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25/08/2010

Le "Napoléon", le premier navire propulsé par une hélice était normand !

Certaines inventions sont dues à des observations en apparence des plus banales, voire insignifiantes. Ainsi, c’est en regardant un poisson rouge qui virevoltait dans un bocal que Frédéric Sauvage eut une idée de génie !

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Nous sommes en 1831. Il remarqua que ce poisson pouvait d’un simple mouvement de queue se déplacer dans un étroit bocal. Et c’est ainsi que cet ingénieur fils d’un constructeur de bateaux, imagina l’hélice. Boulonnais de naissance, ce mouvement, il l’avait souvent observé chez les marins manœuvrant leur canot à la godille. A l’aide d’une seule rame judicieusement maniée à l’arrière du canot et des mouvements tournants d’un côté et de l’autre, ils faisaient ainsi avancer leur bateau.

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Frédéric Sauvage (1786-1857)

Si l’idée était excellente, la réalisation fut longue à mettre en place car il fallait tenir compte notamment des problèmes d’hydrodynamique. Douze années furent nécessaires, sans aucun appui extérieur, avec seulement une volonté de fer de réussir… et des fonds obtenus par emprunt. Notre ingénieur breveta à Paris son hélice construite en cuivre et réalisa sa première expérience avec un bateau de 5 mètres de longueur devant le Ministère de la Marine. Bien que la démonstration ait été concluante, le ministre de l’époque, à l’esprit obtus,  décréta que « ce principe était impuissant sur une grande échelle ! ».  L’Angleterre, moins stupide, lui proposa bien d’acheter son brevet mais notre inventeur refusa l’idée que son invention parte à l’étranger.

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"Le Napoléon", premier navire de guerre à vapeur

Mais, allez-vous me dire, quel rapport avec la Normandie ? Nous y venons : un armateur havrais, Paul Augustin Normand, se proposa d’utiliser à titre expérimental sur un de ses navires, le « Napoléon »,  « la vis d’Archimède », nom donné alors à l’invention. Et, par un beau jour d’août 1839, ce vapeur, premier navire dont la propulsion est assurée par une hélice, se présenta devant le port du Havre où il avait été construit. Il l’avait quitté auparavant pour Cherbourg qu’il avait rallié en 7 heures et rentrait donc à quai après des essais des plus concluants.

Et c’est justement au moment même où la gloire sonnait à sa porte, que les créanciers havrais réclamèrent à notre inventeur de génie le remboursement des emprunts qu’il avait contractés. Il eut beau les supplier d’attendre un peu, en vain, il se retrouva illico dans la prison du Havre pour dettes ! Et ce n’est pas tout, car rien ne sera épargné à ce pauvre Frédéric ! Devant le succès de cette révolution dans la propulsion des navires, « on » avait « oublié » de mentionner un petit détail : le nom de l’inventeur ! Mieux encore, les anglais, s’étant procurés les plans et notes explicatives, s’attribuèrent sans vergogne la gloire de l’invention. Sauvage lutta inutilement pendant 10 ans. Son brevet, déposé en 1832, était tombé dans le domaine public !

Il mourut à la maison de santé de Picpus le 17 juillet 1857, quasiment oublié. Il fallut attendre 1872 pour que soit reconnu le mérite de l’inventeur d’une des plus grandes inventions maritimes, si ce n’est la plus importante ! Et le 12 septembre 1881, sa statue est inaugurée à Boulogne-sur-Mer.

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Biblio : "Ce que le monde nous doit" de René Le Gentil.

07:01 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2)

01/08/2010

Une sainte pas très catholique !

Même si nombreux sont les saints officiels de l’Eglise catholique, il faut croire qu’ils n’ont pas suffit aux besoins des fidèles ! La piété populaire s’est nourrie depuis le Moyen-âge de saints et de saintes créés à l’occasion, dans un esprit de sérieux absolu ou par un clin d’œil facétieux.

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Bonne Sainte Fainéante, protectrice des paresseuses – Image d’Epinal, vers 1850

Parmi ces saints inventés de toutes pièces, il y a sainte Fainéante, saint Grelottin, célébré en hiver par les bûcherons des environs de Rambouillet,  saint Glin-Glin, saint Frusquin, ou encore saint Soulard.

L’une des plus connues est sûrement la patronne de celles qui jouent les prudes, de celles qui prétendent ne pas vouloir « y toucher » : la célèbre sainte Nitouche.

