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09/10/2010

La Statue de la Liberté à Rouen

« De ma lumière, j’éclaire la porte d’Or »

Dernier vers du poème de E. Lazarus figurant sur le socle de la statue.

 

Début mai 1885 : Rouen est en effervescence ! La statue de la Liberté, partie en train de la Gare Saint-Lazare de Paris, est arrivée en Gare de Rouen. Dans le port, la frégate « Isère » placée sous le commandement du commandant de vaisseau Gabriel Lespinasse de Saulne, attend sont précieux chargement. C’est elle qui est chargée de la transporter à New-York, via Le Havre. Ce navire, l’un des premiers pouvant naviguer à voile et à la vapeur, peut, avec ses 550 chevaux, filer 8 nœuds.

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Maquette de l'Isère

Les 350 pièces de la statue réparties dans 214 caisses ayant nécessité 70 wagons y sont embarquées. Après avoir relié Horta aux Açores, puis Sundy Hook, le navire mouille à Gravesend le 17 juin 1885 près du pont de Varrazano dans la baie de New-York. L’accueil des New-Yorkais est triomphal !

Remise officiellement aux Etats-Unis le 4 juillet 1884,  la statue, encore appelée « La liberté éclairant le monde », symbole de l’amitié entre la France et les Etats-Unis, mesure 46 mètres de haut. Elle est l’œuvre du sculpteur alsacien Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904). Elle représente une femme drapée dans une toge, brandissant une torche de la main droite. Sur les tablettes qu’elle tient de la main gauche, on peut lire en chiffres romains « juillet 1776 », jour de l’indépendance américaine. A ses pieds, se trouvent les chaînes brisées de l’esclavage. 

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Sa construction débute dix ans plus tôt, en 1875, dans un atelier parisien du 17ème arrondissement employant environ 600 personnes.

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 Montage de la statue dans les ateliers Gaget-Gauthier, rue de Chazelles à Paris.

 

C’est à l’architecte Eugène Violet-le-Duc (1814-1879) que revient en premier la charge de la construction de la structure de la statue. Mais à sa mort, Gustave Eiffel reprend le travail laissé inachevé, modifie les plans originaux de son confrère et met en place la charpente métallique de la statue. L’assemblage de la structure se termine en 1884. Les Parisiens voient donc la statue partir à Rouen, elle qui était devenue une véritable attraction.

 

Comme sur place, sur l’Ile de Liberty Island de New-York située au sud de Manhattan, à l’embouchure de l’Hudston, le socle, à la charge des Américains, n’est pas achevé, la statue ne sera inaugurée que le 28 octobre 1886 par le Président Grover Cleveland

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Président Grover Cleveland (1837-1908)

 

Déclarée « Monument Historique » le 15 octobre 1924, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984.

Pour la petite histoire, saviez-vous que le jour de l’inauguration de cette statue, la fonderie Gaget-Gauthier aurait distribué des miniatures de la statue aux 600 personnalités présentes lors de la cérémonie. Ceux-ci se seraient ainsi demandé entre eux, et avec l’accent américain : « Do you have your Gaget ? », c’est-à-dire « Avez-vous votre Gaget ? », ce qui aurait donné naissance au mot « gadget » aujourd’hui très employé dans notre langue !

08:02 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

15/09/2010

Rouen à l'heure nouvelle !

La journée de nos aïeux était rythmée par les cloches des églises qui sonnaient sept fois par jour les heures canoniques, celles des offices. Dans les latitudes septentrionales, le jour varie de 8 heures 11 en hiver à 16 heures 7 en été. Et, depuis l’Antiquité, on divisait le jour en 12 heures dont la longueur variait selon celle du jour, d’où la difficulté de ses repérer dans ces heures inégales. Les clercs se chargeaient de le faire à force de cadrans solaires, sabliers et cierges gradués qui se consumaient lentement.

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Cadran solaire de Saint-Rémy de Provence

Mais une « heure » à la romaine peut durer de 40 à 80 minutes. Comment, dans ces conditions, payer un travail à l’heure ? La division de la journée, de jour et de nuit, en 24 heures égales et invariables, 12 avant midi et 12 après midi, s’est imposée dès qu’il y eut d’autres activités que la prière et le travail des champs. L’heure des clercs dut s’ajuster à celle des ateliers et des chantiers, et une nouvelle conception de la division du temps naquit : la ½ journée, l’heure du repas marquant la pose du milieu du jour. La crise de l’industrie textile, la pénurie de main-d’œuvre qui suit la peste noire font alors de la durée de la journée de travail le point chaud des luttes sociales. Peu confiants dans les cloches des églises, les maires et échevins des villes notamment drapières, comme Amiens, Rouen ou Elbeuf, firent installer de nouvelles cloches au beffroi, cloches de travail qui ordonnaient l’ouverture et la fermeture des ateliers. Faute de rigueur, des conflits naquirent. On se mit donc à compter les heures de travail. Il n’en fallu pas tant pour stimuler l’imagination des savants - artisans, dont une des inventions décisives fut celle de « l’échappement à roue de rencontre » qui permet de retenir la chute régulière d’un poids moteur, deux palettes sur la tige animée d’un mouvement oscillatoire venant tour à tour lancer, puis freiner la roue dentée d’un engrenage. Ajouter à ce système d’autres mouvements ne fut qu’affaire de mécanique comme faire sonner les heures, actionner une aiguille sur un cadran ou un cadran sous une aiguille : l’horloge mécanique était née ! Rapidement, les villes s’équipent d’horloges monumentales. L’émulation joue. On adjoint de nouveaux mécanismes au système à échappement, des automates qui surgissent à heure dite ou des jacquemarts qui frappent la cloche de leur marteau. Joignant leurs connaissances d’astronomie à celles de mécanique, les hommes de science ajoutent à l’indication de l’heure celles des phases de la lune, du cours des planètes… C’est ainsi que les horloges astronomiques, comme celle de Strasbourg, voient le jour. Seulement, la précision n’est pas le fait de ces rouages compliqués. C’est pour cela que souvent l’horloge n’a qu’une aiguille.

