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01/12/2010

La girouette, un héritage des Vikings !

Au sommet des clochers de nos églises normandes, une girouette ornée très souvent d’un coq vigoureux, nous indique la provenance du vent.

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Mais saviez-vous que le mot girouette vient du vieux normand « wire-wite », expression provenant du norrois « veor-viti » que l’on peu traduire par « qui montre le temps » et qui aurait été introduite chez nous par les vikings ?

Et saviez-vous aussi que ce n’est pas le Coq Gaulois, emblème païen considéré officieusement comme un symbole national de la France,  qui figure au sommet de nos clochers, mais le Coq des Evangiles ? On ignore cependant l’origine de cette tradition qui remonte au moins au IXe siècle puisque le plus ancien coq de clocher connu,  qui se trouve à Brescia en Italie, date de cette époque.

Les Romains se moquaient des Gaulois qu’ils considéraient comme de vulgaires coqs de basse-cour, oiseaux braillards et vantards, et comme en latin, le mot « gallus » signifie à la fois gaulois et coq... C’est par esprit de contradiction que les Français vont reprendre à leur compte cette image en mettant en avant cette fois le caractère fier de cet animal. Dès la Renaissance, le coq va symboliser la Nation Française naissante et sous le règne des Valois et des Bourbons, l’effigie des Rois est souvent accompagnée de cet animal censé représenter la France dans les gravures comme sur les monnaies.

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Pour les chrétiens, le coq est l’emblème du Christ. Signifiant lumière et résurrection, il symbolise l’intelligence venue de Dieu. De même que le coq annonce l’arrivée du jour après la nuit, le chrétien attend le jour où le Christ reviendra, l’arrivée du bien après le mal. C’est sûrement en vertu de ce pouvoir qu’une représentation de ce volatile orne les clochers de nos églises. D’ailleurs, au Moyen-Âge, le coq symbolise le prédicateur qui doit réveiller ceux qui se dont endormis…

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                                         Le Coq de Saint-Pierre

Une autre hypothèse est cependant avancée, liée à l’histoire de Saint-Pierre qui, selon l’Evangile, aurait renié Jésus trois fois avant que le coq chante deux fois. Le coq, témoin de la trahison de Pierre, serait placé sur les clochers pour rappeler aux hommes leur faiblesse. A noter que le coq est un attribut récurent de ce Saint.

08:07 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

03/11/2010

Louise Michel, la "Vierge Rouge" victime d'un attentat au Havre

Il y a quelques mois, sur notre petit écran,  la comédienne Sylvie Testud incarnait avec talent, sous la direction de Solveig Anspach, la militante révolutionnaire et libertaire française,  Louise Michel.

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Mais saviez-vous que cette figure importante de la Commune de Paris, porte-drapeau de l’anarchisme, mais aussi écrivain et poète, avait été victime chez nous, en Normandie, d’un attentat qui aurait pu lui coûter la vie ?

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C’était à l’occasion d’un passage de cette militante au Havre. Nous sommes  le dimanche 22 janvier 1888. Dans la salle du théâtre de l’Elysée, debout sur l’estrade, toute vêtue de noire comme à son habitude,  elle s’exprime devant une assemblée attentive, quant un individu se dresse soudainement derrière elle et tire deux coups de pistolet. Blessée à la tête, heureusement sans gravité, elle tente alors de protéger son agresseur de la foule, un « chouan » nommé Pierre Lucas. Par la suite, elle va  refuser de déposer plainte contre lui allant même jusqu’à témoigner en sa faveur et  réclamer son acquittement.

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Cette femme  atypique est née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne)*. Fille naturelle d’un châtelain et d’une servante, élevée et choyée par ses grands-parents paternels, ayant reçu une bonne instruction et une éducation libérale, débute sa carrière comme institutrice. Très tôt, elle s’enthousiasme pour la République naissante et participe activement dès 1871 aux événements de la Commune de Paris.  Baptisée la « Vierge rouge » lors de sa comparution devant le conseil de guerre qui poursuit les communards, elle est déportée en  Nouvelle-Calédonie en août 1873. L’amnistie l’autorise à revenir en France sept ans plus tard, elle va y poursuivre sa lutte pour une révolution sociale. « Le monde nouveau nous réunira à l’humanité dans laquelle chaque être aura sa place ! » Elle crée la Ligue Internationale des femmes révolutionnaires contre la guerre, enrôlant toutes celles qui ne veulent pour leurs enfants « ni du métier de bourreau ni du rôle de victime ».

