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13/07/2011

14 juillet ou l'histoire de notre fête nationale

En France, le 14 juillet est fête nationale et ce depuis le 6 juillet 1880 date à laquelle fut promulguée la loi y afférent. Par ce texte, le Ministre de l’Intérieur du gouvernement de l’époque, celui de Charles de Freycinet, Ernest Constant (1833-1913) prescrit à ses Préfets de veiller à ce que cette journée « soit célébrée avec autant d’éclat que le comportent les ressources locales ».  

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La Rue Montorgueil le 14 juillet 1878 à Paris - C. Monet

En cette année 1880, il s’agit de témoigner du redressement militaire de la France après la défaite de 1870. Un défilé militaire est organisé sur l’hippodrome de Longchamp, devant Jules Grévy, Président de la République Française, et plusieurs dizaines de milliers de spectateurs.

Voulue par Lafayette, notre fête nationale ne célèbre pas la Prise de la Bastille du 14 juillet 1789, journée jugée par trop sanglante, mais la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, beaucoup plus consensuelle, qui avait pour objectif de marquer solennellement la réconciliation et l’unité du peuple français.  

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Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 au Champs de Mars

Sur l’esplanade du Champ de Mars à Paris ce jour du 14 juillet 1790, arrivés de la Bastille, 14 000 soldats fédérés défilent sous la bannière de leur département. Après qu’une grande messe ait été célébrée par Talleyrand, après que La Fayette, héros de la guerre d’indépendance des Etats-Unis,  ait prêté serment de fidélité à la Nation, au Roi et à la Loi, serment repris par la foule, le roi Louis XVI jure devant la Reine, le Dauphin et l’ensemble des députés présents, fidélité aux lois nouvelles et promet de maintenir « la Constitution décidée par l’Assemblée nationale ». Les 400 000 parisiens présents acclament alors leur souverain : la monarchie n’est pas remise en cause, la Révolution est entérinée et l’union nationale triomphe. Un Te Deum vient conclure la journée qui se termine sous les vivats et au milieu des embrassades.

Malheureusement, cette unité sera de courte durée. Moins de trois ans plus tard, la République est proclamée et Louis XVI exécuté ! 

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Benjamin Raspail (1823-1899)

Pendant un siècle la commémoration du 14 juillet est abandonnée jusqu’à ce que, le 21 mai 1880, le député Benjamin Raspail (1823-1899) dépose une loi faisant du 14 juillet la fête nationale. La IIIe République, pour asseoir sa politique, cherche à construire un nouvel imaginaire national autour des symboles républicains. C’est ainsi que La Marseillaise devient hymne officiel et le 14 juillet fête nationale. Et si  celle-ci commémore officiellement la fête de la Fédération, le 14 juillet reste dans la mémoire collective la date anniversaire de la Prise de la Bastille.

Biblio. « Le 14 juillet célèbre la prise de la Bastille » d’O. Tosseri – Historia – Juillet 09

06:58 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

26/06/2011

Qui a eu cette idée folle un jour d'inventer l'école ?

Non ! Ce n’est pas Charlemagne ! Car l’école existait déjà bien avant lui ! Chez les Egyptiens, les Grecs, les Romains et les Gallo-romains !

Non, ce n’est pas Charlemagne mais le contexte de son époque ! L’ère mérovingienne, à la fin du Haut Moyen-âge, est d’une si grande médiocrité, les lieux d’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul sont devenus si rares en cette fin du VIIIe siècle, que, bien souvent même le clergé est illettré ! 

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Le sacre de Charlemagne en l'an 800

 