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Horloge astronomique de Strasbourg

Elle exige aussi régulièrement réparations et graissages. Chaque jour, il faut la remonter. Deux ou trois fois par semaine, on doit remettre l’aiguille à l’heure. Mieux vaut alors laisser cette charge à la ville que d’encombrer sa maison d’une lourde machine de fer forgé qui ne marche ni souvent, ni longtemps. Les horloges privées sont rares !

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Le Roi Charles VI (1358-1422)

En l’année 1389, le conseil de la ville de Rouen avait enfin obtenu du roi Charles VI l’autorisation de reconstruire le beffroi pour y installer une horloge publique.

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La rue du Gros-Horloge à Rouen

Eu égard à ses difficultés budgétaires, le seul luxe de ce beffroi fut l’horloge, dont le mécanisme faisait sonner "Cache-Ribaut" aux heures et deux petites cloches aux demies et aux quarts. Son constructeur, Jean de Felains, en assure l’entretien.

 

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La Cache-Ribaut

Biblio : « 2000 ans de vie quotidienne en France », Sélection du Reader’s Digest – 1981

07:39 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2)

25/08/2010

Le "Napoléon", le premier navire propulsé par une hélice était normand !

Certaines inventions sont dues à des observations en apparence des plus banales, voire insignifiantes. Ainsi, c’est en regardant un poisson rouge qui virevoltait dans un bocal que Frédéric Sauvage eut une idée de génie !

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Nous sommes en 1831. Il remarqua que ce poisson pouvait d’un simple mouvement de queue se déplacer dans un étroit bocal. Et c’est ainsi que cet ingénieur fils d’un constructeur de bateaux, imagina l’hélice. Boulonnais de naissance, ce mouvement, il l’avait souvent observé chez les marins manœuvrant leur canot à la godille. A l’aide d’une seule rame judicieusement maniée à l’arrière du canot et des mouvements tournants d’un côté et de l’autre, ils faisaient ainsi avancer leur bateau.

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Frédéric Sauvage (1786-1857)

Si l’idée était excellente, la réalisation fut longue à mettre en place car il fallait tenir compte notamment des problèmes d’hydrodynamique. Douze années furent nécessaires, sans aucun appui extérieur, avec seulement une volonté de fer de réussir… et des fonds obtenus par emprunt. Notre ingénieur breveta à Paris son hélice construite en cuivre et réalisa sa première expérience avec un bateau de 5 mètres de longueur devant le Ministère de la Marine. Bien que la démonstration ait été concluante, le ministre de l’époque, à l’esprit obtus,  décréta que « ce principe était impuissant sur une grande échelle ! ».  L’Angleterre, moins stupide, lui proposa bien d’acheter son brevet mais notre inventeur refusa l’idée que son invention parte à l’étranger.

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"Le Napoléon", premier navire de guerre à vapeur

Mais, allez-vous me dire, quel rapport avec la Normandie ? Nous y venons : un armateur havrais, Paul Augustin Normand, se proposa d’utiliser à titre expérimental sur un de ses navires, le « Napoléon »,  « la vis d’Archimède », nom donné alors à l’invention. Et, par un beau jour d’août 1839, ce vapeur, premier navire dont la propulsion est assurée par une hélice, se présenta devant le port du Havre où il avait été construit. Il l’avait quitté auparavant pour Cherbourg qu’il avait rallié en 7 heures et rentrait donc à quai après des essais des plus concluants.

Et c’est justement au moment même où la gloire sonnait à sa porte, que les créanciers havrais réclamèrent à notre inventeur de génie le remboursement des emprunts qu’il avait contractés. Il eut beau les supplier d’attendre un peu, en vain, il se retrouva illico dans la prison du Havre pour dettes ! Et ce n’est pas tout, car rien ne sera épargné à ce pauvre Frédéric ! Devant le succès de cette révolution dans la propulsion des navires, « on » avait « oublié » de mentionner un petit détail : le nom de l’inventeur ! Mieux encore, les anglais, s’étant procurés les plans et notes explicatives, s’attribuèrent sans vergogne la gloire de l’invention. Sauvage lutta inutilement pendant 10 ans. Son brevet, déposé en 1832, était tombé dans le domaine public !

Il mourut à la maison de santé de Picpus le 17 juillet 1857, quasiment oublié. Il fallut attendre 1872 pour que soit reconnu le mérite de l’inventeur d’une des plus grandes inventions maritimes, si ce n’est la plus importante ! Et le 12 septembre 1881, sa statue est inaugurée à Boulogne-sur-Mer.

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Biblio : "Ce que le monde nous doit" de René Le Gentil.

07:01 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2)