtier s’est transmise au rocher situé au large de la côte du département auquel il a donné son nom, s’étendant au large du Bessin, non loin des communes d’Arromanches-les-Bains et d’Asnelles et qui ne se découvre plus uniquement que lors des grandes mariées. Les cartes du XVIIIe siècle montrent un long banc rocheux d’une dizaine de kilomètres, représentant un danger certain pour la navigation De nos jours, il n’est plus qu’un petit îlot de 400 mètres sur 1 km.

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Le Calvados du Pays d'Auge

Quant à l’eau-de-vie du même nom, elle est attestée au XVIe siècle dans le journal de Gilles de Gouberville, gentilhomme du Cotentin, qui mentionne, en date du 28 mars 1553, la distillation du cidre en vue d’obtenir une eau-de-vie de bouche. La corporation des distillateurs d’eau-de-vie de cidre voit le jour en 1600.

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Signature extraite des cahiers de G. de Gouberville

07:52 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

22/01/2010

C’est bien connu : l’excès en tout nuit !

Il y a quelques jours, un article publié dans le Figaro titrait « Trop d’hygiène peut-il nuire à la santé ? ». Il dévoilait une récente étude américaine publiée dans une revue médicale spécialisée qui tendrait à prouver que des environnements ultrahygiéniques dans l’enfance peuvent augmenter le risque d’inflammation à l’âge adulte, ce qui à son tour accroît le risque de contracter un grand nombre de maladies, notamment cardiovasculaires. Et les médecins d’ajouter que depuis quelques années déjà, l’excès d’hygiène, cette tendance de la vie moderne, est pointé du doigt et incriminé notamment comme l’une des causes de l’explosion des allergies car il empêcherait le système immunitaire d’être stimulé par des infections de la petite enfance.

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Hasard de lecture, le même jour, en feuilletant un ancien numéro de « Nos Ancêtres Vie et Métiers », en page 7, je m’arrête sur quelques lignes au titre on ne peut plus évocateur « Les vertus de la crasse »* :

« Selon les médecins, il faut tellement de temps pour emmailloter l’enfant que les mères paresseuses ne le changent qu’une ou deux fois par jour. Et lorsqu’elles le font, si l’enfant a seulement uriné, il n’est pas lavé mais uniquement essuyé, l’urine étant considérée comme ayant des vertus curatives. Dans la même raison, on fait sécher les couches remplies d’urine sans les laver. De plus, les mères utilisent les excréments et l’urine comme des détergents pour nettoyer la peau et donner un beau teint. En Normandie, pendant longtemps, on a essuyé le visage des plus grands enfants avec les couches pisseuses des petits, pour les « décrasser » et les embellir, disait-on. En outre, à la campagne, par crainte du froid et des courants d’air et pour ne pas enlever à la peau son vernis protecteur, les jeunes bébés ne sont jamais lavés. (…) Pendant longtemps, on a pensé qu’une petite quantité de crasse sur le corps protégeait la peau. Enlever avec trop d’ardeur les sécrétions corporelles du nourrisson peut le mettre en danger. Il faut éviter de trop le frotter et surtout ne pas enlever la crasse qui se forme sur le sommet de son crâne.  On y laisse déposer une dose raisonnable de saleté, qu’on appelle les « croûtes de lait » et le « chapeau ». De plus, on considère cette crasse comme un engrais pour les cheveux, et les poux qui s’y trouvent, comme des parasites qu’il faut laisser subsister au nombre de un ou deux, de façon  à tirer les mauvaises humeurs du crâne du nourrisson. En outre, on estime que des lavages répétés ne peuvent que blesser la peau de l’enfant. »

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 " Les revendications des bébés " - Affiche de la Croix Rouge Américaine – Musée de l’Affiche

Comme rien ne remplacera jamais le bon sens, gardons-nous bien des excès en tout genre  !

* Extrait de l’ouvrage d’André Lachance « Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France – La vie quotidienne aux XVIIe et XVIIIe siècles »* publié aux éditions Stanké.

07:26 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

21/12/2009

Les départements aujourd'hui

Mon dernier volet sur l'histoire de nos départements français commence en 1902, sous la Troisième République. Alors que notre pays  compte 85 départements, vient s'y ajouter celui des Territoires du Sud, département nouvellement créé en Algérie. 

Quelques années plus tard, après la Première Guerre mondiale, le Traité de Versailles de 1919 restitue à la France les territoires annexés par l’Empire allemande en 1871.

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Signature du Traité de Versailles de 1919 - Galerie des Glaces

La France métropolitaine passe alors de 86 départements à 89 départements, avec, en plus, un territoire, celui de Belfort, qui ne deviendra un département en plein exercice qu’à partir de 1922.

En 1946, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion deviennent à leur tour des départements « d’outre-mer ».

Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, le nombre de départements français passe à 94 dont 4 d’outre-mer.

En 1964, avec la réorganisation de l’Ile-de-France, les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise sont dissous et remplacés par sept nouveaux départements : le département de la Ville de Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Yvelines, l’Essonne et le Val-d’Oise.

En 1976, après que la division de la Corse en deux département, la Corse-du-Sud, avec pour chef-lieu Ajaccio et la Haute-Corse, avec pour chef-lieu Bastia, la France totalise 100 départements !

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La tête de Maure - Symbole de la Corse

En 1976, Saint-Pierre-et-Miquelon devient département, statut transformé  en 1985 en collectivité d’outre-mer.

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Carte des 96 départements français de métropole

Enfin, en  2011, Mayotte deviendra le 101ème département français.

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Ile de Mayotte - Aquarelle de Gil

A noter que, depuis leur création, plusieurs départements ont changé de nom, le plus souvent pour modifier une dénomination jugée péjorative. C’est le cas de la Seine-Inférieure transformée en 1955 en Seine-Maritime.

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