Charlemagne, Roi des Francs depuis 771, dont la langue maternelle est le francique, parle couramment le Grec et le Latin. Il aime la grammaire… mais il ne sait pas écrire !  Ce n’est pas faute d’avoir essayé et d’essayer aussi souvent que possible. On raconte qu’il cachait sous son lit une écritoire et une plume avec laquelle il tentait de tracer des lettres. En vain ! Sous ses grosses mains plus habituées à tenir l’épée et à pourfendre le Saxon, la plume s’écrase lamentablement ! C’est peut être par ce qu’il a appris à écrire que très tardivement, qu’il n’en a jamais réellement maîtrisé la technique ! Comme il est intelligent, il s’aperçoit très vite que pour gouverner son vaste Empire, il a besoin de fonctionnaires qualifiés et de moines instruits dignes d’exercer un contrôle politique et de propager la foi chrétienne dans ses provinces. C’est pourquoi il crée dans un premier temps et dans son propre palais une école destinée à ses serviteurs afin qu’ils soient en capacité de rédiger des rapports. Puis, par un capitulaire de l’an 789, sur les conseils de son précepteur Alcuin (735-804), il ordonne à son clergé d’ouvrir sur tout le territoire de l’Empire des écoles pour tous les enfants, quelle que soit leur classe sociale et cela « sans exiger de leurs parents aucune redevance ». L’école pour tous, élémentaire, gratuite et obligatoire est née ! Faite pour accueillir les enfants dès leur 7ème anniversaire, ceux-ci y apprennent à chanter, à lire et à compter, sans oublier la grammaire et bien sûr le latin.

 

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Charlemagne rendant visite aux écoliers par P. Lehugeur - XIXe siècle

 

Les meilleurs d’entre-eux sont ensuite admis dans des classes supérieures dépendant des monastères.

Quant à notre Empereur à la barbe fleurie, afin de lui permettre de signer autrement que d’une simple croix, Eginhard (775-840), son biographe et homme de confiance, lui apprend à tracer son monogramme, lequel contient toutes les lettres de son nom (Charles ou « Karolus » en latin). Les consonnes sont sur les branches de la croix, les voyelles contenues dans le losange central : « A » en haut, « O » est formé par le losange et « U » la moitié inférieure.

 

 

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Bonnes vacances à tous les écoliers, petits et grands !

 

Biblio. « L’histoire de France pour les nuls – Historia n°104 – Nov-Dec 2006

Image : Merci au site www. histoire-fr. com

07:50 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

01/06/2011

Petite histoire des lavoirs

Le lavoir, en Normandie comme dans toutes les provinces de France,  est apparu au milieu du XIXe siècle. C'était un lieu où, tout en travaillant, on échangeait volontiers sur la vie du village, ses habitants, son curé et son maître d'école. Les potins circulaient aussi sûrement que les rumeurs naissaient : « On lavait le linge et on salissait le monde ! » C’était aussi un endroit de concurrence sociale. A cette époque, on jugeait de la richesse et de la pauvreté sur le nombre de draps ou sur la finesse du linge.

 

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L’aménagement des lavoirs publics s’est fait après le vote de la loi du 3 février 1851. Celle-ci accorde aux municipalités un crédit spécial destiné à subventionner à hauteur de 30% leur construction. Car, à la suite des nombreuses épidémies de variole, typhoïde et surtout de choléra en 1830 et 1850, l’eau devient un objet d’attention accrue et les communes ont l'obligation de construire des lavoirs ouverts à tous pour améliorer une hygiène alors particulièrement défaillante.

Le lavoir doit toujours se situer après la source de la rivière ou du cours d’eau, de façon à ce que l’eau savonneuse ne puisse pas contaminer l’eau potable en amont de la source.

Comme ailleurs,  la lessive, exclusivement du ressort des femmes, était un événement important dans les fermes de Normandie.

D'abord, on faisait tremper le linge sale dans l’eau pendant une nuit. Ensuite, en général, la lessive était bouillie à domicile. Seuls le dernier frottage et le rinçage se passaient au lavoir. Là, à genoux, une planche à laver devant elles,  les femmes  frottaient chaque pièce à l’aide d’une brosse à chiendent et d’un battoir, puis les rinçaient à l’eau claire et froide.

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Comme « poudre à laver », on utilisait la « charrée », bouillie de cendre fine de ronces ou de javelles mélangée à  un peu de cristaux de soude et d’eau,  placée dans un sac de toile appelé le « charrier ». Des boules de bleu plongées dans l’eau de rinçage rendaient le linge d’un blanc étincelant.

Pour le séchage, on étalait les pièces de linge sur le pré le plus proche ou mieux sur le champ de luzerne ou on les étendait sur un fil tendu dans la cour.

L’utilisation des lavoirs a été progressivement abandonnée au XXe siècle : ils ont laissé la place aux machines à laver, bien plus pratiques pour les ménagères des années 50.

 
 
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Biblio : La petite histoire des lavoirs et leur utilité - G. Bardon - Almanach du Normand 2001

07:17 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2)