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26/01/2011

Les "Chauffeurs" à Rouen

"Et que c'est le destin des hommes vicieux

D'éprouver tôt ou tard la justice des cieux."

J. Callot

 

Le 23 janvier 1798, sur la Grand-Place de la ville de Rouen, pour la première fois, une guillotine, tout nouvel instrument de supplice, attend le célèbre « chauffeur » Duramé  et sept de ses complices.

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Les « chauffeurs » dont il est question sont des brigands qui, s’introduisant la nuit chez leurs victimes, leur brûle la plante des pieds au feu de la cheminée ou sur les braises afin de leur faire avouer où sont cachées leurs économies.

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Déjà au début XVIIe siècle, le graveur Jacques Callot (1592-1635) évoque ces criminels pillant, assassinant, violant et incendiant fermes et maisons isolées dans sa série d’eaux-fortes intitulée « Les Grandes Misères de la guerre » sur les  ravages de la Guerre de Trente ans, conflit armé qui a déchiré l'Europe de 1618 à 1648.

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Jacques Callot - "Les grandes misères de la guerre - L'Arbre aux pendus (1633)

Profitant de la désorganisation de l’Etat durant les années troubles de la Révolution française, ces criminels, car en cas de refus voire tout simplement pour ne pas laisser de traces, ils n’hésitent pas à assassiner leurs victimes, vont se multiplier et écumer les campagnes...

Durant des décennies, ces hordes de bandits vont se multiplier. Au XVIIIe, ils sévissent principalement dans le nord et l’ouest de la France. A Rouen, entre 1794 et 1801, on a exécuté le nombre impressionnant de 123 « chauffeurs » ! Au lendemain du coup d’Etat du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) marquant la fin du Directoire et de la Révolution française et le début du Consulat, comme l’ordre napoléonien est encore bien loin de se faire sentir en province, ils multiplient leurs crimes.

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"Les "Chauffeurs" d'aujourd'hui. Comment procédaient les bandits de la Drôme." - Le Petit Journal - 15 novembre 1908

Au XIXe siècle, de telles bandes vont se créer ça en là en France, souvent constituées de déserteurs ayant conservé leurs armes et auxquels vont se joindre les pires crapules des  régions. A cette époque, ce n’est pas la ville et les banlieues qui sont dangereuses, mais bien les campagnes où courent ces brigands assassins. Une cour spéciale militaire est instituée dans les régions concernées. Résultat, à Rouen, 134 nouvelles exécutions de « chauffeurs » entre 1801 à 1808.

La Belle Epoque va être le théâtre sur tout le territoire d’une nette recrudescence de ces bandes de malfrats avant qu’ils ne disparaissent tout à fait après la Seconde Guerre mondiale. Leurs chefs seront tous exécutés sans pitié.

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03/01/2011

Le monde du travail en 1880

Il y a quelques semaines, le projet de réforme de notre système de retraite mobilisait des millions de français. Je laisse à votre appréciation, le document ci-dessous publié notamment par La Revue Française de Généalogie dans son numéro 113 de Décembre 1997/Janvier 1998. Il s'agit du règlement intérieur de la Vinaigrerie Dessaux daté de 1880 :

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 « 1-Piété, propreté et ponctualité font la force d’une bonne affaire.

2-Notre firme ayant considérablement réduit les horaires de travail les employés de bureau n’auront plus à être présents que de sept heures du matin à six heures du soir, et ce les jours de semaine seulement.

3-Des prières seront dites chaque matin dans le grand bureau. Les employés de bureau y seront obligatoirement présents.

4-L’habillement doit être du type le plus sobre. Les employés de bureau ne se laisseront pas aller aux fantaisies des vêtements de couleurs vives ; ils ne porteront pas de bas non plus à moins que ceux-ci ne soient convenablement raccommodés.

5-Dans les bureaux, on ne portera ni manteau ni pardessus. Toutefois, lorsque le temps sera particulièrement rigoureux, les écharpes, cache-nez et calottes seront autorisés.

6-Votre firme met un poêle à la disposition des employés de bureau. Le charbon et le bois devront être enfermés dans le coffre destiné à cet effet. Afin qu’ils puissent se chauffer, il est recommandé à chaque membre du personnel d’apporter chaque jour quatre livres de charbon durant la saison froide.

