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03/11/2010

Louise Michel, la "Vierge Rouge" victime d'un attentat au Havre

Il y a quelques mois, sur notre petit écran,  la comédienne Sylvie Testud incarnait avec talent, sous la direction de Solveig Anspach, la militante révolutionnaire et libertaire française,  Louise Michel.

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Mais saviez-vous que cette figure importante de la Commune de Paris, porte-drapeau de l’anarchisme, mais aussi écrivain et poète, avait été victime chez nous, en Normandie, d’un attentat qui aurait pu lui coûter la vie ?

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C’était à l’occasion d’un passage de cette militante au Havre. Nous sommes  le dimanche 22 janvier 1888. Dans la salle du théâtre de l’Elysée, debout sur l’estrade, toute vêtue de noire comme à son habitude,  elle s’exprime devant une assemblée attentive, quant un individu se dresse soudainement derrière elle et tire deux coups de pistolet. Blessée à la tête, heureusement sans gravité, elle tente alors de protéger son agresseur de la foule, un « chouan » nommé Pierre Lucas. Par la suite, elle va  refuser de déposer plainte contre lui allant même jusqu’à témoigner en sa faveur et  réclamer son acquittement.

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Cette femme  atypique est née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne)*. Fille naturelle d’un châtelain et d’une servante, élevée et choyée par ses grands-parents paternels, ayant reçu une bonne instruction et une éducation libérale, débute sa carrière comme institutrice. Très tôt, elle s’enthousiasme pour la République naissante et participe activement dès 1871 aux événements de la Commune de Paris.  Baptisée la « Vierge rouge » lors de sa comparution devant le conseil de guerre qui poursuit les communards, elle est déportée en  Nouvelle-Calédonie en août 1873. L’amnistie l’autorise à revenir en France sept ans plus tard, elle va y poursuivre sa lutte pour une révolution sociale. « Le monde nouveau nous réunira à l’humanité dans laquelle chaque être aura sa place ! » Elle crée la Ligue Internationale des femmes révolutionnaires contre la guerre, enrôlant toutes celles qui ne veulent pour leurs enfants « ni du métier de bourreau ni du rôle de victime ».

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L’amie de Victor Hugo et de Georges Clemenceau meurt à l’âge de 74 ans, le 9 janvier 1905 d’une pneumonie à Marseille, alors qu’elle effectue une tournée de conférences sur l’Internationale antimilitariste.

*Généalogie de Louise Michel sur http://www.geneastar.org

 

07:39 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

12/10/2010

Le droit de grève en France

Aujourd’hui, 12 octobre 2010, d’un commun accord, les syndicats ont décidé de continuer le mouvement de contestation contre la réforme des retraites et ont appelé à une nouvelle journée nationale de mobilisation. Les français vont vivre un mardi noir si l’on se fie aux manifestations et aux débrayages annoncés.

Pourtant, il faut se rappeler qu’en France c’est à certaines grandes grèves que l’ont doit nombre de droits nouveaux, autant de « conquêtes » et « d’avancées sociales » significatives comme les congés payés ou la semaine de 40 heures. Il faut se rappeler aussi que, jusqu’au XIXe siècle, non seulement la grève était interdite dans notre pays mais qu’elle constituait un délit pénalement sanctionné.

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Ancien Hôtel de Ville et Place de Grève vers 1610 par C. Chastillon

Le mot « grève » vient du mot Gaulois « grava » désignant du sable grossier. Au XIIe siècle, l’extension de Paris sur la rive droite de la Seine va donner naissance à une place nommée « Place de la Grève » (aujourd’hui Place de l’Hôtel de Ville) car les berges du fleuve très proches étaient submergées de sable très épais. Cette place, lieu des exécutions, était très fréquentée. Entre deux sentences, les ouvriers à la recherche d’un emploi s’y retrouvaient pour discuter et trouver des opportunités. L’expression « faire grève » signifiait alors « rechercher du travail ».

En France, la plus ancienne grève connue pour son caractère tragique est celle de Douai en 1279 chez les drapiers qui tuèrent onze échevins. Comme au fil des ans les grèves vont être de plus en plus nombreuses, notamment avec le développement du compagnonnage, le roi François Ier, pour les contrecarrer, publie en Août 1539  les ordonnances de Villers-Cotterêts qui vont interdire « à tous maîtres ensemble, aux compagnons et serviteux de tous maîtres de ne faire aucune congrégation ou assemblée, grande ou petite, pour quelque cause que ce soit, ni prendre aucune intelligence les uns avec les autres du fait de leur métier, sous peine de confiscation de corps et de bien ». Les coalitions ouvrières vont cependant continuer à s’étendre dans notre pays notamment au XVIIIe siècle, toujours soutenues par le compagnonnage mais aussi par les Mutuelles et les Fraternelles qui s’organisent. C’est à cette époque que la cessation du travail va prendre le nom de « grève » car jusqu’alors on l’appelait « assemblée », ce qui signifiait réunion de mécontents et de réclamants. Et comme la grève de 1779 à Paris eut lieu sur la Place de Grève, va naître l’expression « faire grève ».