L’expression remonte à Rabelais qui l’utilise dans Gargantua en 1534. Mais elle était déjà dans l’air. Dans le Monologue du Puys, attribué au poète Guillaume Coquillard fils (mort en 1510), on lit : « Elle fait un tas de minettes ; On dit : cette femme n’y touche. »

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Mathurin Régnier (1573-1613) – gravure du XIXe siècle

Le terme qualifie aussi parfois des hommes. Mathurin Régnier, poète satirique mort à Rouen le 22 octobre 1613, dresse le portrait d’un homme résolu en amour dans son Discours d’une vieille maquerelle : « Il était ferme de rognons / Non comme ces petits mignons / Qui font de la sainte Nitouche / Aussitôt que leur doigt vous touche. »

L’étymologie de cette expression attire les grammairiens. En 1672, Gilles Ménage note doctement : « Nitouche est une corruption de « n’y touche », composé de la particule « n e », de l’adverbe local « y », et de « touche » impératif ou indicatif du verbe « toucher ». Ainsi Rabelais a-t-il dit sainte Nytouche. »

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Cette sainte eut une destinée littéraire : Delly, en 1912, intitule l’un de ses romans populaires à succès Sainte Nitouche (et y invente le mot « nitoucherie »).

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Et une destinée cinématographique « Mam’zelle Nitouche », tourné en 1953 par Y. Allégret avec Fernandel et Pier Angéli.

Bibliographie : « Dictionnaire thématique et géographie des saints imaginaires, facétieux et substitués… » - J. E. Merceron – paris – le Seuil, 2002.

 

 

08:54 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

12/06/2010

Il y a un siècle, le "Pourquoi Pas" fait escale à Rouen

Eté 1910 : dimanche 5 juin. La ville de Rouen est en liesse. Sur les quais de la Seine, la foule se presse, s’agite, s’impatiente… Enfin il arrive, il est là, il est à quai. Qui ? Mais le « Pourquoi Pas  », ce magnifique trois mats de 40 mètres de long, doté d’une puissance de 450 cv et de 825 tonneaux, de retour de l’expédition polaire menée en Antarctique par son Commandant, Jean-Baptiste Charcot, lequel a choisi notre capitale normande pour faire ses premiers pas officiels de retour sur le sol français.

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Le "Pourquoi Pas" IV

Le « Pourquoi Pas » doit son nom au fait que, dans son enfance, le jeune Jean-Baptiste répondait volontiers « pourquoi pas ? » à ceux qui doutaient de sa volonté de devenir marin et explorateur des terres polaires. Et ils avaient tort ! Car après de brillantes études de médecine, abandonnant une responsabilité de chef de clinique à l’hôpital de la Salpêtrière de Paris, Charcot concrétise ses rêves  et choisit de se consacrer totalement à l’exploration maritime et océanographique.

La France est à cette époque complètement absente des régions polaires. L’antarctique est un continent qui reste à découvrir et à étudier. Jean-Baptiste Charcot décide d’y consacrer son temps, ses forces, son énergie et aussi l'argent qu'il vient de recevoir de l’héritage de son père.

Le 15 août 1908, c’est du Havre que le "Pourquoi Pas", quatrième du nom, son commandant, Jean-Baptiste Charcot et son équipage partent en direction de la côte sud Américaine. Le 1er décembre, le détroit de Magellan est franchi, puis le cap Horn. Ensuite, c’est la rencontre avec les premiers icebergs aux trajectoires changeantes et incertaines.  Le 14 janvier 1909, le navire atteint la limite des terres connues.

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Jean-Baptiste Charcot (1867-1936)

Il faut se souvenir qu’à cette époque il n’y avait ni assistance technique à terre, ni aucune prévision météorologique, pas non plus de GPS ou de radar.  Il fallait donc une bonne dose de courage pour s’attaquer dans ces conditions à un continent hostile et quasiment inconnu.

L’hiver 1909 va être épuisant pour tout l’équipage pris dans l’enfer des glaces.  La température descend jusqu’à – 70° C. Le commandant et un certain nombre de ses coéquipiers souffrent du scorbut. Pourtant, le travail scientifique se poursuit ainsi que les explorations des terres nouvelles. Après avoir atteint la terre Alexandra, l’équipage découvre l’île qui portera le nom de « Terre de Charcot ».

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Le Commandant Charcot à bord de son navire

En novembre 1909, sa mission achevée, le navire rentre en France.  L’accueil que les normands vont lui réserver est à la hauteur de l’exploit réalisé : 2000 km de côtes et de terres nouvelles découvertes, la rédaction de plusieurs cartes, une étude des marées sur 225 jours, de nombreux échantillons de prélèvements d’eau, des courbes de températures, des traités sur le magnétisme terrestre, les radiations solaires ainsi qu’une étude zoologique complète sur la faune polaire.

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Jean-Baptiste Charcot, né à Neuilly-sur-Seine, le 15 juillet 1867, qui avait épousé en premières noces la petite-fille de Victor Hugo, Jeanne Hugo, périra en mer le 16 septembre 1936 ainsi que 39 membres de son équipage, à bord de son navire, au large des Côtes Islandaises, victime d’une tempête qui aura duré 12 heures. Il est enterré au cimetière Montmartre à Paris.

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