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L’amie de Victor Hugo et de Georges Clemenceau meurt à l’âge de 74 ans, le 9 janvier 1905 d’une pneumonie à Marseille, alors qu’elle effectue une tournée de conférences sur l’Internationale antimilitariste.

*Généalogie de Louise Michel sur http://www.geneastar.org

 

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12/10/2010

Le droit de grève en France

Aujourd’hui, 12 octobre 2010, d’un commun accord, les syndicats ont décidé de continuer le mouvement de contestation contre la réforme des retraites et ont appelé à une nouvelle journée nationale de mobilisation. Les français vont vivre un mardi noir si l’on se fie aux manifestations et aux débrayages annoncés.

Pourtant, il faut se rappeler qu’en France c’est à certaines grandes grèves que l’ont doit nombre de droits nouveaux, autant de « conquêtes » et « d’avancées sociales » significatives comme les congés payés ou la semaine de 40 heures. Il faut se rappeler aussi que, jusqu’au XIXe siècle, non seulement la grève était interdite dans notre pays mais qu’elle constituait un délit pénalement sanctionné.

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Ancien Hôtel de Ville et Place de Grève vers 1610 par C. Chastillon

Le mot « grève » vient du mot Gaulois « grava » désignant du sable grossier. Au XIIe siècle, l’extension de Paris sur la rive droite de la Seine va donner naissance à une place nommée « Place de la Grève » (aujourd’hui Place de l’Hôtel de Ville) car les berges du fleuve très proches étaient submergées de sable très épais. Cette place, lieu des exécutions, était très fréquentée. Entre deux sentences, les ouvriers à la recherche d’un emploi s’y retrouvaient pour discuter et trouver des opportunités. L’expression « faire grève » signifiait alors « rechercher du travail ».

En France, la plus ancienne grève connue pour son caractère tragique est celle de Douai en 1279 chez les drapiers qui tuèrent onze échevins. Comme au fil des ans les grèves vont être de plus en plus nombreuses, notamment avec le développement du compagnonnage, le roi François Ier, pour les contrecarrer, publie en Août 1539  les ordonnances de Villers-Cotterêts qui vont interdire « à tous maîtres ensemble, aux compagnons et serviteux de tous maîtres de ne faire aucune congrégation ou assemblée, grande ou petite, pour quelque cause que ce soit, ni prendre aucune intelligence les uns avec les autres du fait de leur métier, sous peine de confiscation de corps et de bien ». Les coalitions ouvrières vont cependant continuer à s’étendre dans notre pays notamment au XVIIIe siècle, toujours soutenues par le compagnonnage mais aussi par les Mutuelles et les Fraternelles qui s’organisent. C’est à cette époque que la cessation du travail va prendre le nom de « grève » car jusqu’alors on l’appelait « assemblée », ce qui signifiait réunion de mécontents et de réclamants. Et comme la grève de 1779 à Paris eut lieu sur la Place de Grève, va naître l’expression « faire grève ».

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Isaac le Chapelier (1754-1794)

Sur les idées nouvelles de liberté, d’égalité et de fraternité, un décret du 21 août 1790 va accorder à tous les citoyens le droit de s’assembler paisiblement et de former entre eux des sociétés libres. Mais cette porte ouverte va être très vite être refermée ! La Révolution ne sera pas tendre avec les grévistes, faisant volontiers marcher l’armée contre eux. C’est ainsi que le 14 juin 1791, la loi le Chapelier proscrit toute forme de « coalition » , interdit les corporations, le compagnonnage et la grève.

L’Empire va se montrer plus tolérant à l’égard des ouvriers. Le 25 mai 1864 est enfin votée la loi qui met fin à cette pénalisation de la grève mais sans toutefois lui donner sa pleine portée. En effet, la grève constitue toujours une rupture du contrat de travail et peut justifier un licenciement du salarié gréviste ou une intervention de la force armée avec heurts sanglants et victimes. Pourtant, et malgré les risques encourus par les salariés, la grève va jouer tout au long de la Troisième République un rôle majeur dans la vie politique et sociale.

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Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946

C’est le 27 octobre 1946, après la Libération, que les droits sociaux vont être inscrits dans le préambule de la Constitution de la Quatrième République. Le droit de grève y est pleinement consacré.  Le texte affirme en outre que  « Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix ».

 

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