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Isaac le Chapelier (1754-1794)

Sur les idées nouvelles de liberté, d’égalité et de fraternité, un décret du 21 août 1790 va accorder à tous les citoyens le droit de s’assembler paisiblement et de former entre eux des sociétés libres. Mais cette porte ouverte va être très vite être refermée ! La Révolution ne sera pas tendre avec les grévistes, faisant volontiers marcher l’armée contre eux. C’est ainsi que le 14 juin 1791, la loi le Chapelier proscrit toute forme de « coalition » , interdit les corporations, le compagnonnage et la grève.

L’Empire va se montrer plus tolérant à l’égard des ouvriers. Le 25 mai 1864 est enfin votée la loi qui met fin à cette pénalisation de la grève mais sans toutefois lui donner sa pleine portée. En effet, la grève constitue toujours une rupture du contrat de travail et peut justifier un licenciement du salarié gréviste ou une intervention de la force armée avec heurts sanglants et victimes. Pourtant, et malgré les risques encourus par les salariés, la grève va jouer tout au long de la Troisième République un rôle majeur dans la vie politique et sociale.

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Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946

C’est le 27 octobre 1946, après la Libération, que les droits sociaux vont être inscrits dans le préambule de la Constitution de la Quatrième République. Le droit de grève y est pleinement consacré.  Le texte affirme en outre que  « Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix ».

 

06:59 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

09/10/2010

La Statue de la Liberté à Rouen

« De ma lumière, j’éclaire la porte d’Or »

Dernier vers du poème de E. Lazarus figurant sur le socle de la statue.

 

Début mai 1885 : Rouen est en effervescence ! La statue de la Liberté, partie en train de la Gare Saint-Lazare de Paris, est arrivée en Gare de Rouen. Dans le port, la frégate « Isère » placée sous le commandement du commandant de vaisseau Gabriel Lespinasse de Saulne, attend sont précieux chargement. C’est elle qui est chargée de la transporter à New-York, via Le Havre. Ce navire, l’un des premiers pouvant naviguer à voile et à la vapeur, peut, avec ses 550 chevaux, filer 8 nœuds.

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Maquette de l'Isère

Les 350 pièces de la statue réparties dans 214 caisses ayant nécessité 70 wagons y sont embarquées. Après avoir relié Horta aux Açores, puis Sundy Hook, le navire mouille à Gravesend le 17 juin 1885 près du pont de Varrazano dans la baie de New-York. L’accueil des New-Yorkais est triomphal !

Remise officiellement aux Etats-Unis le 4 juillet 1884,  la statue, encore appelée « La liberté éclairant le monde », symbole de l’amitié entre la France et les Etats-Unis, mesure 46 mètres de haut. Elle est l’œuvre du sculpteur alsacien Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904). Elle représente une femme drapée dans une toge, brandissant une torche de la main droite. Sur les tablettes qu’elle tient de la main gauche, on peut lire en chiffres romains « juillet 1776 », jour de l’indépendance américaine. A ses pieds, se trouvent les chaînes brisées de l’esclavage. 

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Sa construction débute dix ans plus tôt, en 1875, dans un atelier parisien du 17ème arrondissement employant environ 600 personnes.

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 Montage de la statue dans les ateliers Gaget-Gauthier, rue de Chazelles à Paris.

 

C’est à l’architecte Eugène Violet-le-Duc (1814-1879) que revient en premier la charge de la construction de la structure de la statue. Mais à sa mort, Gustave Eiffel reprend le travail laissé inachevé, modifie les plans originaux de son confrère et met en place la charpente métallique de la statue. L’assemblage de la structure se termine en 1884. Les Parisiens voient donc la statue partir à Rouen, elle qui était devenue une véritable attraction.

 

Comme sur place, sur l’Ile de Liberty Island de New-York située au sud de Manhattan, à l’embouchure de l’Hudston, le socle, à la charge des Américains, n’est pas achevé, la statue ne sera inaugurée que le 28 octobre 1886 par le Président Grover Cleveland

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Président Grover Cleveland (1837-1908)

 

Déclarée « Monument Historique » le 15 octobre 1924, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984.

Pour la petite histoire, saviez-vous que le jour de l’inauguration de cette statue, la fonderie Gaget-Gauthier aurait distribué des miniatures de la statue aux 600 personnalités présentes lors de la cérémonie. Ceux-ci se seraient ainsi demandé entre eux, et avec l’accent américain : « Do you have your Gaget ? », c’est-à-dire « Avez-vous votre Gaget ? », ce qui aurait donné naissance au mot « gadget » aujourd’hui très employé dans notre langue !

08:02 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)