7-Aucun employé de bureau ne sera autorisé à quitter la pièce sans la permission de M. le Directeur. Les appels de la nature sont cependant permis et, pour y céder, les membres du personnel pourront utiliser le jardin au-dessous de la seconde grille. Bien entendu, cet espace devra être tenu dans un ordre parfait.

8-Il est strictement interdit de parler durant les heures de bureau.

9-La soif de tabac, de vin ou d’alcool est une faiblesse humaine et, comme telle, est interdite à tous les membres du personnel.

10-Maintenant  que les heures de bureau ont été énergiquement réduites, la prise de nourriture est encore autorisée entre 11 h 30 et midi, mais, en aucun cas, le travail ne devra cesser durant ce temps.

11-Les employés de bureau fourniront leurs propres plumes. Un nouveau taille-plume est disponible chez M. le Directeur.

12-Un sénior, désigné par M. le Directeur, sera responsable du nettoyage et de la propreté de la grande salle ainsi que du bureau directorial. Les juniors et les jeunes se présenteront à M. le Directeur quarante minutes avant les prières et resteront après l’heure de la fermeture pour procéder au nettoyage. Brosses, balais, serpillières et savon seront fournis par la Direction.

13-Augmentés dernièrement, les nouveaux salaires hebdomadaires sont désormais les suivants :

Cadets (jusqu’à 11 ans) : 0,50 F.

Juniors (jusqu’à 14 ans) : 1,45 F.

Jeunes : 3,25 F.

Employés : 7,50 F.

Seniors (après 15 ans de maison) : 14,50 F.

Les propriétaires reconnaissent et acceptent la générosité des nouvelles lois du Travail, mais attendent du personnel un accroissement considérable du rendement en compensation de ces conditions presque utopiques. »

En 1892, le travail des femmes et des enfants de 16 à 18 ans est limité à 11 heures par jour. En 1906, est instituée la semaine de 6 jours. Et ce n’est qu’en 1919, que la journée de travail sera ramenée à 8 heures…

11:12 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

01/12/2010

La girouette, un héritage des Vikings !

Au sommet des clochers de nos églises normandes, une girouette ornée très souvent d’un coq vigoureux, nous indique la provenance du vent.

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Mais saviez-vous que le mot girouette vient du vieux normand « wire-wite », expression provenant du norrois « veor-viti » que l’on peu traduire par « qui montre le temps » et qui aurait été introduite chez nous par les vikings ?

Et saviez-vous aussi que ce n’est pas le Coq Gaulois, emblème païen considéré officieusement comme un symbole national de la France,  qui figure au sommet de nos clochers, mais le Coq des Evangiles ? On ignore cependant l’origine de cette tradition qui remonte au moins au IXe siècle puisque le plus ancien coq de clocher connu,  qui se trouve à Brescia en Italie, date de cette époque.

Les Romains se moquaient des Gaulois qu’ils considéraient comme de vulgaires coqs de basse-cour, oiseaux braillards et vantards, et comme en latin, le mot « gallus » signifie à la fois gaulois et coq... C’est par esprit de contradiction que les Français vont reprendre à leur compte cette image en mettant en avant cette fois le caractère fier de cet animal. Dès la Renaissance, le coq va symboliser la Nation Française naissante et sous le règne des Valois et des Bourbons, l’effigie des Rois est souvent accompagnée de cet animal censé représenter la France dans les gravures comme sur les monnaies.

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Pour les chrétiens, le coq est l’emblème du Christ. Signifiant lumière et résurrection, il symbolise l’intelligence venue de Dieu. De même que le coq annonce l’arrivée du jour après la nuit, le chrétien attend le jour où le Christ reviendra, l’arrivée du bien après le mal. C’est sûrement en vertu de ce pouvoir qu’une représentation de ce volatile orne les clochers de nos églises. D’ailleurs, au Moyen-Âge, le coq symbolise le prédicateur qui doit réveiller ceux qui se dont endormis…

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                                         Le Coq de Saint-Pierre

Une autre hypothèse est cependant avancée, liée à l’histoire de Saint-Pierre qui, selon l’Evangile, aurait renié Jésus trois fois avant que le coq chante deux fois. Le coq, témoin de la trahison de Pierre, serait placé sur les clochers pour rappeler aux hommes leur faiblesse. A noter que le coq est un attribut récurent de ce Saint.

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